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Amboise : voie navigable, La Loire

Dossier IA37005788 réalisé en 2006

Fiche

Œuvres contenues

  • Pont
    Amboise, Pont d'Amboise
Parties constituantes non étudiées pont
Dénominations voie navigable
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Hydrographies Loire La
Adresse Commune : Amboise

La Loire passe au nord de la ville d'Amboise. Jusqu'à une époque très récente, elle constituait à la fois une force, vitale pour la ville et une menace quasiment permanente. Amboise est prise entre les eaux de la Masse et celles de la Loire, ce qui lui permit de nourrir sa population, de développer son artisanat et ses commerces, de communiquer avec d'autres villes et de vivre de cette communication en implantant des péages et des hôtelleries aux abords de la ville et des ponts. La Loire constituait pourtant une menace aussi permanente qu'imprévisible à cause de ses crues. Les comptes de la ville en témoignent et on peut considérer que plus de 80% des « despences » de la ville sont absorbées par les réparations des ponts et des murs dévastés par les eaux. Il ne restait que 20% du budget pour faire progresser l'urbanisation de la ville, ce qui explique en grande partie la lenteur avec laquelle Amboise sortit du Moyen Âge. Ont disparu les aménagements de la fin du Moyen Âge sur le cours de la Loire, tel que le « batey » du Petit Fort. Pour l'étudier, nous disposons de mentions dans les archives communales et des vues anciennes, bien qu'aucune ne date de la période étudiée. Aussi de nombreuses questions restent en suspens. Pour le XVIe siècle, cinq ports sont cités par les auteurs ayant travaillé sur Amboise ; dans les archives nous en avons rencontré quatre : le port du Petit Fort cité en 1458, le « port de violete » cité en 1479, le port Saint-Simon cité en 1505 et le port du Bout des ponts, ou le « port du bout des ponts pres la croix » cité en 1506. Lorsque les matériaux sont livrés, ils le sont toujours « au port » ou « au port d'Amboise » comme en mai 1498, « au port de la riviere de Loire » comme en juillet 1485, ce qui ne nous indique aucun port en particulier. Les comptabilités de la ville rapportent nombre de précisions sur les aménagements des grèves et des rives de la Loire, en particulier pour stabiliser les berges ou pour contrôler le débit et le cours du fleuve.

Période(s) Principale : Moyen Age
Principale : Temps modernes
Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Précisions sur les ports et les aménagements des grèves : leur entretien et leurs usages

    En octobre 1500, deux ports sont cités simultanément : « Curer et nectir le port de la riviere de Loire pres la maison de la ville et aussy le port Saint Simon pour ce que le roy passoit la riviere et alloit de Bloys a Nantes avecques la royne ». Le premier semble correspondre à celui du Petit Fort.

    Cependant, nous n'avons rencontré ni le port des Minimes en 1491 cité par Sylvie Leray (1992, plan n° VIII) - qui pourrait correspondre à celui de Violette - ni le port Saint-Sauveur dont il est question en 1275 dans le cartulaire Saint-Sauveur Villeloin (n° 2236, 1207). Il se serait situé sur une presqu'île formée par la grève du bord de Loire et qui apparaît encore sur une gravure du XIXe siècle conservée à la BnF. Il tiendrait son nom du monastère Saint-Sauveur qui avait été construit sur la rive gauche de la Loire et détruit par les invasions normandes. Jacqueline Melet-Samson écrit dans ses travaux : « Alors que pour aucun des établissement religieux d'Amboise il n'y a de mentions avant le XIIe siècle, le seul vocable pourrait dater le monastère » (J. Melet-Samson, L'Histoire de la ville..., p. 103) .

    Il est fort probable qu'il y ait eu également des ports privés sur l'île.

    - Archives communales d'Amboise, CC 99, f°21 : le dernier jour de novembre 1476, on mène « une trayne depuis le port du Guenays jusques au pont de la braye ». La famille Leguenays se rencontre tout au long de la période ; parmi les quatre qui sont cités (Denis, Gillet, Collais ou Colas, Jehan), seul Denis n'habite pas à proximité de la Loire. Colas est certainement le plus cité. On apprend dans les délibérations du conseil de ville du 7 décembre 1498 (Archives communales d'Amboise, BB 1, f°39r°) que « Collas Leguenays aura a perpetuité l'arche des ponts de la vieille Loire dont il paiera cinq solz et de rente par an a la ville et la fera paver par-dessus et la tiendra par le dessoubz en bonne reparacion ».

    Ici il est question de la « vieille Loire ». La Loire est scindée en deux bras à Amboise, au niveau de l'île. On appelle la vieille Loire, le bras situé entre l'île et la rive gauche de la ville. Il semble que se soit le bras principal ce qui explique son nom puisque l'eau y coule depuis toujours. Quant aux installations aquatiques qui prennent appui sur les piles et les arches, la notice sur le pont donne des précisions. Dès le règne de Louis XI (1461-1483), le cours de la Loire fut perturbé par les Amboisiens.

    -Archives communales d'Amboise, BB1 f°80 r°, le dernier jour d'août 1477 : « Estienne Ademart, escuier de cuisine du roy nostresire a dit que vendredi dernier entre huit jours, le roy estant a Terranne ou pais d'Artois, lui chargea dire a ceulx qui ont la charge et garde de la ville et ponts d'Amboise, qu'il avoit entendu que la riviere ne passoit plus par devers la ville ainsi qu'elle avoit acoustume et que ses molins et pescherie ne valloient plus riens et qu'il leur fist appareiller le bateys qui est en la riviere en manière que les molins et pescherie valussent ; requiers ausdits habitans lui en faire responce.

    Tous ont esté d'opinion et contens que si les procureurs et receveurs du roy audit lieu veullent fournir de boys et charroy pour faire le bateys en obbeissant au bon vouloir du roy, de aider a faire ledit bateys en la forme et manière qu'ilz ont besongné aux turcies de la riviere et chemins apareillez entre cy et Nazelles ».

    Les problèmes d'ensablement de la Loire et de détournement de son cours se répétèrent à plusieurs reprises dus peut-être à la sécheresse, étant donné la période de l'année, mais aussi aux déchets qui étaient jetés dans la Loire :

    • Archives communales d'Amboise, BB1, f° 12r°, le 29 janvier 1463 : le conseil de ville délibère « pour savoir comment les terriers venuz des derompements du chastel en la douve d'entre la ville et le petit fort, si resteront. Les terriers seront oustés et gectez en la riviere de Loire ».
    • Archives communales d'Amboise, CC 97, f° 19v° : dans le compte de Jehan Prevost, le 5 novembre 1474, Lucais Duvinier, de la garnison du château d'Amboise, reçoit 75 s. « pour 36 journees d'hommes qu'il a mis et emploiez ce jour d'huy et le jour d'hier a jester les terriers et ordures qui estoient a la porte de l'eglise de Saint Simon et hors icelle en la riviere de Loire qui estoit grande affin que l'eaue en amenant lesdits terriers par commandement le lieutenant de Monseigneur le Cappitaine d'Amboise ».
    • Archives communales d'Amboise, CC 102, f° 15 : dans le compte d'Yvon Jamet, le 1er avril 1479 avant Pâques, 12 l. 13 s. sont versées à Raoulin Cauchinart, capitaine d'Amboise, pour diriger des hommes « 12 journees emploiees a jester les terriers en la riviere de Loire pour despecher l'arche des ponts qui est devers la ville qui estoit plein de terriers au dessoubz et au dessus d'icelle et pour faire curer et nectoier les places estant au petit fort es lieux ou ledit Cappitaine veult faire faire des appentilz pour maniere de petites halles et a jecter les terres mis sur lesdits ponts venuz desdittes places et 6 journees d'ung charrestier pour oster les terriers et amener sur lesdits ponts pour es jester en la riviere dessus les argeaulx ».

    En juillet 1491, le problème de déviation du cours de la Loire se présentait à nouveau (Archives communales d'Amboise, CC 108 f°41r°-v°) . Il fut décidé de construire « le bateys que on fait en ladicte riviere, au-dessus desdits ponts pour faire venir l'eaue au long de ladicte ville ».

    Il semble que le « bateys » soit une sorte de petite digue construite sur la Loire à un endroit où l'eau coule toujours pour détourner son cours afin qu'elle passe sous le pont de pierre où se trouvent pêcheries et moulins.

    Nous avons peu d'informations quant à la navigation aux abords d'Amboise. De nombreux notonniers exercent leur métier à Amboise et y résident. Ces hommes sont employés à amener des matériaux avec leur sentine, leur chaland ou à travailler sur leur embarcation pour la réparation des ponts :

    -Archives communales d'Amboise, CC 99 f° 19 v° : en octobre 1476, Jehan Leguenays (avec ses « santines et ferremens » : 13 journées), Jehan Eveilard (avec ses « santines et ferremens » : 13 journées), Gillet Leguenays (avec « son angin et moton » : 4 journées), Jehan Marrie (13 journées), Jehan Guibert (8 journées), Seguin Duchesne (8 journées), Jehan Dupont (8 journées), Jehan Hecte (7 journées), Jullian Dumans (3 journées), Jacquet Durruau (9 journées), Guillaume Billault (5 journées), tous notonniers demeurant à Amboise sont rémunérés « pour journees de eulx a reparer, a batre les paulx et reparer les 2 grans argeaulx des grans ponts devers la ville que les glaces avoient rompuz liver passé ».

    Il est aussi fait souvent mention de nombreux cadeaux de poisson faits aux personnalités importantes qui séjournent dans la ville :

    -Archives communales d'Amboise, CC 105, f° 19 : le 8 juin 1485, Jehan Bernard et Guillaume Daman, marchands, sont payés 102 s. « pour poissons et vin [2 gros brochets, 2 grosses carpes, 2 lemproies, 2 alonzes et pour vin d'Orleans] donnés de par la ville la sepmaine de d'avant Pasques fleuries a monseigneur de la Selle, cappitaine de la ville, afin qu'il ait toujours le faict de la ville pour recomandé envers le roy ».

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 277. Plans des bords de Loire de Blois à Saumur, n.s. XVIIIe siècle.

Documents figurés
  • Rives de la Loire. Amboise/Ch. Motte. Lithographie, n.d. (Bibliothèque municipale de Tours : L.B. Amboise : Château ; est. 6, Ic. Auv. 385).

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie