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Argouges : maison forte

Dossier IA37004785 réalisé en 2011

Fiche

Dénominations maison forte
Aire d'étude et canton Vallée de la Brenne - Vouvray
Adresse Commune : Reugny
Lieu-dit : Les Argouges
Cadastre : 1819 D1 132 ; 2009 ZS 15

Cet ancien fief dépendant d'Orfeuille fut acquit par Henry Emeri en 1521. En 1565, Jean Tissard est dit seigneur d'Argouges. A partir de 1653, Les Argouges appartiennent aux seigneurs de Beaumont-la-Ronce (familles Le Vasseur, puis de La Bonninière). Saisis en 1765 sur les héritiers de Joseph François Dazon-Mauclerc, Les Argouges sont vendus et passent ensuite dans la famille de La Mardelle jusqu'en 1862. Du milieu du 19e siècle au milieu du 20e siècle, la ferme et les terres alentours sont la propriété des familles Chehedoux et Lefèbure, propriétaires du château de Launay à Reugny. Réunie à la ferme voisine de Bourdigal au milieu du 20e siècle, les bâtiments des Argouges sont abandonnés avant d'être restaurés pour servir de résidence.

En 1765, le fief se compose de quatre bâtiments organisés autour d'une cour : un corps de logis principal servant autrefois de logis de maître, un bâtiment abritant une chambre à cheminée et trois écuries, une grange et une autre écurie, le tout entouré de douves.

Le logis seigneurial, déjà abandonné en 1765 et en ruine sur le cadastre napoléonien, a aujourd'hui disparu. Le logis du métayer, d'après la charpente et les corbeaux de cheminée, semble dater de la fin du 15e siècle ou du début du 16e siècle (entre 1470 et 1520).

La grange a fait l'objet de 8 prélèvements dans le cadre d'une campagne de datation par dendrochronologie, dont les résultats ont indiqué une construction dans le dernier quart du 15e siècle, avec quelques remaniements dans le premier quart du 16e siècle. Les poteaux des fermes 3 et 4 (numérotées artificiellement depuis le sud) et l'aisselier ouest du poteau est de la ferme 4, forment un ensemble homogène dont la mise en place se situe en 1484 ou dans une année postérieure très proche. L'entrait de la ferme 4 est issu d'un arbre abattu entre 1492 et 1495, la sablière de toit en remploi d'un arbre abattu entre 1500 et 1504 et l'entrait de la ferme 3 d'un arbre abattu entre 1510 et 1514.

Période(s) Principale : 4e quart 15e siècle
Secondaire : 1er quart 16e siècle
Dates 1484, datation par dendrochronologie

Cet ensemble est constitué de trois corps de bâtiments organisés autour d'une cour entourée de douves en eau, dont l'accès se fait grâce à un pont en pierre. Le niveau d'eau des douves est contrôlé grâce à des bondes permettant d'évacuer l'eau vers des fossés. Au milieu des douves se trouve une petite île circulaire maçonnée.

Le logis en rez-de-chaussée et étage de comble (ancien grenier) est construit en moellon et couvert d'un toit à longs pans en tuile plate. Un four à pain est adossé au pignon est. A l'intérieur, le logis composé d'une pièce à cheminée a conservé plusieurs éléments d'origine (pierre d'évier, potager, corbeaux de cheminée). Dans le prolongement du logis, les anciennes écuries (aujourd'hui transformées en logis) sont elles aussi en rez-de-chaussée et étage de comble (ancien grenier) construites en moellon et couvertes d'un toit à longs pans recouvert en tuile plate. Deux lucarnes hautes à toit à deux pans en tuile plate permettaient l'accès au grenier depuis la cour grâce à une échelle extérieure.

Accolée perpendiculairement au premier corps de bâtiment vers le nord, la grange est construite en moellon, pan de bois et torchis (pignon nord), et couverte d'un toit à longs pans et à une croupe (pignon sud) en tuile plate. Le porteau est couvert d'un toit en appentis en tuile plate. La grange est divisée en une travée centrale et deux travées latérales en appentis. La charpente à arbalétriers et à pannes, comprend cinq fermes ne portant pas de marques d'assemblage. Quatre des cinq fermes reposent sur des poteaux, la dernière étant comprise dans le pignon nord. Chaque ferme forme un pan-de-bois comprenant deux poteaux qui portent l'entrait de ferme aux abouts duquel repose une panne sablière. Un demi-entrait est assemblé au poteau et s'assemble sur une sablière de toit posée sur le mur extérieur. Deux aisseliers montent du poteau à la panne sablière et un autre à l'entrait. La ferme comprend un poinçon qui porte le faîtage et reçoit le sous-faîtage, deux arbalétriers et deux demi-faux-entraits. Dans chaque versant, un cours de pannes extérieures est située au niveau de l'assemblage du demi-faux-entrait à l'arbalétrier. Le contreventement longitudinal est effectué par les aisseliers nord et sud de chaque poteau, par des aisseliers montant du poinçon au sous-faîtage, et par des décharges en chevron entre sous-faîtage et faîtage.

Au nord de la cour l'ancienne écurie (aujourd'hui garage) en rez-de-chaussée est construite en moellon et couverte d'un toit à longs pans en tuile plate. L'accès au grenier se fait grâce à une baie ouverte dans le pignon ouest. L'utilisation de la pierre de taille est limitée aux chaînes d'angles et encadrements des baies pour l'ensemble des bâtiments.

Murs torchis
moellon
pierre de taille
pan de bois
Toit tuile plate
Étages rez-de-chaussée, étage de comble
Couvertures toit à longs pans
appentis
croupe
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. 3 E 28.

Documents figurés
  • Plan cadastral dit cadastre napoléonien, 1819. (Archives départementales d'Indre-et-Loire, 3 P2 194).

Bibliographie
  • DORMOY, Christian. Rapport d'expertise dendrochronologique d'échantillons provenant de la grange des Argouges à Reugny (37380). Archéolabs. ARC 12/R3944D/1.

  • GABEAU, Alfred. Étude sur le marquisat de la Vallière et sur les fiefs qui en dépendent. Bulletin Société Archéologique de Touraine, 1902, t. 13, p 362-392.

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