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Bourg : église paroissiale Saint-Médard (place de Verdun)

Dossier IA37004780 réalisé en 2011
Vocables Saint-Médard
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Vallée de la Brenne - Vouvray
Adresse Commune : Reugny
Adresse : place de Verdun
Cadastre : 1819 G1 107 ; 2009 G 257

Un tableau des fondations faites au profit de la cure et de la fabrique de Reugny, conservé aux archives départementales, indique que la présence d'une église est attestée en 1090. La partie la plus ancienne de l'église, datant du 12e siècle, a conservé son appareil cubique et une baie romane murée sur le mur extérieur nord de la nef, ainsi qu'un portail roman sur le mur sud (actuellement dans la sacristie). Cependant la nef a fait l'objet de modifications comme en témoigne le changement d'appareil dans la partie haute sur le mur nord. Ces travaux pourraient être contemporains du mur pignon ouest qui a lui aussi été modifié (présence de différents appareils) et qui semble remonter au 15e siècle.

Plusieurs chapelles (d'Orfeuil, de la Madeleine, de la Vallière, de Boissay, de la Côte, Sainte Barbe, de Launay, du Rosaire...) sont mentionnées au cours des siècles sans que l'on puisse déterminer avec certitude leurs emplacements. La chapelle située au nord de la nef daterait du 13e siècle selon Ranjard ou du 15e siècle selon l'architecte Cornet, dans son rapport de 1889. Chapelle d'Orfeuil, elle devient chapelle de la Vallière après l'achat de ce fief par Jean le Blanc, seigneur de la Vallière, en 1596. Elle est également appelée ensuite chapelle de la Madeleine en raison du tableau du retable figurant Marie-Madeleine, remplacé aujourd'hui par saint Médard.

Le 1er juillet 1532, les fabriciers consentent à l'édification de la chapelle que le seigneur de Boissay vient de faire nouvellement dans l'église du côté du cimetière. En fait ce sont trois chapelles (deux chapelles identiques et une plus petite accolée aux précédentes) édifiées au début du 16e siècle qui se trouvent au sud de la nef. Les armes de Louis de Lavardin, seigneur de Boissay, de gueules à trois lys d'or, se retrouvent sur la clé de voûte de la petite chapelle et sur une pierre placée au-dessus de l'entrée de cette dernière. L'une des deux grandes chapelles possède sur sa voûte des peintures du début 17e siècle (vers 1610) et la seconde conserve une plaque de fondation de la famille la Rue, seigneur de la Côte, datée de 1555.

La crypte, située sous la chapelle nord, qui aurait été construite à la limite des 16e et 17e siècles pour servir de sépulture à la famille le Blanc, seigneur de la Vallière a servi de refuge aux habitants lors de l'invasion prussienne de 1871 comme en témoigne une inscription. Les restes du corps de Laurent le Blanc, tué au siège d'Ostende le 15 mars 1602, enterré à l'époque dans une église de Nieuport (Belgique), y ont été rapportés en 1832 par l'une de ses descendantes, la duchesse d'Uzès, propriétaire de la Vallière. En 1792, d'après le témoignage du curé de l'époque, la crypte abritait les restes de Laurent le Blanc, seigneur de la Vallière, lieutenant au gouvernement d'Amboise et maître de camp de la cavalerie légère de France (enlevés de la crypte pendant la Révolution ?).

La sacristie primitive était située à l'est de la chapelle septentrionale. Considérée comme trop petite lors d'une visite épiscopale en 1767, elle est en ruine au début du 19e siècle, époque à laquelle une chapelle est utilisée à cet effet. La sacristie actuelle a été édifiée dans le deuxième quart du 19e siècle (après 1822 et avant 1846).

Tout au long du 19e siècle, l'église fait l'objet de plusieurs campagnes de restauration : charpente et couverture du porche, couverture du clocher et de la nef en 1841 ; travaux de maçonnerie et de couverture en 1862 ; flèche en 1890. En 1889, un projet de restauration de la nef et du choeur, proposé par Cornet, architecte à Chinon (né à Reugny), est accepté seulement pour la nef. Un autre projet de construction d'un nouveau choeur, proposé en 1895 par Hardion, architecte à Tours, est accepté en 1897 par le Préfet, mais le nouveau choeur réalisé à la limite des 19e et 20e siècles ne correspond pas à ses plans (nombre de baies différent).

Sous le choeur se trouve également une pièce à laquelle on accède par une porte depuis l'extérieur et par une trappe depuis l'intérieur. Cette pièce servant actuellement de lieu de stockage, fut auparavant utilisé comme chaufferie. Son mur ouest a été construit en moellon à partir de pierres de remploi dont certaines conservent les traces de peintures murales. Certains motifs végétaux à quatre et huit pétales semblent identiques à ceux que l'on trouve sur le plafond peint du 17e siècle. Ces pierres peintes proviennent probablement de l'ancien choeur détruit à la fin du 19e siècle. L'escalier extérieur donnant accès au clocher a été ajouté au 19e siècle.

La topographie du site sur lequel est construite l'église (en hauteur) nécessite le renforcement des murs par des fruits et des contreforts ainsi que la construction et l'entretien régulier de murs de soutènement autour de l'édifice. Toutes les entrées apparaissent aujourd'hui comme surélevées par rapport au niveau du sol.

Le cimetière situé au sud de l'église a été déplacé en 1814.

Période(s) Principale : 12e siècle
Principale : 15e siècle
Principale : 1ère moitié 16e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : limite 19e siècle 20e siècle

L'édifice est construit en moellon enduit et pierre de taille et couvert en ardoise. La façade occidentale est constituée d'un pignon plat percé d'une porte surmontée d'une baie en arc brisé. Cette entrée, surélevée par rapport au niveau de la rue, est précédée d'un escalier droit protégé par un porche en appentis.

La nef à vaisseau unique, couverte d'un toit à longs pans à pignons découverts, est renforcée par des contreforts sur les mur nord et ouest. Le mur nord est percé de cinq baies : quatre de ces baies, dont une est aujourd'hui murée, sont en arc brisé à réseau d'intrados trilobé et la cinquième, plus petite, est en plein cintre. Une baie en plein cintre plus grande est aujourd'hui murée. Un escalier extérieur permet d'accéder à la charpente de la nef et au clocher dont la flèche est torse. Le mur sud, percé d'une petite baie en plein cintre, possède une porte murée et un ancien portail en plein cintre à deux voussures, décoré de chevrons en dents de scie. Ce portail également muré n'est visible que depuis la sacristie. Six traces de blasons peints sont encore visibles entre les baies et sur un contrefort sur le mur nord de la nef et une autre presque effacée sur le mur sud. Il s'agit des derniers vestiges de l'ancienne litre seigneuriale.

La chapelle nord, couverte d'un toit à longs pans et croupe, est percée d'une baie en plein cintre ouverte à l'emplacement d'une ancienne baie plus grande en anse de panier.

Au sud se trouvent deux chapelles formant un collatéral à deux travées, auquel est accolée une troisième chapelle plus petite. Elles sont couvertes de toits à longs pans à pignons découverts qui étaient à l'origine décorés de fleurons en partie disparus. Deux baies flamboyantes éclairent les deux chapelles principales, la troisième étant seulement éclairée par deux petites baies en plein cintre. Une porte, aujourd'hui murée, reliait le cimetière à la petite chapelle.

A l'intérieur, la nef est divisée en trois travées couvertes de voûtes d'ogives quadripartites. La croisée du transept est couverte d'une voûte d'ogives à huit quartiers rayonnants et le choeur semi-circulaire, éclairé par sept baies, est surmonté d'une voûte d'ogives à neuf nervures. Deux fausses-voûtes lambrissées dont l'une est peinte, couvrent les deux chapelles principales au sud.

Sous la chapelle nord, la crypte est couverte d'une voûte en berceau en pierre de taille.

Murs enduit
pierre de taille
moellon
Toit ardoise
Couvrements voûte d'ogives
lambris de couvrement
Couvertures toit à longs pans
appentis
croupe
noue
pignon découvert
Représentations armoiries ordre corinthien
Précision représentations

Les seigneurs de la Vallière avaient droit de litre dehors et dedans, depuis au moins le milieu du 17e siècle. Quelques traces de leurs armoiries sont encore visibles sur les murs extérieurs nord et sud de la nef.

Chacun des chapiteaux des pilastres et des colonnes soutenant les ogives sont décorés de motifs différents de type corinthien. Six d'entre eux sont ornés d'une lettre (R, C, P, S, A et B) sans que l'on puisse expliquer leur signification.

La plus petite chapelle au sud possède une voûte en pierre avec clé de voûte ornée d'un blason à trois fleurs de lys tenus par deux personnages. Une pierre sculptée avec un blason à trois fleurs de lys est également placé sur le mur sud de la travée.

Dans la crypte, un blason en pierre, représentant un lion léopardé (armes de la famille La Baume le Blanc) encadré de deux lévriers rampants et surmonté d'un heaume, présente des traces de polychromie. Présence de graffitis des 19e et 20e siècles.

Statut de la propriété propriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. E dépôt 194 M 8. Église et presbytère.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. 2 O 194 8.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. 5 V 81.

Documents figurés
  • Carte postale. (Collection privée).

  • Cartes postales de Touraine : Reugny. (Archives départementales d'Indre-et-Loire, 10 Fi 194).

  • Reugny, presbytère : plans, coupes et élévations. (Archives départementales d'Indre-et-Loire, 2 O 194 8).

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. 5 V 81.

Bibliographie
  • DEYRES, Marcel. Belles église de Touraine. C.L.D., 1979.

    p. 173-174.
  • RANJARD, Robert. La Touraine archéologique, guide du touriste en Indre-et-Loire. Mayenne : Joseph Floch, Imprimeur-éditeur, 8e édition, 1981.

  • TRICOT, Louis. Saint-Médard de Reugny. Notes manuscrites, 48 pages.

Périodiques
  • GABEAU, Alfred. Étude sur le marquisat de La Vallière et sur les fiefs qui en dépendent. Bulletin de la Société Archéologique de Touraine, 1902, t. 13, p. 362-392 et 435-473.

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