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L'inventaire général du patrimoine culturel recense, étudie et fait connaître le patrimoine architectural et mobilier de la région Centre-Val de Loire.
Bienvenue sur le nouveau portail qui vous permettra progressivement d’accéder aux dossiers documentaires constitués par l'inventaire du patrimoine Centre-Val de Loire. Le service patrimoine et inventaire de la Région recense, étudie et valorise tous types de patrimoine culturel, architectural et mobilier, sur les six départements du territoire. Cette mise en ligne de dossiers qui démarre au printemps 2016, vous présente l’étude sur les aménagements portuaires de la Loire, le diagnostic patrimonial sur la ville de La Riche, l’étude sur la Reconstruction de la ville de Blois ... L’objectif du service patrimoine et inventaire est de diffuser au fur et à mesure l’ensemble de ses études, et ce, de manière exhaustive au bénéfice de tous. Nous espérons que ce portail vous donnera l’occasion de belles découvertes.

Actualités de la recherche :
   - Les aménagements portuaires de la Loire
   - Le diagnostic patrimonial de la commune de La Riche
 
Lumière sur

Boulevard de Lattre-de-Tassigny

Le projet d'avant-guerre

Le principe d'une voie nouvelle à grand gabarit reliant le boulevard Heurteloup, au droit de la Préfecture, à l'extrémité sud du nouveau quartier devant être construit sur les emprises ferroviaires, vit le jour dès le Plan d'Aménagement, d'Extension et d'Embellissement (PAEE) de 1933. Donat-Alfred Agache, son auteur, y prévoyait l'élargissement de la rue de Nantes entre le boulevard et l'extrémité sud de la gare. A partir de ce point, une voie rectiligne monumentale devait être tracée à travers les emprises, aboutissant à la place de la nouvelle gare de la compagnie du Paris-Orléans. Ce nouvel axe, de même largeur que l'avenue de Grammont, formait avec elle un angle de 15°. Le déplacement de la gare à l'emplacement envisagé par Agache n'ayant jamais été décidé, aucun travaux d'aménagement ne fut entrepris, le rectificatif du PAEE de 1938 abandonnant même le principe de la réaffectation de ce secteur de la ville.

Plan d'aménagement, d'embellissement et d'extension : distribution des zones, Agache et Saunier arch., 1933. (archives municipales de Tours, 3 D 1).Plan d'aménagement, d'embellissement et d'extension : distribution des zones, Agache et Saunier arch., 1933. (archives municipales de Tours, 3 D 1).

Les projets d'après-guerre

Premier modificatif du plan d'aménagement et de reconstruction : état futur, J. Dorian arch., 1946. (archives municipales de Tours, 149 W 5).Premier modificatif du plan d'aménagement et de reconstruction : état futur, J. Dorian arch., 1946. (archives municipales de Tours, 149 W 5).Le plan de Jean Dorian, présenté en 1946 après les bombardements des infrastructures ferroviaires, reprenait les idées maîtresses de l'étude d'Agache. Supprimant la gare construite par Victor Laloux, il faisait débuter à son emplacement l'avenue aboutissant à la nouvelle gare, à travers le quartier neuf. Prévue quelques dizaines de mètres plus à l'est que dans le PAEE, l'avenue monumentale conservait le même angle de 15° avec l'avenue de Grammont. Elle devait constituer la bissectrice du triangle correspondant à la zone pouvant être aménagée suite au déplacement de la gare. Ce triangle était délimité au sud par la ligne SNCF de Saint-Pierre-des-Corps à Angers, à l'est par la rue Édouard-Vaillant, au tracé redressé, et à l'ouest par une voie nouvelle parallèle à l'avenue de Grammont, et ayant également pour origine la place de l'ancienne gare, au croisement de la rue de Bordeaux.

Jean Dorian remania légèrement son projet dans ses études ultérieures, vers 1949. Si l'avenue centrale demeurait inchangée, la rue Édouard-Vaillant revenait à un tracé plus proche de celui d'avant-guerre, permettant d'éviter des expropriations coûteuses et impopulaires. Surtout, la voie nouvelle parallèle à l'avenue de Grammont était décalée vers l'est, confondant son tracé avec une partie de celui de la rue Blaise-Pascal, qui séparait la zone d'habitation des emprises ferroviaires.

La création du boulevard de Lattre-de-Tassigny

Plan de situation.Plan de situation.Dès sa nomination à l'été 1954, Jacques Henri-Labourdette reprit, avec la collaboration de Jean Dorian, les principes développés dans le plan de reconstruction. La modification de l'emplacement de la nouvelle gare, désormais située au croisement de la rue Édouard-Vaillant, rendait superflue la grande avenue centrale. Labourdette ne retint donc que la voie parallèle à l'avenue de Grammont, sur le tracé prévu par Dorian dans ses esquisses de 1949. Les premiers plans-masse du Secteur Industrialisé prévoyaient de la prolonger une centaine de mètres au sud du croisement avec la nouvelle avenue est-ouest. Jacques Henri-Labourdette, jugeant ce tronçon inutile, obtint sa suppression en 1958.

La construction du boulevard de Lattre-de-Tassigny - nom choisi par Jean Royer - et de ses contre-allées eut lieu en 1960 et 1961. Le tronçon situé entre les rues Chalmel et Galpin-Thiou conserva le nom de la rue Blaise-Pascal, les travaux ne consistant qu'à élargir son tracé. La partie plus au nord ne fut elle jamais réalisée, seule la promenade plantée et les voies de desserte étaient réalisées jusqu'à la place de Varennes. Le croisement avec l'avenue du Général-de-Gaulle, sous la forme du rond-point de Saint-Paul, qui accueille un jet d'eau monumental, ne fut enfin achevé qu'en 1968.

La rénovation des immeubles gérés par l'OPAC (Office public d'aménagement et de construction de Tours), au milieu des années 1990, fut menée en même temps que la restructuration du réseau de voirie du quartier. Les voies de desserte et les stationnements furent réaménagés afin d'augmenter le nombre d'emplacements matérialisés, et améliorer ainsi la hiérarchisation des espaces publics, entre ceux relevant de la circulation automobile et ceux réservés aux piétons. Le boulevard de Lattre-de-Tassigny fut dans le même temps ramené de quatre à deux voies de circulations avec bandes cyclables, deux ronds-points étant créés en face du Palais des Sports, qui fut doté d'un parvis.

Le boulevard de Lattre-de-Tassigny dans les années 2010

Les travaux d'aménagement de la première ligne de tramway conduisirent, au début du mois d'avril 2011, à l'abattage de l'ensemble des arbres de la promenade plantée. La recomposition de celle-ci, de part et d'autre des voies ferrées, est prévue d'ici la mise en service à l'été 2013. La suppression du rond-point de Saint-Paul et son remplacement par un carrefour en T sont également en cours lors de la réalisation de cette étude (2011).

Vue générale de la promenade plantée après sa destruction.Vue générale de la promenade plantée après sa destruction.

Le boulevard de Lattre-de-Tassigny forme un axe d'orientation nord-sud, parallèle à l'avenue de Grammont. Il débute au croisement de la rue Galpin-Thiou, au droit du Palais des Sports, et s'inscrit dans le prolongement de la rue Blaise-Pascal, qui en reprend le gabarit. Son tracé s'achève au carrefour avec l'avenue du Général-de-Gaulle, seconde voie structurante du quartier du Sanitas. Le boulevard de Lattre-de-Tassigny forme, avec ses contre-allées à usage de voie de desserte, un mail s'inspirant de la typologie des boulevards Heurteloup et Béranger, tracés au milieu du XIXe siècle. Sa chaussée principale est large de 14 mètres, et est doublée de part et d'autres de stationnements. Le boulevard est longé sur son flanc ouest d'une allée plantée d'érables et de marronniers, formant la plateforme de la ligne de tramway. Parallèle au boulevard et à la rue Blaise-Pascal, une allée bordée de stationnements se poursuit jusqu'à la place de Varennes, à l'extrémité nord du quartier du Sanitas.

Conçue comme la principale voie distribuant le nouveau quartier, le boulevard de Lattre-de-Tassigny est marqué par un net souci de monumentalité, souligné par la ponctuation axiale des tours en R+15 (15 étages au-dessus du rez-de-chaussée), seuls bâtiments restant identifiables pour l'observateur situé au-delà de la promenade plantée. L'église Saint-Paul s'inscrit quant à elle en point de mire au sud du boulevard, secondée en arrière-plan par la silhouette de la tour H de l'opération Pasteur. A la scansion régulière des cinq volumes en R+15 s'ajoute celle des bâtiments en R+10, à l'intérieur des îlots, implantés presque au droit des tours. Leur nombre moindre (trois à l'origine, contre cinq tours) et leur éloignement du boulevard empêchent toutefois une lecture claire de la composition. La destruction du bâtiment K et la présence de l'opération Blaise Pascal compliquent encore la tâche de l'observateur, seuls deux doublets R+10-R+15, a fortiori non contigus, subsistant encore. L'existence des surélévations des bâtiments bas apporte une complexité supplémentaire, par l'adjonction de volumes courbes rompant les perspectives géométriques.

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