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Château de Blois, jardins

Dossier IA41000077 inclus dans Château de Blois réalisé en 1988

Fiche

Au début du XVIe siècle, le jardin bas constitue le jardin d'agrément par excellence, où le roi affectionne les promenades à pied depuis son logis jusqu'à l'oratoire du pavillon, où il se rend souvent pour assister aux offices ; beaucoup plus soigné dans sa composition, il apparaissaît, grâce aux constructions qui l'ornaient, comme le prolongement de la résidence royale.

Nous ne connaissons pas les essences végétales qui ornaient les parterres, mais on imagine une subtile alliance de bordure de buis taillés entourant les espèces les plus variées. Les illustrations du livre d'heures d'Anne de Bretagne ne représentent pas, comme on l'a dit souvent, un catalogue des plantes des jardins de Blois,mais traduisent seulement l'intéret de la reine pour la Botanique. Parmi les espèces cultivées, le rosier très fréquent à cette date, garnissait, avec les treilles de vigne et de plantes grimpantes, les berceaux de charpente des galeries. Les plantations du jardin haut, mieux connues, se limitaient à des arbres fruitiers et à des cultures potagères souvent nouvelles en France : on y avait acclimaté avec les artichauts, les asperges, les salades, comme la chicorée ainsi que d'autres "fruitaiges et herbaiges creües". On tenta aussi d'y cultiver des melons et d'autres plantes peu compatibles avec le climat du val de Loire : le murier blanc ou le figuier, importés en 1510, qui ne résistèrent pas aux premières rigueurs du temps (48). Le verger, important, était célèbre pour ses pruniers, ses vignes en espalier et ses orangers cultivés dans des caisses pouvant être mises à l'abri.

Pour compléter cette restitution des jardins de Blois sous le règne de Louis XII, il convient aussi d'évoquer les activités dont ils étaient le cadre ; partie intégrante du château, les jardins offraient un espace nouveau pour la vie de cour par les fêtes et les jeux qui s'y déroulaient. Les galeries de verdure permettaient de suivre le jeu de "longue paulme" grâce aux petites vues ménagées dans le mur séparant le jardin bas de celui de Bretonnerie (49). L'utilisation des galeries comme manège à chevaux, bien que difficilement imaginable à cause de leur étroitesse, est cependant évoquée par Antonio de Béatis qui ne manque pas d'observer que leur faible hauteur les rend impropre à cette activité (50). Mais il a pu confondre, l'emplacement de ces activités cavalières, qui se déroulaient habituellement aux lices, de l'autre côté du fossé ouest. Les jardins de Blois possédaient aussi de nombreux animaux : les cygnes, les paons et les canards y évoluaient en toute liberté, des volières abritaient des oiseaux rares et des animaux sauvages étaient enfermés dans des cages. Louis de Bologne affirme y avoir vu un porc-épic et une autruche, et tous les témoignages contemporains rapportent les ravages fréquents de ces animaux sur les plantations (51).

Sans doute assez proches par leur structure des jardins de la fin du XVe siècle, et certainement fort éloignés des réalisations italiennes, les jardins de Blois et d'Amboise représentent néanmoins une innovation sans précédent, rapidement imitée dans les résidences des grands personnages du royaume. Postérieurs de quelques années seulement, les jardins du cardinal d'Amboise à Gaillon s'inspirent du modèle royal. Plus qu'un simple espace végétal joignant le château, les jardins de Louis XII, apparaissent comme le prolongement de la résidence avec laquelle ils forment un ensemble : au même titre que le nouvel emplacement du logis dans la cour et que son ouverture vers l'extérieur, ils rompent par leur étendue et leur relation avec le château, avec la tradition médiévale. Cette création contribuera à transformer l'image du château qui déborde de son cadre habituel et des limites fortifiées qui le cantonnaient jusque-là à l'espace de l'éperon. Michel Melot a souligné avec justesse, combien cet ensemble château et jardins illustre une nouvelle manière de vivre et inaugure un autre mode de gouvernement et de diplomatie, où la mise en scène des lieux revêt une signification nouvelle dans la France du début du XVIe siècle (52).

Parties constituantes non étudiées pavillon de jardin, orangerie
Dénominations jardin
Aire d'étude et canton Blois centre
Adresse Commune : Blois
Cadastre : 1980 DN
Période(s) Principale : 15e siècle
Principale : 1er quart 16e siècle
Auteur(s) Auteur : auteur inconnu,
États conservations détruit
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Bibliographie
  • COSPEREC, Annie. Blois : la forme d'une ville. Paris : Imprimerie nationale, 1994. (Cahiers du patrimoine, 35).

    p. 117-122
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Cosperec Annie