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Chartres : monument à Louis Pasteur

Dossier IM28000713 réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

Dénominations monument, buste, relief, socle
Titres Louis Pasteur
Aire d'étude et canton Région Centre-Val de Loire
Adresse Commune : Chartres
Adresse : place de la République

Le monument à Louis Pasteur de Chartres est un hommage aux effets bénéfiques des recherches du scientifique sur l'agriculture et à l'expérience menée en 1881 dans la plaine de Beauce sur la vaccination contre le charbon du mouton, à laquelle Pasteur n'a cependant pas pris part directement.

La souscription lancée par le comité à l'initiative du projet recueille 11 301 francs au 28 juin 1901, alors que la dépense pour le projet de Paul Richer est évaluée à 18 550 francs. Ce dernier, sculpteur proche de Jules Dalou et enseignant d'anatomie à l'Académie de Médecine, est en effet chargé à la fois de la partie sculptée et de la partie architecturale, pour laquelle il s'adjoint à Chartres l'architecte Mouton. L'État accorde une subvention de 3 000 francs en juillet 1901, somme portée à 6 000 francs par arrêté du 20 juin 1902.

Le monument est inauguré le 7 juin 1903 sur la place Saint-Michel à Chartres (décision du 12 mars 1902), avant d'être déplacé dans les années 1950 à son emplacement actuel, face à la Préfecture. L'enlèvement des bronzes sous l'Occupation touche le monument qui perd son grand relief (poids du bronze récupéré : 730 kilogrammes). Un comité Pasteur-Ballay est créé à la fin des années 1940 pour rendre leurs bronzes à ces deux monuments chartrains : une souscription est ouverte pour obtenir la somme de 2 500 000 francs nécessaire, le fondeur Hohwiller est chargé des nouveaux bronzes, qui sont inaugurés le 8 octobre 1950. Celui du monument à Pasteur est réalisé à partir des moules originaux, toujours conservés dans les ateliers techniques de la Ville.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle
Secondaire : milieu 20e siècle
Dates 1903, daté par source
1950, daté par source
Stade de création réplique
Auteur(s) Auteur : Richer Paul, sculpteur, signature
Auteur : Hohwiller Marius,
Marius Hohwiller (1887 - 1963)

Les Hohwiller sont une famille de fondeurs de bronze (fonte au sable) actifs à Paris entre 1901 et 1966. Rodolphe (?-1930), Alsacien allemand naturalisé Français, est actif de 1901 à 1930, son fils Marius (1887-1963) prend la relève de 1930 à 1963 puis sa veuve, active de 1963 à 1966.


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fondeur, signature

Le monument se compose d'une partie architecturée d'une monumentalité académique en pierre, encadrant un grand relief en bronze, couronné du buste en marbre de Louis Pasteur, légèrement penché vers le passant.

Catégories sculpture
Matériaux bronze, fonte au sable à découvert
marbre
pierre
Mesures :
Précision dimensions

Dimensions non prises.

Iconographies homme, portrait
homme de sciences, à l'antique
chimiste
expérience
vétérinaire
mouton
cathédrale
volute, ornementation
ornement à forme végétale
Précision représentations

La scène du relief représente une vaccination opérée sur un mouton tenu par un paysan, pratiquée par un vétérinaire accroupi et suivie par trois hommes debout ; à la gauche de ce groupe se tiennent deux hommes effectuant un prélèvement sur un mouton mort ; à la droite se tient un berger habillé d'un épais manteau accompagné de ses moutons. L'ensemble de l'arrière-plan est occupé par un paysage de Beauce d'où émergent à gauche un village et à droite la cathédrale de Chartres.

Le buste de Pasteur qui surmonte le monument est une représentation à l'antique du scientifique, identifié par sa coiffure moderne et le cartouche.

Inscriptions & marques signature, sur l'oeuvre, gravé
marque de fondeur, sur l'oeuvre, gravé
inscription concernant l'iconographie, sur socle indépendant, gravé
Précision inscriptions

Signature (en bas, à droite) : "Paul Richer" ; marque de fondeur (en bas, au centre) : "M. Hohwiller - fondeur Paris" ; inscription concernant l'iconographie (sur le cartouche sous le buste) : "PASTEUR".

Critères pour la protection au titre des Monuments historiques :

- Forme tout à fait originale du monument, reflet de l'hommage (c'est l’œuvre de Pasteur et ses avancées locales qui sont ici célébrées, et non simplement le grand homme) et du contexte artistique (avec la fusion des socles et des statues typiques des recherches d ela fin du XIXe siècle).

- Histoire complexe de ce monument multi-technique (bronze et marbre), amputé sous l'Occupation et aujourd'hui visible dans son intégralité.

- Qualité du relief de Paul Richer, qui s'inscrit dans le corpus des monuments officiels créés par et autour de Jules Dalou pour les institutions parisiennes.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections inscrit MH, 2017/03/23
Précisions sur la protection

Inscription MH par arrêté du 23/03/2017, publication au Journal Officiel le 03/05/2018 : Le monument à Pasteur formé du groupe sculpté en bronze de 1904 situé rue Charles Brune et rue Georges Fessard, tel que représenté en rouge sur le plan joint à l'arrêté (domaine public non cadastré).

Annexes

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. 4T ; 22 (Monuments commémoratifs). Document sans date : "Pasteur Chartres 1903".

    Ces notes avaient peut-être pour but de répondre à la Circulaire aux préfets du 20 mai 1911, demandant complément du Tome IV de l'Inventaire général des richesses de la France portant sur les statues historiques de la France.

    "Histoire : Ce monument est destiné à commémorer la découverte du microbe du charbon annoncée à l'Académie des sciences le 18 février 1881 et les expériences faites en Eure-et-Loir, sous les auspices du Conseil général et particulièrement l'expérience faite le 26 juillet 1881 à la ferme de Lambert, commune de Barjouville qui démontra le caractère contagieux de l'épidémie charbonneuse et l'efficacité de l'inoculation du virus. Le professeur Proust de l'académie de médecine disait en présence de la statue : « Le souvenir qu'elle doit fixer, l'évènement qu'elle relate, il en est peu d'aussi grands. Car, si vous voulez bien y penser, c'est ici, sur ces champs même de Chartres, que fut remportée l'une des plus grandes victoires de la science moderne, une des plus grandes victoires sans larmes qui assurent pacifiquement à l'humanité des victoires définitives. C'est ici même que Pasteur fit une découverte dont la vérité, plus grande en quelque sorte que l'objet auquel elle s'applique, s'étendit immédiatement des animaux, dont les affections charbonneuses préoccupaient seulement les agriculteurs, à toute l'humanité souffrante, qui n'est pas, hélas !, l'humanité guérie, mais l'humanité au moins chaque jour de plus en plus épargnée. » Un comité, sous la présidence de M. Clichy, conseiller général, réunit les fonds nécessaires à la réalisation du projet. L'emplacement du monument fut définitivement fixé place Saint Michel le 12 mars 1902. L'inauguration eut lieu le dimanche 7 juin 1903, lors du comice agricole. Sur l'estrade on remarquait MM. Roujon, directeur des Beaux-Arts, représentant le Gouvernement, Brelet, préfet d'Eure-et-Loir, Vinet et Labiche, sénateurs, Lhopiteau et de Saint-Pol, députés, d'Essart, maire de Chartres, Nocard, délégué du ministre de l'agriculture, Chauveau, de l'académie des sciences, délégué de l'Institut et de la Société de Biologie, le Dr Proust, le Dr Roux, le Dr Chamberland, délégués de l'Institut Pasteur ; MM. Richer, sculpteur et Mouton, architecte du monument.

    Dans une enceinte réservée se trouvaient Mme Pasteur et plusieurs membres de sa famille ; les familles Richer et Jules Maunoury. Les discours furent prononcés par M. Clichy, conseiller général, président du Comité, Fessart, maire de Chartres, Rocard, professeur à l'Ecole d'Alfort, délégué du Ministre de l'agriculture, Chauveau membre de l'Institut, Proust de l'académie de médecine, Chamberland, délégué de l'Institut Pasteur, Roussille, président du comice agricole, Vinet, sénateur, Maunoury médecin, Roujon, directeur des Beaux-Arts, représentant le Gouvernement.

    Le sculpteur du monument est le docteur Paul Richer de l'Académie de Médecine. La face du monument consiste en une vaste plaque de bronze allongée sur un piédestal et ayant pour cadre deux pylones qui servent de soutien à la retombée d'un arc surbaissé couronné par quelques motifs de feuillage. Le sujet représenté sur le bronze a un caractère local. C'est la plaine de Beauce, au nord de Chartres et à quelques kilomètres de cette ville. Sur le haut plateau qui domine la vallée de l'Eure, pour s'étendre ensuite uniforme et monotone, jusqu'à Chateauneuf, la petite commune de Saint-Germain-la-Gâtine apparaît tout au bord de la route de Dreux. Les murs qui enclosent ses chaumières et ses jardins nous semblent tout proches tandis que le village de Berchères-la-Maingot, distant de quelques kilomètres, s'amincit en une longue bande qui émerge des sillons. La cathédrale de Chartres, infiniment petite, dresse sa fière silhouette sur la ligne d'horizon. C'est en effet tout près de Saint-Germain que la scène se passe, dans un champ dépendant de la ferme de M. Maunoury. Le docteur Roux est à genou et inocule le virus du charbon à un mouton que lui présent un jeune berger venu spécialement de l'école des bergers de Versailles, pour surveiller le troupeau d'expérience mis par M. Maunoury à la disposition de Pasteur. Trois hommes suivent, attentifs, cette opération. Ce sont M. Boutet, ancien maire de Chartres (mort en 1891) ; M. le docteur Maunoury, qui fut conseiller municipal et conseiller général ; M. Maunoury, frère du précédent et cultivateur à Saint-Germain-la-Gâtine. Derrière ces trois spectateurs, un autre docteur, le Dr Chamberlain examine un mouton mort du charbon et en extrait le virus. A droite sont parqués des moutons et un vieux berger, revêtu de sa lourde limousine, les garde. »

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives Nationales. F21 ; 7072. (Enlèvement des monuments en bronze sous l'Occupation). Monuments d'Eure-et-Loir.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. 4T/22 (Monuments commémoratifs). Dossier "Érection d'un monument à Pasteur".

  • Archives municipales de Chartres. Ma 8/9 (Monuments commémoratifs). Monument Pasteur. 1901.

  • Archives municipales de Chartres. Ma 8/13 (Monuments commémoratifs). Reconstitution et inauguration des Monuments Pasteur et Noël-Ballay. 1948-1950.

  • Archives municipales de Chartres. Ma 8/17 (Monuments commémoratifs). Enlèvements des statues Pasteur et Noël-Ballay.

  • Musée d'Orsay (documentation sculpture). Dossier par artistes. Paul Richer.

Périodiques
  • SALOMON-BAYET, Claire. La Gloire de Pasteur. Romantisme, 1998, vol.28, n°100, p.159-169

    p.159-169

Liens web

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