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Bois Jolly : manoir dit du Bois Jolly

Dossier IA28000191 réalisé en 2008

Fiche

Destinations ferme
Parties constituantes non étudiées grange, écurie, remise agricole, mare, puits, toit à porcs
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Parc naturel régional du Perche - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Margon
Lieu-dit : Le Bois Jolly
Cadastre : 1811 E 146, 147 ; 1990 E 667, 668, 672
Précisions commune fusionnée après inventaire Arcisses

La première mention connue du lieu-dit du Bois Jolly remonte au 16e siècle. A cette époque, Jehan Durant, bailli de la seigneurie de Prez en Ceton, possède également le titre de "seigneur du Bois-Jolly". Il serait peut-être le commanditaire de la construction (ou reconstruction) du manoir dont la partie la plus ancienne, de la fin du 15e siècle, est le logis manorial, comme le montre le décor de la cheminée monumentale de la salle. Le corps de passage construit en alignement du logis manorial au sud date du 16e siècle, en témoigne le décor d´une fenêtre à meneau et traverse de l´étage en façade ouest. La grange nord, la remise au sud, les murs ceinturant le domaine (partiellement en élévation aujourd’hui) ainsi que les quatre tourelles aux angles (présentes en plan en 1811, détruites par la suite) semblent également dater de cette période. Aucune source ne permet de connaître l´histoire du manoir tout au long du 17e siècle et jusqu'au début du 18e siècle. Le 24 janvier 1722, Jacques Daupelay de Bonneval, notaire de Nogent-le-Rotrou, dresse un état des lieux détaillé du site lors de sa visite de la terre du Bois Jolly. Le domaine appartient alors à un certain Regnouard, bourgeois à Paris. Dans sa description, le notaire royal précise que le domaine est entouré de murs pourvus de tourelles aux angles et qu´il comprend une petite étable à mouton et une cidrerie (probablement devenues toit à porcs et remise par la suite). Suite à la Révolution, le manoir est vendu comme bien national. Le Bois Jolly devient une ferme qui se développe surtout dans la seconde du 19e siècle avec la construction de deux granges-écuries, une en alignement au nord du logis manorial construite en 1862 (date portée sur une pierre au-dessus de la porte charretière), l´autre à l´ouest construite en 1874 (date portée sur une pierre, accompagnée des initiales « J P », sous la corniche en façade principale). Tous les bâtiments subissent des remaniements plus ou moins importants, à l'instar de la façade principale du logis manorial (réorganisation des ouvertures : nouveaux percements, obstruction d'anciennes ouvertures). A cette époque et jusqu´à la Première Guerre mondiale, le Bois Jolly appartient au marquis Jean-Marie Auguste de la Poeze d´Harambure. A l´entre-deux-guerres, la ferme déjà reconnue pour son élevage de chevaux percherons, devient même la plus importante de la région nogentaise : plus de cinquante personnes y travaillent et les installations comprennent, entre autres, trois manèges à chevaux, un générateur électrique et une citerne à eau. Acquis à la fin des années 1980 par les propriétaires actuels, l´ensemble des bâtiments est en cours de restauration.

Période(s) Principale : 4e quart 15e siècle
Principale : 1ère moitié 16e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle
Dates 1862, porte la date
1874, porte la date
Auteur(s) Personnalité : Durant Jehan, commanditaire, attribution par source
Personnalité : De la Poeze d'Harambure Jean-Marie Auguste,
Jean-Marie Auguste De la Poeze d'Harambure
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commanditaire, attribution par source

Le manoir du Bois Jolly se situe au sud-est de la commune de Margon, sur le plateau du bois des Perchets qui domine la vallée de la Cloche. Ceint de murs, il comprend quatre bâtiments disposés autour d´une cour, ainsi qu´un verger et un puits - l´accès se faisant par un portail au nord dont il subsiste un seul pilier. - Le bâtiment ouest, dont la façade principale est orientée à l´est, comprend trois corps : au centre, le logis manorial ; au sud, le corps de passage et au nord, une grange-écurie. Le logis manorial est en rez-de-chaussée surmonté d´un étage carré et d´un comble. Il présente une façade ordonnancée à trois travées dont les fenêtres de l´étage conservent quelques éléments anciens tels que les appuis de fenêtre moulurés (à tore et cavet) et deux encadrements (l´un mouluré, l´autre chanfreiné) se terminant par un congé coupé. Côté ouest, la façade est percée d´une porte, d´une fenêtre à meneau et traverse (porte d´accès à une petite laiterie détruite, récemment transformée en fenêtre) et d´une baie étroite au rez-de-chaussée ; de trois fenêtres à l´étage (une, au sud, élargie récemment ; une porte probablement prévue dès la construction pour un agrandissement vers l´ouest et transformée en fenêtre ; et la dernière, au nord, chanfreinée et de dimensions restreintes). Deux pièces occupent le rez-de-chaussée, un probable cellier au sud et une grande salle au nord pourvue d´une cheminée monumentale en pierre de taille de calcaire à piédroits de section semi-circulaire et corbelets pyramidaux portant un linteau en bois (remaniement) soulagé par un arc de décharge. A l´est de la cheminée, une porte d´origine de la bâtisse permettait d´accéder au nord de la cour (aujourd´hui, elle donne accès à l´ancienne grange-écurie). Un escalier tournant en bois, placé dans une cage approximativement au centre du logis, dessert une chambre pourvue d´une cheminée adossée au nord, un cabinet à l´ouest et une troisième pièce (fonction indéterminée) au sud. De cette dernière, une porte communique avec l´étage du corps de passage au sud. Aligné au sud du logis manorial, le corps de passage est de plan rectangulaire. Son porche, aujourd'hui obstrué, constituait l´entrée principale du manoir. A l´ouest, une allée, dont aucune trace ne subsiste en 1811, permettait son accès. Sa façade ouest - celle recevant le décor le plus abouti car à l´entrée du domaine - est percée au rez-de-chaussée d´une porte charretière en arc brisé (bouchée) et d´une porte piétonne. Parmi les deux fenêtres de l´étage, celle au nord, à meneau et traverse, présente un encadrement mouluré se terminant en prisme, surmonté d´un larmier rampant aux retours angulaires sculptés de deux personnages : un ange portant un phylactère au nord et un prêtre appuyé sur un bâton de pèlerin tenant un calice dans sa main gauche au sud. Produit de la dernière campagne de restauration, une lucarne restituée, en bâtière à meneau et traverse, complète la travée. En façade est, la porte charretière en arc brisé est en partie bouchée (transformée en porte piétonne) et une porte est transformée en fenêtre au rez-de-chaussée. Deux fenêtres, à l´origine à meneaux et traverses, éclairent l´étage (croisillons disparues, fenêtre sud réduite). En prévision d´un agrandissement vers le sud, l´étage est pourvu d´une porte dès la construction du corps. Un escalier extérieur, aujourd´hui disparu, permettait, depuis la cour, d´accéder à l´étage pourvu d´une cheminée (fonction probable de chambre). Les murs de ces deux corps de bâtiment sont surlignés par une corniche à talon droit. Leur charpente, assez similaire, est à chevrons formant fermes contreventées par une faîtière et sous-faîtière. Le dernier corps du bâtiment ouest est une grange-écurie (partie grange au nord, écurie au sud). Les ouvertures sont, en majorité, surmontées d´un arc en anse de panier. La porte charretière a été transformée en porte piétonne. Une corniche en brique couronne les murs. - Le bâtiment nord comprend, d´ouest en est, une écurie, une grange et un logement de vacher. Toutes les ouvertures ont subi des modifications (obstructions totales ou partielles, nouveaux percements). La grange dispose de cinq pigeonniers (trous de boulin et planches d´envol en façade sud). - A l´est, la grange-écurie, de dimensions importantes, dispose de deux portes charretières et d´une porte piétonne en façade principale et deux portes charretières en façade postérieure. Elles sont toutes surmontées d´un arc en anse de panier. Un bâtiment, aujourd'hui détruit, accolé à la grange-écurie en retour d'équerre à l'est, abritait un manège. - Au sud, le dernier bâtiment comprend trois corps : des remises, un toit à porcs et un fournil. L´ensemble des murs est en moellons de calcaire couverts d´un enduit plein (façade principale du logis manorial et de la grange-écurie accolée) ou à pierre vue. Les chaînages d´angle et les encadrements de baies sont en pierre de taille de calcaire, à de rares exceptions, en brique, correspondant à des remaniements. Les toits sont à longs pans et à croupes (corps de passage) couverts en tuile plate.

Murs calcaire
enduit partiel
enduit
moellon
Toit tuile plate
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans
croupe
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant
États conservations bon état

Malgré son histoire mal connue des archives, ce manoir, grâce à l´étude de Gilles Provost réalisée dans le cadre de son mémoire de maîtrise, demeure relativement bien lisible. Son corps de passage est à mettre en relation avec ceux du manoir de Champeaux (également à Margon) ou de l´abbaye d´Arcisses (Brunelles), de la même époque et de style similaire. Sa transformation en ferme au 19e siècle en fait, dès la fin du 19e siècle et tout au long de la première moitié du 20e siècle, l´une des plus importantes fermes du secteur. La richesse décorative de plusieurs éléments bâtis (fenêtres, cheminée), la reconstitution possible de son état initial et de son évolution réalisée par Gilles Provost, l´état de conservation de l´ensemble des bâtiments et leur restauration effectuée ou en cours font de ce site un élément patrimonial de premier ordre à l´échelle cantonale.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • D'après l´hypothèse de Gilles Provost - développée dans son mémoire de maîtrise d´histoire de l´art intitulé Maison des champs du Perche nogentais, 1450-1560 - le logis manorial devait être flanqué dès sa construction, à la fin du 15e siècle, d´une tour d´escalier hors-oeuvre en façade principale, à l´est (cf. Fig. 4). Elle aurait été détruite par la suite, probablement au 16e ou au 17e siècle, lors d´un remaniement de l´édifice. Dans son état des lieux de 1722, Jacques Daupelay de Bonneval, notaire royal de Nogent-le-Rotrou, décrit le manoir comme muni d'un escalier tournant en pierre situé au même emplacement que l'escalier actuel en bois.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. 3 P 4763 à 3 P 4771. Plans cadastraux de 1811. par Terrier, ingénieur vérificateur ; Barberi, géomètre de 1ère classe ; Sortais, maire.

Documents figurés
  • Plan cadastral napoléonien, commune de Margon, section E. 1811. (Archives départementales d'Eure-et-Loir, 3 P 4769).

  • Carte postale ancienne, début 20e siècle. (Collection privée).

  • Maisons des champs du Perche nogentais, 1450-1560. Photographie noir et blanc./Provost, Gilles. (In : Mémoire de maîtrise d'histoire de l'art sous la direction de Jean Guillaume, université François Rabelais, Tours, 1992.)

  • Maisons des champs du Perche nogentais, 1450-1560. Photographie noir et blanc./Provost, Gilles. (In : Mémoire de maîtrise d'histoire de l'art sous la direction de Jean Guillaume, université François Rabelais, Tours, 1992.)

  • Margon, Manoir du Bois jolly. Plan schématique du manoir. in (PROVOST, Gilles. Maison des champs du Perche nogentais, 1450-1560. Mémoire de maîtrise d'histoire de l'art sous la direction de Jean Guillaume : Université François Rabelais : Tours : 1992.)

  • Margon, Le Bois Jolly. Plan de localisation des parties constituantes du lieu-dit. /Florent Maillard. (Parc naturel régional du Perche).

Bibliographie
  • PROVOST, Gilles. Maison des champs du Perche nogentais, 1450-1560. Mémoire de maîtrise d'histoire de l'art sous la direction de Jean Guillaume : Université François Rabelais : Tours : 1992.

Périodiques
  • SIGURET, Philippe. Introduction Historique. Les coutumes du Perche. Nogent-le-Rotrou et le Perche nogentais. Cahiers percherons, septembre 1958, n°7.

    p. 28-29
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Parc naturel régional du Perche - Casses Laetitia - Maillard Florent