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Avenue du Général-de-Gaulle

Dossier IA37004673 réalisé en 2011

Fiche

Á rapprocher de

Le projet d'une artère est-ouest avant-guerre

La présence au cœur du tissu urbain des emprises ferroviaires de la gare de Tours constitua, dès le milieu du XIXe siècle, une gêne pour les circulations entre les quartiers est et ouest de la ville. Le quartier Velpeau était en particulier isolé de l'avenue de Grammont, principale voie d'accès au sud et à l'ouest de l'agglomération. Le Plan d'Aménagement, d'Extension et d'Embellissement (PAEE) de 1933, premier document planificateur à l'échelle de la ville, prévoyait déjà la réalisation de deux voies nouvelles. Une première, en provenance de Saint-Pierre-des-Corps, se séparait en une fourche au droit des emprises ferroviaires, et gagnait l'avenue de Grammont par les rues Galpin-Thiou et du Hallebardier, dont l'élargissement était prévu. Plus au sud, Donat-Alfred Agache, auteur du PAEE, prévoyait également un vaste boulevard circulaire desservant la nouvelle place de la gare, et reliant directement le quartier Velpeau à la place de la Liberté.

Plan d'aménagement, d'embellissement et d'extension : distribution des zones, Agache et Saunier arch., 1933. (archives municipales de Tours, 3 D 1).Plan d'aménagement, d'embellissement et d'extension : distribution des zones, Agache et Saunier arch., 1933. (archives municipales de Tours, 3 D 1).

Les projets après-guerre

Un schéma relativement proche fut retenu en 1946 par Jean Dorian, sur les bases du PAEE. Le boulevard en arc-de-cercle, ponctué de tours, était maintenu sur un tracé voisin, tandis que de multiples voies nouvelles, d'un gabarit plus réduit, suturaient le tissu viaire entre les quartiers Velpeau et Grammont. Les ultimes études de Jean Dorian rétablirent le second boulevard transversal prévu par Agache, dans le prolongement de la rue du Docteur-Fournier. Comme son prédécesseur, Dorian faisant aboutir le nouvel axe au croisement des rues Galpin-Thiou et du Hallebardier, au droit du nouveau Palais des Sports.Premier modificatif du plan d'aménagement et de reconstruction : état futur, J. Dorian arch., 1946. (archives municipales de Tours, 149 W 5).Premier modificatif du plan d'aménagement et de reconstruction : état futur, J. Dorian arch., 1946. (archives municipales de Tours, 149 W 5).

Le plan-masse de Jacques Henri-Labourdette, présenté en 1955, s'inscrivait dans la lignée de Jean Dorian. Le boulevard circulaire partant de la place de la Liberté voyait toutefois son tracé rectifié, devenant rectiligne, et s'achevant au croisement avec la rue Edouard-Vaillant, dans l'attente d'un prolongement, toujours en ligne droite, vers Saint-Pierre-des-Corps. Le nouvel axe n'en desservait pas moins toujours la place de la nouvelle gare, dont l'emplacement prévu avait été légèrement décalé vers l'ouest.

La création de l'avenue du Général-de-Gaulle dans les années 1960

Vue depuis le pont SNCF en direction de l'Ouest - 1966. (Archives départementales d'Indre-et-Loire, section contemporaine, Chambray-lès-Tours, Série Fi, cote 5Fi-P35, 21984-2).Vue depuis le pont SNCF en direction de l'Ouest - 1966. (Archives départementales d'Indre-et-Loire, section contemporaine, Chambray-lès-Tours, Série Fi, cote 5Fi-P35, 21984-2).Traversant le sud du quartier du Sanitas puis l'opération de la Rotonde, le nouvel axe fut baptisé avenue du Général-de-Gaulle par Jean Royer. Sa réalisation s'échelonna au cours de la décennie 1960. Le rond-point Saint-Paul, point de croisement avec le boulevard de Lattre-de-Tassigny, ne fut en particulier mis en service qu'en 1968, suite à la destruction des usines Billard. L'abandon du projet de déplacement de la gare, entériné en 1970, limita définitivement l'avenue du Général-de-Gaulle à son croisement avec la rue Edouard-Vaillant. La physionomie de l'axe n'a guère connu d'évolutions jusqu'au début des travaux de la première ligne de tramway : seul son profil en travers évolua, à la fin de la décennie 1990, d'une chaussée à quatre voies à une chaussée à deux voies.

L'avenue du Général-de-Gaulle aujourd'hui

L'avenue du Général-de-Gaulle relie la place de la Liberté, croisement avec l'avenue de Grammont, à la rue Edouard Vaillant, qui dessert les quartiers Velpeau et Beaujardin. Formant un axe d'orientation est-ouest, cette voie à grande circulation présente deux caractères différents le long de son parcours au moment de l'étude (2011). Sa portion occidentale, entre la place de la Liberté et le boulevard de Lattre-de-Tassigny se caractérise par une large place accordée à la voirie au détriment des aménagements paysagers, seules des haies basses séparant les espaces de stationnement des bâtiments d'habitation du Sanitas. Les perspectives architecturales apparaissent nettement en l'absence d'arbres : la tour U, en particulier, est confortée dans son rôle de signal d'entrée et de sortie du quartier, étant le seul élément élancé en hauteur de cette portion de l'avenue. La masse du bâtiment 19, déployé sur six étages et 110 mètres de longueur, et la planéité de la surface de sa façade, créent un effet de perspective accentué par la scansion régulière des bandeaux verticaux. Un même effet est observable, à plus petite échelle, sur le bâtiment 20, qui flanque l'avenue au nord. Le carrefour avec le boulevard de Lattre-de-Tassigny, second axe structurant du quartier, apparaît ainsi en point de mire de la composition architecturale.

La deuxième portion de l'avenue du Général-de-Gaulle, à l'est de l'ancien rond-point Saint-Paul, reprend les caractéristiques des boulevards arborés du XIXe siècle. La voie de circulation est bordée au nord comme au sud d'arbres de dix à quinze mètres de hauteur, formant une barrière végétale séparant l'espace viaire des immeubles d'habitation. La composition architecturale, et en particulier la rythmique des ouvertures des façades, s'en trouve toutefois plus difficilement lisible. Les immeubles longeant l'avenue reprennent tous le premier style conçu par Jacques Henri-Labourdette, à l'exception du bâtiment 1 ter, dont la hauteur deux fois plus importante marque le débouché d'une voie desservant l'intérieur du Sanitas. Le pont de la ligne SNCF de Tours à Bordeaux forme une coupure visuelle rompant la perspective de l'avenue. Il marque en outre la frontière, certes perméable, entre le Sanitas et la Rotonde. Le remploi des mêmes matériaux et des mêmes volumes atténue toutefois, au-delà du pont, l'impression de rupture.

Débutés fin 2010, les travaux du tramway prévoient la pose de rails au nord du tronçon entre la place du commandant-Tulasne et le rond-point Saint-Paul, remplacé à cette occasion par un carrefour en T. La réalisation de la ligne de transport en commun entraîna la suppression de places de stationnement au sud du bâtiment 20.

Appellations avenue du Général de Gaulle
Dénominations avenue
Aire d'étude et canton Val de Loire et Reconstruction - Tours-Est ; Tours-Sud
Adresse Commune : Tours
Lieu-dit : Quartier du Sanitas
Adresse : avenue du Général-de-Gaulle

La présence des installations ferroviaires situées au sud de la gare de Tours constituait, depuis le milieu du XIXe siècle, une gêne pour la circulation entre les quartiers est et ouest de la ville. C'est pourquoi la création d'une nouvelle voie fut déjà envisagée dans le Plan d'Aménagement, d'Extension et d'Embellissement (PAEE) conçu par Donat-Alfred Agache en 1933, sans toutefois aboutir. Les destructions causées dans cette zone par les bombardements alliés de 1943 et 1944 remirent cette question à l'ordre du jour. Le Plan de Reconstruction et d'Aménagement (PRA) conçu par Jean Dorian (1946) prévoyait donc dans le nouveau quartier la création d'un boulevard en arc-de-cercle. Finalement, la conception du plan-masse du nouveau quartier, confiée à Jacques Henri-Labourdette à partir de juillet 1954, conduisit à une modification pour aboutir à une artère rectiligne. Une partie de la ligne de tramway, achevée en 2013, passe dans la partie ouest de l'avenue du Général-de-Gaulle.

Période(s) Principale : 3e quart 20e siècle , daté par source
Auteur(s) Auteur : Henri-Labourdette Jacques, architecte urbaniste, attribution par source

L'avenue du Général-de-Gaulle est une artère rectiligne orientée est-ouest et reliant la place de la Liberté à la rue Edouard Vaillant. Elle constitue l'un des deux axes principaux du quartier du Sanitas avec le boulevard de Lattre-de-Tassigny qu'elle croise au niveau de la place Saint-Paul. Très large dans sa partie occidentale, elle devient plus étroite ensuite (après l'avenue Saint-Lazare) et plus arborée à l'est du croisement avec l'axe structurant nord-sud que constitue le boulevard de Lattre-de-Tassigny. Plus à l'est encore, un pont ferroviaire permet à l'artère de passer sous les voies de chemin de fer et de desservir le quartier de la Rotonde avant de rejoindre la rue Edouard Vaillant.

Statut de la propriété propriété de la commune

Références documentaires

Documents figurés
  • Archives municipales de Tours. Série D : 3 D 1. Plan d'aménagement, d'embellissement et d'extension : distribution des zones. Agache et Saunier arch.,1933.

  • Archives municipales de Tours. Série W : 149 W 5. Premier modificatif du plan d'aménagement et de reconstruction : état futur. J. Dorian arch., 1946.

  • photog. n. et b. Par Arsicaud Robert (photographe). (Archives départementales d'Indre-et-Loire, section contemporaine, Chambray-lès-Tours, Série Fi, cote 5Fi-P35, 21984-2). (cf. illustration n° IVR24_20103701531NUC1A).

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Massire Hugo