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Abbaye d'augustins et de génovéfains Notre-Dame-de-Bourgmoyen, collège puis lycée de Blois

Dossier IA00141117 inclus dans Ville de Blois réalisé en 1987

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Genre de génovéfains, d'ermites de saint Augustin
Vocables Notre-Dame-de-Bourgmoyen
Destinations lycée
Parties constituantes non étudiées cloître, crypte, jardin, basse-cour, cour, communs
Dénominations abbaye
Aire d'étude et canton Blois centre
Adresse Commune : Blois
Adresse : place Louis-XII
Cadastre : 1810 A 1371, 1372, 1373

La charte de fondation d'un monastère dédié à la Vierge en 696 pourrait concerner l'abbaye Notre-Dame-de-Bourgmoyen de Blois ; fin 10e siècle : construction d'une église et d'une crypte (vestiges dégagés en 1943) ; 1122 : les chanoines séculiers sont remplacés par des chanoines réguliers de l' ordre de Saint-Augustin, reconstruction totale de l'église en conservant la crypte ; 13e siècle : seconde campagne de travaux, édification d'une église gothique sur des structures romanes, reconstruction des bâtiments abbatiaux, délimitation d'un vaste enclos en bordure de Loire ; 14e siècle : le mur sud de l'enclos se confond avec les fortifications de la ville, construction de la tour de Bourgmoyen ; 16e siècle : travaux aux bâtiments, construction d'une nouvelle salle capitulaire ; 1647 : réforme de Sainte-Geneviève, construction d'un nouveau dortoir ; milieu 18e siècle : vaste projet de reconstruction des bâtiments, projet inachevé à la veille de la Révolution ; 1790 : saisie de l'église et des bâtiments ; 1806 : démolition de l'église pour l'aménagement de la place Louis XII, affectation des bâtiments au collège ; 1843 : construction du pavillon ouest et d'un bâtiment longeant la rue de Bourgmoyen ; 1940 : les vestiges de l'église qui subsistaient dans des maisons particulières, et les bâtiments sont détruits, le quartier est rasé et reconstruit ; depuis 1970 : un parking souterrain occupe l' emplacement de l'abbaye. En ce qui concerne l'enseignement agricole, une école d'agriculture d'hiver a été créée par le Conseil général de Loir-et-Cher sous l'égide des ministères de l'Agriculture et de l'Instruction publique au collège de Blois en 1921.

Parties déplacées Commune : Blois
Période(s) Principale : Haut Moyen Age
Principale : 1ère moitié 12e siècle
Principale : 1ère moitié 13e siècle
Principale : limite 15e siècle 16e siècle
Principale : 3e quart 17e siècle
Principale : milieu 18e siècle
Principale : limite 18e siècle 19e siècle
Murs pierre
calcaire
pierre de taille
Toit ardoise
Plans plan en croix latine, plan régulier
Étages 3 vaisseaux, 3 étages carrés, étage de comble
Couvrements voûte d'ogives
voûte en berceau
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
flèche polygonale
toit en pavillon
croupe polygonale
croupe brisée
Escaliers escalier hors-oeuvre : escalier en vis, en maçonnerie
escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en charpente
Typologies clocher porche
États conservations détruit

Notice référencée IA00141117 dans la base Mérimée.

Statut de la propriété propriété de la région

Annexes

  • 4- Ecole d'agriculture d'hiver annexée au lycée de Vendôme

    Lettre du proviseur du lycée de Vendôme à Monsieur le Recteur de l’Académie de Paris, le 8 mars 1921 (Source : Archives départementales de Loir-et-Cher, 7 M 234)

    J'ai l'honneur d'attirer votre bienveillante attention sur la situation de l’École d'Agriculture d'Hiver annexée au lycée de Vendôme et sur les débats qui auront lieu du Conseil Général, pendant la session de mars courant au sujet de son maintien à Vendôme ou de son transfert à Blois.

    Le principe de la création d'une école d'Agriculture en Loir-et-Cher a été adopté, en août 1919, par le Conseil Général et le Conseil de l'Office départemental agricole. Ces assemblées, rejetant comme trop onéreux le projet présenté par la directrion départementale des services agricoles de l'acquisition dans la banlieue de Blois d'une propriété où aurait été installée une école d'agriculture autonome [souligné par le proviseur], décidèrent que l'école serait annexée à un établissement scolaire.

    Les municipalités de Blois et de Romorantin déclinèrent les offres qui leur furent faites immédiatement par le directeur départemental des services agricoles relativement à leurs collèges. L'administration départementale songea, alors, au lycée de Vendôme et j'en fus averti officieusement par Monsieur l'Inspecteur d'académie Le Téo au début de septembre 1919. Toutefois, le mois de septembre tout entier s'écoula avant que je reçusse une confirmation officielle de ces intentions, je la provoquais même, sur le conseil de Monsieur l'Inspecteur, et je sollicitais une audience de Monsieur le Préfet.

    L'école s'ouvrit seulement le 1er décembre 1919.

    Bien que la direction départementale des services agricoles n'eût fait connaître par la presse la création de cette école qu'en octobre, c'est à dire après la rentrée des établissements scolaires, à une époque où les parents ont déjà pris des décisions relativement aux études de leurs enfants, bien que le minimun d'âge fût plus élevé que dans les autres écoles d'agriculture, bien que la date d'ouverture fût tardive l'école compta dès les premiers jours 10 élèves de première année. Cet effectif pouvait sembler normal pour un début si on considère que les 27 écoles d'agriculture existant actuellement et comprenant les deux premières années d'études règlementaires compte, en moyenne, 20 élèves. (Déclaration de Monsieur le Député Plissonnier examen du budget de l'Agriculture par la Chambre des Députés, 1ère séance du 27 janvier 1921, J.O. du 28 janvier, p. 151, colonne I, lignes 1 et 2).

    Comme toutes les écoles d'agriculture d'hiver annexées à des établissements universitaires, l'école de Vendôme a un directeur technique : M. le directeur départemental des services agricoles, un directeur administratif : M. le Proviseur. L'enseignement général (Français, Géographie, Mathématiques, Physique, Chimie, Sciences Naturelles) est donné par 5 professeurs du lycée. L'enseignement de la technologie, du dessin agricole, du travail du fer et du bois a été confié, dès l'an dernier, au sous directeur d'une importante fonderie de Vendôme, ingénieur des Arts et Métiers, assisté de 2 des ses contremaîtres. Un horticulteur, depuis le 1er décembre 1920 ; un médecin vétérinaire, depuis le 1er février 1921, ont été chargés de conférences et exercices pratiques.

    Le poste de professeur de l'Agriculture de l'arrondissement de Vendôme étant vacant depuis plusieurs années - j'ignore pour quelles raisons - l'enseignement agricole est donné par Monsieur le directeur départemental des services agricoles résidant à Blois, et cette année, d'un ingénieur agricole préparateur au laboratoire de Blois et du professeur d'agriculture de Romorantin. L'année scolaire - décembre 1919 mars 1920 - se passa sans incident.

    Dès le début de juin 1920, je sollicitais de Monsieur le directeur départemental des services agricoles une entrevue pour fixer l'emploi du temps et le programme de l'année scolaire 1920-1921 et préparer la propagande qu'il était utile de faire pendant les grandes vacances. DE cette entrevue qui n'eut lieu qu'en juillet, j'emportais l'impression que Monsieur le directeur n'envisageait pas comme certaine la réouverture des cours à Vendôme, en novembre suivant.

    Je ne fus donc pas étonné d'apprendre fin août, que le Conseil Général avait été saisi d'une demande de M Decault, secrétaire de la société d'Horticulture de Loir-et-Cher, président du syndicat horticole de Loir-et-Cher, concernant le transfert de l'école à Blois. Les débats du Conseil Général ont été résumé ainsi par la presse : l'année dernière, une école d'agriculture d'hiver, décidée par le Conseil Génréal, a dû est installée au lycée de Vendôme, au refus des villes de Blois et de Romorantin. Elle n'a groupé que 10 élèves dont 9 originaires du nord de la Loire et 1 de la région du sud. Aurait-elle plus d'élèves si elle était installée à Blois, point central du département, et doit-on la déplacer dans ce but ? Sur ce thème, une discussion extrêmement animée a eu lieu. Les Vendômois : MM Berger et Johannet ont véhémentement défendu le maintien de l'école à Vendôme. MM Amiot, Hérault, Triaureau sont également intervenus. Finalement la décision ci-après a été adoptée : le Conseil Général sur la proposition de MM Berger, Johannet et Triaureau décide le maintien provisoire à Vendôme de l'école d'agriculture d'Hiver jusqu'au mois d'avril 1921, époque à laquelle le Conseil statuera sur son maintien à Vendôme en tenant compte des résultats obtenus.

    La publicité donnée à ces débats, la menace de fermeture suspendue sur l'école ne pouvaient que nuire à son recrutement? Certaines familles, désireuses d'envoyer leurs enfants à l'école d'agriculture, attendent actuellement la fin de la situation provisoire créée par le vote du Conseil Général.

    D'autre part les partisans du transfert à Blois continuèrent une campagne de presse. Le 1er novembre 1920, M Decault résumait son argumentation dans une revue locale "Blois et le Loir-et-Cher" en ces termes :

    Examinons les raisons qui militent en faveur du transfert de l'école à Blois. Situé au centre du département, admirablement desservi par les chemins de fer et tramways départementaux, Blois est également accessible à toute la population du Loir-et-Cher tandis que le maintien de l'école à Vendôme en rend l'accès difficile, sinon impossible à tous les habitants de la rive gauche de la Loire... Blois est le siège de la direction des services agricoles de Loir-et-Cher avec ses stations agronomique, œnologique et entomologique. Le professeur d'horticulture aura sa résidence à Blois. La société d'horticulture va commercer l'organisation de son jardin école d'horticulture... En dépendront : une école de botanique, ... une école de vigne de table... La même société vient de créer à Blois une station expérimentale de culture maraîchère ... Une station expérimentale d'arboriculture fruitière est à l'étude... Nous sommes persuadés que le Conseil Général de Loir-et-Cher... procédera, en raison des multiples organisations énoncées ci-dessus, à l'annexion au collège de Blois de l'école d'agriculture et d'horticulture d'hiver.

    La rentrée était fixée au 15 novembre 1920. Quelques jours avant cette date M. le directeur des services agricoles m'avisait que le décret interministériel qui devait intervenir en vertu du décret du 23 juin 1920 portant règlement d'administration publique pour l'exécution de la loi du 2 août 1918 sur l'organisation de l'enseignement professionnel public de l'agriculture n'était pas encore signé et que la rentrée devait être différée. Le 1er décembre l'école comptait 9 élèves : 4 en deuxième année, 5 en première année. L'enseignement y fut donné de la même façon que l'année précédente, encore le cours le cours de médecine vétérinaire ne commença-t-il que le 1er février - j'ignore pour quelles raisons - et le cours d'hygiène humaine prévu au programme n'a t-il pas eu lieu. Telles sont, M. le Recteur, les conditions dans lesquelles le Conseil Général va être appelé à statuer sur le maintien de l'école à Vendôme ou sur son transfert à Blois. De l'exposé qui précède il semble résulter avec l'évidence que les circonstances ont été parfois étrangement défavorables à l'expérience tentée dans notre établissement et que, par conséquent, cette expérience même ne peut fournir une base solide à une discussion loyale.

    Je n'examinerai pas le plaidoyer des partisans du transfert de l'école à Blois qui décorent de noms pompeux des organisations souvent modestes, parfois seulement projetées. Ils ne font généralement que reproduire, en les adaptant à l'époque, les arguments évoqués, il y a 125 ans, en floréal et germinal de l'An III, lors de la création de l’École Centrale en Loir-et-Cher (Cf Bonhoure, le Collège et le Lycée de Vendôme pages 242 sqq). Il n'est pas exact d'affirmer que Blois est le centre économique du Loir-et-Cher tout entier. Le département manque de ce point de vue d'homogénéité. L'arrondissement de Vendôme jouit d'une complète autonomie. Les cantons de la vallée du Cher : Montrichard, Saint-Aignan, Selles, Mennetou, subissent l'attrait de Tours et de Vierzon beaucoup plus que celui de Blois. Les cantons de Salbris, Lamotte-Beuvron sont en relations d'affaires presque exclusivement avec Orléans. Je n'insisterai pas sur les avantages offerts par notre lycée à l'école d'agriculture : nos bâtiments sont très vastes et nous mettons à la disposition de l'école tous les locaux qu'elle peut désirer ; nos ateliers de bois et de fer sont utilisés par ses élèves, le parc, le jardin du lycée pourraient l'être également si les professeurs d'agriculture désiraient procéder à des exercices d'application. Les communs permettraient la création immédiate d'un atelier de tonnellerie que Monsieur le directeur départemental semblait envisager l'an dernier. L'enseignement donné à l'école par M. le directeur départemental et ses collaborateurs résidant à Blois les obligent à des déplacements hebdomadaires. Il serait possible de remédier à cet inconvénient réel en désignant un titulaire au poste vacant de professeur d'agriculture de l'arrondissement de Vendôme.

    En me plaçant au point de vue des intérêts de notre lycée, je crois devoir, Monsieur le Recteur, attirer votre attention sur l'effet que produirait la suppression de l'école d'agriculture. L'adminsitration collégiale n'en avait nullement sollicité la création : mais, à la réalisation des projets de l'administration départementale elle a apporté, de même que le corps professoral, son concours loyal, empressé, sans réserve. Il n'a pas dépendu d'elle que l'expérience tentée ne donnât des résultats entièrement satisfaisants.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales. Série K : K, 3, n°11. Charte de fondation de l'abbaye en 696, publiée par Mabillon, in : De re diplomatica. Paris, 1661.

    p. 478.
  • Archives départementales de Loir-et-Cher. Minutes notariales : Étude 10, liasse 113. Devis et réparations du cloître, le 28 décembre 1652.

  • Archives départementales de Loir-et-Cher. Minutes notariales : Étude 19, liasse 97. Devis de réparations de l'église, le 22 juin 1607.

  • Archives départementales de Loir-et-Cher. Série 0 : 18 O6 VII 80. Projet d'agrandissement des bâtiments du collège de Blois. 20 juin 1843.

  • Archives départementales de Loir-et-Cher. Série 0 : 18 O6 VII 80. Décret impérial concédant à la ville de Blois les bâtiments pour l'établissement du collège. 16 août et 17 septembre 1808.

  • Archives départementales de Loir-et-Cher. Série Q 115. 24 novembre 1790.

  • Archives départementales de Loir-et-Cher. Série Q : Q 911. Procès-verbal d'estimation de l'église, des bâtiments et des jardins. 23 mars 1791.

  • Archives départementales de Loir-et-Cher. Série L : L 1178. Procès-verbal d'évacuation des religieux et estimation du mobilier. 13 septembre 1790.

  • Archives départementales de Loir-et-Cher. Série H : 3 H 110. Mandement de l'official de Chartres pour la reconstruction de l'église. (1243-1259).

  • Archives départementales de Loir-et-Cher. Série H : 3 H 18, 3 H 21, 3 H 23, 3 H 24, 3 H 31. Ventes de terrains pour les réparations de l'église et des bâtiments, (1571-1615).

Bibliographie
  • BERGEVIN, Anatole et DUPRE, Louis. Histoire de Blois. Blois : Dezairs, 1846-1847, 2 vol.

    p. 525-527.
  • BERNIER, Jean. Histoire de Blois, contenant les antiquitez et singularitez du comté de Blois, les éloges de ses comtes et les vies des hommes illustres qui sont nez au païs blésois, avec les noms et les armoiries des familles nobles du même païs, suivis des preuves. Paris : Muguet, 1682.

    p. 45-48 ; preuves : p. VIII, IX, X.
  • COSPEREC, Annie. Blois : la forme d'une ville. Paris : Imprimerie nationale, 1994. (Cahiers du patrimoine, 35).

    p. 34-35, 74-77, 199, 217, 244, 279-280, 314.
  • HARDEL, L. L'église Notre-Dame de Bourgmoyen. Le Loir-et-Cher Historique. Décembre 1895.

  • LESUEUR, F. Bourgmoyen. Congrès Archéologique de France, 88e session tenue à Blois, 1925. Paris : Picard, 1926.

    p. 133-141.
  • LESUEUR, Frédéric. Notes archéologiques sur les ruines de Blois. Blois : éditions du jardin de la France, Août-septembre 1941.

    p. 14-19.
  • LESUEUR, Frédéric. Les églises de Loir-et-Cher. Paris : Picard, 1969.

    p. 72-74.
Périodiques
  • LESUEUR, F. Les fouilles de Bourgmoyen à Blois. Bulletin monumental., 1943.

    p. 103-107.
  • TROMBETTA, P.J. Une réussite dans le domaine de l'archéologie urbaine : la fouille de la place Vaslin de La Vaissière à Blois. Archéologia, mai 1976.

    p. 13-19.

Liens web

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