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L'inventaire général du patrimoine culturel recense, étudie et fait connaître le patrimoine architectural et mobilier de la région Centre-Val de Loire.
Bienvenue sur le nouveau portail qui vous permettra progressivement d’accéder aux dossiers documentaires constitués par l'inventaire du patrimoine Centre-Val de Loire. Le service patrimoine et inventaire de la Région recense, étudie et valorise tous types de patrimoine culturel, architectural et mobilier, sur les six départements du territoire. Cette mise en ligne de dossiers qui démarre au printemps 2016, vous présente l’étude sur les aménagements portuaires de la Loire, le diagnostic patrimonial sur la ville de La Riche, l’étude sur la Reconstruction de la ville de Blois ... L’objectif du service patrimoine et inventaire est de diffuser au fur et à mesure l’ensemble de ses études, et ce, de manière exhaustive au bénéfice de tous. Nous espérons que ce portail vous donnera l’occasion de belles découvertes.

Actualités de la recherche :
   - Les aménagements portuaires de la Loire
   - Le diagnostic patrimonial de la commune de La Riche
 
Lumière sur

Écart, puis quartier Sainte-Anne

Atlas Trudaine, vers 1750 : l'écart de Sainte-Anne à l'ouest de la ville de Tours  (Archives nationales)Atlas Trudaine, vers 1750 : l'écart de Sainte-Anne à l'ouest de la ville de Tours (Archives nationales)

Le quartier Sainte-Anne s'est constitué à partir d'un écart centré sur le prieuré éponyme au bord du chenal de communication entre Loire et Cher. Après le comblement du chenal en limite du 18e siècle et du 19e siècle, concomitamment à la création de la commune de la Riche, l'emplacement du ruau marquera la délimitation avec la ville de Tours qui, entre 1836 et 1842, y installera l'octroi Sainte-Anne sur les plans de Auguste Guérin architecte de la ville. (Cf le dossier IA00071363 Bureaux d'octroi de Tours sur la base de données nationale Architecture & Patrimoine)

La délimitation communale entre Tours et La Riche : modification et perméabilité

L'octroi Sainte-Anne est l'unique point de contact avec la ville de Tours : il créé une "porte" située au nord-est de la commune ; cette situation perdure après la création du jardin botanique (première pierre posée en 1843) sur une partie du lit du ruau asséché et comblé. Il forme avec les équipements utiles à la ville de Tours une sorte d'écran entre les deux communes.

Une carte sur la délimitation de la ville de Tours (1832) met en évidence la particularité de la situation de la frontière administrative entre La Riche et Tours par rapport aux autres communes de sa périphérie. Ce n'est en effet ni l'enceinte fortifiée de Tours, ni la Loire qui dicte son tracé : la position des levées et les tractations politiques jouent un rôle important à cet égard. La carte ci-dessous permet également de situer un pavillon d'octroi moins connu que celui de la barrière Sainte-Anne, sur la route longeant la Loire, ou encore de visualiser les anciennes et nouvelles levées dans le quartier Sainte-Anne, alors en pleine transformation.

Plan de la délimitation de la ville de TOurs en 1832. (Archives municipales de Tours. 3 D 13)Plan de la délimitation de la ville de TOurs en 1832. (Archives municipales de Tours. 3 D 13)

La délimitation entre Les communes de la Riche et de Tours a évolué bien après le comblement du ruau. Par délibération du conseil municipal du 16 juillet 1923 et du 4 février 1924, le conseil municipal de Tours a décidé "la modification de la limite du territoire" aux abords de l'immeuble acquis par l'office des habitations à bon marché et de l'ancien abattoir municipal, cette modification devant donner lieu au "rattachement au territoire de la ville de Tours d’une certaine portion du territoire de la commune de La Riche". La réalisation de ce projet a été envisagée "en raison de l’acquisition par l’office municipal des habitations à bon marché d'un immeuble situé sur le territoire de la commune de La Riche et afin d’éviter des difficultés qui pourraient se produire avec cette dernière commune du fait de l’occupation de cet immeuble par des familles nombreuses et peu fortunées auxquelles il est destiné et qui appartiennent pour la plupart à la population de la ville de Tours".

Le conseil municipal de La Riche a donné son accord à la modification des limites demandées par le conseil municipal de Tours, par délibération du 24 février 1924. Le conseil général annexe un plan de cette modification à sa délibération du 28 août 1924.

Projet de modification de la limite du territoire de La Riche dans sa partie nord-ouest (1924)Projet de modification de la limite du territoire de La Riche dans sa partie nord-ouest (1924)

Le plan annexé à la décision du conseil général du 28 août 1924 montre, en outre, la mutation des zones contiguës à la limite communale, avec la présence du quartier Lasalle sur une partie du terrain du Champ de Mars ou encore, côté La Riche, les progrès de l'urbanisme autour de la rue récente du Lieutenant Roze.

Ainsi, depuis 1924, le quartier Sainte-Anne, et la commune, sont constitués dans leurs limites actuelles.

A un pont sur un ruau ont donc succédé des barrières d'octroi, frontières fiscales, puis de nouvelles frontières administratives. La question de la porosité de la délimitation entre les communes de Tours, ville-centre, et de La Riche se pose alors : il n'est pas certain que, malgré la disparition du ruau, la nouvelle frontière soit plus perméable comme le suggère les grilles de l'octroi ou, de manière symbolique, cette image du tramway dont les rails contournent l'entrée de La Riche.

L'octroi Sainte-Anne au début du 20e siècleL'octroi Sainte-Anne au début du 20e siècle

Du carrefour à la création de la place Sainte-Anne

L'écart Sainte-Anne, parfois dénommé "village" a depuis le 16e siècle constitué l'un des lieux privilégiés d'implantation d'habitations dans la commune. La place Sainte-Anne, espace actuellement délimité par les rues de la Mairie, Saint-François et allant jusqu'à l'entrée de la ville, n'a pas toujours existé. Son emplacement fut avant tout un carrefour des voies principales du territoire larichois, menant au château du Plessis, à Saint-Genouph, commune limitrophe à l'ouest et à la Loire (par la rue du Port). Dans le plan de Siette du 17e siècle, son rôle de carrefour (marqué par une croix de chemin) est très lisible. Les cartes postales ou encore les plans dès la fin du 19e siècle ou dans l'entre-deux-guerres montrent que l'emplacement actuel de la place Sainte-Anne est couvert par un habitat dense, en raison de l'urbanisation de la commune, qui touchait également le quartier entier.

Sainte-Anne sur une carte de 1619 (BNF, Gallica)Sainte-Anne sur une carte de 1619 (BNF, Gallica) La densification de la place Sainte-Anne sur une carte de 1882La densification de la place Sainte-Anne sur une carte de 1882

Cependant, dans une carte datée de 1938, la place Sainte-Anne est indiquée à l'embranchement entre les rues du Plessis et de la Mairie - et donc pas exactement sur son emplacement actuel, sous une forme allongée.

Le "carrefour", la "place Sainte-Anne" : des appellations diverses sur les cartes postales anciennesLe "carrefour", la "place Sainte-Anne" : des appellations diverses sur les cartes postales anciennes Le quartier Sainte-Anne en 1938 (Archives municipales de Tours, 2Fi 32)Le quartier Sainte-Anne en 1938 (Archives municipales de Tours, 2Fi 32)

Les documents permettant d'identifier la première place Sainte-Anne la situent à proximité du prieuré Sainte-Anne et de la barrière de l'octroi.

Ainsi, un projet datant de 1835 environ concerne l'aménagement d'une place (non dénommée) à l'entrée de la ville, du côté de La Riche. Des plans sont dressés, à l'occasion d'une cession de terrain en faveur de la commune de La Riche, créant une place immédiatement à l'est de la barrière. Ce projet ne verra pas le jour.

Plan des abords de la "barrière" Sainte-Anne et de la place projetée pour la commune de La Riche. Signé par Gustave Guérin et daté de 1835? (Archives municipales de Tours. 1 0 116)Plan des abords de la "barrière" Sainte-Anne et de la place projetée pour la commune de La Riche. Signé par Gustave Guérin et daté de 1835? (Archives municipales de Tours. 1 0 116)

Des projets d'aménagement d'une place Sainte-Anne ont également existé à Tours. La place actuellement dénommée Louis Desmoulins a fait l'objet d'un projet de la part de Gustave Guérin en 1836, alors que la barrière de l'octroi était déplacée du territoire de Tours vers celui de La Riche. Cette place est dans plusieurs documents dénommée "Sainte-Anne" (sur une carte de 1860, en 1904 sur un plan de l'architecte voyer concernant la gestion des terrains résultant de l'assèchement du ruau...). Les deux projets présentant un aménagement de place sont proches dans le temps et pourraient être liés entre eux.

Projet d'une place et d'une barrière pour Sainte-Anne (côté Tours). Gustave Guérin.1836. (Archives départementales d'Indre-et-Loire. 1 O 116) Projet d'une place et d'une barrière pour Sainte-Anne (côté Tours). Gustave Guérin.1836. (Archives départementales d'Indre-et-Loire. 1 O 116) Plan de la ville de Tours, extrait des parties Nord et Ouest (vers 1860)Plan de la ville de Tours, extrait des parties Nord et Ouest (vers 1860)

Malgré cette absence de place Sainte-Anne constituée à La Riche, les délibérations de la ville mettent en évidence l'importance de cette zone d'échange dans la ville. "Sainte-Anne", sans doute à entendre au sens plus large de village, est le premier lieu à bénéficier du pavage (dans les années 1830) ou encore d'éclairage urbain (becs de gaz en 1873). La proximité de l'ancien ruau nécessite des opérations régulières d'assainissement documentées dans les registres des délibérations communales.

Enfin, les bombardements du 8 juin 1944, en démolissant une partie de l'îlot formant une pointe sur la place, entraineront une modification de la physionomie du quartier. Il est alors décidé de ne pas reconstruire les bâtiments qui l'occupaient et, dans les années 1960, une véritable place, triangulaire, bien délimitée, prend le relais du carrefour initial.

Vue aérienne verticale prise en 1955 : les destructions du bâti place Sainte-Anne (IGN - Géoportail)Vue aérienne verticale prise en 1955 : les destructions du bâti place Sainte-Anne (IGN - Géoportail) La place Sainte-Anne vers 1960 (Archives départementale d'Indre-et-Loire, 10Fi195-0051)La place Sainte-Anne vers 1960 (Archives départementale d'Indre-et-Loire, 10Fi195-0051)

Pendant cette période de reconstruction, la place Sainte-Anne est remodelée et de nouvelles constructions d'immeubles, d'ensembles de maisons modifieront la physionomie de la place. Dans sa partie sud-ouest, particulièrement frappée par les bombardements meurtriers, la rue menant au jardin botanique et au boulevard Tonnelé sera nommée "Rue du 8 juin 1944" en souvenir des évènements. Deux maisons symétriques marquent une nouvelle entrée dans la place.

Place Sainte-Anne à l'entrée de la rue du 8 juin 1944.Place Sainte-Anne à l'entrée de la rue du 8 juin 1944.

L' "école Teissier" : un exemple de patrimoine bâti dans le quartier Sainte-Anne

L'école Teissier, école de peinture décorative active dans les années 1920 et 1930, est installée dans un grand édifice à l'entrée de Sainte-Anne, Elle est figurée sur des cartes postales mettant en scène ses élèves devant le bâtiment. La haute silhouette dont on devine le volume sur les cartes anciennes joue comme un "marqueur" de l'entrée de ville au même titre que les octrois. Le bâtiment est démoli en 1965 et remplacé par un immeuble de 5 étages.

L'entrée de la Riche à Sainte-Anne au début du 20e siècle. L'entrée de la Riche à Sainte-Anne au début du 20e siècle. Ecole Teissier dans les années 1920, aujourd'hui détruite. Ecole Teissier dans les années 1920, aujourd'hui détruite. Immeuble construit dans les années 1960 à l'emplacement de l'Ecole TeissierImmeuble construit dans les années 1960 à l'emplacement de l'Ecole Teissier

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