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Bâtiments de la basse-cour (détruits)

Dossier IA37005661 réalisé en 2006
Dénominations écurie, magasin de munitions
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : Château d'Amboise

Retracer l'histoire de la basse-cour du château d'Amboise s'avère bien difficile. Jusqu'aux travaux de Charles VIII de la décennie 1490, la basse-cour s'oppose au donjon. Ils sont séparés l'un de l'autre par le fossé ; au-delà du fossé s'élève la collégiale Saint-Florentin, édifiée vers 1030 et à laquelle des chapelles sont ajoutées au gré des aspirations des souverains. Derrière son chevet oriental, s'étend le cloître, et au nord de ce dernier vient le logis dit « canonial » précédé d'un jardin dont nous ignorons la date exacte d'aménagement. Enfin, le promontoire est clos par la porte des Lions appelée « porterie », nom désignant à la fois l'ouvrage défensif et le logis du portier. À partir de Charles VIII (1483-1498), on construit les logis dans la seconde cour, zone ouest traversant de part en part le promontoire. Les bâtiments de la basse-cour à proprement parler, à savoir les lieux de stockage, les écuries, etc. se trouvent donc nécessairement dans le quart sud-est du promontoire. Cependant, n'oublions pas que des peintures murales sont toujours visibles dans une pièce troglodytique accessible depuis la rampe de la tour des Minimes. Ces peintures murales datées par Christian Davy du XIVe siècle mettent en évidence l'étendue de notre manque de connaissance quant à l'occupation de la basse-cour avant les travaux de Charles VIII, puisqu'elles se trouvent précisément au-delà du fossé et hors du donjon.

Période(s) Principale : Moyen Age

Les sources pour étudier les bâtiments de la basse-cour se limitent aux « Vues » de Jacques Androuet du Cerceau (1579), au plan de 1708, au procès-verbal de 1761 et de manière plus anecdotique à ceux de 1630. Sur les « Vues » de Jacques Androuet du Cerceau (1579), où leur représentation est schématique, on distingue trois constructions de plan allongé ou en « U ». Le plan de 1708 fournit également de précieuses informations, notamment l'identification du magasin, des écuries, des bâtiments bas ruinés, ou encore du puits. Par ailleurs, on distingue deux - et non une - maisons dédiées aux chanoines. Dans les procès-verbaux d'estimation, leur description est assez précise, en particulier dans celui de 1761. Nous décrirons donc successivement ces bâtiments à partir des sources citées. Nous ne connaissons donc que quatre bâtiments propres à la basse-cour, qui par ailleurs est nommée « cour haulte » dans le procès-verbal, certainement en raison de sa position surélevée par rapport au reste du château. Si cela semble peu pour un château de 274 pièces, il est toutefois probable que l'essentiel de la fonction de stockage du château ait été assurée par les cavités troglodytiques ménagées dans le promontoire. Les écuries Le plan de 1708 semble le document le plus fiable pour apprécier ce bâtiment qui se trouvait à l'est de la tour Heurtault. Mesurant 17,50 m de long par 7,30 m de large, il était divisé en deux pièces, au sein de chacune desquelles huit stalles prenaient place. Devant la pièce située au sud-est, s'ouvrait une petite annexe aveugle (une sellerie ?) de plan carré, tandis que deux baies éclairaient l'autre pièce. Les procès-verbaux dressés vers 1630 mentionnent déjà des écuries proches du magasin à poudre. En 1761, elles sont en trés mauvais état, habitées par la veuve Marfontaine, le sieur Oudin et le sieur Langlois, et leurs combles sont mentionnés. Les bâtiments ruinés Ils étaient situés en contrebas du promontoire au sud-ouest ; ils pourraient en partie correspondre aux constructions figurées par Jacques Androuet du Cerceau sur sa « Vue du costé de la rivière de Loir ». Le magasin Il est figuré sur le plan de 1708 avec un comble aménagé pour le stockage. Il est qualifié d'ancien magasin à poudre dans le procès-verbal de 1761. Ce bâtiment de plan rectangulaire (24 m x 10 m) était, semble-t-il, adossé aux buttes de terres sur lesquelles est construit le mur d'enceinte sud-ouest du château. On peut supposer que sa construction est contemporaine de la fortification bastionnée de la porte des Lions mais on ne sait s'il date de l'état moderne des bastions ou d'un état médiéval. Les procès-verbaux de 1630 sont plus concis mais confirment sa fonction de « magazin aux lourdes munitions de guerre dudit chasteau ». Le puits D'après le plan de 1708, il prenait place juste devant le magasin.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Les archives concernant le magasin à poudre et le puits

    Dès 1630 des réparations sont envisagées au magasin à poudre :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 655, doc. 5, f°8r°-v° : « [...] Continuer les murailles en couronnant à l'entour dudit magazin de la longueur de vingt trois thoises sur deux thoises et demye de hault compris le fondement et garde fol et de mesme espesseur de matière et à pareille distance du corps dudit magazin [...] ».

    Le procès-verbal de 1761 donne une description assez précise du magasin à poudre situé dans la basse-cour :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950, f°11r° : « [...] Les murs d'un ancien bastiment servant autrefois de magasin à poudre, garnis de piliers autour de pierre de taille contenant douze toises de long sur cinq toises de large de dehors en dehors, de la haulteur de treize pieds en son pourtour, ledit mur de trois pieds et demy d'épaisseur, éclairé de neuf croisées aussy en son pourtour, dans lequel magasin est un appenty nouvellement construit, couvert de thuilles dans toute sa largeur du costé Nord, autour de laquelle est un fossé de sept pieds de large aussy entouré de murs qui soutiennent le terrain cy après ».

    Dans le même procès-verbal, on lit :

    - « [...] De là sommes montés par une rampe à une terrasse qui a son entrée par une porte au Couchant au dessus dudit magasin à poudre, sur laquelle sont plantés plusieurs rangés de marronniers et après l'avoir toisée elle s'est trouvée contenir vingt sept toises de longueur sur trente quatre pieds de large ».

    En 1761, le puits est décrit comme suit : « [...] Dans la grande cour appellée la cour haulte, où est un grand puy a pierre de taille, en charpente au dessus, couvert de thuilles, avec sa roue et tour et ayant toisé ladite grande cour l'avons trouvé contenu trente cinq toises de long sur vingt six toises de large [...] » (Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950, f°11r°).

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales : O2 1383. Prise de possession du château d'Amboise par la sénatorerie d'Orléans le XI brumaire de l'an 12. Rapport des architectes en 1803-1811. Démolitions au château à la même période.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 655. Procès-verbaux des réparations à effectuer au château d'Amboise. Entre 1624 et 1631, folios papier.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950. 1699-1761. Procès-verbal d'estimation du château d'Amboise, procès-verbal de prise de possession par le duc de Choiseul. 1761.

Documents figurés
  • Vue cavalière du château du côté de la Loire/par Jacques Androuet du Cerceau, en 1579. (Bibliothèque nationale de France, département des estampes, Va 37 Tome 1. H 125704).

  • Plan du château d'Amboise/Jacques Androuet du Cerceau, en 1579. (Bibliothèque nationale de France, département des estampes, Va 37 Tome 1. H 125703).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Passage d'entrée, premiers offices du logis des Sept Vertus, premier étage du bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Deuxième étage du Logis des Sept Vertus, premier étage du logis dit de Louis XI, rez-de-chaussée bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, rez-de-chaussée du bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, premier étage du bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, Deuxième étage du bâtiment sur Loire, deuxième étage du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et rez-de-chaussée du logis d'Henri II. (Archives Nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, deuxième étage du bâtiment sur Loire, troisième étage du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et grenier du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Vüe du château royal d'Amboise ; Autre vüe du château royal d'Amboise du côté des champs ; Troisième vüe de l'intérieur de la cour du château/ Jacques Rigaud. Dessins préparatoires à la plume et lavis à l'encre de Chine, début du XVIIIe siècle. (Bibliothèque nationale de France, est, RES Ve26 (k), n°138, Mfilm A31633).

  • Plan du château d'Amboise, Le château d'Amboise, du costé de la rivière, L'élévation du chasteau d'Amboise du costé de la ville. Dessins de Jacques Androuet du Cerceau, vers 1579. (Londres, British Museum : Cote U 854-857).

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie