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Bourg : église abbatiale de la Sainte-Trinité, actuellement église paroissiale de la Sainte-Trinité

Dossier IA28000281 inclus dans Bourg de Thiron-Gardais réalisé en 2014

Fiche

Destinations église paroissiale
Dénominations église
Aire d'étude et canton Parc naturel régional du Perche - Thiron-Gardais
Adresse Commune : Thiron-Gardais
Lieu-dit : Bourg
Adresse : rue de l'Abbaye
Cadastre : 1814 B1 Non cadastré ; 2014 AB 65
Précisions

Initialement dédiée à la Sainte-Vierge, l'église abbatiale de la Sainte-Trinité semble avoir été construite au 12e ou au 13e siècle - en ce qui concerne les parties les plus anciennes (nef et tour-clocher) - comme le montrent notamment les baies et baies géminées romanes. L'édifice comprenait alors une longue nef unique, un transept et une tour-clocher au sud-est. En 1428, l'église ainsi que l'ensemble du monastère est incendié par Thomas de Montaigu, comte de Salisbury, général en chef des troupes anglaises allant assiéger Orléans. L'ensemble des bâtiments est restauré sous la mandature de Guillaume de Grimault (1431 - 1453) puis de son neveu, Léonnet de Grimault (1453 - 1498). Concernant l'église, sa charpente semble dater de cette période (seconde moitié 15e siècle). Le choeur gothique - détruit par la suite - date également de cette époque. Les stalles des moines qui le meublaient (actuellement réparties de part et d'autre de la nef), datent probablement du 14e siècle. En 1629, les religieux réformistes de la congrégation de Saint-Maur s'installent dans le monastère. Parmi leur impact sur les bâtiments, l'on retiendra la clôture du bras nord du transept de l'église affecté au chapitre et la fermeture du bras sud devenu cuisines, réfectoire et chambres du collège militaire. Une nouvelle porte d'accès au cloître (depuis l'église) est percée en 1634. Les stalles actuelles de l'avant-choeur sont celles des élèves du collège, données par la duchesse d'Orléans (née princesse palatine). Elles ont été sculptées par Mauté, de Paris en 1740.

En 1791, l'abbaye ferme et l'église abbatiale devient église paroissiale. En 1801, au Concordat, l'église de l'ancienne paroisse de Gardais, abattue à cette époque, est réunie à celle de Thiron.

Laissée à l'abandon, l'aile occidentale du collège (bras sud du transept) s'effondre au début du 19e siècle. Le choeur gothique, dont le plomb qui protégeait les voûtes avait disparu, volé durant la Révolution, s'effondre également en 1817. Au cours du 19e siècle, plusieurs campagnes de restauration ont lieu : pavage et toiture en 1858 (réalisés par MM. Chevon-Gonellier et Jules Vallet fils, de Nogent-le-Rotrou), reconstruction de l'escalier en pierre qui donne accès à l'église en 1875-1876 (plan réalisé par M. Esnault, cantonnier chef des Ponts et Chaussées et du service vicinal), réfection complète de la toiture du clocher en 1982.

Période(s) Principale : 12e siècle
Principale : 15e siècle

L'ancienne église abbatiale comprend, de nos jours, un long vaisseau unique, la nef, et une robuste tour-clocher. Un escalier composé de quatorze marches en pierre de taille de roussard (grès de Saint-Denis-d'Authou) donne accès au portail de l'édifice situé sur le pignon ouest. Le portail conserve des vestiges originels de l'époque romane : colonnettes décorées (motifs végétaux, frises, personnages sculptés) portant des statues disparues. Il est encadré de contreforts bordés de deux arcades en arc brisé : culots sculptés (visage en partie effacé) soutenant une colonnette, un chapiteau corinthien et l'arc brisé. Au niveau supérieur, le pignon ouest - à l'origine découvert (qui conserve des vestiges de pierre de taille de surmont) - était percé de deux grandes baies géminées. Obstrués, les arcs plein cintre à colonnettes reposent sur des chapiteaux historiés (personnages en partie conservés). La porte cloutée, dont les ferrures portent la date 1648, donne accès à la nef. Cette dernière est éclairée par de grandes baies en plein cintre, à l'origine neuf de chaque côté (certaines sont aujourd'hui murées), séparées entre elles par des contreforts plats. Côté nord, l'édifice conserve les traces des anciennes ogives du cloître dont l'accès se faisait par une porte de style classique, murée par la suite et devenue autel latéral encadrant les fonts baptismaux qui proviennent de l'ancienne église de Gardais. Côtés nord et sud, les grandes arcades en plein cintre séparant la nef des bras de transept (détruits) sont bien visibles. Le mur de clôture nord conserve d'ailleurs des pierres sculptées (frises ou autres) provenant probablement des bâtiments détruits. Toujours à l'extérieur, à l'est de l'édifice, les vestiges du choeur gothique sont encore visibles (colonne cannelée, escalier en vis, arcade, cul-de-four et une baie à remplage flamboyant).

À l'intérieur, l'ornement principal consiste en une longue suite de stalles des moines placées de part en d'autre de la nef. Elles meublaient initialement le choeur qui en s'effondrant en a brisé les dossiers. Des figures grotesques et assez frustres décorent les miséricordes. Les accotoirs représentent des personnages assis, des animaux fantastiques et des éléments végétaux. À l'est, au niveau de l'avant-choeur, se trouvent les stalles des élèves du collège.

La charpente, en partie apparente, est à entrait et poinçon long. La fausse voûte lambrissée conserve des traces de polychromie.

De plan carré, la tour-clocher se situe au sud-est de la nef. De grandes baies géminées obstruées occupent le dernier niveau d'élévation. Couvert d'un lanternon, le toit est en ardoise.

Les murs sont en moellons de roussard, essentiellement, et de calcaire couvert d'un enduit à pierre vue, à l'exception de ceux du pignon ouest (en pierre de taille de roussard) et de la tour-clocher (en pierre de taille de calcaire). Les encadrements d'ouvertures, les corniches à modillons (dont certains sont sculptés), les chaînages d'angle, et les contreforts d'angle sont en pierre de taille de calcaire ou de roussard. Les toits à longs pans (nef) ou en dôme octogonal surmonté d'un lanternon (tour-clocher) sont couverts en tuile plate ancienne (nef) ou en ardoise (tour-clocher).

Murs calcaire moellon enduit partiel
grès moellon enduit partiel
grès pierre de taille
Toit tuile plate, ardoise
Plans plan allongé
Couvrements charpente en bois apparente
lambris de couvrement
Couvertures toit à longs pans
dôme polygonal lanterneau
Escaliers escalier en vis
États conservations menacé, état moyen

Cet édifice est exceptionnel à plusieurs titres :

- par ses dimensions : 64 mètres de long pour 12 mètres de hauteur (nef), 12 mètres sur 12 (bras de transept détruits), 25 mètres de long sur 28 mètres de large pour 30 mètres de hauteur (choeur gothique détruit).

- par la conservation d'éléments anciens des 12e et 13e siècle, témoins de l'époque romane (chapiteaux, colonnettes, portail, baies géminées).

L'église, dont le mur nord était à l'origine étayé par le cloître détruit à la Révolution, est très menacée. Malgré le renforcement par une structure en bois sur dalle bétonnée, le mur nord continue à ployer sensiblement sous le poids de la charpente et de la couverture de l'édifice. Un important projet en cours de financement sauvera très probablement l'édifice.

Statut de la propriété propriété publique
Protections classé MH, 1912/07/18
Précisions sur la protection

[...] Église : classement par arrêté du 18 juillet 1912 [...].

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Parc naturel régional du Perche - Maillard Florent