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Champeaux : manoir dit de Champeaux

Dossier IA28000192 réalisé en 2008

Fiche

Destinations ferme
Parties constituantes non étudiées grange, écurie, mare
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Parc naturel régional du Perche - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Margon
Lieu-dit : Champeaux
Cadastre : 1811 C2 211 ; 1990 C2 318
Précisions commune fusionnée après inventaire Arcisses

Le lieu-dit est attesté comme lieu noble dès 1149 sous le toponyme de Campelli. Le manoir actuellement visible, semble remonter, en ce qui concerne les parties les plus anciennes, à la seconde moitié du 14e siècle, comme en témoigne la cheminée de la salle. Au 15e siècle, le manoir entre dans la famille Poignan. Il passe par alliance au 16e siècle à René d'Amily, conseiller du roi, probablement responsable des remaniements importants affectant le logis manorial et le corps de passage. En 1632, Jean III d'Amily vend Champeaux à François de Riants qui le réunit le 20 janvier 1671, avec Margon et Houdangeau (à Marolles-les-Buis), au domaine de La Galaisière (à Condé-sur-Huisne) lors de l'érection de cette terre en marquisat. A cette époque, Champeaux dispose d'un moulin à vent (aujourd'hui disparu). Par la suite, plusieurs propriétaires se succèdent à la tête du domaine : Antoine Martin Chaumont en 1720, puis la famille d'Alligre de 1777 à la Révolution. Vendu comme bien national, Champeaux devient une ferme dont l'élevage de chevaux percherons, l'un des plus prestigieux du Perche, atteint son apogée à partir de 1861 sous l'égide de la famille Perriot. Ces derniers sont probablement responsables de réaménagements de bâtiments agricoles et de la construction de nouvelles dépendances. Le comte de Jeux achète une partie du domaine en 1943 à Louis Perriot, propriétaire de Champeaux et de La Borde (également à Margon). A partir de 1953, il restaure les bâtiments (percements de fenêtres obstruées et nouveaux percements : baies en plein cintre du logis manorial et du corps de passage). De nos jours, le manoir appartient à une société de placements immobiliers qui le réhabilite.

Période(s) Principale : 2e moitié 14e siècle
Principale : 16e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Secondaire : 2e moitié 20e siècle
Secondaire : 1er quart 21e siècle
Auteur(s) Personnalité : D'Amily René, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Perriot, commanditaire, attribution par source

Situé au creux de la vallée de l'Huisne au nord-est, en contrebas de la route départementale 918, le manoir de Champeaux comprend un bâtiment principal composé de plusieurs corps (logis, corps de passage et dépendances) et trois autres bâtiments à usage de dépendances organisés en "U" autour d'une cour ouverte au sud-est : Le bâtiment principal, constitué de deux ailes perpendiculaires, abrite, sous des toits différents, le logis manorial, un bâtiment en rez-de-chaussée, le corps de passage, une dépendance (à usage probable d'écurie) et une grange organisée en retour d'équerre au sud-est. Le logis manorial, de plan rectangulaire, est en rez-de-chaussée et à un étage carré surmonté d'un comble. Parmi les ouvertures, très modifiées, qui composent ces façades, trois fenêtres à meneaux et traverses ont été conservées (à l'étage : deux au nord-ouest, une au sud-est). Il abrite deux pièces au rez-de-chaussée (dont la salle pourvue d'une cheminée monumentale à hotte pyramidale) et deux chambres à l'étage (également pourvues de cheminée) accessibles par un escalier tournant placé dans une cage dans-oeuvre. Un petit bâtiment en rez-de-chaussée lui est accolé, puis le corps de passage. Ce dernier est percé au rez-de-chaussée d'une porte charretière et d'une porte piétonne en arc brisé (seulement en façade nord-ouest). L'étage, à usage de chambre (pourvu d'une cheminée monumentale), est éclairé au nord-ouest par une fenêtre à meneau et cinq baies, au sud-est par une autre fenêtre à meneau, deux baies et deux fenêtres en plein cintre (percements tardifs). En alignement au sud-ouest se situe l'écurie, puis en retour d'équerre au sud-est, une grange. Cette dernière conserve, au niveau de sa charpente, deux poutres à engoulants (relativement rares dans ce secteur et signe d'ancienneté). Les murs sont en moellons de calcaire couverts d'un enduit plein ou à pierre vue, à l'exception du rez-de-chaussée du corps de passage maçonné en pierre de taille de calcaire. Les encadrements des baies, les contreforts (soutenant exclusivement les façades nord-ouest du logis, du corps de passage et de la grange), la corniche en quart-de-rond (logis, corps de passage et bâtiment intermédiaire) et le rampant sculpté du mur-pignon sud-ouest du logis sont en pierre de taille de calcaire. Les toits sont à longs pans et à croupes (corps de passage) couverts en tuile plate.

Murs calcaire
enduit
moellon
pierre de taille
Toit tuile plate
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans
croupe
pignon découvert
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant
États conservations bon état

L'édifice, non vu lors de l'étude, ne peut être décrit que superficiellement grâce aux documents d'archives consultés et aux notes prises par Nicolas Gauthier, spécialiste de l'architecture seigneuriale percheronne, lors de sa visite du manoir. Champeaux est à mettre en lien avec le manoir du Bois Jolly (également à Margon) et l'abbaye d'Arcisses (à Brunelles). Son histoire, assez bien connue des archives, la conservation d'éléments anciens (corps de passage ; cheminée monumentale, ouvertures et rampants sculptés du logis ; charpentes du logis et de la grange) et son élevage de chevaux percherons de premier ordre à partir de 1850 en font un édifice important à l'échelle cantonale.

Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Eure-et-Loir, G 3510. Échange entre le chapitre de Saint-Jean et Jean d'Amilly, seigneur de la Galaisière, par lequel ledit chapitre abandonne la maison appelée "l'Aistre-du-Masson", paroisse de Margon, contre deux rentes de 30 sous, l'une sur la maison du Lion d'or devant les halles de Nogent et l'autre sur le moulin le Comte.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. 3 P 4763 à 3 P 4771. Plans cadastraux de 1811. par Terrier, ingénieur vérificateur ; Barberi, géomètre de 1ère classe ; Sortais, maire.

Documents figurés
  • Maisons des champs du Perche nogentais, 1450-1560. Photographie noir et blanc./Provost, Gilles. (In : Mémoire de maîtrise d'histoire de l'art sous la direction de Jean Guillaume, université François Rabelais, Tours, 1992.)

  • Maisons des champs du Perche nogentais, 1450-1560. Photographie noir et blanc./Provost, Gilles. (In : Mémoire de maîtrise d'histoire de l'art sous la direction de Jean Guillaume, université François Rabelais, Tours, 1992.)

  • Maisons des champs du Perche nogentais, 1450-1560. Photographie noir et blanc./Provost, Gilles. (In : Mémoire de maîtrise d'histoire de l'art sous la direction de Jean Guillaume, université François Rabelais, Tours, 1992.)

  • Maisons des champs du Perche nogentais, 1450-1560. Photographie noir et blanc./Provost, Gilles. (In : Mémoire de maîtrise d'histoire de l'art sous la direction de Jean Guillaume, université François Rabelais, Tours, 1992.)

  • Carte postale ancienne. Début 20e siècle. (Archives départementales d'Eure-et-Loir).

  • Champeaux, photographie prise dans les années 1980/Adde, Christophe. (In SIGURET, Philippe. Les manoirs du Perche, les amis du Perche. Meaucé : Arts Graphique du Perche, 1991, 150 p.).

  • Maisons des champs du Perche nogentais, 1450-1560. Photographie noir et blanc./Provost, Gilles. (In : Mémoire de maîtrise d'histoire de l'art sous la direction de Jean Guillaume, université François Rabelais, Tours, 1992.)

  • Champeaux, photographie prise dans les années 1980/Adde, Christophe. (In SIGURET, Philippe. Les manoirs du Perche, les amis du Perche. Meaucé : Arts Graphique du Perche, 1991, 150 p.).

  • Plan de localisation des parties constituantes du lieu-dit/Maillard, Florent. (Parc naturel régional du Perche).

Bibliographie
  • Les noms des lieux-dits en Eure-et-Loir. Tome 23, canton de Nogent-le-Rotrou. (Archives départementales d'Eure-et-Loir, E 2).

  • PROVOST, Gilles. Maison des champs du Perche nogentais, 1450-1560. Mémoire de maîtrise d'histoire de l'art sous la direction de Jean Guillaume : Université François Rabelais : Tours : 1992.

  • SIGURET, Philippe. Les manoirs du Perche. Meaucé : Fédération des amis du Perche, Arts graphiques du Perche, 1991. 150 p.

Périodiques
  • SIGURET, Philippe. Les manoirs du canton de Nocé. Manoirs et châteaux du canton de Rémalard. Cahiers percherons, Juillet 1958, n° 6, p. 33.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Parc naturel régional du Perche - Casses Laetitia - Maillard Florent