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Beffroi, tour de l'Horloge (14 rue Nationale)

Dossier IA37005614 inclus dans Amboise : rue Nationale (1 à 61 rue Nationale) réalisé en 2006

Fiche

Œuvres contenues

Dénominations beffroi, porte de ville, moulin, abri d'horloge
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : 14 rue Nationale

L'histoire de la tour de l'Horloge, édifice éminemment important pour la ville, n'est bien connue qu'à partir de 1495, date à laquelle il revêt son apparence actuelle. Il demeure le seul vestige éloquent de la première enceinte urbaine. Cette porte qui enjambe le cours de la Masse est appelée dans les comptabilités de la ville « la porte pres le moulin de l'Aumosne ». De fait, un moulin avait été placé sur le bras aval de la rivière. D'après les archives communales, la ville eut l'intention dès 1470 de transformer cette porte, qui n'avait plus de raison d'être puisqu'elle se trouvait dans les murs, en tour de l'Horloge. Mais les priorités financières ne manquant pas, le rehaussement de l'édifice dut attendre l'année 1495 pour que les travaux débutent réellement. Aux mois de mars et avril 1495, on commanda « 42 marches de viz de 4 piez et demi et de 5 piez de long pour faire la tour pres le molin de la Masse, que la ville a intencion faire bastir pour mectre et asseoir une orloge ». Et, en 1496-1497, Pierre Cathe fut rémunéré « pour mectre la charpenterie du portal pres le molin de l'Aumosne pour mectre une orloge que les habitans d'icelle ont intencion faire ». L'horloge dont il est question ne fut installée qu'au cours de l'année 1502 et la cloche de l'horloge en juin 1503. Les comptes de la ville donnent le détail des quantités de pierre, chaux, sablon, huisseries et ferrures nécessaires à l'édification. Les restaurations du service des Monuments historiques commencent en 1908. Les plans sont alors levés. Un rapport est rédigé en 1937, puis un autre en 1956 concernant la restauration des façades de la tour. En 1983 une nouvelle campagne est menée. Les plans avant et après restauration montrent d'importantes modifications. À l'origine il existait une pièce supplémentaire à côté de la tourelle. En revanche la restauration des façades et de la charpente est restée fidèle à son état originel, connu au travers des comptabilités de la ville et des photographies anciennes.

Période(s) Principale : 14e siècle
Principale : limite 15e siècle 16e siècle
Dates 1495, daté par source, datation par dendrochronologie

Ce bâtiment élancé d'environ 25 m de haut présente un plan légèrement rectangulaire (7,80 m par 8,70 m). Surmonté d'un clocheton abritant la cloche, il se détache nettement du paysage urbain. La rupture d'appareil entre le soubassement, dont l'appareil est plus cubique, et le reste de l'élévation marque nettement le rehaussement de la fin du XVe siècle. Une voûte en berceau brisé couvre le passage charretier (3,50 m de large). On peut par ailleurs y distinguer l'emplacement de l'ancienne herse qui devait être actionnée depuis une salle disparue, située au-dessus. Lors de sa transformation en tour de l'Horloge, l'édifice perd toute fonction défensive au profit de son statut ostentatoire. Comme tous les édifices édilitaires de la ville, il est construit en pierre de taille de Bourré, de Malvau, et de Lussault. Les maçonneries atteignent 75 cm d'épaisseur. La brique y est également ponctuellement employée pour les cheminées. Trois chambres prennent place, au-dessus de l'arche de soubassement. Croisées et demi-croisées centrées sur les façades éclairent les chambres. Posées sur des appuis, ces fenêtres sont encadrées de baguettes qui se croisent dans les angles supérieurs. Les étages sont desservis par une vis en pierre de taille. À l'origine, le bâtiment continuait du côté de la rue Mably, d'où les portes murées visibles dans la cage de la vis. Le service des Monuments historiques a pu lever son plan avant toute destruction. L'escalier à vis, d' 1 m de largeur de passage, est documenté par les comptes de la ville. Ces marches de « 4 piez et demi de large pour 5 piez de long », forment le noyau de 25 cm de diamètre. Sur la façade de la tourelle pourtant assez restaurée, l'emplacement des marches traversant la maçonnerie (seulement 25 cm d'épaisseur pour la tourelle) est encore visible par endroit. On remarque au rez-de-chaussée l'absence de base qui vient soit d'un changement du niveau du sol soit d'une suppression due à un état dégradé. La pièce du premier étage est entièrement enduite de plâtre. Une croisée l'éclaire du côté du château au nord-est et une demi-croisée du côté de Saint-Denis au sud-ouest. La pièce du second étage est éclairée d'une croisée nord-est et d'une demi-croisée au sud-ouest. Le plafond d'origine est encore visible avec ses trois travées de solives qui prennent appui sur des sablières installées dans le mur et sur deux grosses poutres placées au centre de la pièce, parallèlement à la rue Nationale. La pièce est séparée de la vis par une porte dont les ferrures sont particulièrement intéressantes. Cette porte, digne d'une chambre du trésor ou d'un cachot, a certainement été restaurée. Nous sommes dans l'incapacité de dire si elle a été rapportée ou non. La porte, à lames, est renforcée de puissantes pentures fixées avec des clous forgés. La barre d'un long verrou (1,20 m) dissimule un judas - fermé par une targette et utilisable par la personne se tenant dans la vis - ainsi que la clef de son verrou. Une seconde fermeture, constituée d'un pêne et d'un loquet, lie la porte à la maçonnerie. Lorsque l'extrémité gauche du pêne est enfoncée dans le mur, son extrémité droite butte contre la longue barre du verrou, empêchant ainsi tout va et vient du loquet. Telle qu'elle est visible actuellement, cette fermeture prévient les sorties de la pièce. Les longues listes d'achat de ferrures et serrures pour équiper l'édifice à la fin du Moyen Âge, ne sont cependant pas suffisamment précises pour nous permettre d'identifier les ferrures visibles ici. Par ailleurs, la tour de l'Horloge n'est jamais évoquée en tant que prison. La cheminée datant de la campagne de construction de 1495, présente des piédroits ouvragés construits en tuffeau ; son coeur, son conduit et sa hotte sont en briques, et son manteau en bois. Les deux liens en bois qui prennent appui sur la hotte pour soutenir l'une des poutres du plafond sont, semble-t-il, des ajouts postérieurs. Les piédroits présentent un profil gothique mais non prismatique. Chacun repose sur une base octogonale séparée du fût semi-circulaire par une bague torique. Les jouées sont prolongées de chaque côté jusqu'au mur, par deux larges cavets. Les corbeaux, qui prennent l'apparence de simples chapiteaux épannelés, ne sont pas ornés, un simple liseré les séparant du fût. La pièce du troisième étage adopte le plan de la pièce inférieure. Un judas, dont la facture est comparable à la ferrure précédente, perce la porte. Il se trouve sur une porte à lames bordées de demi-ronds et ferrées de pentures tenues par des clous forgés. Il s'ouvre depuis la cage de la vis en actionnant une simple targette. La cheminée présente un style plus soigné que celui de la cheminée du second étage. Sa partie basse est construite en tuffeau, sa hotte en tuffeau et brique et son conduit en brique. Les bases octogonales et les piédroits sont identiques à ceux de la deuxième chambre. Par contre, les corbeaux de forme rectangulaire sont savamment taillés sur trois niveaux ; chacun des niveaux allant en s'élargissant vers le haut est séparé par un profond cavet ; au sommet, un réglet et un chanfrein renversé sont superposés. Sur le dernier ressaut, le plus haut et le plus large, repose un moellon de pierre rectangulaire sur lequel vient prendre appui le manteau. Le manteau de cheminée en pierre, dont les angles sont arrondis, reprend le motif des corbeaux, mais sans élargissement des trois registres, ce qui revient à un enchaînement de tore-bandeau-talon renversé-canal-cavet-tore. Enfin, le manteau est déchargé du poids de la hotte en brique par un arc en pierre de taille de tuffeau qui joue également un rôle esthétique. Le comble présente une charpente dont la description qui apparaît dans le compte de la ville pour l'année 1496-1497 correspond à celle que l'on voit aujourd'hui. La charpente à chevrons-formant-fermes couvre un comble en pavillon. Sur un plan légèrement rectangulaire - onze fermes sur les longueurs et neuf sur les largeurs -, les quarante fermes séparées d'un entraxe moyen de 55 cm s'organisent autour d'une cage hexagonale portant le clocheton. Les six poteaux de la cage sont reliés entre eux par des entretoises et des croix de Saint-André. Cette cage fait ainsi office d'enrayure. Tandis que les onze fermes des longueurs - les côtés perpendiculaires à la rue Nationale - reposent sur des entraits, les neuf fermes des largeurs reposent sur des blochets. L'ensemble des fermes prend appui sur deux sablières posées le long des murs de l'édifice et des jambettes sont assemblées à la base des arbalétriers. Aux niveaux de la première enrayure, installée au tiers de la hauteur de la cage centrale, et de la seconde enrayure, située au deux tiers de la même hauteur, les fermes se trouvent tangentes aux entretoises assemblant les poteaux centraux entre eux. Un aisselier décharge l'angle formé par les deux pièces. Enfin, tandis que les arbalétriers rejoignent au-dessus de l'enrayure supérieure les quatre arêtiers assemblés en tête au centre de la cage, les six poteaux montent depuis le sol du comble de l'édifice jusqu'à la base du clocheton. Ce dernier est couvert d'un petit toit hexagonal. La vis est quant à elle couverte d'un toit en poivrière tournant également autour d'une enrayure. Le compte de la ville de l'année 1495 mentionne également cette charpenterie. Outre ces deux charpentes, Pierre Cathe, le charpentier en charge de l'ouvrage, fut également chargé «d'asseoir les montres d'icelle [orloge] aux deux lucanes qui pour ce ont esté faictes a la charpenterie ». Encore aujourd'hui les horloges occupent les lucarnes, mais ce ne sont plus celles de l'époque médiévale.

Murs moyen appareil
pierre de taille
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 3 étages carrés, comble à surcroît
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit conique
toit en pavillon
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier en vis
Techniques maçonnerie
Statut de la propriété propriété de la commune
Protections inscrit MH, 1928/06/12
classé MH, 1933/02/28

Références documentaires

Documents d'archives
  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, 81/037/0010. Édifices de la ville d'Amboise. Rapports des restaurations de la tour de l'Horloge (1937 et 1983) ; dossier sur le manoir de La Menaudière (1947) ; dossier sur le Logis des Pages (1947) ; dossier sur la maison du Grenier à sel (1947) ; dossier sur le manoir dit « Le Sauvage » (1947) ; dossier sur les vieilles maisons en pan de bois : 11,13 et 15 rue Manuel (1959), (maison dont l'adresse est incorrecte ?) (1946), 52 et 60 rue Victor Hugo (1947) ; hôtel Joyeuse (1949).

Documents figurés
  • Amboise, n.s., photographie noir et blanc, juin 1891. (Bibliothèque municipale de Tours : L. A. Amboise : Porte de l'Horloge ; R. 1, Ic. 820).

  • Amboise. La tour de l'Horloge, lithographie, n.s., n.d., XXe siècle, avant les restaurations de 1937. (Bibliothèque municipale de Tours : L. A. Amboise : Porte de l'Horloge ; R. 2, Ic. 2222).

Bibliographie
  • GABEAU, Alfred. Le beffroi municipal d'Amboise (1495-1502). Tours, 1897, 15 p.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie