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Bourg : presbytère, actuellement maison

Dossier IA28000626 réalisé en 2019

Fiche

Dénominations presbytère
Aire d'étude et canton Parc naturel régional du Perche - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Trizay-Coutretot-Saint-Serge
Lieu-dit : Bourg
Cadastre : 1811 B 68 ; 2019 B 284

La partie la plus ancienne du presbytère, partie est de l'aile sud, remonte très certainement au 16e siècle. Témoignent de cette campagne de construction la structure, la charpente, les deux ouvertures obstruées (linteau sculpté d'une accolade et encadrement chanfreiné) et les vestiges d'une fresque murale en partie supérieure du mur nord côté est. Représentant la scène de la descente de la croix, cette fresque dont il ne subsiste que la partie basse (échelle, fût de la croix et sol) ornait la chambre du curé qui se trouvait au niveau supérieur d'une aile en retour d'équerre au nord-est (détruite). Une extension à l'aile sud semble avoir été construite vers l'ouest au 18e siècle. Sur un plan non daté et non signé (probablement des années 1830), l'aile nord-est détruite par la suite apparaît bien, ainsi qu'un petit bâti indépendant au nord-ouest. Une délibération du conseil de Fabrique de l'église paroissiale Saint-Martin datée du 18 avril 1841 décrit l'état de vétusté de l'édifice. Le 1er mai 1841, Louis Siguret dresse un devis des travaux à réaliser au presbytère : reconstruction in situ d'un bûcher et d'une chambre au-dessus (aile nord-est), réfection du plancher d'une chambre de l'aile sud, raccommodage de la cheminée, des enduits des murs, badigeons, reconstruction du perron et de l'escalier extérieur, changement des menuiseries pour la somme de 1 526,40 fr. Les travaux sont réalisés dans les années qui suivent, probablement en 1842, conformément au devis à l'exception de la reconstruction de la chambre du curé et dépendance en dessous déplacés côté ouest. De simples travaux d’entretien sont ensuite signalés entre 1850 et 1950. Dans la seconde moitié du 20e siècle, la façade sud-ouest est transformée (agrandissement d’ouvertures). La commune vend le presbytère dans les années 1970.

Période(s) Principale : 16e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Dates

Le presbytère de Trizay se situe directement au sud de l'église paroissiale Saint-Martin. Il comprend deux bâtiments en L, aménageant une cour fermée par le mur sud de l'église et un muret de clôture à l'est. Au nord-est de la cour, une porte donne accès à la sacristie.

L'aile sud est en rez-de-chaussée surélevé partiellement sur un étage de soubassement (deux caves, l'une voûtée et l'autre non-voûtée). Le rez-de-chaussée surélevé est accessible de plain-pied au sud, via un perron et un escalier extérieur au nord. Les deux portes donnent sur un vestibule distribuant à l'ouest la cuisine (cheminée et four à pain) et la laverie au fond, à l'est deux pièces à feu : une petite salle anciennement séparée d'une chambre par une cloison en pan de bois (mortaises visibles dans la poutre maîtresse). L'aile en retour au nord comprend au rez-de-chaussée un cellier et une étable qu'un corps de passage sépare. A l'étage, se trouvent une chambre de domestique et la chambre du curé.

Les murs sont en moellons de calcaire couverts d'un enduit plein. Les chaînages d'angle et les encadrements des baies sont en pierre de taille calcaire, à l'exception des ouvertures cimentées en façade sud. Les toits sont à longs pans couverts en tuile plate.

Murs calcaire moellon enduit
Toit tuile plate
Couvrements
Couvertures toit à longs pans
Escaliers
États conservations remanié
Techniques peinture
Représentations Descente de Croix

Le presbytère de Trizay conserve des éléments significatifs du 16e siècle tels que la charpente à poinçon long et sous-faîtière, des baies obstruée à encadrement chanfreiné et à linteau en accolade, ainsi que les vestiges d'une fresque (Descente de la Croix) rares dans un presbytère rural qui lui confèrent un grand intérêt patrimonial à l'échelle du Parc du Perche.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Extrait de la délibération du conseil de Fabrique de l'église paroissiale Saint-Martin - 18 avril 1841 : demande de secours auprès du conseil communal pour la restauration du presbytère (Archives départementales d'Eure-et-Loir, 2 O 3460).

    "[...] l’état (du presbytère) est vraiment déplorable. [...]

    1 – la chambre de monsieur le Desservant ne peut de l’aveu de tout le monde et surtout des hommes de l’art être habitée sans un danger imminent ; ses murs en terre sont lézardés de toute part ; l’intérieur en est entrouvert ; les solives des planchers tombent par vétusté ; enfin tout y commence sa ruine prochaine et il est évident qu’un dégel peut la consumer ; il n’est pas moins certain que tout ce qu’on pourrait faire pour réparer cette masure serait une dépense pleinement inutile puisqu’on ne pourrait par-là ni lui rendre la décence si désirable, ni en arrêter la destruction. Tel est le sentiment et l’aveu des hommes de l’art.

    2 – les autres appartements, sans en excepter aucun, quoique assis sur des fondements plus solides n’en sont ni plus décents, ni plus commodes ; tous demandes des réparations de tout genre : leurs planchers menacent de s’affaisser dans plusieurs endroits et une partie de celui de la chambre voisine de la cuisine est tombé il y a quelques années ; tous ces appartements ont un besoin très pressant d’être réparé en entier, renduite dans toutes leurs parties. Ses portes en sont presque toutes mauvaises et plusieurs manquent de verrous et même de clefs. Les fenêtres pour la plupart tombent en poussière ainsi que leurs volets ce qui met dans un danger continuel ceux qui habitent le presbytère. Une grande partie du mur a besoin d’être reprise en sous-œuvre pour prévenir leur destruction. Enfin, la couverture du bâtiment dans toute son étendue et sa longueur est dans un délabrement complet car l’eau pénètre de toute part dans les greniers et occasionne la ruine des pièces de bois qu’elle pourrit, des planchers et surtout des murs qu’elles dégradent sensiblement.

    3 – Le perron de la basse-cour qui conduit à l’église offre des dangers continuels à ceux qui le fréquentent, cependant ceux qui habitent le presbytère sont obligés d’y passer à toutes les heures du jour et durent même la nuit.

    4 – les murs de clôture, les portes de la basse-cour sont dans un l’état le plus pitoyable ; aussi toutes personnes peuvent-elles pénétrer jusque dans les appartements du presbytère, presque sans être vues, ce qui est dangereux et extraordinairement à charge pour ceux qui l’habitent. Nous finirons le tableau du presbytère en assurant que cette maison qui était d’un empressant besoin de réparation avant 1790 n’a reçu aucune amélioration depuis cette époque ; qu’on juge après cela de l’état dans lequel elle doit se trouver actuellement."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Eure-et-Loir; 2 O 3460. Presbytère.

  • Archives départementales d’Eure-et-Loir, 4 Z 175. Église de Trizay, ancien cimetière de Saint-Serge, presbytère, mairie-école.

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