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Bourg : chapelle prieurale puis église paroissiale Saint-Martin

Dossier IA28000046 inclus dans Bourg de La Croix-du-Perche réalisé en 2013

Fiche

Á rapprocher de

Vocables saint Martin
Dénominations chapelle, église paroissiale
Aire d'étude et canton Parc naturel régional du Perche - Thiron-Gardais
Adresse Commune : La Croix-du-Perche
Lieu-dit : Bourg
Cadastre : 1814 C2 273 ; 2013 AB 45
Précisions

Les moines de l’abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron fondent au 12e siècle un prieuré à La Croix-du-Perche. La chapelle, qui deviendra par la suite l’église paroissiale, remonte à cette époque dans sa structure, comme en témoignent les vestiges de baies romanes et la corniche à modillons. Elle a été remaniée au 16e siècle : percement d’une baie à réseau gothique flamboyant au sud-est, réfection entière de la charpente et de la fausse voûte lambrissée. Portant la date de 1537, cette dernière est ornée de fresques dont les auteurs et commanditaires restent inconnus.

En 1591, pour commémorer la bataille de La Croix-du-Perche livrée deux ans plus tôt entre royalistes et ligueurs, les moines de Tiron commandent des fresques murales dans la chapelle du prieuré (aujourd'hui invisibles, recouvertes d'un épais badigeon). A la fin du 16e siècle, les moines quittent La Croix-du-Perche et la chapelle prieurale devient église paroissiale placée sous le vocable de saint Martin. Les moines bénédictins de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle d’Orléans présentent à la cure jusqu’à la Révolution.

Au 18e siècle, le clocher-mur a été remplacé par un petit clocher à six pans, comme le signale une cloche datée 1728. Dans les années 1870 - 1880, trois baies (deux au nord et une au sud-ouest) sont agrandies. A partir de cette époque, de nombreuses campagnes de travaux se succèdent pour l’entretien et la restauration de l’église. Depuis le début des années 2000, l’association de l’église Saint-Martin, soutenue par la municipalité, a entrepris un lourd programme de réfections : charpente, couverture, enduits extérieurs et restauration de la fausse voûte lambrissée et d’une partie du mobilier (la remise en état du clocher a eu lieu quelques années auparavant).

Période(s) Principale : 12e siècle, 16e siècle, 18e siècle, 19e siècle
Dates 1537, porte la date

De plan allongé, l’église paroissiale comprend une nef unique se terminant par un choeur constitué d'une abside semi-circulaire. La façade occidentale conserve la trace de l’ancien clocher-mur : grand arc en tiers-point et imposants contreforts encadrant les ouvertures. Le vaisseau est accessible à l’ouest par un portail en anse de panier, surmonté d’un œil de bœuf, et au sud-est par une porte en plein cintre. Six baies éclairent la nef : trois au nord, trois au sud. L'élévation nord conserve les vestiges de deux fenêtres romanes obstruées. A l'exception d'une baie au sud en arc brisé, à réseau gothique flamboyant, toutes les baies de l'église sont en plein cintre. Deux baies romanes éclairent le choeur. A l’arrière de ce dernier se trouve la sacristie, accessible par deux portes qui encadrent le retable de style classique. La structure de l’édifice est renforcée par d’imposants contreforts (quatre contreforts plats à l’ouest, deux à l’est, quatre au nord et cinq au sud). Les murs sont en moellons de silex et de grison couverts d’un enduit à pierre vue, à l’exception du pignon ouest essentiellement construit en moellons équarris de grison. Les encadrements de baies sont en pierre de taille de grison (baies romanes) ou de calcaire. Les chaînages d’angle et les contreforts sont en pierre de taille de grison. Le toit de la nef et du choeur à longs pans et à croupe arrondie est couvert en tuile plate. Celui du clocher octogonal est couvert d’une flèche en ardoise. La charpente, à chevrons formant fermes où alternent fermes à entrait et fermes à entrait retroussé, est datée 1537 en chiffres romains sur le cinquième entrait. De section octogonale, les six entraits et six poinçons apparents de la charpente sont sculptés. Les cinq premiers ensembles, en partant du choeur, reçoivent un décor peint, plus particulièrement les premier et troisième ensembles. Ils possèdent tous les deux des entraits à engoulants sculptés en forme de gueules d’animaux fabuleux. Pour le premier ensemble, le poinçon torsadé est creusé à sa base d’une niche qui abrite une statue de saint Jacques. Une tête de bélier en bas-relief est sculptée au centre de l’entrait, à la jonction avec le poinçon. Une poutre de gloire se trouve au niveau du poinçon du troisième ensemble : les instruments de la Passion y sont sculptés. Au centre de l’entrait, deux anges soutiennent un blason dont les armes sont effacées (d’argent à trois coquilles de gueules, avec deux sauvages pour supports et surmonté de la crosse et de la mitre abbatiale, d’après le Comte de Kerdréan en 1889 dans sa notice sur l’église paroissiale).

Entièrement peinte, la fausse voûte est divisée en 118 panneaux (dont la largeur correspond aux bardeaux), 32 pour l’abside et 43 de chaque côté de la nef. Au niveau inférieur sont représentés en pied des saints avec leurs attributs (saint Blaise, saint Christophe, saint Martin, saint Nicolas, saint Roch), des martyrs avec les instruments de leur supplice (saint Georges, saint Laurent, saint Sébastien), des personnages en costume du 16e siècle, des animaux, des griffons, des chimères, des armoiries et des vases de fleurs. Dans le choeur sont représentés des blasons armoriés et des têtes humaines plus grandes que nature. Une large frise aux motifs floraux orne le second niveau, décorée dans le choeur d’angelots aux ailes déployées. Au-dessus, une autre frise plus étroite est ornée de rinceaux de couleur ocre et rouge sur lequel sont représentés dans le choeur des enfants nus. Au niveau suivant sont peints des caissons carrés ou en losange en trompe l’oeil. La voûte de l’abside en cul-de-four est ornée d’un soleil d’où s’échappent des rayons alternativement ondoyants et droits (source : conservation régionale des Monuments historiques du Centre).

Murs silex moellon enduit
grison moellon
Toit tuile plate, ardoise
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau
Couvrements fausse voûte en berceau brisé
lambris de couvrement
Couvertures flèche en maçonnerie toit à longs pans croupe ronde
États conservations bon état

Son ancienneté (12e - 16e siècles pour l’essentiel), la conservation de sa fausse voûte lambrissée et de sa charpente au décor sculpté et peint par des moines dont l’iconographie singulière diffère de celles des édifices du secteur et la richesse de son mobilier (non étudié dans ce dossier) font de cet ancien prieuré devenu église paroissiale un site majeur de l’architecture religieuse du Parc du Perche.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables lambris de couvrement
Protections classé MH, 1934/09/18
Précisions sur la protection

Classement par arrêté du 18 septembre 1934.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. 2 O 1126. Église paroissiale. 1829-1932.

  • Archives départementales d´Eure-et-Loir. 3 P 6522 - 6529. Plans cadastraux de 1814.

  • Archives départementales d´Eure-et-Loir. 4 Z 142. Église paroissiale. 1836-1845.

Périodiques
  • FEY, Nathalie. La Croix-du-Perche - L’église à rêves. Pays du Perche n° 10, Fédération des Amis du Perche, Décembre 2008 - Juin 2009, pp. 15-22.

  • KERDREAN, Comte de. Notice sur l’église de La Croix-du-Perche. Mémoires de la société archéologique d’Eure-et-Loir, tome IX, 1889, p. 365-370.

  • OUVRAGE COLLECTIF. Édifices religieux du canton de Thiron-Gardais. Bulletin de la société archéologique d’Eure-et-Loir, n° 30, 3e trimestre 1991.

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