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Bourg de Tournon-Saint-Martin

Dossier IA36007518 réalisé en 2013

Fiche

Œuvres contenues

Dénominations bourg
Aire d'étude et canton Parc naturel régional de la Brenne - Tournon-Saint-Martin
Adresse Commune : Tournon-Saint-Martin
Lieu-dit : Bourg

Le bourg est situé au point de jonction des cités gallo-romaines des Bituriges, des Pictons et des Turons. Tournon (certainement Tournon-Saint-Pierre) est mentionné, en tant que vicus (petite agglomération gallo-romaine de Tornomagus) par Grégoire de Tours au 6e siècle.

Le lieu-dit est à nouveau cité vers 1151-1163 : « (…) ad villam que vocatur Tornon », sans que l’on sache de quel Tournon il s’agit (Clouzot 1905, appendice n°3). Tournon-Saint-Martin et Tournon-Saint-Pierre formaient, peut-être dès le Moyen Age, un ensemble topographique où « les diocèses de Bourges et de Tours se compénétraient » mais demeuraient deux paroisses distinctes (Péricard 2005, p.771). La paroisse et église de Saint-Martin existaient au plus tard au 13e siècle : Sancti Martini de Tornum dès 1211 ; parrochia sancti Martini, en 1277 (Archives départementales de l'Indre, F 1208 ; Clouzot 1905 ; Ibid.).

La châtellenie de Tournon créée vers 1630 par le baron de Preuilly inclut deux bourgs distincts : le « Grand Tournon » (Saint-Martin) et le « Petit Tournon » (Saint-Pierre) (Plaux 2013). Tournon-Saint-Martin connaît alors un développement économique significatif suite à la création, par ordonnance royale, de quatre foires annuelles en 1623 (Archives départementales de l'Indre, F 1161).

Vers 1800, le bourg de Saint-Martin de Tournon est décrit comme « considérable, bien bâti et bien tenu ». Les maisons s’élevaient principalement le long de la Rue Grande et de l’actuelle rue de la Mairie ainsi que la rue qui a précédé l’avenue de la Gare (vers l’est) (Archives départementales de l'Indre, L 186 ; Plaux 2013).

Le bourg s’est développé, depuis le Moyen Age, le long de ces deux axes : l’axe nord-sud (rues Grande et de la Mairie, ancienne voie romaine supposée) bordé par la place de l’Église/du Marché et l’axe est-ouest, entre le pont et la route de Lureuil. Celui-ci ne devient continu qu’au milieu du 19e siècle avec le percement de la rue du Pont-Neuf vers 1848-1849 (auparavant l’accès au Champ de Foire s’effectuait par les rues Courteboule et Traversière) et la création de l’avenue/rue de la Gare et chemin de Lureuil dans les années 1840.

A partir du milieu du 19e siècle, Tournon-Saint-Martin connaît un développement urbain, démographique et économique sans précédent. Les foires de Tournon (foirail acquis par la commune en 1808) connaissent une extension notable, à partir du milieu du 19e siècle, à la faveur de la création des nouvelles routes et du pont sur la Creuse (années 1840), puis de l’ouverture de la gare ferroviaire en 1885 (voie de chemin de fer le Blanc Port-de-Piles). Il se tenait au début du 20e siècle pas moins de 15 foires dans le bourg (Plaux 1984).

Jusqu’au milieu du 20e siècle, Tournon, et tout particulièrement son bourg, voit fleurir, porté par le succès de ses foires, de nombreux commerces, ateliers d’artisans, des entrepôts (notamment en bordure du foirail) voire des établissements industriels (Petit Paris). Les restaurants, hôtels et cafés se multiplient dans la seconde moitié du 19e siècle. Le bourg de Tournon-Saint-Martin accueille ainsi une laiterie coopérative et une seconde tuilerie/briqueterie (après celle des Pués) vers 1900.

La fin du 19e siècle et le début du 20e siècle constituent une période faste en constructions publiques : écoles communales, mairie (mairie-école puis mairie), bureau de poste, gendarmerie, abattoirs communaux, nouvelle église, etc.

Le bâti est très largement dominé par les maisons (notamment à étage), dont celles à boutiques, construites à partir du milieu du 19e siècle. Le bourg compte notamment l’unique immeuble à logements (sur 3 niveaux) connu dans le canton.

Quelques maisons remontent toutefois à la fin du Moyen Age ou à l’Époque moderne.

Période(s) Principale : Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine

Le bourg de Tournon-Saint-Martin, arcbouté à l’extérieur d’un coude de la Creuse, est situé au pied d’un promontoire en rive droite de la rivière. Il est implanté en limite nord-ouest de la commune, au contact avec celui de Tournon-Saint-Pierre. Cet ensemble topographique est traversé par le cours du Suin, servant ici de limite départementale.

Le tissu bâti, plutôt orthogonal, est marqué par deux espaces structurants, la place du Marché (devenue place de l’Église) et le Champ de Foire (Laubie, Ganero 2002). Auxquels s’ajoutent deux axes viaires structurants, la rue Grande/de la Mairie et la route Angles/Lureuil (rue du Pont-Neuf/rue de la Gare).

Le bourg est particulièrement développé. Il s’étend de la Creuse, à l’ouest, jusqu’à l’ancienne voie ferrée, à l’est et de la limite départementale, au nord, jusqu’à l’axe empruntant la rue de l’Abreuvoir avec des prolongements le long des routes de Douadic, du Blanc et de Bel-Air, au sud.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de l'Indre, 1 M 134. Tournon-Saint-Martin, « minutes » du mémoire statistique du département de l'Indre, 1802 (préalable à DALPHONSE (Préfet). Mémoire statistique du département de l'Indre adressé au ministre de l'Intérieur d'après ses instructions, An XII. Paris : Imprimerie de la République, 1804, 367 p.).

  • Collection privée. Histoire de Tournon-St-Martin et ses environs.

  • Archives départementales de l'Indre, F 1208. Bulle d’Innocent III en faveur de l’abbaye Sainte-Croix-d’Angles.

  • GREGOIRE DE TOURS. Decem libri historiarum. cf. Lien web ci-dessous.

    31, 3
  • Archives départementales de l'Indre, F 116. Fonds Eugène Hubert : canton de Tournon-Saint-Martin.

Documents figurés
  • Limite des bourgs de Tournon-Saint-Pierre et Tournon-Saint-Martin, 1798. (Archives départementales de l'Indre, L 186).

Bibliographie
  • A CIEL OUVERT. Projet de paysage pour la vallée de la Creuse. Réd. Claire Laubie et Benoist Ganero ; photog. : Florence Morisot. Parc naturel régional de la Brenne, 2002.

  • BENARROUS, Renaud. Rapport d'activité (2013). Étude archéologique et historique du canton de Tournon-St-Martin (Communes de Lingé, Mérigny, Néons-sur-Creuse et Tournon-St-Martin). Orléans/Rosnay : SRA Centre/PNR Brenne, 2013.

  • BENARROUS, Renaud. Rapport d'activité (2012). Étude archéologique et historique du canton de Tournon-St-Martin (Communes de Fontgombault, Lurais, Lureuil, Martizay, Mérigny, Néons-sur-Creuse, Preuilly-la-Ville, Sauzelles, et Tournon-St-Martin). Orléans/Rosnay : SRA Centre/PNR Brenne, 2012.

  • BRYANT, Simon. Les bourgs de Brenne. Étude archéologique et morphologique des bourgs de la vallée de la Creuse : étude réalisée en collaboration avec le Service Régional de l'Archéologie, le Service Régional de l'Inventaire et le Parc naturel régional de la Brenne. Orléans : SRA Centre, mars à décembre 2002. 64 p.

  • PLAUX, Michel. Histoire du Pays tournonnais (1789-1815). Néons-sur-Creuse : Parc naturel régional de la Brenne, Association touristique de Néons-sur-Creuse, 2013.

Périodiques
  • CLOUZOT, Étienne (éd.). Cartulaire de l’abbaye de Notre-Dame de la Merci-Dieu autrement dite de Bécheron au diocèse de Poitiers. Archives historiques du Poitou, tome 34, 1905.

  • LAMY, Eustache. Archiprêtré du Blanc. Bulletin de la société académique du Centre. 1901.

Liens web

(c) Parc naturel régional de la Brenne ; (c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Benarrous Renaud