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Bourg : collège d'enseignement classique puis école royale militaire, actuellement demeure

Dossier IA28000194 inclus dans Bourg de Thiron-Gardais réalisé en 2014

Fiche

Parties constituantes non étudiées jardin, serre
Dénominations école militaire
Aire d'étude et canton Parc naturel régional du Perche - Thiron-Gardais
Adresse Commune : Thiron-Gardais
Lieu-dit : Bourg
Adresse : 12 rue de l'Abbaye
Cadastre : 1814 B1 24, 28 ; 2014 AB 67, 68, 70
Précisions

Vers 1630, les religieux de la congrégation de Saint-Maur, installés depuis l'année précédente au monastère, décident d'ouvrir un collège d'enseignement classique. Ils installent l'établissement dans le bâtiment qui servait jusqu'alors de logis aux abbés contre une rente annuelle de 150 livres. Trop exigus - se résumant à un réfectoire et trois petites salles de cours -, les locaux ne sont pas en mesure d'accueillir un grand nombre d'élèves. En 1651, Dom Hilaire Pinet, mauriste spécialiste de l'architecture en charge de l'étude des réaménagements de l'abbaye, dresse les plans actuels et projetés du monastère, comprenant le collège. Ces projets ambitieux (concernant le collège : grand bâtiment de plan carré) ne verront pas le jour. Le collège est pourtant reconstruit dans la première moitié du 18e siècle : reconstruction in situ du corps de logis (en lieu et place du logis des abbés) et construction du bâtiment de classes.

Le 24 août 1776, par décret du roi Louis XVI, l'établissement devient également école royale militaire, dépendance directe de l'École militaire de Paris. Dès lors, la renommée du collège s'étend bien au-delà des contrées percheronnes. En moyenne, l'établissement comptait une cinquantaine d'élèves du roi (de l'école royale militaire) et autant d'élèves "ordinaires" (du collège d'enseignement classique).

Vendu comme Bien national en 1791, la propriété passe entre les mains de la famille Bisson, puis de la famille Guillaumin dont l'un des membres se fait construire une buanderie et une serre en 1889. Au cours du 19e siècle, le bâtiment de classes est converti en dépendances agricoles (écuries, remises).

L'édifice est actuellement en cours de restauration.

Période(s) Principale : 1ère moitié 18e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Dates 1889, daté par source

Situé au sud-est de l'église abbatiale, le collège comprend deux bâtiments principaux organisés de part et d'autre d'une cour ouverte. Un troisième bâtiment situé au nord-est complète l'ensemble.

- De plan en "L", le corps de logis s'élève sur trois niveaux : un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de comble. Il est relié à l'église au niveau de l'ancienne croisée du transept par une petite aile au nord qui conserve une fenêtre à linteau sur coussinets, vestige probable de l'ancien logis des abbés. Cette aile permettait un accès direct du collège à l'église.

Les étages sont desservis par deux escaliers. Celui de l'aile nord-ouest est de type rampe sur rampe à mur d'échiffre. Celui de l'aile sud-est, plus récent, est tournant en bois. Au rez-de-chaussée - qui abritait à l'origine une salle d'écriture et divers cabinets -, plusieurs salons et la cuisine se succèdent. L'étage, où se trouvait les logements des professeurs civils, est occupé par des chambres ainsi qu'une bibliothèque. Plusieurs pièces conservent des aménagements anciens (d'origine de la reconstruction ou plus tardifs) tels que des cheminées, boiseries, cloisonnements, portes. La bibliothèque semble d'ailleurs conserver ses aménagements originels. Très cloisonné, l'étage de comble accueillait les chambres des élèves dont certains murs sont toujours gravés des noms des pensionnaires.

Les façades des deux ailes sont rythmées par des travées d'ouvertures (7 pour l'aile nord-ouest côté sud ; 4 pour l'aile sud-est côté ouest, 7 côté est). Ces ouvertures sont surmontées de linteaux en arc légèrement cintré. Sept lucarnes à la capucine éclairent l'étage de comble.

- Face au premier bâtiment, de l'autre côté de la cour au sud, se situe le bâtiment des classes. De plan rectangulaire, il s'élève sur deux niveaux : un rez-de-chaussée occupé par les salles de classes et le chauffoir, un étage de comble où s'étendait une grande salle d'étude et la chambre du religieux qui préside aux études ainsi que l'infirmerie des élèves. Les salles de classes ont été transformées en dépendances mais conservent quelques éléments originels : planchers (poutres maîtresses et solives moulurées avec traces de polychromie) et vestiges d'enduits. Les portes des anciennes classes sont surmontées de frontons triangulaires en brique.

- Le dernier bâtiment, situé au nord-est de l'ensemble, est adossé au mur d'enceinte de l'abbaye. Il comprend une buanderie et une serre.

Les murs sont en moellons de calcaire, de grès roussard et de silex couverts d'un enduit à pierre vue. Concernant le corps de logis, le soubassement des murs est en pierre de taille de grès roussard. Les encadrements d'ouvertures sont en pierre de taille de calcaire (corps de logis) ou en brique (bâtiment de classes). La serre et la buanderie sont essentiellement construits en brique. Les chaînages d'angles, les corniches et les bandeaux moulurés de séparation des niveaux du corps de logis sont en pierre de taille de calcaire. Les encadrements des lucarnes sont en bois.

Les toits à longs pans brisés sont couverts en tuiles plates à l'exception de la buanderie couverte d'un toit en pavillon en tuile mécanique et de la serre vitrée.

Murs calcaire moellon enduit
grès moellon enduit
silex moellon enduit
Toit tuile plate, tuile mécanique
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans brisés noue
toit en pavillon
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant
États conservations restauré

Cet édifice revêt un intérêt patrimonial de premier ordre à l'échelle locale mais également plus large pour plusieurs raisons :

- Son histoire : rattaché à une abbaye dont l'influence de l'ordre s'étendait bien au-delà de la province Percheronne et devenu école royale militaire (faisant partie des 10 établissements de ce genre en France).

- Son architecture : de style classique (sobriété du décor, travées d'ouvertures, portes surmontées de frontons triangulaires), les bâtiments conservent des éléments significatifs : empoutrements moulurés et enduits avec vestiges de polychromie (bâtiment de classes), cloisonnement, organes de circulation, cheminées, bibliothèque, aménagements de chambres et cabinets correspondant à la reconstruction (1ère moitié 18e siècle) ou plus tardifs (19e siècle).

- Son environnement : à l'est s'étend un jardin à la française clos au nord par le mur d'enceinte de l'abbaye sur lequel est venu s'adosser en 1889 une buanderie et une serre.

Statut de la propriété propriété privée
Protections inscrit MH, 2001/09/28
Précisions sur la protection

[...] les façades et toitures du collège et des bâtiments de classes (cad. AB 67-70) [...] : inscription par arrêté du 28 septembre 2001 [...].

Références documentaires

Bibliographie
  • COMPÈRE, Marie-Madeleine, JULIA, Dominique. Les collèges français. Répertoire France du Nord et de l’Ouest : 16e - 18e siècles. Paris : INRP - CRNS, 1988.

  • GUILLEMIN, Denis. Thiron, abbaye médiévale. Fédération des amis du Perche, Montrouge : Imprimerie Typofilm, 1999 (Présence du Perche), 128 p.

Périodiques
  • CARBONNIER, Youri. L’abbaye et le collège de Tiron au XVIIe siècle : état et projets au début de l’époque mauriste. Cahiers Percherons, 1999 - 2.

  • GUILLAUMIN-CRESPON, Geneviève. Une école royale militaire de province : Tiron. Bulletin de la société archéologique d’Eure-et-Loir, 1er Trim. 2002, n°72.

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