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Amboise : secteur urbain du faubourg Saint-François

Dossier IA37005722 inclus dans La ville d'Amboise réalisé en 2006

Fiche

Parties constituantes non étudiées place, voirie, secteurs urbains, rue
Dénominations secteur urbain
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise

Situé au nord-ouest de la ville, le faubourg Saint-François tient son nom du couvent des Cordeliers - ordre mendiant fondé par saint François d'Assise en Italie au XIIIe siècle - reconstruit à l'initiative de Pierre II d'Amboise dès 1412. L'édifice a disparu définitivement au XXe siècle. Plusieurs documents permettent de l'étudier : - le plan cadastral dit napoléonien (1808-1810), - un inventaire des biens des Cordeliers (2 registres sur les revenus, rentes et chasubles), établi durant la période révolutionnaire, - quelques mentions de dons dans les comptes royaux, - quelques mentions de travaux de voirie dans les comptes de la ville. Au sein du quartier des Cordeliers s'élevait le logis des Sages ou la Madeleine ainsi que la chapelle Saint-Ladre ou Saint-Lazare. Le logis des Sages ou la Madeleine (parcelle 301 du plan cadastral dit napoléonien) Au début du XXe siècle, le bâtiment existait encore en élévation. À l'origine il comportait une pièce unique, voûtée en bois, datant probablement du début XVe siècle. La pièce mesurait au rez-de-chaussée 12 m de long sur 8,15 m de large et disposait d'une tribune à l'extrémité orientale. Étaient visibles sur les murs nord et ouest, des peintures murales mutilées lorsqu'elles ont été mises au jour à la fin du XIXe siècle. Le thème des sages de l'Antiquité - Sénèque, Jules César, Tobie, Socrate et Hippocrate - y était développé. Des restes de blasons et des semis de fleurs de lys formaient des frises autour. L'abbé Bosseboeuf, qui a pu visiter cet édifice, considère qu'il s'agirait de la salle du chapitre de l'ordre de Saint-Michel, créé à Amboise en août 1469 par Louis XI (1461-1483). Il en prend pour preuve qu'au début du XVIe siècle le siège de l'ordre fut transféré à Vincennes et que le logis revint alors aux lépreux. Cette interprétation semble troutefois abusive. En réalité, il y a tout lieu de croire que Louis XI rassemblait le chapitre au château où d'importants travaux avaient été menés. Dans la frise, la présence des armes de Pierre II d'Amboise, entre autre vicomte de Thouars, laisse plutôt supposer un mécénat de ce seigneur, datant du début du XVe siècle. En 1577 ou 1579, le collège à la Madeleine s'y installa. Au XVIe siècle, lors du changement d'affectation, on posa des planchers et on perça des baies pour l'étage. L'édifice a été relevé au XIXe siècle : dessin de la charpente et des baies. Les données archéologiques du bâti que l'abbé Bosseboeuf décrit ne sont toutefois pas visibles. Le 18 novembre 1919 le logis de la Madeleine est jugé : « en très mauvais état », « sans aucun intérêt », mais avec des « peintures murales », qui sont alors relevées. Des clichés de ces dessins sont consultables sur la base Mémoire. Dans les comptes de la ville, la Madeleine est très rarement citée. Le terme de Logis des Sages n'a quant à lui jamais été rencontré. Un puits dit « de la Magdalene » desservait le faubourg Saint-François. Saint-Ladre (parcelle 300 du plan cadastral dit napoléonien) La léproserie apparaît dans les archives dès le XIIIe siècle sous le nom de Domus S. Lazari ou de léproserie de Saint-Ladre. La construction de la chapelle de la léproserie remonte au début du XVIe siècle. Elle fut consacrée en 1524 par Martin de Beaune. Si l'on en croit l'abbé Bosseboeuf, on pouvait encore voir en 1898 : « Sur le bord de la route d'Amboise à Tours, le mur septentrional de la nef, en appareil régulier, avec ses contreforts ; la porte, actuellement murée, à arc surbaissée, est encadrée de pilastres dans le style Renaissance. L'édifice mesurait 14 m de long sur 6 m de large. Sur le plan cadastral dit napoléonien, il présente un plan rectangulaire allongé, flanqué de dix contreforts. Selon l'abbé Bosseboeuf, vers le milieu du XVIe siècle, cette chapelle accueillit la statue de la Madeleine de l'église Saint-Denis d'où son nom de Madeleine. La barrière qui marquait l'entrée dans les faubourgs de la ville sur la route de Tours, par la rive gauche, apparaît parfois dans les comptabilités. Les cordeliers (parcelles 296, 297 et 298 du plan cadastral dit napoléonien) Le couvent disposait d'un ample cloître avec cour et jardin, de bâtiments pour les religieux et d'une église. Le procès-verbal post-révolutionnaire donne la description suivante : « Un corps de bâtiment formant la nef ayant 102 pieds de long sur 28 de large ; une flèche de bois est sur le milieu du comble ». Au Nord, « une autre petite nef ayant 42 pieds de long, et à l'occident d'icelle une autre nef de 30 pieds de long sur 29 de large ». L'ensemble était voûté d'ogives. L'église abritait entre autres chapelles celles de Saint-Jean et de Saint-Jacques. Les grands personnages d'Amboise manifestèrent toujours leur vœu d'être enterré aux Cordeliers ; notons parmi eux, le tombeau de Charles et de Georges d'Amboise. En 1820, on y installa une fabrique de limes. En 1898, l'abbé Bosseboeuf pouvait encore en donner une description de visu : « Il demeure une bonne partie de la grande nef, dont les murs ont été arasés pour y établir un toit ; et aussi le chevet, d'ailleurs dégradé, au sud duquel est un escalier en spirale du XVe siècle dans une tour carrée ».

Période(s) Principale : limite 15e siècle 16e siècle
Principale : Moyen Age

Définir la limite entre les faubourgs Saint-François et Saint-Denis n'est pas chose aisée. Ce secteur d'Amboise a été très modifié depuis le XXe siècle. Seule l'exploitation du plan cadastral dit napoléonien peut renseigner sur le parcellaire et l'habitat qui y existait. L'enclos des Cordeliers, encore bien lisible, est immense. Il semble que les parcelles situées devant le couvent, le long de la Loire, relevaient bien de ce faubourg. Les parcelles sont très laniérées, mais leur situation en bord de Loire est certainement plus propice à l'établissement de jardins que d'habitations.

Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Le faubourg Saint-François dans les comptabilités amboisiennes

    Les comptabilités amboisiennes rendent compte d'un puits au faubourg Saint-François :

    - Archives communales d'Amboise, CC109, f°30v° : dans le compte de Leon Barre, Pierre Hardyon, cloutier, est rémunéré 31 s. et 8 d. t. pour avoir fourni, entre les mois d'octobre 1494 et de janvier 1495 : « [...] Demy cent de clou palastrerez pour couvrir le puiz de la Magdalene ».

    D'autres comptes mentionnent le puits Saint-Ladre, mais étant donné la proximité de la Madeleine et de la chapelle Saint-Ladre, il s'agit très certainement du même puits :

    - Archives communales d'Amboise, CC 207, f° 43 : une quittance signée de Dupuys et Tennebot rapporte que Macé Juygnet, charpentier, reçoit le 24 octobre 1506, 35 s. 2 d. t. pour : « [...] Avoir abillé la carrye du puiz estant pres la chappelle de saint Ladre ».

    La barrière marquant l'entrée du faubourg Saint-François est régulièrement réparée, comme en avril 1485 ou encore en janvier 1499 :

    - Archives communales d'Amboise, CC 198 f° 5 : une quittance signée de Debrion indique qu'Estienne Lostellier, charpentier, reçoit la somme de 9 l. t. pour : « [...] Avoir faict 5 barrieres : la premiere pres la maison Guillot Guet au faubourg de Saint Denis, la deuxieme pres la maison Saint Ladre la tierce [...] ».

    - Archives communales d'Amboise, CC 200 f° 33 : Robin Rousseau, charpentier, reçoit 6 s. t. pour : « [...] deux pieces de boys de troys toizes de long et demy pié en carré emploier a faire la barre pres Saint Ladre ».

    En avril 1453, la ville verse au couvent la somme de 13 l. t. Puis, en avril 1485, 15 l. t. :

    - Archives communales d'Amboise, CC 198, f° 7 : « Au nom des freres Cordelliers du couvent de Saint Francoys, laditte somme ordonee en l'assemblee du 27 avril pour subvenir a la despensce qu'il auroit besoin de faire a recevoir leur provincial et autres freres pour tenir leur chapitre general ».

    En 1483 et en 1519, le couvent apparaît dans les testaments de Charlotte de Savoie et de Léonard de Vinci pour des messes données pour le repos de l'âme des défunts.

    En décembre 1490, plusieurs manoeuvres sont employés pour nettoyer la ville, notamment le chemin venant de Tours par le faubourg Saint-François :

    - Archives communales d'Amboise, CC 108, f° 44 v° : « [...] Curer le chemin pres Saint-Françoys a la venue de la royne ».

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, 1 Q 2. Inventaire des biens des cordeliers [2 registres sur les revenus, rentes et chasubles]. 1790.

  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, 81/037/0010. Édifices de la ville d'Amboise. Rapports des restaurations de la tour de l'Horloge (1937 et 1983) ; dossier sur le manoir de La Menaudière (1947) ; dossier sur le Logis des Pages (1947) ; dossier sur la maison du Grenier à sel (1947) ; dossier sur le manoir dit « Le Sauvage » (1947) ; dossier sur les vieilles maisons en pan de bois : 11,13 et 15 rue Manuel (1959), (maison dont l'adresse est incorrecte ?) (1946), 52 et 60 rue Victor Hugo (1947) ; hôtel Joyeuse (1949).

  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, 0081037010. Dossier sur le logis de la Madeleine d'Amboise. 1919.

Documents figurés
  • Extrait du plan cadastral dit napoléonien de 1808-1810. (Archives départementales d'Indre-et-Loire, 3 P 2/ 50).

  • Plan d'alignement 1835, route de Tours à Amboise et chemin de halage. (Archives communales de la ville d'Amboise, O 210).

  • Tombeau du duc de Choiseul. Lithographie, n.s., n.d. (Bibliothèque municipale de Tours : L. A. Amboise : Tombeau du duc de Choiseul ; est. 1, Ic. Auv. 335).

  • Église des Cordeliers : Pyramide de marbre au milieu de la chapelle de la Vierge à gauche dans l'église des Cordeliers d'Amboise ; Tombeau de marbre blanc et noir au milieu de la chapelle de la vierge ou de Boisy à gauche dans la nef de l'église des Cordeliers d'Amboise. dessins, n.s., n.d. (Bibliothèque municipale de Tours : L. A. Amboise : Église des Cordeliers ; R. 1 et R. 2, Ic. 794 et 796).

  • Le logis des Sages ou de la Madeleine à Amboise (restitution)/ Bounauder. Lithographie, XIXe siècle. (Bibliothèque municipale de Tours : L. A. Amboise : Logis des sages, R. 1, Ic. 1121).

  • Le logis des Sages ou de la Madeleine à Amboise (restitution)/Bounauder. Lithographie, XIXe siècle. (Bibliothèque municipale de Tours : L. A. Amboise : Logis des sages ; R. 2, Ic. 3761).

  • Le logis des Sages ou de la Madeleine à Amboise (restitution). n.s., dessin à la plume, XIXe siècle. (Bibliothèque municipale de Tours : L. B. Amboise : Logis des Sages ; est. 1, Ic. 2367).

Bibliographie
  • BOSSEBOEUF, Louis-Auguste. Amboise, le château, la ville et le canton. Tours : Société Archéologique de Touraine, 1897. notes de Louis Palustre, 616 p.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie