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Amboise : quai Charles Guinot (1 à 33 quai Charles-Guinot)

Dossier IA37005630 inclus dans Amboise : secteur urbain de l'ancienne enceinte urbaine réalisé en 2006

Fiche

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiées maison, hôtel
Dénominations quai
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : 1 à 33 quai Charles-Guinot

Nous avons divisé le quai Charles Guinot en deux : la partie dans l'enceinte et la partie hors de l'enceinte. Nous étudions ici la zone comprise dans les murs. Le quai Charles Guinot était appelé jusqu'au XXe siècle le quai des violettes. Aujourd'hui ce nom n'est resté que pour la partie la plus orientale du bord de Loire. Au cours des XVe et XVIe siècles, la rive gauche du bord de Loire connaît de grands changements à Amboise. Elle va voir se mettre en place conjointement : -la fortification de la ville ; -la levée de turcies pour protéger la ville du fleuve ; -l'émergence de trois ports (sans compter ceux de l'île) qui vont petit à petit se spécialiser. Aujourd'hui le bord de Loire est longé par le quai du Général de Gaulle qui est relayé, un peu avant l'église Notre-Dame et-Saint-Florentin, par le quai Charles Guinot. La césure médiévale ne se situait pas là. Elle devait se trouver à l'aplomb de la tour Garçonnet au niveau du Petit Fort qui semble en effet avoir eu un fonctionnement bien à part ; il disposait par exemple d'un port. Les façades sur Loire, pour le quai Charles Guinot comme pour le quai du Général de Gaulle sont parmi les plus modifiées de la ville. Si nous avons rencontré des vestiges datant des XVe et XVIe siècles, ils ne furent jamais visibles en façade - à l'exception de l'hôtel Morin bien entendu.

Période(s) Principale : Moyen Age

La numérotation du quai remonte le cours de la Loire. Avant l'église Notre-Dame-et-Saint-Florentin, aucun vestige significatif des XVe et XVIe siècles n'a été mis au jour. Seul le vocable de l'église nous indique la situation topographique de la ville. L'église était donc sur les grèves ce qui implique l'absence de turcies ; mais cela implique également que l'église soit suffisamment en retrait de la Loire pour ne pas être dévastée aux premières crues. Rappelons que l'église reçoit sa couverture vers 1506. Le niveau du quai médiéval nous était donné par une sorte de fossé qui longeait, avant les travaux d'aménagement du parvis de l'église et de la place du château, l'hôtel Morin (construit autour de 1500). On avait en effet retrouvé à côté de son mur gouttereau, qui donne sur la rue François Ier, le pavé du quai médiéval, environ 1,50 mètres plus bas que le niveau actuel de la rue. À partir de l'hôtel Morin, les habitations, qui ont conservé leurs dispositions d'origine présentent des parcelles laniérées et traversantes qui ont un accès du côté de la rue de la Concorde et un autre du côté de la Loire. Le 19 quai Charles Guinot correspond par exemple à la façade côté Loire du 34 rue de la Concorde. L'un des accès aux caves se fait depuis la cour ménagée entre les bâtiments face à la Loire. La totalité des édifices est construite sur des caves voûtées en tuffeau. On trouve même au 25 du quai des peintures murales (datant du dernier tiers du XIIIe siècle) bien conservées malgré le peu de soin qu'on leur a apporté. Les murs des caves donnant du côté du quai sont particulièrement épais (1,70 mètres). Les modifications sont importantes pour l'ensemble de ce bâti et il n'a pas été possible de déterminer avec assurance si les caves avaient bien dès le XVe siècle un accès qui donnait sur le quai. Il nous semble toutefois que cela aurait été assez risqué face au fleuve sauvage qu'est la Loire. Malgré le peu d'éléments dont nous disposons, trois hypothèses se présentent à nous : - ou le petit fort disposait d'une turcie à l'aplomb duquel se levait un mur de fortification, avant que le « bon gros mur » ne soit construit par la ville en 1468. Rappelons que ses habitants avaient été exemptés d'une partie des impôts pour s'être fortifiés à leurs frais. Ce mur correspondrait aux murs, donnant sur la Loire, des caves que nous avons visitées. Les caves auraient été ouvertes côté Loire lorsqu'une réelle levée a été construite au XVII e siècle. Cette phase de modifications correspondrait avec la construction de l'hôtel à bossages du 20 rue de la Concorde par exemple. À cette époque on avance les façades d'environ 1 mètre sur le quai ; c'est ce que l'on constate au 14 rue de la Concorde entre autres. -ou le petit fort a été longé de turcies vers 1463, lorsqu'il est question dans les délibérations de la ville de faire un « bateys ». Dans ce cas les murs épais que l'on trouve dans les caves côté Loire, seraient contemporains de ce bateys. -enfin, il nous semble probable que la première hypothèse et la seconde se soient succédées. La cave du 13 Quai Charles Guinot par exemple présente une voûte en berceau brisé avec un épais doubleau également brisé qui nous semble forcément antérieur à 1463. La construction du bateys (1463), puis du « gros mur » (1468) seraient venus consolider des structures déjà existantes. Les ports : Des quatre ports dont disposait la ville au début du XVIe siècle, trois prenaient place au niveau du quai Charles Guinot (Celui du Petit Fort, de Saint-Simon et de Violete). Pour notre période d'étude nous n'avons pas réussi à déterminer la spécialisation de chacun des ports. Lorsque dans les comptes on mentionne la livraison de matériaux par exemple au port d'Amboise, on ne sait finalement pas duquel il s'agit. Enfin, une dernière question subsiste : ces ports étaient-ils aménagés avec une cale ? Il semblerait logique que ce fut le cas ; pour charger les sentines en moisons ou quartiers de pierres, les cales auraient permis une meilleur flottabilité. Toutefois, de l'étude menée par de nombreux chercheurs sur les ports de Loire, on constate que ce n'était que rarement le cas et que le fond plat des sentines compensait le peu de profondeur.

Statut de la propriété propriété de la commune
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie