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L'inventaire général du patrimoine culturel recense, étudie et fait connaître le patrimoine architectural et mobilier de la région Centre-Val de Loire.
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Lumière sur

Imprimerie Mame, actuellement École des beaux-arts (49 boulevard Preuilly)

Les destructions de 1940

Institution tourangelle renommée, l'imprimerie Mame occupait depuis le milieu du 19e siècle un vaste terrain de 15 000 mètres carrés en centre-ville, compris entre les rues des Halles et Néricault-Destouches. Au début de la Seconde Guerre mondiale, ses locaux sont totalement sinistrés lors de la destruction du quartier de l'entrée nord, s'accompagnant d'une perte presque totale du matériel mécanique, des stocks d'encre et de papier. Alors que les bureaux de l'administration occupent le seul immeuble non sinistré de l'ancien terrain rue des Halles, direction et personnel s'associent à la Libération pour aménager de nouveaux ateliers, disséminés dans les anciens locaux des imprimeries Deslis et du Petit Parisien, ainsi que dans un entrepôt proche de la gare de Tours. Établi en 1945 par les architectes de la Maison Mame, Roger et Jean Marconnet, le dossier de dommages de guerre est directement traité par le ministère de la Reconstruction, qui soutient le rétablissement de l'imprimerie en débloquant dès 1947 d'importants crédits grâce au plan Marshall. Un accord intervient en mai 1949 entre les dirigeants de Mame, le ministère et la Ville de Tours, sur le choix d'un site propice à la reconstruction de l'usine : en échange de ses terrains sinistrés du centre-ville, l'institution se voit proposer un grand quadrilatère de trois hectares et demi en bordure de Loire, en place de l'ancienne caserne militaire Lasalle.

La Reconstruction

Afin d'édifier une nouvelle usine à la pointe de la modernité, Alfred Mame, le président-directeur général de l'imprimerie, fait appel à Bernard Zehrfuss, architecte grand prix de Rome, architecte en chef de la reconstruction en Tunisie, qui s'associe pour l'usine Mame à son confrère Jean Drieu La Rochelle. Les deux hommes sont secondés par l'architecte Jean Marconnet, qui assure la mise en place et le suivi du chantier. Les plans qu'ils dressent en septembre 1949 témoignent d'une grande fonctionnalité qui distingue nettement les ateliers de production des espaces de bureaux. Fin décembre 1949, le permis de construire est accordé pour une première tranche de travaux estimée à 360 000 000 francs, immédiatement suivi par le démarrage du chantier. L'intervention de Jean Prouvé en 1950 va cependant bouleverser l'esthétique de l'édifice. Chargé de la conception des sheds en aluminium couvrant les ateliers, l'ingénieur est également sollicité pour la conception du troisième étage de l'unité administrative. Réservé à la Direction générale, ce dernier niveau est composé d'un appartement pour Alfred Mame, de bureaux et d'une salle du Conseil.

Après l'achèvement du gros-œuvre en 1952, débute la pose des sheds métalliques, usinés dans les ateliers Prouvé de Maxéville, acheminés à Tours et assemblés directement sur le chantier. Cette opération est suivie de la mise en peinture des ateliers à partir de 1953. Conçu par Edgard Pillet, artiste affilié au Groupe Espace, l'embellissement de ces espaces de production, ainsi que du hall d'entrée, constitue l'une des caractéristiques essentielles du nouvel édifice. De grands aplats colorés animent les murs intérieurs et permettent, selon Pillet, de favoriser l'ambiance au travail et de faciliter la compréhension du fonctionnement de l'usine. L'artiste dessine également un mobilier à piètement métallique pour les bureaux. Dotée de moyens techniques très modernes, la nouvelle imprimerie Mame s'impose rapidement comme une réalisation majeure, saluée par le grand prix d'architecture industrielle de Milan en 1954.

Historique de l'usine Mame, de 1964 à 2014

L'accroissement de la production nécessite en 1964 la réalisation de deux extensions, construites au nord et à l'est des ateliers existants. Ce deuxième chantier est conduit sous la houlette de l'architecte Jean Marconnet. Des difficultés financières surgissent cependant à partir des années 1970, contraignant l'institution à déposer le bilan. L'imprimerie est d'abord rachetée par la société D.M.C., puis par le groupe M.C.P. en 1981, qui tentent de maintenir à flot la production de cette institution tourangelle historique. Les bâtiments connaissent à cette époque quelques transformations : les murs peints des ateliers sont abattus, les espaces de bureaux et d'accueil remaniés. L'extension nord est par ailleurs cédée à une chaîne de la grande distribution pour abriter un supermarché. Devenue propriété du groupe Serge Laski dans les années 1990, l'imprimerie Mame fait l'objet d'un nouveau redressement judiciaire à la fin des années 2000. Les bâtiments sont alors vendus en 2008 à l'agglomération de Tours dans la perspective d'un projet urbain d'envergure. Le matériel et les services administratifs quittent définitivement le site en 2010 pour s'installer au sud de la ville, à Chambray-lès-Tours. En 2014, l’École supérieure des beaux-arts Tours Angers Le Mans déménage au sein d'une partie des locaux de l'ancienne imprimerie Mame.

Description du site Mame reconstruit

L'imprimerie Mame est édifiée sur un vaste terrain quadrangulaire de 2,5 hectares, délimité à l'ouest par la rue du Docteur-Chaumier, au sud par le boulevard Preuilly, à l'est par la rue du 501ème Régiment de Chars et au nord par la rue du Général de Witkowski. L'accès au site, clos par un muret surmonté de grilles, s'effectue par un grand portail mécanique placé au sud-ouest, le long du boulevard Preuilly. Réservé à la conciergerie, un petit bâtiment en rez-de-chaussée accueille les visiteurs à droite de l'entrée. De plan rectangulaire, il présente une couverture en terrasse soulignée par un enduit de teinte jaune. Occupant la majeure partie de la parcelle, l'usine proprement dite suit un plan tramé organisé en deux unités qui distinguent nettement les ateliers de production, élevés en rez-de-chaussée, des espaces de bureaux, occupant un bâtiment de trois étages.

Dans l'axe du portail, au-delà d'un premier espace de stationnement, se dresse le bâtiment administratif de l'imprimerie. Adoptant un plan sensiblement carré, il comprend un rez-de-chaussée, un entresol et trois étages-carrés. Le dernier niveau se distingue des étages inférieurs par un traitement particulier, réunissant quatre petits pavillons préfabriqués en aluminium sur le toit-terrasse du deuxième étage. La façade principale, tournée vers le boulevard, compte sept travées soulignées par l'ossature apparente de l'édifice. Un grand auvent en béton surmonte l'entrée d'honneur située dans la travée médiane. Occupé au nord par un vaste espace de stockage, le rez-de-chaussée de ce bâtiment est composé au sud d'un hall monumental de hauteur double, rythmé par des colonnes et clos par des parois vitrées, et d'un grand escalier d'accès aux étages de bureaux et à l'ancien appartement du directeur situé au dernier niveau.

Les espaces de production

Constituant la deuxième partie de l'usine, les espaces de production occupent une superficie de 5432 mètres carrés, soit plus de la moitié du site. Les différents ateliers sont regroupés au sein d'une structure en rez-de-chaussée, couverte de 616 sheds en aluminium disposés en vingt-huit bandes régulières. Les sheds reposent sur des poutres de béton et associent un châssis vitré à une structure métallique de forme parabolique. Une vingt-neuvième rangée de sheds, placée le long de la façade est du bâtiment administratif, éclaire les bureaux de la Direction situés à l'entresol. Ces bureaux s'ouvrent sur une longue passerelle vitrée qui donnent sur les ateliers, permettant de voir la chaîne de production.

Complétant les ateliers d'origine au nord et à l'est, les deux extensions construites sur un plan rectangulaire se distinguent par leur simple toiture-terrasse percée de multiples ouvertures zénithales. L'extension nord, actuellement occupée par un supermarché, ne communique plus avec l'imprimerie.

L'ensemble des bâtiments présente un sous-sol commun édifié sur de profondes fondations. Ce niveau, comme les étages supérieurs, est rythmé par des poteaux et colonnes massives en béton armé qui, associés à des poutres de même nature, constituent l'ossature portante de l'édifice.

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