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Bourg : château de Frazé

Dossier IA28000542 inclus dans Bourg de Frazé réalisé en 2016

Fiche

Repères historiques

La reconstruction d'un château fort

Un château fort ainsi qu'un important bourg sont attestés à Frazé dès le 11e siècle. À l’instar de l’abbaye voisine de Thiron, la forteresse et la cité sont mises à sac en 1428 par Thomas de Montaigu, comte de Salisbury, général en chef des troupes anglaises allant assiéger Orléans. Propriété d’Anne Gaudin, veuve de Jean seigneur de Moulhard, la terre et seigneurie de Frazé sont vendues le 13 juillet 1486 à Florentin Girard, seigneur de Barenton, et Marie Chollet son épouse, veuve de Geoffroi de Courcillon, pour la somme de huit cents écus d’or.

En 1493, le même Florentin Girard adresse une demande à son seigneur suzerain, Jean, duc de Nemours, comte de Castres et de Beaufort, vicomte de Châtellerault et de Montique, seigneur de Sablé, de La Ferté-Bernard et de Brou, pour obtenir la permission de rebâtir le château fort et la "ville" de Frazé et les fortifier. Le seigneur suzerain lui accorde de bonne grâce par 1lettre du 29 avril 1493 en "reconnaissance des grands et recommandables services qu’il lui avait rendus". Transcrit par Charles Métais, ce document est riche d’enseignements quant à l’état de la ville de Frazé qui était "close, considérable et très populeuse autrefois […] le château était très fortifié." Les remparts étant entièrement détruits par la guerre et la vétusté, il ne restait alors de la cité que de "vieilles murailles et de vieux fossés en ruine."

Entre 1493 et 1510, Florentin Girard de Barenton fait reconstruire un château très bien défendu, par tous les types de fortifications en usage à cette époque.2

Proposition de plan de restitution du château vers 1550.Proposition de plan de restitution du château vers 1550.Ainsi, de larges fossés "bien muraillés" sont alors aménagés autour de la vaste enceinte carrée où s’élève le château. L’eau de la rivière de la Foussarde vient combler les fossés, tandis qu’au nord l’eau d’un vaste étang baigne les murs du château. Pour entrer dans l’enceinte, dans son angle sud-ouest, un châtelet encadré de deux tours et d’une facture remarquable est construit, accompagné de son pont-levis. A l’intérieur, l’édifice abrite des appartements assez confortables, ainsi qu’une prison au niveau inférieur de la tour sud-est, et une chapelle au rez-de-chaussée de la tour nord-ouest. Les trois autres angles – points de faiblesse de toute enceinte – devaient être défendus par des tours circulaires dont il subsiste celle placée au sud-est, la tour dite Saint-François (en référence à la cordelière en pierre sculptée de Saint-François d’Assise qui ceinture toute cette partie de l'édifice). Au nord-ouest, la tour a été reconstruite en 1780 pour Louis Lazare Thiroux d’Arconville, tandis que la tour nord-est a été remplacée tardivement par une simple échauguette. Des trois galeries qui formaient les côtés sud, est et ouest du quadrilatère, seule celle reliant le châtelet à la tour nord-ouest demeure. Le logis seigneurial occupait le côté nord et fermait la haute cour. Le puits de l’actuelle cour se trouvait dans les anciennes cuisines du logis. Ce dernier a été détruit entre 1740 et 1750 par le propriétaire d’alors, Louis de Neuville, marquis de Villeroy.

Quelques marchés passés consignés dans le notariat de Frazé témoignent de cette campagne de construction :

- Marché de maçonnerie passé le 30 juillet 15023 pour la réalisation "d’une lucarne sur la toiture du portail", certainement celle qui éclaire le comble du logis-porte.

- Marché de maçonnerie passé le 7 juillet 15044 pour la construction d’une des trois tours.

Au sud-ouest du château, Florentin Girard fait construire de vastes communs organisés autour d’une basse-cour, et entourés de larges et profonds fossés alimentés par les eaux de la Foussarde. Témoigne de ce chantier la charpente des actuelles écuries (fonction initiale du bâtiment non connue) dont la dendrochronologie situe la construction aux années 1514-1515 5.

Communs, partie écurie, intérieur, vue d'ensemble de la charpente vers l'ouest.Communs, partie écurie, intérieur, vue d'ensemble de la charpente vers l'ouest.

Les autres bâtiments ont été reconstruits ou profondément réaménagés par la suite.

L’extension du château vers la basse-cour

Au décès de Florentin, la terre et seigneurie de Frazé passe par droit d’héritage en 1526 à son fils Louis Girard de Barenton. Sa fille Jacqueline épouse en 1540 Charles d’O, seigneur de Vérigny et fait ainsi passer le domaine de Frazé entre les mains de la famille d’O. Ces derniers conduisent l’agrandissement du château à partir du milieu du 16e siècle, comme l’indique la date 1560 portée sur le linteau d’une porte du bâtiment nord de la basse-cour qui marque certainement son réaménagement. Les traumatismes de la guerre de Cent Ans étant loin derrière en cette époque pacifiée, la période est propice aux travaux de réaménagement. L’espace assez exigu de la haute cour est ainsi repensé par les seigneurs de Frazé : d’anciens communs de la basse-cour sont modifiés pour accueillir des appartements. Un commun est construit (ou reconstruit ?) en alignement des actuelles écuries préexistantes en 1576 ou 1577 6.

Plan de localisation des bâtiments du château (fond : plan cadastral de 2016, section AB).Plan de localisation des bâtiments du château (fond : plan cadastral de 2016, section AB).

Entre 1584 et 1586, Jacqueline Girard de Barenton, femme de Charles d’O de Vérigny, fait appel à Jean Métézeau, marchand maçon à Dreux. Disciple de Philibert de l’Orme et membre de cette illustre famille drouaise de maîtres maçons et maîtres d’œuvre, Jean Métézeau est chargé de la construction (ou reconstruction in situ ?) d’un logis-porte appelé "portail du bourg" et d’une galerie accolée qui n’existe plus de nos jours, remplacée par une construction plus tardive.

Pavillon du bourg, partie centrale et nord, vue générale depuis l'est.Pavillon du bourg, partie centrale et nord, vue générale depuis l'est.Incomplets, les documents d’archives conservés dans le notariat de Frazé font tout de même état des travaux de la "descente de cave par-dessous la vis du pavillon du portail" en août 1585 7 ainsi que de travaux sur la "galerie du château de Frazé" en juillet 1586 8.

Vers 1600, Marie de Conan, fille de Nicolas de Conan, seigneur de Rabestan 9 et de Marie d’O de Vérigny, hérite de la terre et seigneurie de Frazé et épouse Hector de Chivré. Leur fille, Françoise Marguerite de Chivré, épouse Antoine duc de Gramont, maréchal de France et gouverneur du royaume de Navarre en pays de Béarn, des villes et château de Bayonne et autres pays adjacents. La seigneurie passe alors entre les mains de la famille Gramont.

Entre 1664 et 1671, le château subit une nouvelle campagne de travaux commanditée par sa propriétaire, Françoise Marguerite de Gramont. Elle concerne essentiellement le logis-porte appelé "pavillon du bourg", l’ancienne galerie accolée et le logis seigneurial réaménagé. Les nombreux marchés passés avec les artisans sont conservés dans le notariat de Frazé :

- Marché de maçonnerie passé avec Nicolas Levasseur, marchand maçon, le 15 novembre 166410 : rehaussement d’un niveau habitable au "pavillon du bourg" (construction d’une cheminée dans une chambre, travaux de finition dans cette chambre, pavage, cloisonnement) pour 70 livres et 100 sols.

- Marché de maçonnerie passé avec Vincent Lussart, marchand maçon demeurant à la Haye paroisse de Dampierre (-sous-Brou), le 8 septembre 166511 (restauration de l’orangerie du château qui se trouvait dans le parc : reprise de maçonnerie en sous-œuvre et réfection des planchers) pour 20 livres.

- Marché de maçonnerie passé avec Vincent Lussart, marchand maçon, le 20 janvier 166912 (aménagement des appartements de madame, de monsieur, ainsi que de la chambre des filles) pour 220 livres.

- Marché de charpente passé avec Noël Moullin, charpentier demeurant au Fay paroisse de Frazé, le 24 février 166913 (réalisation de la charpente et de la couverture de deux petits cabinets, de la charpente au-dessus de la chambre des filles, de la charpente d’un garde-fou au pont-levis, ainsi que la réalisation d’une pêcherie dans l’étang).

- Marché de menuiserie passé avec Jean Pinson, demeurant à Illiers [-Combray], le 4 mars 166914 (réalisation de portes, de fenêtres et de meubles pour la chambre des filles et la chambre de madame, pour 60 livres et 30 sols.)

- Marché de menuiserie passé avec Guillaume Duclos dit "le Breton", menuisier demeurant à Frazé, le 15 septembre 1669 (pose d’un parquet et de lambris dans la chambre de madame, réalisation et pose de menuiserie intérieures) pour 55 livres.

- Marché de menuiserie passé avec Guillaume Duclos dit "le Breton", menuisier demeurant à Frazé, le 19 janvier 167115 (réalisation de menuiseries extérieures ainsi que d’un escalier pour le portail du bourg : 46 marches et 30 balustres) pour 45 livres et 60 sols.

- Marché de maçonnerie passé avec Claude Des Rues (?), marchand maçon demeurant à Chartres, le 12 avril 167116 (travaux au pavillon du bourg pour y poser l’escalier, et réaménagement au pavillon du bourg) pour 140 livres.

Dans un marché pour la réfection des toitures du château passé avec Jacques Sainsot, charpentier à Frazé, le 7 avril 169317, est précisée la nature des couvertures en ardoise, en tuile et en bardeau.

En 1693, Catherine Charlotte de Gramont hérite de ses parents du domaine de Frazé. Elle épouse Louis François duc de Bouflère, maréchal de France et gouverneur de Lille en Flandre. Cet illustre personnage fut également gouverneur général des provinces et pays d’Alsace, du comté de Bourgogne, de la Champagne, du Hainault, de Namur, de Liège entre autres lieux.

Le 26 mars 1740, devant maître Brouand, notaire à Paris, Gabriel Louis de Neuville, marquis de Villeroi, gouverneur de Lyon, fait l’acquisition de la terre et seigneurie de Frazé par son tuteur nommé Vignier. C’est d’ailleurs sous la minorité de Gabriel Louis de Neuville que l’ancien logis seigneurial (dans la haute cour) a été détruit en 1747. Un acte décrivant l’édifice avant sa destruction fait mention de plusieurs croisées à six panneaux de petits verres à plomb. Proviennent de la démolition 31 700 ardoises, 33 000 briques, 132 pieds cubes de pierre dure et 2 500 pieds cubes de pierre tendre.

En 1765, devant maître Clos, notaire à Paris, M. de Villeroi vend le domaine de Frazé à Louis Lazare Thiroux d’Arconville, président du parlement et seigneur d’Arconville, Chassant, Saint-Laurent et autres lieux moyennant la somme de 23 000 livres. Ce dernier fait réaliser dans les années 1780 une série de plans géométriques des seigneuries de Frazé, la Ferrière, le Châtelier et la Flohorie, ainsi que deux plans du château et des aménagements paysagers conservés au château de Frazé.

Plan du château, des jardins et bosquets, dressé vers 1780 (archives privées du château de Frazé).Plan du château, des jardins et bosquets, dressé vers 1780 (archives privées du château de Frazé).Plan de restitution du château et des aménagements paysagers vers 1780.Plan de restitution du château et des aménagements paysagers vers 1780.

Fort instructive, cette série de plan permet de restituer aussi bien l’ensemble des constructions que les jardins et bosquets à la veille de la Révolution : si les bâtiments de la haute cour sont tels qu’on les connaît aujourd’hui, les douves qui l’entouraient étaient en eau. Au sud-est de la basse-cour, se trouvait un colombier de dimensions assez importantes. À l’ouest de la basse-cour, se situait un bâtiment agricole (fonction inconnue) qui fermait la cour, ainsi qu’un corps de passage permettant d’accéder au parc. Ces bâtiments ont été détruits au 19e siècle.

Dans les années 1770 – 1780, Thiroux d’Arconville procède vraisemblablement à d’importants travaux au pavillon du bourg : rehaussement d’un étage carré aux corps de bâtiments nord et sud, ainsi que des petits pavillons est (éléments rendus visibles par la différence de brique employée : flammée et calibrée en partie supérieure, orangée et moins cuite en partie inférieure ; de même pour la pierre de taille calcaire plus calibrée en partie supérieure) et réfection entière des façades ouest de ces corps de bâtiment dans le style néo-classique, en vogue à l'époque.

Le domaine reste dans le giron des Thiroux – d’Arconville puis de Gervilliers – tout au long du 19e siècle, sans qu’il n’y ait de campagnes de travaux notables à l’exception d’entretien de toitures et des destructions précitées. Les douves séparant la haute de la basse-cour sont tout de même comblées, et le pont-levis permettant l’accès au châtelet supprimé.

La restauration du château à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle

Dans la seconde moitié du 19e siècle, le domaine est démantelé. Joseph Dulong de Rosnay achète le château en 1893 et reconstitue le domaine par achats successifs jusqu’aux années 1900. S’ensuit une importante campagne de restauration, qui dure jusqu’à l’Entre-deux-guerres.

Les communs sont les premiers bâtiments restaurés : les reprises de maçonnerie en sous-œuvre concernent quelques parties de murs en brique ainsi que les encadrements d’ouverture en pierre de taille calcaire, refaits à l’identique. Plusieurs portes et fenêtres ont probablement été percés recevant des huisseries faites sur le modèle de celles qui existaient, alors déposées et entreposées dans le comble des remises où elles se trouvent toujours. Les communs sont réaménagés à la même époque en remise à voitures, atelier et écuries à boxes. Une pièce sera quelques années plus tard dédié à un espace muséographique où le propriétaire, fin connaisseur et collectionneur "d’antiquités", exposera ses acquisitions.

Dulong de Rosnay fait également restaurer l’ancien commun remanié en habitation en 1560 (date portée sur le linteau d’une porte). Les pierres d’encadrements des baies en calcaire et les frontons triangulaires, trop abîmés, sont restitués à l’identique. Le "pavillon du bourg" est entièrement réaménagé. Dulong de Rosnay fait ainsi clore l’ancien corps de passage, et en fait son bureau. Il fait également reprendre l’escalier extérieur permettant l’accès à la partie nord du bâtiment. Les toitures de chaque édifice sont rigoureusement restaurées.

Plan de localisation des bâtiments du château (fond : plan cadastral de 2016, section AB).Plan de localisation des bâtiments du château (fond : plan cadastral de 2016, section AB).Dulong de Rosnay ne se préoccupe pas que des bâtiments. Lors de l’achat du château, seul le parc était clos d’un mur maçonné. Il fait clore non seulement les devants du château sur la place (muret surmonté d’une grille en fer forgé), mais aussi toute la partie comprise de part et d’autre de la Foussarde sur environ deux kilomètres. Des grilles de portails réalisées à la maréchalerie-serrurerie Riguet au bourg de Frazé, permettent l’accès dans cette partie close. Les anciennes douves au pied des tours sont recreusées. La terre ainsi récupérée est transférée dans l’ancien jardin au nord-ouest. Elle est étendue sur cette partie en terrasse entre le bras de la rivière et l’ancien étang devenu prairie, du fait de la suppression de l'ancienne digue remplacée par un pont vers 1850. Sur cette terrasse de 200 mètres environ, le propriétaire souhaitait établir un jardin "à la française" – projet avorté en 1914 à cause de la guerre. En prolongement de la terrasse, une allée boisée est plantée. Pour remplacer l’ancien jardin, un nouveau potager-verger est créé, ex nihilo, le long de la route de Luigny, au sud-ouest de l’ensemble. Partiellement close de hauts murs, la parcelle accueille des serres pour la production légumière et fruitière.

Vue de la route de Luigny (vers l'est), murs de clôture, portail du parc et château d'eau.Vue de la route de Luigny (vers l'est), murs de clôture, portail du parc et château d'eau.Pour assurer l’arrosage de ce jardin et des plantations de l’ancienne basse-cour (devenue la cour d’honneur) ainsi que pour fournir de l’eau au robinet en plusieurs points des dépendances ou habitations, un château d’eau est construit route de Luigny. Semblable à un colombier, l’édifice, maçonné en moellon, possède une porte de style classique remployée (provenance inconnue). Deux imposantes pompes à vapeur aspiraient l’eau de l'ancien bief et la refoulaient jusqu’à la réserve placée en haut de ce château d’eau.

À proximité du château d’eau, le propriétaire avait pour projet de construire une maison pour son chef jardinier, Charles Brossard, qu’il embauche en 1900. Toujours visibles, les fondations avaient été réalisées mais le projet reste inachevé : Dulong de Rosnay, qui avait acheté une maison en pan de bois face à l’église d’Illiers-Combray, promise à la démolition, n’a jamais remployé les matériaux pour les réédifier dans sa propriété. Concernant les jardins, la partie la plus remarquable reste la broderie de buis de la cour d’honneur, en forme de palme, conçue et réalisée en 1906-1907 par Charles Brossard. Il en avait dressé le plan d’après une tapisserie ancienne de Beauvais.

Dessin du parterre en broderie exécuté en 1906 par Charles Brossard, d'après une tapisserie de Beauvais.Dessin du parterre en broderie exécuté en 1906 par Charles Brossard, d'après une tapisserie de Beauvais.

Le jardin était si bien entretenu qu’il devint un jardin modèle, que l’on venait visiter de loin.18

Au décès de Joseph Dulong de Rosnay en 1939, la propriété échoit aux héritiers, les La Sayette et les Chevron Villette. Les actuels propriétaires, M. et Mme de Loture, ont entretenu le domaine (réfection de toutes les toitures) et fait construire une extension jouxtant la tour nord-ouest de l’ancienne haute cour, au quatrième quart du 20e siècle.

Description architecturale

L’enceinte carrée de l’ancien château, jadis entourée de douves en eau, comprenait le châtelet à l’angle sud-ouest, trois tours aux trois autres angles - dont la tour Saint-François au sud-est -, l’imposant logis seigneurial occupant le côté nord et trois galeries aux trois autres côtés. De cette configuration, il subsiste le châtelet, la galerie ouest, la tour nord-ouest reconstruite en 1780, la tour Saint-François et une échauguette en lieu et place de l’ancienne tour carrée (?) à l’angle nord-est.

Le châtelet

Structure

Châtelet, vue générale depuis l'ouest.Châtelet, vue générale depuis l'ouest.

Il se compose d’un corps de passage encadré de deux tours circulaires. Au centre, le corps de passage est à deux portes, l’une piétonne et l’autre charretière. Le franchissement des douves s’effectuait au moyen d’un pont-levis d’environ trois mètres de long. Une fois abaissé, celui-ci venait s’appuyer sur une avancée maçonnée. Le tablier mobile en bois, actionné par un système de poulies, de cordes et de grandes poutres, venait fermer l’entrée à la haute cour en cas de siège. Il subsiste de ce dispositif les longs trous d’encadrements où logeaient les grandes poutres, une fois le tablier relevé.

Distribution

Le châtelet s’élève sur quatre niveaux : un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et deux niveaux de comble. L’accès au bâtiment se fait par deux portes, l’une au sud vers la tour sud-est, l’autre au nord vers la tour nord-ouest. Un escalier en vis dans-œuvre placé dans la tour nord-ouest dessert chaque niveau.

Le tour sud-est abrite au niveau inférieur une prison, au rez-de-chaussée la salle de garde chauffée par une cheminée sans décor, une probable ancienne chambre à l’étage carré, transformée en salle de bain vers 1900 et chauffée par une petite cheminée de style Directoire. Dans la tour nord-ouest se trouve la chapelle, au rez-de-chaussée légèrement surélevé. L’étage du corps central, au-dessus du corps de passage, est occupé par la salle du portier chauffée par une cheminée monumentale en pierre de taille calcaire, aux piédroits moulurés et aux corbeaux en pyramide inversée. Une coursière à mâchicoulis occupe le pourtour du premier étage de comble.

Châtelet, chapelle : intérieur, vue générale vers l'ouest.Châtelet, chapelle : intérieur, vue générale vers l'ouest.

De plan quadrangulaire, la petite chapelle seigneuriale est percée de trois baies en plein cintre aux larges embrasures permettant un éclairage optimum. Des vestiges de vitraux (époque inconnue) les ferment. L’autel, initialement placé contre le mur opposé, a été transféré à l’ouest, obstruant une archère-canonnière. Deux pierres d’encadrement intérieures de la baie du côté de l’autel sont prolongées de corbeaux visant à recevoir des statues, une niche-crédence est aménagée dans le mur nord. La pièce est couverte d’une voûte d’ogives à nervures moulurées. Ces dernières reposent sur des culots sculptés de personnages et de bestiaire (lion, corbeaux enserrant un porcelet). La clé de voûte est sculptée de deux animaux fantastiques portant les armoiries de la famille Girard de Barenton ("De gueules à Trois béliers d’argent, accornée de sinople").

Ouvertures, décor extérieur et références stylistiques

Châtelet, vue de détail des mâchicoulis de la tour sud-est.Châtelet, vue de détail des mâchicoulis de la tour sud-est.

À l’exception des baies en plein cintre de la chapelle seigneuriale, toutes les ouvertures à fonction d’éclairage ou de passage sont quadrangulaires. À fonction défensive, de nombreuses archères-canonnières et autres bouches à feu sont présentes dans chaque pièce et couvrent tous les angles de tir vers l’extérieur de l’enceinte.

Châtelet, vue de détail du linteau à double accolade de la fenêtre de l'étage, et corbeaux sculptés de personnages, côté sud-ouest.Châtelet, vue de détail du linteau à double accolade de la fenêtre de l'étage, et corbeaux sculptés de personnages, côté sud-ouest. Châtelet, décor gothique surmontant le portail.Châtelet, décor gothique surmontant le portail.Châtelet, vue de détail des ouvertures en partie supérieure du corps central côté sud-ouest.Châtelet, vue de détail des ouvertures en partie supérieure du corps central côté sud-ouest.

L’essentiel de l’effort décoratif concerne la partie supérieure de la façade de l'édifice faisant face à la basse-cour. Les assises en linteau disposées entre chaque console à ressauts en quart-de-rond sont ornées de trilobes en bas-relief. Les mâchicoulis sont ajourés de baies aux chambranles moulurés, régulièrement disposées. Donnant sur l’ancien pont-levis, l'unique travée du corps central comprend trois ouvertures : deux fenêtres et une lucarne richement ornées qui conservent les traces de meneaux et traverses disparus. Les linteaux des deux fenêtres sont ornés de deux doubles accolades. Ces dernières reposent sur des culs-de-lampe figurés (bestiaire : chien ou lion ?) finement sculptés. Sous la fenêtre inférieure, un bas-relief composé d’une grande accolade jalonnée de choux frisés, encadrée de pinacles et reposant sur des culs-de-lampe représentant des musiciens orne la façade. Entre les deux fenêtres des deux derniers niveaux, trois personnages sont finement sculptés en partie basse des consoles : une femme encadrée d’un musicien (flutiste) et d’un personnage fantastique. La lucarne à pignon à rampants sculptés de choux frisés, est encadrée de pinacles amortis de culots, également sculptés de choux frisés.

Matériaux

Les murs du châtelet, dont la base présente un fruit régulier 19 et qui baignaient dans l’eau des douves, sont en pierre de taille de grison, roche imperméable et non-gélive. Ce même matériau est également utilisé au niveau de la grande arche en plein cintre donnant sur l’ancienne haute cour. Les autres murs sont en pierre de taille calcaire en ce qui concerne le parement extérieur et, le plus souvent, en brique pour les parements intérieurs. Sous l’étage de comble, du pan de bois cloisonne les mâchicoulis de l'étage supérieur des tours. La porte piétonne du corps de passage conserve une huisserie remontant probablement au 17e siècle. Similaire à celle du manoir de Carcahut, elle dispose d’imposantes ferrures et pentures et est renforcée côté intérieur par des traverses en bois placées en croisillon.

Les toits, en pavillon pour le corps central et coniques pour les tours, sont couverts en ardoise et coiffés d’épis et crêtes de faîtage en zinc.

Conclusion

Les maîtres d’œuvre et d’ouvrage du châtelet et, par extension, du logis seigneurial détruit, de la tour Saint-François et de la galerie, ont puisé dans le répertoire stylistique gothique en vogue à la fin du 15e siècle et au début du 16e siècle : profusion d’accolades, de pinacles, de choux frisés, de bestiaire, de personnages (surtout musiciens) et d’animaux fantastiques. Ils se sont probablement inspirés d’édifices majeurs locaux construits quelques années auparavant tels que le château Saint-Jean de Nogent-le-Rotrou ou la porte Saint-Julien de La Ferté-Bernard avec lesquels Frazé partage le décor des mâchicoulis (corbeaux moulurés, trilobes, baies à chambranles régulièrement espacées).

La galerie ouest

Galerie et logis neuf, vue générale depuis le sud-est.Galerie et logis neuf, vue générale depuis le sud-est.

Elle relie le châtelet à la tour nord-ouest. En rez-de-chaussée, deux lucarnes pendantes richement ornées l’éclairent : en pignon à rampants sculptés ornés de choux frisés et de crossettes sculptées de bestiaires (lions, chiens, animaux fantastiques ?).

Galerie, lucarne est, vue de détail des rampants et crossette sculptés.Galerie, lucarne est, vue de détail des rampants et crossette sculptés.

Bien qu’il subsiste une souche placée en prolongement du mur ouest, la cheminée a été détruite à une époque inconnue. À l’intérieur, la charpente à chevrons formant fermes est en partie apparente.

Galerie, intérieur, vue d'ensemble de la charpente vers le nord.Galerie, intérieur, vue d'ensemble de la charpente vers le nord.

Au niveau du soubassement, les murs sont en pierre de taille de grison côté douves, en pierre de taille de calcaire côté cour. L’élévation est en brique. Une porte placée à l’est permet, via un emmarchement à quatre degrés, d’accéder à une cave.

La tour nord-ouest de la haute cour

Elle a été reconstruite en 1780 en conservant le soubassement en pierre de taille de grison. Tout élément défensif et décoratif a disparu au profit d'une construction sobre en moellon de calcaire, de silex et de grison, percée d’ouvertures aux encadrements en brique. L’édifice est coiffé d’un toit conique couvert en ardoise. L’extension, en rez-de-chaussée surélevé sur cave, possède des ouvertures en pierre de taille calcaire. Son toit à longs pans et à croupe est également couvert en ardoise.

La tour Saint-François

Tour Saint-François et tourelle d'escalier, vue générale depuis le sud-ouest.Tour Saint-François et tourelle d'escalier, vue générale depuis le sud-ouest.

Placée au sud-est de la haute cour, elle est de plan circulaire. Son soubassement, à l’instar des bâtiments précédents, est en pierre de taille de grison. Les dispositifs défensifs ainsi que leurs décors sont identiques à ceux du châtelet (mâchicoulis, archères-canonnières, bouches à feu). Mais l’effort décoratif concerne également la maçonnerie du parement extérieur : cinq lits de pierre de taille calcaire alternent avec des lits de briques, orangées et brunes, dans un jeu polychromique. Le rang médian de pierre de taille est orné d’une cordelière torsadée et nouée, en référence à saint François et aux habits des franciscains. Anciennement accessible depuis la galerie détruite qui reliait l’édifice au châtelet, l’accès actuel se fait par un escalier extérieur droit à cinq degrés donnant sur la porte de la tourelle accolée à la tour et renfermant une vis en pierre de taille calcaire. L’escalier intérieur dessert les trois niveaux d’élévation : rez-de-chaussée surélevé, étage et le premier étage de comble. Seule la salle de l’étage dispose d’une cheminée. En pierre de taille calcaire, ses piédroits sont à colonnette semi-engagées et à base prismatique ; les corbeaux en pyramide inversée soutiennent le linteau mouluré à entablement restauré à l’identique. Un arc de décharge en pierre de taille soulage la poussée du manteau.

Tour Saint-François, intérieur, vue de la cheminée.Tour Saint-François, intérieur, vue de la cheminée.

Le pavillon dit du bourg

Il se situe dans l’ancienne basse-cour, en lieu et place des communs attestés au premier quart du 16e siècle. L’édifice actuel résulte de plusieurs campagnes de construction et réaménagement :

- Construction du "portail du bourg" et d’une galerie accolée entre 1584 et 1586 pour Jacqueline Girard de Barenton (réalisée par Jean Métézeau, maître maçon à Dreux)

- Réaménagement du "pavillon du bourg" (rehaussement, création d’un escalier, percement de nouvelles ouvertures, etc.) et construction de deux petits pavillons contre la façade est de la galerie entre 1664 et 1671 pour Françoise Marguerite de Gramont

- Rehaussement d’un niveau de l’ancienne galerie et des petits pavillons et aménagement pour y accueillir les appartements seigneuriaux entre 1770 et 1780 pour Louis Lazarre Thiroux d’Arconville

- Réaménagement pour Joseph Dulong de Rosnay à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle.

Structure et distribution

Le bâtiment comprend trois corps principaux alignés et deux petits avant-corps (pavillons), situés contre la façade est du corps nord.

Pavillon du bourg (partie centrale : ancien logis-porte) et portail d'entrée, vue générale depuis l'est.Pavillon du bourg (partie centrale : ancien logis-porte) et portail d'entrée, vue générale depuis l'est.

Le corps central est l’ancien corps de passage (logis-porte) permettant d’accéder depuis le bourg dans l’ancienne basse-cour (qui deviendra par la suite la cour d’honneur). Clôturé par Dulong de Rosnay qui en avait fait son bureau, il était percé au rez-de-chaussée d’une porte charretière et d’une porte piétonne en plein cintre. Le premier étage était réservé au logement du portier (salle et chambre). En façade est, il est encadré de deux tourelles. Si les dispositifs défensifs sont bien moins impressionnants que ceux du châtelet ou de la tour Saint-François, ils n’en sont pas pour autant inexistants. De petites ouvertures assimilables à des bouches à feu sont présentes au rez-de-chaussée et au niveau des tourelles protégeant l’entrée – bien qu’elles soient plus dissuasives qu’opérationnelles (intérieur non vu lors de l'étude).

Escalier du pavillon du bourg, déposé (et remonté dans le logis de l'ancienne ferme de la Petite Girouardière)Escalier du pavillon du bourg, déposé (et remonté dans le logis de l'ancienne ferme de la Petite Girouardière)

L’escalier réalisé en 1671 à l’époque de la construction de l’étage carré, a été déposé au cours du quatrième quart du 20e siècle, vendu et en partie remonté dans le logis de l’ancienne ferme de la Petite Girouardière.

Le corps sud, qui date vraisemblablement de la campagne de travaux réalisée entre 1770 et 1780, est en rez-de-chaussée surmonté d’un étage carré. Ses façades est et ouest sont rythmées par trois travées d’ouvertures, le pignon sud par deux travées.

Pavillon du bourg, vue générale depuis nord-ouest.Pavillon du bourg, vue générale depuis nord-ouest.

Datant de la même époque, l'aile nord s’élève sur trois niveaux (étage de soubassement à usage de cave, rez-de-chaussée surélevé et un étage carré surmonté d’un comble. Subsiste très certainement de l’ancienne galerie, la partie inférieure du mur est jusqu’au haut du rez-de-chaussée surélevé – la différence de brique entre les deux niveaux, montrant le rehaussement tardif, est bien visible. Un escalier extérieur à sept degrés permet l’accès à l’édifice à l’ouest. Cette même façade est ordonnancée à sept travées prolongées au niveau du comble par sept lucarnes à la capucine. Les travées sont séparées par des pilastres ouvragés légèrement saillants, en pierre de taille calcaire. En façade est, deux pavillons de plan carré sont accolés à la façade.

Matériaux mis en œuvre et décor

À l’exception des cinq fenêtres du pignon nord en brique, toutes les ouvertures possèdent des encadrements en pierre de taille calcaire. Mis à part les chambranles plats légèrement saillants, aucun décor n’égaye les ouvertures. Les chaînages d’angle sont également en pierre de taille calcaire, tout comme les corniches moulurées et le bandeau séparant les deux niveaux du logis-porte. Les soubassements sont majoritairement en pierre de taille de grison, sauf en façade principale du corps nord où ils sont en pierre de taille de roussard, un grès ferrugineux très dur extrait des carrières de Saint-Denis-d’Authou (à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest). Le décor géométrique de la mise en œuvre en brique est obtenu par le jeu chromatique des briques orangées ou brunes.

Les toits à longs pans et à croupe (pignon nord), en pavillon (coiffant les deux petits pavillons et le logis-porte) ou en dôme (tourelles) sont couverts en ardoise. Un campanile surmonté d’un épi de faîtage figuré (représentant un personnage) couronne le toit du logis-porte tandis que d’autres épis de faîtage plus simples couronnent les autres toits.

Les anciens communs réaménagés en logement

Anciens communs, vue générale depuis le sud-est.Anciens communs, vue générale depuis le sud-est.

Il se situe au nord de l’ancienne basse-cour et donnait directement sur l’étang, avant qu’il ne soit asséché vers le milieu du 19e siècle. Il porte la date 1560 sur le linteau de l'une des portes, date qui correspond certainement à son réaménagement en logement. La façade nord, celle qui donne sur l’étang, témoigne de ces différents remaniements :

Anciens communs et tour nord-ouest de la basse-cour, vue générale depuis le nord.Anciens communs et tour nord-ouest de la basse-cour, vue générale depuis le nord.

Si le soubassement en pierre de taille et moellon de grison ainsi que la maçonnerie en brique datent probablement de la construction des communs, les ouvertures très allongées semblent avoir été percées au 17e ou au 18e siècle, comme le montrent les désordres de maçonnerie à leur niveau. La brique ancienne fait place à une brique plus récente vers l’ouest, tandis qu’une reprise de maçonnerie toujours à l’ouest avec un changement de matériaux (moellon silex et grison) révèle une extension tardive. Enfin, les façades de l’édifice semblent avoir été rehaussées d’un demi-niveau, comme l’attestent la démarcation de brique et les deux ou trois pierres de taille calcaire surmontant les chaînages d’angle en brique. Cette surélévation est certainement imputable à Dulong de Rosnay vers 1900. Ce même maître d’ouvrage fait restaurer la façade sud dans le style classique en conservant des encadrements d’origine (comme en partie celles de l’extension ouest) et en faisant tailler d’autres à l’identique.

Extension des anciens communs et tour nord-ouest de la basse-cour, vue générale depuis le sud.Extension des anciens communs et tour nord-ouest de la basse-cour, vue générale depuis le sud.

Ainsi, la porte de l’extension (côté ouest) conserve un linteau daté 1560. La date encadre un blason bûché, entouré d’une couronne au motif floral. La fenêtre accolée, décorée d’un chanfrein, dispose de consoles ornées de palmettes, portant un linteau à entablement surmonté d’un fronton triangulaire mouluré (restitué).

Anciens communs, vue de détail de la porte principale.Anciens communs, vue de détail de la porte principale.

La porte principale de l’édifice est la plus décorée : en plein cintre, elle est ornée d’une agrafe et encadrée de deux pilastres à chapiteaux. L’ensemble est surmonté d’une corniche puis d’un fronton triangulaire denticulé. Deux fenêtres à meneaux, ornées de chambranles à chapiteaux en volutes, entourent la porte. Elles sont surmontées de consoles à palmettes et d’une couronne feuillagée. L’édifice s’élève sur deux ou trois niveaux : étage de soubassement à usage probable de cave, un rez-de-chaussée et un étage à surcroît (extension). L’intérieur n’a pas été vu lors de l’étude. Le toit est à longs pans couvert en tuile plate.

La tour nord-ouest de la basse-cour

Tour nord-ouest de la basse-cour, vue générale depuis le sud-est.Tour nord-ouest de la basse-cour, vue générale depuis le sud-est.

Vraisemblablement construite au début du 16e siècle, elle est de plan circulaire, et servait à protéger l’angle nord-ouest de la basse-cour. Des ouvertures de type archère-canonnière et des bouches à feu percées dans des pierres monolithes de calcaire couvraient tous les angles de tir. Les traces d’arrachement de murs partant vers le sud et vers l’est sont encore bien visibles. Édifiée en brique sur un soubassement en pierre de taille de grison, la tour s’élève sur trois niveaux, surmontés d’une corniche moulurée. L’ensemble est coiffé d’un toit conique, coyauté en partie basse et galbé au faîtage, couvert en ardoise.

Les communs

Communs, vue générale depuis le nord-ouest.Communs, vue générale depuis le nord-ouest.

Placé au sud de l’ancienne basse-cour, les communs consistent en deux bâtiments alignés. Leur fonction initiale reste inconnue. Dulong de Rosnay les a fait réaménager à la fin du 19e siècle en écuries à boxes et sellerie (partie ouest) et remises à voitures (partie est). Pour cela, il a fait procéder à des reprises de maçonnerie en sous-œuvre (en conservant la charpente), perçant de nouvelles ouvertures et remplaçant d’anciennes sur le modèle de celles préexistantes. La partie ouest (écurie et sellerie) est la plus ancienne conservée.

Communs, partie écuries, intérieur, vue d'ensemble de la charpente vers l'est.Communs, partie écuries, intérieur, vue d'ensemble de la charpente vers l'est.Comprise entre deux pignons découverts à rampants sculptés – l’ancien pignon est devenant pas la suite un mur de refend -, elle possède une charpente remontant aux années 1514-151520. Les quatre fermes à poinçons longs et à deux entraits retroussés sont contreventées par deux rangs de pannes de chaque côté, ainsi qu’une faîtière et une sous-faîtière. Ces deux dernières sont reliées entre elles par des croix de Saint-André. Un système de blochets et de jambes de force comprises entre les sablières intérieure et extérieure renforce la structure des chevrons en partie basse. Une porte s’inscrivant dans la ferme ouest montre que le comble servait de grenier et que son niveau était plus haut (solivage entre les entraits des fermes). Dulong de Rosnay a fait reconstruire vers 1900 un plancher en béton, un mètre plus bas. Les lucarnes pendantes à pignon sont certainement à mettre à l’actif de ce même maître d’ouvrage.

Le second commun construit est l’actuelle remise.

Communs, partie remise, intérieur, vue d'ensemble de la charpente vue l'ouest.Communs, partie remise, intérieur, vue d'ensemble de la charpente vue l'ouest.

Sa charpente a également été datée par dendrochronologie. Elle fait remonter la construction aux années 1576-157721. À chevrons formant fermes, la charpente comprend sept fermes principales et quarante-deux fermes intermédiaires, ménageant ainsi un vaste espace de stockage sous le comble. Les six lucarnes en bois (trois de chaque côté) datent des années 1900. Les portes cochères sont en arc surbaissé, les fenêtres à meneaux et à traverses ou étroites et allongées.

Un corps de bâtiment reliant les deux précédents a certainement été construit juste après, à la fin du 16e siècle. Il a été réaménagé par Dulong de Rosnay pour en faire un musée dans lequel il exposait ses collections (meubles, bijoux, vaisselles, dont notamment des battants de portes du 16e siècle à plis de serviette provenant de Chartres, collection de taques de cheminée, etc.)

Communs, partie centrale, vue du pignon est avec décors géométriques.Communs, partie centrale, vue du pignon est avec décors géométriques.

Reposant sur un solin maçonné en moellons de grison et de silex, les murs sont en brique. À l’instar du pavillon du bourg dont la datation doit être proche, le corps central possède des murs à décor géométrique (losanges et étoile de David dont la symbolique est inconnue) obtenu par le jeu polychromique des briques orangées et brunes. Les chaînages d’angle, les encadrements des ouvertures et les corniches en doucine sont en pierre de taille calcaire. Les toits à longs pans et à croupe (partie est) sont couverts en tuile plate.

Le château d’eau

Château d'eau, vue générale depuis le sud-ouest.Château d'eau, vue générale depuis le sud-ouest.

Il se trouve au sud-ouest de l’ensemble, de l’autre côté du bras dévié de la Foussarde, au bord de la route reliant Frazé à Luigny. Cette construction qui ressemble à un colombier, a été érigée par Dulong de Rosnay pour alimenter en eau les bâtiments d’habitation, les communs ainsi que les serres et parcelles potagère et fruitière. Construit en moellon de silex, il est accessible par une porte en remploi (décor de style classique). En plein cintre, elle est encadrée de pilastres à chapiteaux portant une corniche et un fronton triangulaire, couronné de vases sculptés. À mi-hauteur de la construction se situe un bandeau saillant. Les encadrements d’ouvertures, le bandeau et la corniche en quart-de-rond sont en pierre de taille calcaire. Une lucarne à la capucine en bois éclaire le comble. Elle est surmontée d’un épi de faîtage en faïence, tout comme la pointe du toit conique couvert en tuile plate qui couronne l’édifice.

Le portail sud-ouest

Portail sud-ouest (accès au parc), vue générale depuis le sud.Portail sud-ouest (accès au parc), vue générale depuis le sud.

Tout comme le précédent bâtiment, il est l’œuvre de Dulong de Rosnay. Il est percé de deux portes en plein cintre, l’une charretière, l’autre piétonne. La maçonnerie en moellon de silex est surmontée de créneaux en pierre de taille calcaire, même matériau que celui utilisé pour les ouvertures et les chaînages d’angle.

Les aménagements paysagers

Ils sont à mettre à l’actif de Dulong de Rosnay, à la fin du premier quart du 20e siècle. Le jardin le plus visible et le plus contemplé est celui de la cour d’honneur (ancienne basse-cour). Les espaces enherbés y sont entourés de bordures et de topiaires de buis.

Châtelet et anciens communs, vue générale depuis le sud-est.Châtelet et anciens communs, vue générale depuis le sud-est.

Au nord-est, un parterre de buis matérialise au sol une palme.

Au nord-ouest de l’ensemble, les anciens jardins potagers transformés en promenade entre le bras dérivé de la Foussarde et la prairie humide sont agrémentés de statues en béton moulé. Toute la partie ouest du domaine est occupée par un parc arboré.

Conclusion

Le château de Frazé est un édifice majeur de l’architecture seigneuriale du Parc du Perche et, plus largement, d’Eure-et-Loir, voire de la Région Centre – Val de Loire. Il s’inscrit dans un site verdoyant et vallonné des plus pittoresques. De Florentin Girard de Barenton qui avait largement reconstruit l'édifice suite à sa destruction par les Anglais en 1428, jusqu'à son bienfaiteur Joseph Dulong de Rosnay qui employa sa fortune pour le restaurer au début du 20e siècle, en passant par les d’O, les Gramont, les Boufflers et les Thiroux, le château aura connu de nombreux propriétaires qui ont marqué de leurs empreintes son architecture. Parmi les non moins nombreux maîtres d’œuvre, le plus connu est le bâtisseur du pavillon du bourg, Jehan Métézeau, représentant d'une illustre famille de maître architecte de Dreux. La défense n’était pas la seule préoccupation des bâtisseurs, à en juger par le raffinement et la qualité du décor, qui est appliqué aussi bien aux pierres de taille calcaire des ouvertures, des mâchicoulis et autres bandeaux des édifices gothiques de la haute cour qu'à la maçonnerie en brique en elle-même (jeu polychromique entre les briques orangées et brunes) et à la régularité des façades néo-classiques.

Le château, l’église paroissiale et le bourg de Frazé en général constituent ainsi un site patrimonial de premier ordre.

1MÉTAIS, Charles. Archives du diocèse de Chartres. Pièces détachées - 1er volume - Études et documents, Ch. Métais, chan. hon. de Chartres éditeur, Chartres, 1899.2LECOMTE, Denis René. Manuscrit d'un curé de Frazé : renseignements sur la paroisse, 1843, 40 p. Archives départementales d'Eure-et-Loir3AD d'Eure-et-Loir, 2 E 14/1. Notariat - Étude de Frazé - Yene Regnault (1498-1504).4AD d'Eure-et-Loir, 2 E 14/1. Notariat - Étude de Frazé - Yene Regnault (1498-1504).5Date d’abattage des arbres : automne-hiver 1513-15146Datation de la charpente par dendrochronologie, abattage des arbres : automne-hiver 1575-15767Contrat passé le 7 août 1585 pour 33 écus 1/3. AD d'Eure-et-Loir, 2 E 14/40. Notariat - Étude de Frazé - Ambroise Dudict (1584-1585).8Contrat passé le 14 juillet 1586 devant maître Hubert, notaire de la châtellenie de Châteauneuf [-en-Thymerais] pour 90 écus. 9(situé sur la commune actuelle de Saint-Avit-les-Guespières à une quinzaine de kilomètres à l’est de Frazé)10AD d'Eure-et-Loir, 2 E 14/70. Notariat - Étude de Frazé - Nicolas Chahuteau (1660-1666).11AD d'Eure-et-Loir, 2 E 14/70. Notariat - Étude de Frazé - Nicolas Chahuteau (1660-1666).12AD d'Eure-et-Loir, 2 E 14/72. Notariat - Étude de Frazé - Étienne Janvier (1668-1671).13AD d'Eure-et-Loir, 2 E 14/72. Notariat - Étude de Frazé - Étienne Janvier (1668-1671).14AD d'Eure-et-Loir, 2 E 14/72. Notariat - Étude de Frazé - Étienne Janvier (1668-1671).15AD d'Eure-et-Loir, 2 E 14/72. Notariat - Étude de Frazé - Étienne Janvier (1668-1671).16AD d'Eure-et-Loir, 2 E 14/72. Notariat - Étude de Frazé - Étienne Janvier (1668-1671).17AD d'Eure-et-Loir, 2 E 14/76. Notariat - Étude de Frazé - Étienne Janvier (1688-1693).18BROSSARD, Jean. Joseph Dulong de Rosnay (1876-1939) et son chef-jardinier Charles Brossard (1876-1962) au château de Frazé. In : Bulletin de la société dunoise, 2007, Tome XXII, n°297. p. 61-6719(c'est-à dire légèrement obliques et sortants par rapport à la verticale) 20datation par dendrochronologie à l'automne-hiver 1513-151421date d’abattage des arbres automne-hiver 1575-1576
Parties constituantes non étudiées château fort, communs, pavillon, château d'eau, portail, puits, écurie, sellerie, grange, échauguette
Dénominations château
Aire d'étude et canton Parc naturel régional du Perche - Brou
Adresse Commune : Frazé
Lieu-dit : le Bourg
Adresse : 1 place du Château
Cadastre : 1813 E2 312, 344, 345, 346 ; 2016 AB 202

Le châtelet, la tour Saint-François et la galerie sont construits à la fin du 15e siècle ou au début du 16e siècle pour Florentin Girard de Barenton. Les communs (grange devenu écuries) sont datés par dendrochronologie aux alentours de 1513-1514 (date d'abatage des arbres : automne/hiver 1513-1514) et ont été édifiés pour le même commanditaire. D'anciens communs datés 1560 sont transformés en logement au siècle suivant.

Réalisé entre 1584 et 1586 par Jehan Métézeau, marchand maçon à Dreux, le pavillon dit du bourg comprenant portail et galerie a été construit pour Jacqueline Girard. Il est réaménagé entre 1664 et 1671 pour Françoise Marguerite de Gramont. La galerie du pavillon est ensuite transformée en habitation et rehaussée d'un niveau entre 1770 et 1780 pour Louis Thiroux d'Arconville.

L'ensemble est restauré pour Joseph Dulong de Rosnay entre 1893 et 1930 avec la construction d'un château d'eau, d'un portail attenant et la réalisation d'aménagement paysagers.

Période(s) Principale : limite 15e siècle 16e siècle, 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle
Secondaire : 2e moitié 19e siècle, 1ère moitié 20e siècle
Dates 1493, daté par source
1502, daté par source
1504, daté par source
1514, datation par dendrochronologie
1560, porte la date
1576, datation par dendrochronologie
1584, daté par source
1586, daté par source
1664, daté par source
1665, daté par source
1669, daté par source
1671, daté par source
Auteur(s) Personnalité : GIRARD Florentin, commanditaire, attribution par source
Personnalité : d'O Charles, commanditaire, attribution par source
Personnalité : GIRARD Jacqueline, commanditaire, attribution par source
Auteur : MÉTÉZEAU Jehan,
Jehan MÉTÉZEAU (1540 - 1600)

Il est membre d'une grande famille de marchand maçon et maître architecte à Dreux. Le plus célèbre est des Métézeau est son neveu, Louis (1559-1615), qui devient architecte du Roy et auteur notamment des plans du palais du Luxembourg et de la grande galerie du Louvre à Paris.


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architecte, entrepreneur de maçonnerie, attribution par source
Personnalité : de GRAMONT Françoise Marguerite, commanditaire, attribution par source
Personnalité : THIROUX d'ARCONVILLE Louis Lazare, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Dulong de Rosnay Joseph, commanditaire, attribution par source

Le château de Frazé se situe au nord-ouest du bourg, à proximité de la rivière de la Foussarde. Il se compose d'une ancienne haute cour et d'une ancienne basse cour.

De plan carré, l'ancienne haute cour comprend le châtelet, la galerie ouest, la tour Saint-François, une tour nord-ouest (reconstruite au 18e siècle), l'actuel logis (partie reconstruite au 4e quart du 20e siècle) et une échauguette à l'angle nord-est.

L'ancienne basse cour comprend d'anciens communs convertis en habitation au nord-ouest, le bâtiment dit "pavillon du bourg" à l'est et les communs (écuries, remises) au sud.

Servant à alimenter en eau les bâtiments, un château d'eau est construit au sud-ouest de l'ensemble. Quelques aménagements extérieurs sont présents à l'ouest (promenade) et dans l'ancienne basse cour (topiaires et parterres de buis).

Les matériaux employés pour la construction des murs sont la pierre de taille de grison (soubassement des bâtiments de la haute cour), la pierre de taille de grès roussard (soubassement du pavillon du bourg), la pierre de taille calcaire et la brique. Les toits sont en tuile plate ou en ardoise.

Murs grison pierre de taille
grison moellon
grès pierre de taille
calcaire pierre de taille
calcaire moellon enduit partiel
silex moellon enduit partiel
brique
Toit ardoise, tuile
Plans jardin mixte
Étages étage de soubassement, rez-de-chaussée, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
Couvrements voûte d'ogives
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans croupe
toit conique
toit en pavillon
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier en vis, en maçonnerie
escalier dans-oeuvre : escalier tournant
escalier hors-oeuvre : escalier droit
Jardins topiaire, massif d'arbres, parterre
États conservations bon état, restauré
Statut de la propriété propriété privée
Protections classé MH, 1948/11/24
Précisions sur la protection

Château avec ses communs et son parc : classement par arrêté du 24 novembre 1948.

Annexes

  • Lettre de Jean, duc de Nemours, en date du 29 avril 1493, pour réparer les ravages commis par les Anglais à Frazé. (transcription réalisée par Charles Métais : MÉTAIS, Charles. Archives du diocèse de Chartres. Pièces détachées - 1er volume - Études et documents, Ch. Métais, chan. hon. de Chartres éditeur, Chartres, 1899. p. 148-150)

    Jehann duc de Nemours, comte de Castres, de Beaufort et de Saint-Florentin et de Martigné, seigneur de Mayenne, de Sablé, de la Ferté-Bernard et de Brou, pair de France, à tous ceulx qui es presentes lettres verront, salut. Savoir faisons nous avoir reçeu humble supplication de notre très cher et grand ami, messire Florentin Girard, chevalier, entr'autres ses seigneuries, du lieu et seigneuries de Frazé, assis en notre baronnie de Brou au Perche-Gouet et tenue de nous à foy et homaige et à devoir de rachapt à cause de notre dite baronnie de Brou ; auquel lieu de Frazé auroit ou tems, ville clouse et place forte, come il dit, que sont depuis par le temps des guerres et autrement cheuz en décadence et ruyne, tellement qu'il n'y a plus que les vieilles murailles et vielz foussez et que par faute de relever et réédifier ladite place et ville forte n'y converse plus ne habite que très peu de gens, là où pour le tems passé souloit avoir et demourer grand nombre et quantité de peuple.

    A l'occasion de quoy le pays lors estoit grandement augmenté et amelioré par la conversacion, residence et demourance du peuple, qui y vouloit résider et affluer ; à laquelle cause ledit suppliant desirant bien réédifier et fortifier ladite place pour s'y loger luy, sa femme, famille et biens, si nostre plaisir estoit luy en octroyer sur ce nostre congié et licence, de ce faire humblement requerant iceles. Pour quoy nous, ces choses considérées, et que nous avons esté duement informez de ce que dit est dans cet avis, sur ce avec les gens de nostre conseil et aussi en consideration des grandes, louables et recommandables services que iceluy chevalier nous a faits par cy devant, fait et continue chaque jour, et que esperons il fera pour l'avenir.

    Avons aussi seigneur de Barenton donné et octroyé, donnons et octroyons, de grâce especial, par ces presentes, congié et licence, et avons consenti et consentons qu'il puisse et luy loger luy et les siens presens et avenirs toutes et quante fois que bon luy semblera, réedifier, bâtir et fortifier la dicte place et maison forte tant de murailles, fossez à l'environ, pont leviez, barbequannes et archivoltez que autres édifices diffensables, appartenant à la place forte, sans toutefoys que à cause de ce, luy ne les siens hoirs susdits, ne puissent pour advenir attribuer à eulx aucun droits de guet, ne autres droits à nous ne à nos subjetz prejudiciables ne dérogeant à notre dicte seigneurie de Brou et que ledit chevalier sera tenu et les siens pour l'advenir bailler son adveu et dénombrement pardevant nous ladicte terre et seigneurie de Frazé et ses appartenances et faire les debvoirs de ladicte maison forte, pont leviez et appartenances d'icelle, anciens et accoutumez à nous ou à nostre recept dudit lieu de Brou. Cy mandons au capitaine, bailly, procureur et autres mes justiciers, officiers et subjects dudict lieu de Brou qu'il appartiendra, que de notre presente grâce, don, octroy, congié et licence ils et chacun d'eux souffrent et laissent ledict chevalier et les siens hoirs et qui de luy auront cause pour l'advenir, jouir et user plainement et paisiblement, sans lur faire mettre ou donner, ny souffrir estre faict, mis ou donné aucun detour ou empêchement, au contraire ; car tel est notre plaisir et ainsi voulons estre faict sans contredict.

    Temoing de ce nous avons faict sceller cesdictes presentes de notre scel. Donné à la Tour le XXIXe jour d'apvril l'an de grâce mil quatre cens quatre vingt treize.

    (Archives du château de Beaumont-les-Autels. - Copie prise par M. Guillon).

  • Renseignements sur la seigneurie de Frazé et développement d'après les notes de Denis René Lecomte (LECOMTE, Denis René. Manuscrit d'un curé de Frazé : renseignements sur la paroisse, 1843, 40 p.)

    Sous l'Ancien Régime, la châtellenie de Frazé était composée de fermes, terres, près, pâtures, bois, moulins et dépendances. Elle pouvait exercer ses droits de haute, moyenne et basse justice, de préséance, honorifiques et prières nominales dans l'église de Frazé, de tabellionnie (notariat), de rivière, de féodalité, de censive, de rachat, de lots et vente, de coutume, de chasse, de marc, de mesure, de voirie, d'étalage, de foire, de scel (ou sceaux) à contrat.

    Développement de la seigneurie (sur la paroisse de Frazé) :

    En 1486, Florentin Girard de Barenton acquiert la terre et seigneurie de Frazé de Anne Gaudin, veuve de Jean seigneur de Moulhard moyennant la somme de 800 écus d'or.

    En 1490, Florentin Girard de Barenton fait l'acquisition de la terre et seigneurie de la Flohorie de Guillaume Thibault et Guillemine de Chasnay pour la somme de 200 livres. Cette seigneurie relevait de celle d'Ezanville.

    En 1500, Ce même seigneur de Barenton obtient des lettres patentes portant érection d'un notariat à Frazé.

    En 1530, il obtient des lettres patentes portant établissement d'un marché par semaine à Frazé.

    Le 28 septembre 1512, devant maître Michel Fontenay, notaire à Bonneval, Florentin Girard fait l'acquisition du fief et seigneurie d'Ezanville de MM. Tensin et Robert de l'Ancé.

    En 1529, Louis Girard, qui avait hérité de la seigneurie de Frazé de son père trois ans plus tôt, fait l'acquisition de la terre et seigneurie des Grandes Fleuveries.

    Le 9 octobre 1539, devant maître Mathieu Baigneaux, notaire à Chartres, Louis Girard acquiert de M. Roch Giraux le fief d'Ecossé.

    Le 25 juin 1585, devant maître Duduit, notaire à Frazé, Mme d'O de Vérigny, veuve de Louis Girard, fait l'acquisition de la seigneurie de la Perrine le Roi sur la paroisse d'Unverre.

    Le 14 septembre 1660, devant maître Château, notaire à frazé, Antoine et Françoise Marguerite de Gramont (seigneurs de Frazé) acquièrent d'Antoinette de la Ferrière la terre et seigneurie de la Ferrière, moyennant 25 000 livres.

    Le 21 juin 1667, devant maître Simon Proust, notaire à Illiers (-Combray), ces mêmes seigneurs acquièrent de M. de Vassé, seigneur d'Éguilly, les fiefs de Montgateau, de la Grande et Petite Huvetière.

    Noms des fiefs et seigneuries qui relevaient de la châtellenie de Frazé : la Petite Touche (paroisse d'Unverre), la Poterne (paroisse et ville de Brou), le Souchai, le Châtelier, la Dixme Jean Micheau, le Grand Mesnil, le Moulin de l'Étang, la Bigottière, la Ferrière, les Grandes Ouelles (paroisse de Frazé), la Touche Bellanger (paroisse de Frétigny), Chaussepot, Ézanville, la Flohorie, Montgateau, le Boulay (paroisse de Frazé), les Mollaux, les Courbes (paroisse d'Unverre), les Grand et Petit Écossé (paroisse de Frazé), la Traisnière (paroisse de Dampierre), le Bois Perret, les Grandes et Petites Houdraises, Colin, la Dixme inféodée d'Ézanville, les Grandes et Petites Huvetière, la Girouardière, Listre du Bois ou Fennagnière, les Petites Ouelles (paroisse de Frazé), la Perrine le Roi (paroisse de Brou, Yèvres, Unverre, Moulhard, Luigny et Dampierre), la Petite Bretèche, la Choftière, la Picherie (paroisse d'Unverre), la Bazilllière (paroisse de Luigny), Lisle Mausson, les Champeaux Villoiseau, les Dixmes de la Michelle et de la Largeur, le Pré Saussier, la Nongodet, la Laugerie, 9 arpents près de la Croix du But, la Ratinière, Montabesard, la Cochardière, Pommeau, les Brusllées, les Champs du Fourchy près de Baurrier, le Moulin du Crochet, le Moulin de Maussioux, les champs des Cormiers, le Grand Frettay, la Sellevière, l'Étang de Passé, les 6 boisseaux, la Mairie d'Yèvres, la Petite Pillardière, le pré des Graviers, un arpent de terre sur les fossés de Brou, la Liardière, Vallons (paroisse de Brou, Yèvres et Unverre), la Mousselière (paroisse de la Bazoche).

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD d'Eure-et-Loir, 2 E 14/1. Notariat - Étude de Frazé - Yene Regnault (1498-1504).

    Archives départementales d'Eure-et-Loir : 2 E 14/1
  • AD d'Eure-et-Loir, 2 E 14/2. Notariat - Étude de Frazé - Yene Regnault (1511-1515).

    Archives départementales d'Eure-et-Loir : 2 E 14/2
  • AD d'Eure-et-Loir, 2 E 14/40. Notariat - Étude de Frazé - Ambroise Dudict (1584-1585).

    Archives départementales d'Eure-et-Loir : 2 E 14/40
  • AD d'Eure-et-Loir, 2 E 14/41. Notariat - Étude de Frazé - Ambroise Dudict (1586).

    Archives départementales d'Eure-et-Loir : 2 E 14/41
  • AD d'Eure-et-Loir, 2 E 14/70. Notariat - Étude de Frazé - Nicolas Chahuteau (1660-1666).

    Archives départementales d'Eure-et-Loir : 2 E 14/70
  • AD d'Eure-et-Loir, 2 E 14/72. Notariat - Étude de Frazé - Étienne Janvier (1668-1671).

    Archives départementales d'Eure-et-Loir : 2 E 14/72
  • AD d'Eure-et-Loir, 2 E 14/76. Notariat - Étude de Frazé - Étienne Janvier (1688-1693).

    Archives départementales d'Eure-et-Loir : 2 E 14/76
Documents figurés
  • Archives privées du château de Frazé. Plan terrier des seigneuries de Frazé, la Ferrière, le Châtellier et la Flohorie dressé en 1767.

  • Archives privées du château de Frazé. Plan du château, jardins et bosquets dressé vers 1780.

  • Archives privées du château de Frazé. Plan des buttes du château dressé en 1784.

  • Archives privées du château de Frazé. Dessin au fusain réalisé par Ricois en 1887.

Bibliographie
  • CASSAIGNE, Pascal, SIGURET, Philippe. Le Perche-Gouët. Présence du Perche, La Loupe : Les amis du Perche, 1989, 217 p.

  • LECOMTE, Denis René. Manuscrit d'un curé de Frazé : renseignements sur la paroisse, 1843, 40 p.

    Archives départementales d'Eure-et-Loir
  • LELIEVRE, Jean. Châteaux de l'Eure-et-Loir. Paris : Nouvelles éditions latines, 1991, 31 p.

    p. 14
  • MÉTAIS, Charles. Archives du diocèse de Chartres. Pièces détachées - 1er volume - Études et documents, Ch. Métais, chan. hon. de Chartres éditeur, Chartres, 1899.

    p. 148-150
  • MORANT (de), Guillaume. Châteaux & lieux d'histoire en Eure-et-Loir. Lettrines, Mainvilliers, 1999.

    p. 84-85
Périodiques
  • Compte-rendu de l'excursion à Brou, Yèvres, Frazé et Vieuvicq. Procès-verbaux de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, Tome XIII, 1919, p. 27-34.

    p. 27-34
  • BROSSARD, Jean. Joseph Dulong de Rosnay (1876-1939) et son chef-jardinier Charles Brossard (1876-1962) au château de Frazé. In : Bulletin de la société dunoise, 2007, Tome XXII, n°297, p. 61-67.

    p. 61-67
  • BROSSARD, Jean. La petite histoire des jardins de Frazé. In : Bulletin de la société dunoise, n° 289, 1999, p. 33-35.

    p. 33-35
  • CAFFOT, Didier. L'état mobilier du château de Frazé au temps du maréchal de Boufflers d'après un procès-verbal de récolement du 11 mars 1707. In : Bulletin de la société dunoise, 2009, Tome XXIII, n°299, p. 25-40.

    p. 25-40
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