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Bourges (Cher) : crypte de la cathédrale Saint-Étienne, 12 verrières d'accompagnement de Jean Mauret

Dossier IM18001574 réalisé en 2015
Dénominations verrière
Aire d'étude et canton France - Cher
Adresse Commune : Bourges
Adresse : place Étienne Dolet

L’histoire de la réalisation des verrières d’accompagnement des vitraux XVe présentés aujourd’hui dans la crypte de la cathédrale de Bourges est longue (de 1950 à 1985) et riche de développements. Les vitraux anciens figurant des prophètes et des apôtres sont attribués à l’artiste André Beauneveu et proviennent de la Sainte-Chapelle du duc Jean de Berry à Bourges, consacrée en 1405. La chapelle ayant été détruite entre 1757 et 1775, les vitraux sont remontés puis présentés dans les 12 baies de la crypte de la cathédrale jusqu’à la Révolution, période durant laquelle plus de la moitié des verrières est brisée (28 personnages sur 48). Rassemblés sur 5 baies au XIXe siècle, les vitraux XVe subsistants demeurent dans la crypte jusqu’en 1939, date à laquelle ils sont déposés et mis en caisses. Après la guerre, un plan de repose élaboré par l’architecte en chef Ranjard, l’architecte Robert Gauchery et l’historien Louis Grodecki propose une répartition des 20 personnages dans 10 baies ainsi qu’une vitrerie d’accompagnement. Un devis est rédigé dans ce sens par le verrier Francis Chigot (Limoges) en 1950. La maquette exécutée à cette occasion n’a pas été retrouvée. En 1957, l’administration organise un concours entre peintres-verriers à l’issue duquel les ateliers de Francis Chigot et de Max Ingrand sont retenus pour exécuter deux demi-fenêtres d’essai. Ces dernières sont jugées in situ le 30 mars 1960 et il est décidé de répartir équitablement le travail entre les deux ateliers (chacun six baies). Le décès des deux verriers (Francis Chigot en 1960 et Max Ingrand en 1969) et des difficultés financières empêchent la réalisation des travaux. En octobre 1970, les panneaux (deux ½ fenêtres) tels qu’ils avaient été présentés au jury en 1960 sont replacés dans la crypte et soumis à l’Inspection générale. Il apparaît à ce moment que le projet de Max Ingrand n’est pas satisfaisant (trop foncé). Il est alors proposé de faire exécuter la maquette de l’atelier Chigot (dessinée par le maquettiste Couturat). Cette proposition est approuvée lors de la délégation permanente de la Commission supérieure des Monuments historiques du 13 mars 1972. Pour l’exécution des vitraux, un devis est demandé à l’Atelier du Vitrail de Limoges (successeur de Chigot) et à l’atelier de Marcel Chauffour à Bourges. Après cinq ans d’interruption (raisons budgétaires ?), le projet est relancé par l’inspectrice des Monuments historiques Colette Di Matteo, qui demande à Jean Mauret (qui a repris l'atelier Chauffour) et à l’Atelier du Vitrail de Limoges de représenter in situ des essais d’accompagnement. Le 20 septembre 1978, l’exposition dans l’une des baies de la crypte de deux personnages anciens assortis de plusieurs panneaux d’essais (losanges de Jean Mauret, essais de Max Ingrand et de Francis Chigot) laisse le groupe de travail dubitatif. Reconnaissant certaines qualités de coloris et de composition à ces essais, il lui est impossible de les retenir pour accompagner les vitraux du XVe siècle. Les inspecteurs généraux Jean Taralon et Yves-Marie Froidevaux suggèrent que l’on recherche une nouvelle solution s’inspirant des vitraux de grisaille réalisés à l’église de Saint-Maclou de Rouen. Il est décidé de faire un inventaire des panneaux disponibles et des fragments déposés au musée du Berry, d’étudier les différentes possibilités de regrouper les panneaux anciens (2 ou 4 personnages par baie). Une fois l’inventaire terminé, de nouvelles maquettes doivent être demandées à Jean Mauret et à l’Atelier du Vitrail (Jean Vernejoux). En 1981, Jean Mauret réalise un inventaire des vitraux de la Sainte Chapelle conservés dans la crypte de la cathédrale et au musée du Berry à Bourges. Le 4 juin de la même année, une réunion est organisée à l’initiative de M. Auzas avec le professeur Louis Grodecki, l’inspectrice Colette Di Matteo, l’historienne Catherine Brisac et Jean Mauret. Il est demandé à ce dernier d’établir un devis pour la restauration de deux personnages et la réalisation de panneaux d’accompagnement répondant aux critères suivants : « jeu de plomb en verres blancs battus, partie de grisailles patinées (cf. Saint-Maclou de Rouen), partie de grisaille patinée et couleur (cf. les fonds des architectures des vitraux originaux). En 1982, Jean Mauret propose sept versions de panneaux d’accompagnements avec différents types de bordures et de fonds (losanges ou rectangles). Deux de ces essais sont retenus puis présentés sur place le 5 mai 1983 sous la forme d’une baie composée de deux personnages anciens sous dais et de deux demi baies d’accompagnement (une version avec bordure verte, l’autre avec un filet de jaune d’argent). Cette présentation permet d’arrêter un parti qui recueille l’accord de tous les participants, la version avec filet de jaune d’argent. Les vitraux sont réalisés et posés en 1984, 1985 et 1986.

Période(s) Principale : 4e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1983, daté par source
Stade de création pièce originale de vitrail
Lieu d'exécution Commune : Saint-Hilaire-en-Lignières
Édifice ou site : Atelier de Jean Mauret
Auteur(s) Auteur : Mauret Jean,
Jean Mauret (1944 - )

Artiste verrier.


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peintre-verrier

Chacune des 12 verrières de la crypte est composée de 28 panneaux. Les baies 1 à 10 comprennent 10 panneaux anciens (grands personnages) et 18 d’accompagnement. Les baies 11 et 12 se composent de 8 panneaux mixtes (associant accompagnement et anciens : éléments d’architecture, pinacles) et de 20 panneaux d’accompagnement. Les éléments de vitraux XVe figurent des grands personnages debout (prophètes et Apôtres) placés sous des dais d’architecture : on reconnaît notamment le roi David, Daniel, Isaïe, Michée, saint Pierre et saint Jean. La répartition des personnages dans les baies a évolué depuis leur mise en place dans la cathédrale au milieu du XVIIIe siècle : jusqu’à la mise en caisses des vitraux en 1939, chaque verrière figurait quatre hommes mais après la Guerre il est décidé de ne placer que deux personnages par baie, ce qui permet d’occuper dix fenêtres au lieu de cinq. C’est cette décision qui entraîne la réalisation d’une vitrerie d’accompagnement. Pour cette dernière, le parti proposé par Jean Mauret consiste en un tracé de rectangles verticaux souligné d’un double jeu de plomb longés de traits fins de grisaille. La verticalité est mise en relief grâce à l’utilisation de plombs de différentes largeurs. Un filet de jaune d’argent sur lequel ont été tracés deux traits de grisaille de deux épaisseurs différentes file verticalement en haut des baies, sans suivre la forme brisée de la fenêtre. Cette disposition ouvre la composition vers le haut.

Les verrières reprennent certains éléments des anciens vitraux : le jaune d’argent, les verticales des fonds d’architecture, les filets de grisaille. Les verres utilisés sont transparents mais très légèrement patinés avec de la grisaille blanche (toutes les pièces sont cuites). La présence discrète de cette grisaille ne ferme pas l’édifice et maintient une certaine transparence.

La vitrerie réalisée entre 1984 et 1986 n’étouffe pas les vitraux anciens, elle les accompagne véritablement. Le choix d’une composition simple et très soignée, traitée avec des tons neutres, confère à l’ensemble un aspect intemporel. En 2001, le conservateur du patrimoine Philippe Saunier écrit au sujet des vitraux de la crypte : "Le résultat est une parfaite insertion des vitraux anciens aux bordures de Mauret. L’artiste a œuvré avec une élégance rare, d’une précieuse simplicité en rien démodée aujourd’hui".

A l’extérieur, les vitraux sont protégés par du grillage et des barres de défense anciennes. Avant l’installation des vitraux en 1985, du verre cathédrale fermait toutes les baies.

Jean Mauret n’a pas réalisé d’autres vitreries d’accompagnement de vitraux anciens. Il existe cependant quatre autres projets comparables mais non exécutés pour l’église abbatiale de Solignac (Haute-Vienne) en 1985, pour l’église Saint-Beauzire de Trizac (Cantal) en 1989, pour l’église de Saint-Cyr-la-Roche (Corrèze) en 1989 et pour l'église Notre-Dame de Niort (Deux-Sèvres) en 1989.

Catégories vitrail
Structures baie libre
Matériaux verre
plomb
Précision dimensions

h=413 la=196. Dimensions approximatives.

États conservations bon état

La cathédrale de Bourges est classée au titre des Monuments historiques depuis 1862.

Statut de la propriété propriété de l'Etat
Protections protection MH

Références documentaires

Documents d'archives
  • Atelier de Jean Mauret, Saint-Hilaire-en-Lignières. Archives.

  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine. 0081/018/0011. Restauration des vitraux de la cathédrale de Bourges. 1941-1975.

  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine. 1997/046/0034. Objets et édifices du Centre. Repose dans la crypte de la cathédrale de Bourges des vitraux de la Sainte Chapelle du duc de Berry. 1968-1984.

  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine; 1993/017/0003. Documentation et photographies (versement Catherine Brisac). 1978-1985.

Bibliographie
  • BERGATTO, Lionel. Jean Mauret à Saint-Étienne de Bourges et Saint-Jean de Lyon 1985-1991. In Les couleurs du ciel, vitraux de création au XXe siècle dans les cathédrales de France. Chartres : Centre International du Vitrail, 2002.

    p. 148-150
  • GRODECKI, Louis, TARALON, Jean, PRACHE, Anne, PERROT, Françoise, BLONDEL, Nicole. Les vitraux du Centre et des Pays de Loire, Corpus vitrearum. CNRS. 1981.

    p.184-185
Périodiques
  • DI MATTEO, Colette. Repose des vitraux de la Sainte Chapelle à la cathédrale de Bourges. Bulletin monumental, 1984, t. 144-I, p 337.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Mauret-Cribellier Valérie