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Amboise : secteur urbain du faubourg du Bout-des-Ponts

Dossier IA37005716 inclus dans La ville d'Amboise réalisé en 2006

Fiche

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiées place, voirie, secteur urbain, rue
Dénominations secteur urbain
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise

Le faubourg du Bout-des-Ponts est mal connu à la fin du Moyen Âge. Sa position, sur la rive droite de la Loire, prise entre cette dernière et la vallée de la Cisse, petite rivière capricieuse qui fut maîtrisée tardivement, n'a pas favorisée son développement. Jacqueline Melet-Samson écrit, d'après les Ordonnances de la IIIe race, que « les habitants du Val de Cisse bénéficient d'exemption fiscales, compte tenu de l'obligation qu'ils ont d'entretenir les turcies ». Mais ces levées ou turcies ne furent réellement efficaces qu'à partir du XVIIIe siècle, car avant cette époque elles n'étaient pas continues et n'empêchaient que péniblement les inondations. Si le faubourg du Bout-des-Ponts se développa plus lentement que la ville sise sur la rive gauche, il connut néanmoins un essor relativement important à partir de la fin du XVe siècle. Il était de tradition amboisienne de placer les auberges et autres hôtelleries aux portes de la ville afin de mieux contrôler l'identité des gens de passage. En 1521, la consécration de l'église Notre-Dame-du-Bout-des-Ponts marqua un réel désenclavement de ce faubourg. Cependant, Jacqueline Melet-Samson mentionne, d'après des travaux de Halphen et Poupardin, que lors des invasions normandes, deux églises auraient été détruites « l'une située à Luat, l'autre au Bout des Ponts ». Ce qui impliquerait que le faubourg ait été abandonné à la suite de ce saccage, et qu'il ne fut réinvesti qu'au début du XVIe siècle.

Période(s) Principale : Moyen Age
Principale : limite 15e siècle 16e siècle

Sur le plan cadastral dit napoléonien, le bâti est très lâche ; l'habitat se répartit le long des routes de Nazelles, de Pocé et quelque peu le long de la Loire, le long de la route de Blois. Le manoir du Sevrage ou du Sauvage, qui par ailleurs se situe dans une zone non inondable, bien au-delà de la Loire (actuellement à la limite de la commune de Pocé) fait preuve d'exception. Il semble que le secteur se soit réellement développé dans un premier temps au XVIIIe siècle, lorsque la route d'Espagne abandonna Amboise pour Tours, n'y traversant plus la Loire. Jacqueline Melet-Samson souligne d'ailleurs l'exceptionnelle multiplication des hôtelleries au XVIIIe siècle, qui confirme bien la position du lieu sur une route de passage. Avec l'implantation de la ligne de chemin de fer en 1838, le secteur se développa encore davantage.

Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Le faubourg du Bout-des-Ponts dans les comptabilités amboisiennes

    À l'extrémité nord des ponts de bois, s'étend le faubourg du Bout-des-Ponts. Les travaux mentionnés dans les comptabilités à propos de ce secteur sont toujours liés à l'entretien des ponts et de sa voirie et non à celui d'une rue ou d'une place en particulier. Certaines mentions concernent les habitants du bout des ponts :

    - Archives communales d'Amboise, CC 208, f° 28 : une quittance de 1507, signée de Dupuys et Tennebot, précise que Jehan Aslart est « marchant demourant au bout des ponts ».

    En 1494, la ville prend en charge la réparation d'un pont sur la Cisse emporté par les eaux et enclavant le faubourg :

    - Archives communales d'Amboise, CC 109, f°28v° : le compte de Pierre Barre de 1494 cite Pierre Bricet, charpentier, qui reçoit la somme de 10 l. t. pour : « [...] Luy aider a paier les fraiz, mises et despences qu'il a faictes pour refaire ung pont de boys estant sur la riviere de Cisse, appellé la Grant Ramee, pres l'ostel Jehan Daviau, lequel en l'annee 1494, par la grande affluence des eaues qui est survenue, a esté desmoly et emmené tellement que personne a pié ou a cheval ne pouvoit aller ne venir en ladicte ville, ne amener aucunes denrees, ne marchandises ».

    Les mentions de travaux se déroulant à l'extrémité des ponts de bois sont peu fréquentes en raison de l'absence de fortification, les dernières portes se trouvant au niveau de l'emprise des ponts de bois sur l'île. Au début de l'année 1506, il fallut reprendre les fondations du parapet gardant des chûtes du pont. On apprend au détour d'une phrase que le Bout-des-Ponts était gardé par un calvaire :

    - Archives Communales d'Amboise, CC 207 f°16 : une quittance, signée de Dupuys et Tennebot, mentionne Pierre Potardeau qui reçoit 15 s. t., le 7 avril 1506 pour : « [...] Une rortee et demye de boys a compter de boys de chesne par luy baillé et livré pour servir a faire pilotys soubz les fondements du pan de mur estant au bout des ponts pres la croix du cousté devers Negron. ».

    - Archives Communales d'Amboise, CC 207, f° 39 : une autre quittance, signée de Dupuys et Tennebot, précise que Jehan Chastigner, maçon, reçut 16 s. t. le 2 septembre 1506 pour : « [...] Ses peine et sallaire d'avoir abillé le siege et l'autel de la croix au bout des ponts qui avoit esté desiegé par aucuns charestiers ou autre gens et fourny de chaulx sablon a ce necessaire ».

    On sait aussi que ce carrefour était pavé, dès le début du XVIe siècle, comme tous les endroits de passage intense à Amboise :

    - Archives Communales d'Amboise, CC 208, f° 23 : une quittance, signée de Dupuys et Tennebot, mentionne qu'Estienne Bachelier dit Gaummault, perrier de Lussault, reçut le 23 décembre 1507 11 l. 10 s. t. : « [...] Pour 47 tomberee de pavé et pour deux cens de pierre de taille du bas Lussault par luy baillé et livré au bout desdit ponts pour paver et massonner sur la voie du chemin dudit lieu du bout des ponts du cousté devers la riviere de Loire ».

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, 1 Q 2. Inventaire de la fabrique du Bout-des-Ponts. 1793.

Documents figurés
  • Extrait du plan cadastral dit napoléonien de 1808-1810. (Archives départementales d'Indre-et-Loire, 3 P 2/ 50).

  • Extrait du plan cadastral dit napoléonien de 1808-1810. (Archives départementales d'Indre-et-Loire, 3 P 2/ 50).

  • Extrait du plan cadastral dit napoléonien de 1808-1810. (Archives départementales d'Indre-et-Loire, 3 P 2/ 50).

  • Extrait du plan cadastral dit napoléonien de 1808-1810. (Archives départementales d'Indre-et-Loire, 3 P 2/ 50).

  • Plans des bords de Loire de Blois à Saumur. XVIIIe siècle. (Archives Départementales d'Indre-et-Loire, C 277).

  • Plan d'alignement de 1885, rue du Gazomètre. (Archives communales de la ville d'Amboise, O 210).

  • Plan d'alignement de 1889, secteur du boulevard Gambetta. (Archives communales de la ville d'Amboise, O 210).

  • Plan d'alignement de 1835, alentours de Notre-Dame-du-Bout-des-Ponts. (Archives communales de la ville d'Amboise, O 210).

  • Plan d'alignement de 1835, rue de Nazelles. (Archives communales de la ville d'Amboise, O 210).

  • Plan d'alignement de 1835, route Royale de Paris à Tours. (Archives communales de la ville d'Amboise, O 210).

  • Atlas topographique dans la vallée de la Loire, présentant les études de chemins de fer de Nantes à Orléans/ dessin par Héronville et Jacoubert, 1837-1838. Encre et aquarelle sur papier ; échelle 1/10000, 89X54 cm. (Bibliothèque nationale de France, Cartes et Plans, Ge CC 1345).

Bibliographie
  • MELET-SAMSON, Jacqueline. Le développement historique de la ville d'Amboise des origines à la fin du XVIIIe siècle. Paris : Thèse de l’École des Chartes, 1972, 3 vol., 425 p., 40 p. et 63 p. (photographies sur microfilm), [manuscrit dactylographié conservé aux Archives nationales : AN, AB XXVIII (543) ].

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie