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Bourg : église paroissiale Saint-Martin (place de l'Église)

Dossier IA37005338 réalisé en 2014

Fiche

Œuvres contenues

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Principales phases de construction et travaux :

Une chapelle aurait été édifiée au 10e siècle à l’emplacement du champ de bataille où les Tourangeaux vainquirent les Normands en 903. De cette chapelle primitive, dont on ignore la localisation précise, il ne reste rien. La partie la plus ancienne de l’église actuelle est le clocher que l’on peut dater de la fin du 11e siècle. Vue d'ensemble à l'ouest.Vue d'ensemble à l'ouest.

Le vaisseau central de la nef a été construit au 12e siècle, tandis que le chœur et l’abside datent de la fin du 12e siècle ou du début du 13e siècle.

Le portail ouest du 12e siècle a été fortement restauré au cours de la seconde moitié du 19e siècle. On ignore la date des restaurations mais une gravure de 1863 montre que les deux colonnes de droite manquaient.

Le vaisseau sud, qui comprend deux travées, date de la fin du 15e siècle ou du premier quart du 16e siècle ; le passage aménagé sous le clocher ainsi que la chapelle sud, dédiée primitivement à sainte Catherine puis à sainte Rose de Lima, datent de 1518.

Le vaisseau nord y compris la chapelle orientale abritée dans la quatrième travée a été construit au cours de la première moitié du 16e siècle ; la chapelle dédiée à la Vierge et à sainte Barbe est légèrement postérieure à celle dédiée à sainte Rose et elle a vraisemblablement été construite vers 1520. Après l'incendie, une analyse dendrochronologique d'éléments de la charpente a été tentée ; les résultats ont indiqué une mise en place entre 1501 et 1520.

A l’origine les trois vaisseaux étaient seulement charpentés, bien qu’une voûte ait été prévue sur le collatéral nord, mais non réalisée au 16e siècle.

Le chœur et l'abside datent de la fin du 12e siècle ou du début du 13e siècle.

Les interventions réalisées au XIXe siècle :

En 1810, au moment où a été levé le premier cadastre, le collatéral nord était accolé à une série de bâtiments formant un U qui masquaient toutes les baies du mur gouttereau. Ils furent rachetés par la commune en 1872 pour être détruits et permettre le dégagement du côté nord de l’église.

Vue d'ensemble à l'est.Vue d'ensemble à l'est.En 1810, un état des lieux de l’église signale le très mauvais état des combles du vaisseau central, du collatéral sud et de la chapelle Sainte-Rose, dû à des infiltrations d’eau. En 1826, d’importants travaux de couverture et de charpente sont projetés sous la direction d’E. Pallu, commissaire-expert de l’arrondissement de Loches. En 1828, il décide d’établir une charpente de type Philibert de l’Orme sur le vaisseau central, depuis le pignon ouest jusqu’au mur de refend du chœur, et d’exhausser les murs du côté sud. Il propose de couvrir le collatéral sud d’une charpente comprenant 23 fermes et un toit à deux pans. Le mur de refend du côté nord est également rehaussé pour recevoir les sablières. Les pignons ouest du vaisseau central et du collatéral sud sont également surélevés à cette occasion. La réception des travaux a lieu en 1829. La charpente du vaisseau central est recouverte d’un enduit au plâtre.

En 1851, le clocher est ré-enduit et sa croix réparée ; la croix de pierre au pignon du vaisseau central est remplacée par une croix en fonte. Durant cette même campagne, les portes des collatéraux sont "refaites en cintre avec moulures". Compte-tenu de l’état alarmant de la nef et des collatéraux, une importante campagne de travaux débute en 1876 à l’initiative de l’abbé Brisacier, prêtre, architecte et sculpteur tourangeau. Le conseil municipal lui demande également de réaliser des réparations urgentes à la façade nord de l’église ainsi que la construction d’une nouvelle sacristie. En 1876, trois contreforts et trois fenêtres sont refaits sur la façade nord et les deux collatéraux sont voûtés en brique avec enduit au plâtre. Les murs sont enduits à base de chaux hydraulique "en coupe de pierre simulée". Sur le collatéral sud, les travaux vont consister à "la régularisation de la nef de droite et au percement de fenêtres parallèles à celle de l'autre nef".

Dans les deux collatéraux, les voûtes sont construites au-dessous "des tirants" - c’est-à-dire des entraits - qui sont maintenus. Une voûte est également construite sur la chapelle Sainte-Rose. Au chevet, le projet initial de Brisacier prévoyait de maintenir la sacristie sud en la voûtant en briques et de la faire communiquer par un passage étroit avec la nouvelle sacristie à construire dans le prolongement de la chapelle nord. Finalement, le ministère des cultes ayant désapprouvé ce projet, la nouvelle sacristie est construite, au nord, en 1877, mais pas le passage. L’architecte diocésain Gustave Guérin a accepté le projet mais émis un avis critique sur "les créneaux projetés en attique". L’ancienne sacristie est provisoirement conservée ; elle est encore présente en 1919 mais a finalement été détruite à une date indéterminée.

Les interventions récentes :

En 2005, devant l'état de dégradation de la sacristie et la nécessité de réaménager la voirie au chevet de l'église, la destruction de la sacristie est envisagée. Un projet d'aménagement d'une nouvelle sacristie sous le clocher est dessiné par l'architecte Alain de Bossoreille. La Direction régionale des affaires culturelles émet un avis favorable au permis de démolir mais défavorable au permis de construire (réouverture d'une porte d'accès extérieur sur le chevet et création d'un emmarchement). L’ancienne sacristie est maintenue.

Vue intérieure du vaisseau central après l'incendie d'avril 2015 et vue d'une partie de la charpente du collatéral nord.Vue intérieure du vaisseau central après l'incendie d'avril 2015 et vue d'une partie de la charpente du collatéral nord.Dans la nuit du 16 au 17 avril 2015 un incendie détruit les charpentes du collatéral nord et du vaisseau central ; la voûte de celui-ci s'effondre, laissant l’édifice à ciel ouvert. Les pignons et les murs gouttereaux ont été étayés immédiatement. Le mobilier a été évacué dans les jours qui ont suivi. Les voûtes en brique et plâtre du collatéral nord qui n'étaient pas encore tombées ont dû être abattues. La charpente calcinée du collatéral nord a été démontée courant juin. Quelques bois moins atteints ont été prélevés en vue d'une datation dendrochronologique. Courant juin 2015, une toiture provisoire a été posée sur le collatéral nord et le vaisseau central. La restauration de l'église est entreprise sous la direction de l'architecte en chef des Monuments historiques Philippe Villeneuve et achevée en 2019. Les couvrements des vaisseaux ont été réalisés non plus en brique et plâtre comme au 19e siècle, mais en bois. La nouvelle couverture est en ardoise, comme avant l'incendie.

Description de l'édifice avant l'incendie :

L’église actuelle présente un plan massé d’environ 26 mètres de long sur 23 mètres de large qui résulte de ses agrandissements successifs. L’édifice est construit pour partie en pierre de taille en moyen appareil de tufeau, et pour partie en moellon. Toutes les toitures sont en ardoise. La ligne de faîtage de la couverture de la nef culmine à 16 mètres, et le sommet du clocher se trouve à environ 19 mètres du sol.

Portail ouest : détail des chapiteaux et des voussures du côté nord.Portail ouest : détail des chapiteaux et des voussures du côté nord.La façade ouest présente trois pignons découverts correspondant aux trois vaisseaux de la nef. Les collatéraux sont percés d'une porte à arc en anse de panier surmontée d'une grande baie en arc brisé. Le vaisseau central, surmonté d'une croix, est percé d'un oculus. Le portail central sans tympan, est remarquable par sa voussure à quatre rouleaux ornés de feuillages finement découpés. Le rouleau d'archivolte présente deux personnages affrontés en son milieu. Le portail a été très restauré au 19e siècle, comme la corniche à billettes qui le surmonte.

Une chaire extérieure est présente sur le côté nord de la façade occidentale.

La nef comprend trois vaisseaux : un vaisseau central de trois travées oblongues qui débouche sur un chœur à abside semi-circulaire ; un collatéral nord de quatre travées et un collatéral sud de deux travées. Dans le prolongement du collatéral sud se dresse le clocher qui communique à l’est avec une chapelle.

Le vaisseau central est couvert d’une fausse-voûte en berceau avec un enduit en plâtre à faux-joints en finition. La charpente est à la Philibert de l'Orme.

Le collatéral sud comprend deux travées qui communiquent avec le vaisseau central par deux grandes arcades en plein cintre. Il est couvert d’une voûte d’ogives en brique recouverte d’un enduit à faux joints imitant le tufeau. Ce collatéral a été accolé à l’ouest du clocher, dans son prolongement ; cette communication a nécessité le percement du mur ouest de ce dernier, ainsi que le percement du mur est pour communiquer avec la chapelle latérale sud.

Le collatéral nord est éclairé par quatre grandes baies en arc brisé, celles des 3e et 4e travée étant à remplage flamboyant. Le collatéral communique avec le vaisseau central par trois arcades en plein cintre supportées par des piliers. Il est également couvert de voûtes d’ogives en brique avec enduit à faux joints imitant le tufeau. Les voûtes sont basses car construites sous les entraits de la charpente. Cette dernière est à chevrons-formant-fermes. La sacristie a été ajoutée à l'est dans le prolongement du collatéral nord. Nef : vue d'ensemble depuis le collatéral nord, vers l'ouest.Nef : vue d'ensemble depuis le collatéral nord, vers l'ouest.

L’abside semi-circulaire est couverte d’une voûte d’ogives bombée à dix quartiers rayonnants. Cette abside est éclairée par quatre baies en plein cintre mais avant la construction des collatéraux il devait y en avoir au moins de de plus, au nord et au sud. Les ogives profilées en tore de la voûte partent d’une clé ornée d’un personnage bénissant et tenant un sceptre (Christ-Roi), entouré de feuillages. Elles retombent entre les baies sur de minces chapiteaux à feuillages. Les baies sont séparées par des piliers formés de trois colonnettes, celle du milieu étant située dans le prolongement de l’ogive ; à leur base sont sculptés de petits personnages couronnés entourés de têtes d’angelots.

Côté chevet, chaque baie est soulignée d’une moulure en tore qui, en retombant jusqu’à l’allège, semble former des colonnettes. Un corps de moulure constitué de deux baguettes séparées par un canal rond court au-dessus des baies et les relie horizontalement ; une corniche à modillons sculptés couronne l’ensemble. Le chevet et épaulé d’un contrefort en son milieu.

Clocher : détail de la partie supérieure.Clocher : détail de la partie supérieure.Le clocher de plan carré possède des murs plus épais que les autres parties de l’édifice ; il est construit en moellons, sauf la partie supérieure qui est en pierre de taille et il ne possède pas de flèche. A la base de la chambre des cloches règne un cordon saillant sous lequel a été conservé, du côté sud, un appareil en épi. La chambre des cloches est animée sur chaque face de trois arcatures aveugles déterminées par quatre colonnes adossées, à chapiteaux ; une ouverture appareillée en plein cintre est située sous l’arcade du milieu du côté sud. Le clocher est couvert d’un toit pyramidal.

Accolée au clocher et légèrement moins large, une chapelle a été construite dans son prolongement, à l’est. Elle est couverte d’une voûte d’ogives et éclairée par une baie au sud et une grande baie à l’est, en partie masquée par le retable de sainte Rose.

Vocables Saint-Martin
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Canton de Bléré
Adresse Commune : Saint-Martin-le-Beau
Lieu-dit : Bourg
Adresse : place de l'Église
Cadastre : 1810 A1 444 ; 2015 AI 0130

Clocher : fin 11e siècle.

Vaisseau central de la nef : 12e siècle.

Chœur et abside : fin 12e siècle ou début du 13e siècle.

Portail ouest : 12e siècle.

Vaisseau sud de la nef : fin 15e siècle ou premier quart 16e siècle. Passage aménagé sous le clocher et chapelle sud : 1518.

Vaisseau nord : entre 1501 et 1520 (dendrochronologie).

1828-1829 : charpente à la Philibert de l’Orme sur le vaisseau central ; surélévation du pignon ouest du vaisseau central et du pignon ouest du collatéral sud.

1876 : Interventions de l'abbé Brisacier ; voûtement des vaisseaux nord et sud en brique et plâtre. 1877 : nouvelle sacristie.

Avril 2015 : incendie.

Printemps 2019 : Restauration achevée.

Période(s) Principale : 12e siècle
Principale : 1ère moitié 16e siècle , daté par travaux historiques, datation par dendrochronologie
Secondaire : 2e moitié 19e siècle , daté par source
Dates
Auteur(s) Auteur : Pallu E.,
E. Pallu

Commissaire-expert de l’arrondissement de Loches,1ère moitié 19e siècle..


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architecte d'arrondissement, attribution par source
Auteur : Brisacier Pierre-Paul
Pierre-Paul Brisacier (1831 - )

Prêtre du diocèse de Tours, architecte et sculpteur, fondateur des Ateliers de sainte Anne.


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Murs tufeau moyen appareil
calcaire moellon enduit
Toit ardoise
Plans plan massé
Étages 3 vaisseaux
Couvrements voûte d'ogives
voûte d'ogives bombée
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
toit polygonal
États conservations restauré
Techniques sculpture
Représentations Christ, roi, feuillage
Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH, 1926/07/19

Références documentaires

Documents d'archives
  • Direction régionale des affaires culturelles du Centre-Val de Loire. Archives de la conservation régionale des Monuments historiques. Église de Saint-Martin-le-Beau.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, 2 O 225. Église paroissiale et presbytère. 1802-1918.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, E dépôt 225. Église paroissiale et presbytère.

Documents figurés
  • Projet de restauration de l'église. Plan par terre, coupe transversale sur les 3 nefs, élévation de la sacristie projetée et du passage. Tours, le 30 avril 1875. Échelle 1/100e. (Archives départementales d'Indre-et-Loire, Tours, 2 O).

Bibliographie
  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. Association pour le développement de la recherche historique et archéologique appliquée à l'animation culturelle en région Centre (A.S.D.R.A. Université François Rabelais, Tours). Étude de l'église Saint-Martin de Saint-Martin le Beau. 1994. 48 p.

  • BOSSEBOEUF, Louis-Auguste. Amboise, le château, la ville et le canton. Tours : Société Archéologique de Touraine, 1897. notes de Louis Palustre, 616 p.

    p. 552-556
  • CARRE DE BUSSEROLLES, J.-X. Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine. Tours : Rouillé-Ladevèze, 1883. (3 vol.).

  • CHEVALIER, Casimir (abbé). Promenades pittoresques en Touraine. Histoire, légendes, monuments, paysages. Tours : Mame, 1869.

    p. 281
  • RANJARD, Robert. La Touraine archéologique. Guide du touriste en Indre-et-Loire. Mayenne : Joseph Floch éditeur, 1971, 5e édition. (1ère édition Tours, 1930).

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Lainé Martine
Martine Lainé

Chercheur Inventaire général du patrimoine culturel.


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