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Amboise : rue de la Concorde

Dossier IA37005604 inclus dans Amboise : secteur urbain de l'ancienne enceinte urbaine réalisé en 2006

Fiche

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiées maison, hôtel, hôtel de ville, grenier à sel, porte de ville
Dénominations rue
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : rue de la Concorde

Cette rue est l'une des plus anciennes de la ville. Elle constituait à l'origine la voie principale de l'enceinte du Petit Fort, qui fut rattachée à la ville en 1467. Elle changea de nom à plusieurs reprises : avant la Révolution elle apparaît sous le nom de rue Blésienne ; puis entre 1792 et 1804, elle répond au nom de rue de la Loi ; de 1804 à 1814, elle est la rue de la Concorde ; enfin, sous la Restauration (1815-1830), elle devient la rue des Minimes. Le Petit Fort tenait son nom du fait que les habitants de cette partie de la ville s'étaient fortifiés à leur frais. Ils étaient donc exemptés d'une partie des impôts levés pour les deniers communs de la ville. En février 1468, lors de son rattachement à la ville, le guichet Errart qui marquait le passage de l'enceinte de la ville à celle du Petit Fort, fut ouvert en permanence. Ce portail fut alors déporté à l'entrée du port, juste à côté du pont, où les édiles firent construire un mur. Dans la rue de la Concorde, de nombreux vestiges antérieurs à la fin du Moyen Âge ont été identifiés comme tels. La zone est insubmersible et la majorité des édifices sont assis sur des caves. Nous avons là un bon indice de l'ampleur des travaux de reconstruction de la ville à la fin du Moyen Âge. Six caves (à berceau brisé et arc doubleau brisé), datées des XIIIe ou XIVe siècles, ont été retrouvées sous des édifices datant probablement du XVe siècle. Notons aussi, que la route d'Espagne traversait la ville en empruntant cette rue à la sortie du pont.

Période(s) Principale : limite 14e siècle 15e siècle
Principale : limite 15e siècle 16e siècle
Principale : 16e siècle

Cette rue n'a pas été trop affectée par les grands travaux urbanistiques des XIXe et XXe siècles. La principale modification concerna les constructions qui étaient adossées au rempart du château et qui furent supprimées. À l'extrémité de la rue, à sa jonction avec la rue Louis XI, se dresse le pignon d'une maison (7 rue Louis XI) qui porte des traces d'arrachement qui correspondraient à l'ancienne porte du Petit Fort, qui à partir de 1498 apparaitra sous le nom de porte des Bons Hommes dans les archives de la ville, en référence au couvent des Minimes qui prenait place juste au long de l'actuelle rue Louis XI. L'emplacement des douves du château a disparu en grande partie ; elles ont toutefois été conservées aux abords immédiats de la tour des Minimes. Les douves de la tour Garçonnet ne sont plus matérialisées. Ce quartier du Petit Fort, même une fois réuni à la ville, connut une histoire assez mouvementée. Il accueillit d'importants édifices. La ville y fit élever des halles (situées vers l'école), puis sur une parcelle concédée par le roi, le grenier à sel. Louis XI puis Charles VIII y implantèrent deux tours : -la tour Garçonnet, construite entre 1463 et 1468 ; -la tour des Minimes, élevée autour de 1496-1497. À la demande de Louis XI, les habitants bâtirent le long de la Loire « un bateys » et « une belle allée », probablement une des premières levées de Loire de la ville d'Amboise. Pour construire la tour des Minimes, Charles VIII racheta plusieurs parcelles à des Amboisiens. Enfin, il semble que l'installation du monastère des Minimes à la fin du XVe siècle, exerça une influence non négligeable sur la vie de ce quartier. On remarque l'implantation de plusieurs belles maisons, le 6 ou le 42 rue de la Concorde, qui n'étaient certainement pas les seules à la fin du Moyen Âge. Comme pour les maisons construites sur la place Michel Debré, on peut supposer que la proximité de la grande salle royale, qui prend place face à la Loire, a incité les commanditaires les plus fortunés à implanter leur demeure ici. Dans les comptes de la ville, plusieurs demeures des élus, membres du conseil de la ville, ou encore celle de « Maistre Jehan Bourré » sont indiquées comme assises au Petit Fort.

Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • L'enceinte du Petit Fort

    Le Petit Fort était séparé de la ville par une douve et un « paliz » - une palissade -, remplacés ensuite par un mur :

    • Archives communales d'Amboise, BB 1, f°12r° : assemblée du conseil de ville du 29 janvier 1463 « (...) Pour savoir comment les terriers venuz du derompement du chastel en la douve d'entre la ville et le Petit Fort, se ousteront (...) ».
    • Archives communales d'Amboise, BB 1, f°54v°, assemblée du conseil de ville du 14 février 1472 : « Lesdits esleuz ont dit qu'il est necessité de besongner a la reparacion des ponts de la ville et que pour ce que autreffoiz avoit esté appert que ou lieu ou est le paliz entre la ville et le mur seroit fait ung mur ; ont requis qu'il soit advisé la ou l'on besongnera le premier ».

    Dès 1465, sur la foi d'une délibération du conseil de ville où il est question de fortifier la ville sur ordre de Louis XI, la douve dut être remise en état. Lors de cette séance les élus conclurent de faire une porte entre la ville et le Petit Fort ainsi que des hourds le long des rempars de la ville :

    -Archives communales d'Amboise, BB 1, f°16v°« (...) Que on face hordeys au long des murailles de la ville ou il appartiendra et oultre que la douve d'entre la ville et le Petit Fort ne soit point encores faictes mais soit faicte une grant porte à la porte du Petit Fort et visiteront lesdictes muraille les esleuz Jehan Morin, Pierre Pelle avecques eulx les charpentiers pour faire faire (...) ».

    Le « paliz », dont les réparations sont nombreuses au cours de l'année 1467, situé du côté du Petit Fort et longeant la douve, ne fut remplacé qu'en 1472 par un mur (Archives communales d'Amboise, CC 87, f°16r°). Enfin, un autre pan de mur liait le guichet Errart au rocher du château. La description des travaux qui y furent entrepris en mai 1457 donne ses dimensions, 16 m de long pour 6 m de haut environ :

    -Archives communales d'Amboise, CC 81, f°10v° : « (...) Redresse[r] et fai[re] un pan de mur estant ou Petit Fort, entre la porte du Petit Fort et le chasteau, lequel fait partie de la clousture du Petit Fort ; lequel mur contient huit toises de long et troys toises de haulteur et deux grans piez et demy de large par les fondemens et deux grans piez de large pour le hault (...) ».

    La clôture devait donc s'étendre, au Nord, du promontoire du château - à hauteur de la rue Louis XII pour que le mur contenu entre le rocher et le guichet Errart mesure une quinzaine de mètres de long - jusqu'au bord de Loire au Sud.

    À l'est, le mur d'enceinte du Petit Fort n'apparaît pas sur le cadastre de 1808-1810. Ainsi que nous l'avons constaté sur le terrain, dans les caves du 12-13 quai Charles Guinot, du 25 quai Charles Guinot et du 24 rue de la Concorde, les murs des habitations sont épais, environ 1,70 m d'épaisseur dans les caves faisaient eux-mêmes office d'enceinte. En cas de menace, il fallait d'ailleurs murer les ouvertures des maisons. Les comptes de la ville mentionnent par exemple, en octobre 1467, des cas de condamnation d'ouvertures ménagées dans le rempart :

    -Archives communales d'Amboise, CC 87, f°18v° : « (...) Boucher les murs de la maison Julian Lopin qui font la cloaison de ladicte ville par devers la riviere de Loire et a y faire une deffence qui est en icelle ».

    Par ailleurs, si la revendication des habitants du Petit Fort qui disaient s'être fortifiés à leur frais se révèle justifiée, on constate que les gros travaux d'entretien de ce mur revenaient à la ville. Pour certaines habitations, c'était le mur de clôture de leur parcelle qui constituait le rempart et non celui de l'habitation. Ainsi, le bailli de Sens possédait-il au Petit Fort une demeure avec un jardin qui revient à de nombreuses reprises dans les comptes comme point de repère pour localiser les travaux (Archives communales d'Amboise, CC 85, f°13v°). Par exemple, le 4 juillet 1472, « Guillaume Le Paige, Yvon Penillhot et Pierre Princay charrestiers » furent rémunérés 12 s. 6 d. t. pour effectuer des trajets à proximité :

    -Archives communales d'Amboise, CC 94, f°9v° : « Pour avoir admené du port de Loire jusques davant la maison du bailly de Sens estant oudit Petit Fort quatre vings une pierre de la perriere de Saumeur nagueres achetee pour faire et parachever le mur du Petit Fort du cousté de laditte maison [...] pour avoir porté lesdittes pierres de la rue dudit Petit Fort jusques en la court qui est derriere laditte maison au droit de là ou l'on vieult reparer ledit mur ».

    Finalement, après l'union des deux parties de la ville en 1469, et peut-être même après cet événement, le développement de la défense du Petit Fort faisait de lui un sas jouxtant le pont, situé au pied du château, et un lieu de vigilance accrue où l'on posta, en juillet 1475, les gentilhommes de Touraine :

    -Archives communales d'Amboise, BB 1, f°63v° : « (...) Les gentilz hommes de Touraine qui de present y sont pour la garde de mondit seigneur » - « mondit seigneur » étant ici le dauphin, futur Charles VIII.

  • Le Petit Fort dans les comptabilités amboisiennes
    À l'initiative de Louis XI (1461-1483), les « terriers » provenant de la destruction des bâtiments ou du creusements des fondations devaient être évacués par les habitants de la ville qui les menaient à l'aide de charrettes dans la Loire ou en bord de Loire de manière à créer « un bateys » et « une belle allée », probablement une des premières levées de Loire à Amboise. Ainsi, par assemblée du conseil de ville du 21 août 1463, il fut décidé :

    - Archives communales d'Amboise, CC 113, f°12r° : « [...] Que on mette des pavés qui viennent du chastel au long dudit bateys pour y faire une belle allee. [...]Le roy a mandé aux gens de la ville par maistre Jehan Bourré et autres qui l'ont dit de bouche, qu'ilz facent ung bateys tout au long de la rivière et au long du petit fort a prendre du coing du mur du courtil du Seigneur de Nazelles jusques au pont et se ledit bateys sera fait aux despens d'icelle ville ».

    Dans la dernière décennie du XVe siècle, pour construire la tour des Minimes, Charles VIII (1483-1498) fit exproprier plusieurs habitants du Petit Fort, les dédommageant grassement pour faire abattre leur maison :

    - Château d'Amboise, Fondation Saint-Louis, Compte de construction du château pour l'année 1495-1496, f°165r° : « Audit office Guillaume Lepaige, Martin Lepaige, Jehan de Piery et Denise, sa famme, et Pierre Aubert pour l'acquest d'une vielle maison, appentiz et cave qu'ilz avoient au Petit Fort dudit Amboise entre les mason et le pié ou talu dudit chastel, pres la tour que le roy nostre Sire y fait bastir de present, contenant le tout sept toises de long ou environ et cinq toises de large, estant au fief du Seigneur Dorvan, franche de tout devoir a esté payé par ledit receveur commis dessusdit la somme de deux cens livres tournois. Laquelle somme, lesdites choses apreciees et presentes de nobles personnes Messires Denis de Bidant, Chancelier, premier president des comptes, Maistre Moolle, Gilles, notaire et secretaire et controlleur au tresor dudit Sire et des bailly et procureur dudit Sire audit lieu d'Amboise, ainsi que par ladite appreciacion, lectres dudit acquest contenant quictance de ladite somme de deux cens livres tournois, cy rendues, appert pour ce cy, la dite somme de 200 l. t. ».

  • La porte du Petit Fort ou le guichet Errart

    En février 1469 (n. st.), le Petit Fort et la ville furent réunis par décision du conseil de ville ; pourtant le mur et le portail qui les séparaient l'un de l'autre furent maintenus jusqu'en 1473 :

    -Archives communales d'Amboise, BB 1, f°39v° : « (...) Et par ce faisant les habitans dudit Petit Fort, iceluy mur fait seront tenuz clourer leurs huys et trillisser de fer leurs fenestres et aussi les habitans de la ville seront tenuz ouster les portes du portail du guichet Errart et ainsi demourront tous uniz et en une mesme fortifficacion ».

    Les deux entités avaient leur propre gestion des deniers communs, entretenant chacun leurs portes, leurs douves et leurs murs, ce qui multiplia les structures défensives dans ce secteur. Le passage de la route d'Espagne, qui traversait le pont avant d'entrer dans la ville à proprement parler, explique sans doute cela. Le guichet Errart, marquant l'extrémité ouest du Petit Fort, se situait en travers de l'ancienne rue « Blesienne » - l'actuelle rue de la Concorde - à hauteur du pont. Entre 1466 et 1468, les terres issues des fondations de la tour Garçonnet, alors appelée « tour neufve », sont mentionnés dans les comptes de la ville en vue de leur déblaiement :

    • Archives communales d'Amboise, CC 86, f°10v° ; mai et juin 1466 : « (...) Ouster les terriers qui estoit en la rue du pont venuz du fondement de la tour que l'on fait de present ou chastel d'Amboise et a ouster parti des terriers du Petit Fort venuz dudit chastel (...) ».
    • Archives communales d'Amboise, CC 86, f°10v° ; mai et juin 1466 : « (...) Ouster les terriers de la rue du pont qui estoient venuz et issuz du fondement de la tour neufve que l'on fait de present en l'ediffice du chasteau d'Amboise (...) ».

    Il est toujours précisé que les « terriers » se trouvent au Petit Fort ou « en la rue du pont depuis le guichet jusques davant la maison Jehan Forget venuz du fondement de la tour que l'on fait de present ou chastel d'Amboise devers la maison Olivier Tionne » (Archives communales d'Amboise, BB 1, f°23r° : assemblée du conseil de ville du 4 mai 1466). Il nous semble donc légitime de placer le guichet à proximité de la rue Louis XII (ce que l'étude de la maison de ville justifie également). La première mention du guichet remonte à septembre 1446, lorsque la ville demanda à Macé Mohier, « d'appareille[r] la chesne du pont leveys du guichet Erart » (Archives communales d'Amboise, CC 190, folio non numérotés). Le pont-levis devait s'actionner côté ville, le Petit Fort étant considéré comme un simple faubourg. Comme toute porte fermant d'un pont-levis, elle était précédée d'une garde-porte qui se trouvait, de fait, au Petit Fort et dont la serrure fut changée en 1447 :

    -Archives communales d'Amboise, CC 191, (folio non numéroté) : « A Jehan Randin, claveurier, [...] pour une claveure et clef par luy mise a l'uys de la maison de la garde porte du guichet Erart (...) ».

    En 1452, le conseil de ville délibéra sur le statut financier du Petit Fort dont les habitants s'étaient fortifiés à leurs frais, à une date inconnue. Cependant, l'équipement du guichet Errart - qui se présentait comme une porte de ville - était pris en charge par la ville. Mais les habitants du Petit Fort étaient les seuls à en contrôler les accès, statut équivoque s'il en est, qui devait résulter de l'ancienne partition des fiefs du XIe siècle - où le fief de la tour de Pierre, auquel avait été rattaché le Carroir, était séparé du fief du château qui comprenait l'emplacement du futur Petit Fort.

    À hauteur de la garde-porte se trouvait une barrière sous laquelle, dès novembre 1457, trois toises et demie de pavé furent posées :

    -Archives communales d'Amboise, CC 81, f°17v° : « A Regnault Pean paveurs demourant a Amboise [...] pour avoir pavé troys toises ung tiers soubz la barriere de la porte du guichet Errart (...) ».

    En outre, de grandes portes de bois, renforcées d'une barre de bois, clôturaient l'ensemble :

    • Archives communales d'Amboise, CC 84, f°14v°, en 1464 : « A Guillot Barrier, menuisier demourant Amboise [...], pour unes grans portes neufves de boys qu'il a faictes a la porte du guichet Errart qui est entre la ville et le Petit Fort (...) ».
    • Archives communales d'Amboise, CC 85, f°18r°, en 1465 : « A Jamet Tissier, sarrurier, [...] pour une grant et grosse cheville de fer qui porte la barre de boys dont se ferme la porte du guichet de ladicte ville appellé le guichet Errart poisant le tout ensemble 165 livres de fer ouvré »).

    En mars 1465 (n. st.), Guillaume Fouchart, Bernard Boutet, et Perronnet Brunesset furent chargés de forger une herse pour le guichet :

    -Archives communales d'Amboise, CC 85, f°9v° : « (...) Faire une herce a la porte du Petit Fort (...) ».

    L'emploi du verbe faire (et non refaire), qui n'est pas suivi de l'expression « a neuf », semble indiquer que ce dispositif était nouveau. En août 1467, les portes furent renforcées de « contreportes » :

    -Archives communales d'Amboise, CC 87, f°16v° : « (...) Faire les contreportes de la porte du Petit Fort (...) ».

    Il était possible de monter sur le guichet Errart à l'aide d'une échelle de bois pour assurer le guet :

    • Archives communales d'Amboise, CC 87, f°17r°, en septembre 1467 : « Pour avoir fait une eschelle a monter sur le guichet Errart ».
    • Archives communales d'Amboise, CC 85, f°18r° : « (...) Bois de seage [...] lequel a esté mis et emploié a faire les guerites sur les murs de ladicte ville et Petit Fort pour y loger les guetz de nuyt (...) ».

    Au Petit Fort, d'autres échelles de bois permettaient l'accès aux murs qui apparemment ne disposaient pas d' « eschallier de pierre » ainsi qu'on en trouvait un peu partout dans la ville :

    -Archives communales d'Amboise, CC 87, f°16 v° : « (...) Avoir fait une eschelle de boys en la court qui est devers la maison Jehan Aucheron pour monter sur les murs du Petit Fort (...) ».

    L'année 1469 aboutit à une décision définitive :

    -Archives communales d'Amboise, BB 1, f°39v° : « Et aussi les habitans de la ville seront tenuz ouster les portes du portail du guichet Erart et ainsi demourront tous uniz et en une mesme fortifficacion ».

    Pourtant, à cette date, le guichet Errart était doté d'« une loge de boys faicte pour loger le guet sur le portau du Petit Fort », et il ne perdit rien de son caractère défensif, aucun dispositif n'apparut ou ne disparut :

    -Archives communales d'Amboise, CC 90, f°1v° : « (...) A faire la charpenterie d'une loge de boys faicte pour loger le guet sur le portau dudit Petit Fort pour y avoir fait deux huys l'un audit portau, et l'autre a icelle loge (...) ».

    Plus tardivement, en 1510, il est question de la « porte de Jehanne » :

    -Archives communales d'Amboise, CC 124, f°29v° : « (...) Une toise troys quars de pavé par luy fait, mis et assis et fourny de toutes estophes au pié du chastel dudit Amboise pres la porte de Jehanne ».

    Cette année-là, le nom de guichet Errart n'apparaît plus dans les archives, on peut se demander si ce ne serait pas là son surnom car, à partir de 1478-1479, apparaît dans les comptes Jehanne Mercière, femme de Jullian Lopin qui avait fait une donation aux ponts :

    -Archives communales d'Amboise, CC 101, f°5r° : « (...) Donna par son testament a la reparcion desdits ponts par chascun an appartenant assis et assigniez sur sa maison ou elle demouroit en la ville dudit Amboise pres le guichet Erard joignant d'un cousté et d'un bout aux murs de la ville et d'autre cousté a la maison des hoirs de la feue Chappellaine et par devant au pavé de la rue (...) ».

    Le greffier a ainsi dû retranscrire un usage oral. Le guichet Errart barrait donc la route d'Espagne qui empruntait l'ancienne rue « Blesienne ». Pont-levis, herse, vantaux, contre-portes et garde-porte gardaient l'accès. Quant au chemin de ronde, il était accessible par une échelle de bois.

Références documentaires

Documents figurés
  • Amboise, rue de la Concorde/par G. H. Lestel, différentes vues avant (janvier 1967) et après restauration (avril 1967). (Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, Photothèque : 8°Doc. 101).

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie