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Bonnelière : maison forte et ferme

Dossier IA36010075 réalisé en 2016

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiées grange, étable, puits, toit à porcs, cour, poulailler, colombier, écurie, fournil, bergerie, silo
Dénominations ferme, maison forte
Aire d'étude et canton Parc naturel régional de la Brenne - Tournon-Saint-Martin
Adresse Commune : Néons-sur-Creuse
Lieu-dit : La Bonnelière
Cadastre : 2015 B 154 ; 1812 B 1104, 1105

Le fief de la Bonnelière est connu depuis le début de l'Époque Moderne. D’obédience poitevine, il relevait de la baronnie d'Angles et passe au cours des siècles entre les mains de plusieurs familles : du Plessis, de Grailly ou du Vernay. La métairie de la Bonnelière est citée en 1604 (Plaux s.d., Sécheresse 2019).

Une ferme à cour fermée, légèrement différente de l’actuelle, est portée sur le plan cadastral de 1812. Des bâtiments, aujourd’hui disparus, figurant sur le document, se retrouvent sur des photographies de la ferme prises vers 1894 : à l'emplacement de la grande étable (qui a servi également d'écuries) s'élevait une tour carrée, à toiture en pavillon, munie d'un porche (déjà condamné sur la photographie). Il s'agissait d’un colombier formant porche. Le bâtiment accolé (probable étable) s’appuyait sur la tour nord de la maison forte (cf. vue des bâtiments depuis le nord-est). On voit sur un autre cliché pris depuis le sud-ouest de la ferme une porte charretière (ancienne entrée principale) à droite d'un petit bâtiment en appentis qui a également disparu.

La maison forte (logement de la ferme) date des 15e-16e siècles mais elle pourrait avoir été remaniée peu de temps après sa construction (ou reconstruction). La tradition veut en effet que le bâtiment ait été fortifié à la hâte, au moment des troubles des guerres de Religion, par le percement de très nombreuses meurtrières et la condamnation de la fenêtre en rez-de-chaussée de l'élévation nord-ouest (datée du 16e siècle et mise au jour il y a une dizaine d’années seulement). L'hypothèse reste peu vraisembable : lle système défensif ne semble pas issu d'un remaniement mais paraît avoir été pensé dans le projet initial de construction.

Des ouvertures de la maison (rez-de-chaussée) ont été modifiées dans la seconde moitié du 20e siècle.

La grange (bien que modifiée), l’étable attenante ainsi que la bergerie paraissent antérieures au 19e siècle. L’étable-écurie, située au nord de la cour, a été construite vers 1900 à l’emplacement du colombier-porche et d’une étable (visibles sur un cliché de 1894). Le fournil et le toit à porcs dateraient du premier quart du 20e siècle. Un puits couvert en dôme se trouvait dans la cour dans la première moitié du 20e siècle. Le chemin d’accès (actuel) à la ferme a été réaménagé vers 1900.

Le mobilier archéologique (notamment céramique) mis au jour lors de travaux effectués au début du 21e siècle dans la ferme ou collectés lors de prospections pédestres menées dans les parcelles agricoles alentours indique que les lieux ont été investis durablement par l'homme (Benarrous 2012). La Bonnelière et ses alentours immédiats semblent avoir été occupés, possiblement, par un habitat gallo-romain et, de façon certaine, par des structures antiques en lien avec la sidérurgie ancienne (ateliers de réduction du minerai de fer). L’examen céramologique atteste d'une implantation médiévale in situ, au plus tard aux 13e et 14e siècles même si quelques éléments du mobilier amènent à la supposer plus ancienne (peut-être dès le haut Moyen Age et, plus certainement, aux 10e-12e siècles).

Période(s) Secondaire : 13e siècle, 14e siècle, 15e siècle, Antiquité , (détruit)
Principale : 16e siècle, 1er quart 20e siècle
Secondaire : 2e moitié 20e siècle

La ferme, à l’origine à cour fermée, compte quatre bâtiments principaux (en moellons de calcaire) : un logement (maison forte), une étable-écurie, une grange accolée à une étable et une bergerie.

Elle comprend également un fournil et un toit à porcs-poulailler. Les bâtiments sont partiellement enduits et à toits à pignons couverts (hormis les tours de la maison forte). Les accès sont en murs gouttereaux.

Le corps principal de bâtiment, orienté sud-ouest/nord-est, est flanqué de deux tours carrées de part et d’autre de la façade principale (élévation est) ; une troisième (tour d’escalier) est adossée au milieu de l’élévation ouest. Il est en rez-de-chaussée surélevé tandis que les tours d’angles possèdent un étage carré (ou en surcroît). La toiture est, à pignons couverts, en tuile plate ; celles des tours, en pavillon et à croupes. Une lucarne à gâble et à bretèche (avec meurtrière à rotule), complètement appareillée en pierres de taille, surplombe l’entrée à perron au milieu du mur gouttereau, au niveau de l’égout du toit. Un écusson est gravé sur son linteau. Les murs sont percés de nombreuses meurtrières (à -fausse- rotule, archères simples et canonnières) tant en rez-de-chaussée qu’à l’étage des tours ou au niveau des combles. A l’intérieur, le vestibule est également protégé par des meurtrières percées dans les murs de refend. La maison compte plusieurs cheminées adossées aux murs-pignons. Elles sont à corbeaux et à jambages (15e-16e siècles). Celle de la pièce principale du rez-de-chaussée possède une hotte en pierre où figure un écusson. La charpente du corps principal de bâtiment est à chevrons-formant-fermes (elle a été en partie remaniée).

Au sud-est de la cour, la grange, à toit en tuile plate, possède une charpente asymétrique (supposée en réemploi) qui repose en partie sur des poteaux. Il s’agirait, selon l’abbé Bourderioux, d'un type assez rare de grange-silo (stockage du grain en plus du stockage des gerbes ; Plaux s.d.). L’étable accolée à l’est est couverte de tuiles mécaniques. Au nord-est, se dresse une écurie-étable implantée en L et à toit en ardoise. Au sud-ouest, une étable (bergerie) et un fournil (four à pain) sont alignés. Au sud du logement, se trouve un toit à porcs (devenu poulailler).

La cour est équipée d’une pompe à eau (ancien puits couvert en ogive détruit).

Murs calcaire moellon enduit partiel
calcaire pierre de taille
Toit tuile plate, tuile mécanique, ardoise
Étages rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
toit à longs pans croupe
toit en pavillon

FZ Brenne compléments (à récupérer)

Typologie ferme 1 ferme à cour fermée
Plan ferme 1 plan irrégulier
Datation ferme 1 15e-16e-17e siècles
Typologie ferme 2 ferme à cour ouverte
Plan ferme 2 plan irrégulier
Datation ferme 2 19e siècle - 1ere moitié 20e siècle
Nombre de bâtiments de ferme 4 bâtiments principaux
Nombre de logements logement unique
Mixité du logement habitat indépendant
Etages du logement à un étage carré
Accès au logement accès en gouttereau
Elévation du logement non applicable
Détails architecturaux écusson

FZ Brenne gestion (à récupérer)

Intérêt architectural édifice d'intérêt à l'échelle du Parc
Conservation du logement bon état
Conservation des espaces d'exploitation bon état
Restauration du logement restauré
Restauration des espaces d'exploitation conservé
Protection ou surveillance en veille architecturale forte
A étudier dendrochronologie
Opérations de mise en valeur du Parc non applicable

Un expertise dendrochronologique (Archéolabs) a été réalisée sur la charpente de la maison forte en 2016 mais n'a pu aboutir à des datations concluantes.

Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Collection privée. Histoire de Tournon-St-Martin et ses environs.

Documents figurés
  • Carte de la France dite Carte de Cassini, feuille 31 [Le Blanc]/par César-François Cassini de Thury. Levée vers 1754-1766.

  • Plan cadastral parcellaire de la commune de Néons-sur-Creuse/par M. Alisard, géomètre du cadastre, sous la direction de M. Lepeintre, directeur des contributions, M. Dauvergne, ingénieur vérificateur. Terminé en 1812. (Archives départementales de l'Indre, 3 P 137).

Bibliographie
  • BENARROUS, Renaud. Rapport d'activité (2012). Etude archéologique et historique du canton de Tournon-St-Martin (Communes de Fontgombault, Lurais, Lureuil, Martizay, Mérigny, Néons-sur-Creuse, Preuilly-la-Ville, Sauzelles, et Tournon-St-Martin) . Orléans/Rosnay : SRA Centre/PNR Brenne, 2012.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Parc naturel régional de la Brenne - Benarrous Renaud