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Château de Chaumont-sur-Loire

Dossier IA41000888 réalisé en 2009

Fiche

  • Châtelet d'entrée.
    Châtelet d'entrée.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • glacière
    • puits
    • réservoir
    • conciergerie

Le domaine de Chaumont-sur-Loire est propriété de la Région Centre-Val de Loire depuis 2007, suite au transfert de monuments nationaux appartenant à l'Etat à certaines collectivités territoriales. C'est l'établissement public de coopération culturelle du même nom qui en assure aujourd'hui la valorisation. Celle-ci s'articule autour de trois axes : le caractère patrimonial et historique de ce site majeur du Val de Loire, la création paysagère dans le cadre du festival International des Jardins organisé chaque année, mais aussi l'art contemporain.

Dans le cadre de sa mission d'inventaire général du patrimoine culturel, la Région a également publié un ouvrage intitulé "Chaumont-sur-Loire. Un château, un bourg" (collection Images du Patrimoine) en 2001.

Ce dossier électronique sur le château et ceux consacrés aux écuries et à la ferme modèle sont issus de ce travail et d'une série de campagnes photographiques réalisées par le service patrimoine et inventaire entre 2007 et 2010.

Appellations château de Chaumont-sur-Loire
Destinations lieu d'exposition
Parties constituantes non étudiées glacière, puits, réservoir, conciergerie
Dénominations château fort, château
Aire d'étude et canton Domaine de Chaumont-sur-Loire
Adresse Commune : Chaumont-sur-Loire
Cadastre : 1809 A1 847 cadastre napoléonien ; 2017 AE 119
Précisions

Forteresse bâtie au 10e siècle par Eudes 1er, comte de Blois, pour protéger son territoire contre la maison d'Anjou, le château de Chaumont échoit dès 1054 à la famille d'Amboise. Détruite en 1465 sur ordre de Louis XI en représailles contre Pierre d'Amboise, la forteresse est rebâtie une première fois, de 1465 à 1481. Cette reconstruction, opérée dans un style gothique défensif, marque les ailes nord (détruite) et ouest, la tour dite d'Amboise et les deux travées de l'aile sud du château. Puis, à partir de 1498, sont édifiés les ailes est et sud, le châtelet d'entrée, le grand escalier sur cour et la chapelle où apparaissent des éléments italianisants propres à la Renaissance. Louis XII et Anne de Bretagne étant venus rendre visite à leur vassal en 1503, leur monogramme ("L" et "A") est apposé au-dessus de la herse du châtelet d'entrée.

Diane de Poitiers qui a reçu le château de Catherine de Médicis en échange de celui de Chenonceau fait achever les parties hautes de l'aile orientale, de la tour Saint-Nicolas et du châtelet d'entrée (le chemin de ronde arbore d'ailleurs son monogramme de "D" entrelacés).

Il faut ensuite attendre le milieu du 18e siècle pour que de notables modifications soient apportées au château. C'est probablement Jacques Donatien de Ray, intendant des Invalides, qui fait démolir l'aile nord ouvrant la cour du château sur la Loire.

Au 19e siècle, ses successeurs restaurent, agrandissent et modernisent la propriété dans l'esprit historiciste de la période. Le vicomte de Walsh fait réaliser des décors muraux, modifier le pont dormant du pont-levis, les façades sur cour et ajouter des échauguettes, un portique sur l'aile sud et des pinacles sur la chapelle par l'architecte Jules-Edouard Potier de La Morandière dans le style néo-Louis XII. Ce sont surtout le prince et la princesse Henri-Amédée de Broglie qui, à partir de 1877, consacrent leur fortune au domaine. Paul-Ernest Sanson restaure les façades du château, modernise l'intérieur et le dote de décors néo-gothiques flamboyants. Il restaure également la chapelle dans un style néo-Renaissance entre 1884 et 1886 (les vitraux de Georges Bardon sont posés en 1888).

Suivent ensuite la création des écuries par Sanson, celle du parc à l'anglaise par Henri Duchêne et enfin celle d'une ferme modèle par l'architecte tourangeau Marcel Boille. A partir de 1930, le domaine est morcelé. Vendu à l'État par la princesse de Broglie en 1938, il devient propriété de la Région Centre-Val de Loire en 2007 qui procède alors à de nombreux aménagements sur l'ensemble du domaine.

Période(s) Principale : 2e moitié 10e siècle, 15e siècle, 16e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Potier de La Morandière Jules-Édouard,
Jules-Édouard Potier de La Morandière , né(e) Delamorandière (1813 - 1905)

Notice biographique synthétique : https://structurae.info/personnes/jules-potier-de-la-morandiere


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architecte, attribution par source
Auteur : Sanson Paul-Ernest, architecte, attribution par source
Auteur : Duchêne Henri,
Henri Duchêne (1841 - 1902)

Henri Duchêne est un ingénieur, architecte et paysagiste français de renommée internationale.


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paysagiste, attribution par source
Auteur : Boille Louis Marie Marcel,
Louis Marie Marcel Boille (1850 - 1942)

Architecte.


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Personnalité : Poitiers Diane (de), commanditaire, attribution par source
Personnalité : Amboise Pierre (d'), commanditaire, attribution par source
Personnalité : Amboise Charles Ier (d'),
Charles Ier (d') Amboise (1430 - 1481)
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Personnalité : Amboise Charles II (d'),
Charles II (d') Amboise (1473 - 1511)
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Personnalité : Amboise Georges (d'),
Georges (d') Amboise (1460 - 1510)

Cardinal


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Personnalité : Le Ray Jacques-Donatien,
Jacques-Donatien Le Ray (1726 - 1803)
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Personnalité : Walsh Joseph-Édouard,
Joseph-Édouard Walsh (1805 - 1884)

Vicomte


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Personnalité : De Broglie Marie-Charlotte-Constance,
Marie-Charlotte-Constance De Broglie , né(e) Say (1857 - 1943)
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Personnalité : De Broglie Henri-Amédée,
Henri-Amédée De Broglie (1849 - 1917)

Prince


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Le château s'articule autour d'une cour rectangulaire ouverte au nord sur la Loire et fermée par trois corps de bâtiments à l'ouest, au sud et à l'est. Un châtelet d'entrée composé d'un pont-levis et de deux tours, dites du roi et de Diane, en forme l'accès à l'angle sud-est. L'aile ouest est pourvue, à son angle sud, d'une tour ronde dite d'Amboise et d'une tour de flanquement carrée au milieu de sa façade sur jardin. L'aile est se termine au nord par une chapelle placée sous le vocable de Saint-Nicolas, donnant sur la cour, et d'une tour du même nom côté jardin.

Pour rattraper la pente du terrain sur lequel elles ont été construites, les trois ailes du château s'élèvent sur un à deux étage(s) de caves, un rez-de-chaussée, un à deux étage(s) carré(s) et un étage de comble. Du côté cour, l'aile sud est marquée par un portique ainsi que par une tour d'escalier polygonale intégrée au corps de logis et inspiré de celui édifié dans l'aile François Ier du château de Blois. L'aile ouest est également pourvue d'un escalier demi-hors-œuvre de moindre importance.

Les toitures des tours rondes dites d'Amboise, du roi, de Diane et de Saint-Nicolas sont à égouts retroussés (à l'inverse du reste des toitures formées de pans droits).

Au sud-est du domaine s'élèvent les écuries princières conçues autour deux cours juxtaposées. Adossées à celles-ci, au sud, se trouve la ferme modèle composée d'une quinzaine de bâtiments réunis autour d'un abreuvoir central rectangulaire.

Murs pierre grand appareil
brique pierre avec brique en remplissage
Toit ardoise
Plans plan régulier en U
Étages 2 étages de sous-sol, 2 étages carrés, 2 étages de comble, rez-de-chaussée
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans croupe
toit conique
toit à longs pans pignon découvert
toit à longs pans croupe polygonale
toit en pavillon
toit polygonal
Escaliers escalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis sans jour, en maçonnerie
escalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis sans jour, en maçonnerie
escalier dans-oeuvre
escalier dans-oeuvre
escalier de distribution extérieur : escalier de type complexe
États conservations bon état, restauré, remanié
Techniques sculpture
vitrail
peinture
ferronnerie
Représentations armoiries, blason, monogramme, phylactère, porc-épic de Louis XII, hermine, feuillage, couronne, accolade, fleur de lys, tresse, drapeau, putto, chimère, coquille Saint-Jacques, colonne, pinacle, fronton
Précision représentations

Les élévations sur cour et jardin ainsi que les épis de faîtage et les souches de cheminée portent des décors sculptés individualisés ou disposés en frise. Ils se composent d'armoiries, de chiffres, d'emblèmes, de figures anthropomorphiques et chimériques, de motifs végétaux ou encore d'éléments caractéristiques des style néo-gothique ou néo-Renaissance.

Les espaces intérieurs du château disposent également de leur propre ornementation reprenant ces mêmes sujets de représentation au niveau des plafonds, des noyaux et limons des escaliers, des manteaux de cheminées, des murs de plusieurs salles et finalement des encadrements de fenêtres. Ces éléments sont majoritairement sculptés ou peints.

Statut de la propriété propriété de la région
Éléments remarquables château
Sites de protection site classé
Protections classé MH, 1840, 1937/07/29, 1955/03/23
Précisions sur la protection

Le château : classement par liste de 1840 - Les immeubles constituant la partie du domaine dite La Pommeraie (cad. A 718p, 719, 821 à 827, 828p) : classement par arrêté du 29 juillet 1937 - L'ensemble du domaine (cad. A 25 à 28, 32 à 40, 41p, 42 à 44, 45p, 73p, 74p, 715, 716p, 718p, 783, 784p, 785 à 813, 816, 816bis, 818, 828p, 829, 830, 831p, 832p, 833, 834, 837 à 848, 849p, 850 à 902, 904 à 916, 917p, 918p, 919 à 927, 928p, 930p, 931 à 935) : classement par arrêté du 23 mars 1955.

Annexes

  • Synthèse sur les éléments de décor du château de Chaumont-sur-Loire

    Méthodologie

    Cette annexe est issue d’un travail de stage qui avait pour objet de réaliser le dossier électronique d'inventaire du château de Chaumont-sur-Loire et de son domaine en faisant la synthèse des travaux de Marie-Agnès Férault (publiés dans la collection Images du Patrimoine sous le numéro 270 : Chaumont-sur-Loire. Un château, un bourg.) et des collections photographiques du service Patrimoine et Inventaire de la Région Centre-Val de Loire.

    Les décors qui y sont mentionnés ne relèvent pas d’une volonté de description exhaustive.

    I. Décor d’architecture des élévations des façades sur jardin

    Les mâchicoulis du chemin de ronde de l'aile ouest sont décorés de motifs d'accolades flamboyantes, également visibles sur certaines souches de cheminées sculptées.

    Sur les deux tours du châtelet d'entrée, celle dite d'Amboise, ainsi que sur les façades sur jardin des ailes est et sud (excepté sur les deux dernières travées ouest) court une frise sculptée où alternent le double "C" de Charles II d'Amboise et la représentation d’une montagne enflammée. Cette dernière constitue les armes parlantes de la famille Chaumont-Amboise et est employée comme un jeu de mots puisque le syntagme "mont chaud", lorsqu'il est inversé, forme le terme "Chaumont".

    Sur les deux tours situées de part et d'autre de la herse d'entrée, on peut voir à droite, les armes de Charles II d'Amboise portées par deux hommes sauvages, et à gauche, celles de Georges d'Amboise surmontées d'un chapeau de cardinal (titre reçu en 1498) et d'une croix de procession (le cardinal était également archevêque de Rouen puis de Narbonne), qu’entourent deux cordelettes à trente glands. Ces décors ont été bûchés à la Révolution, puis restaurés et complétés lors des importantes campagnes de restauration au 19e siècle. L'entrée est quant à elle surmontée des armes de France avec le monogramme de Louis XII et d'Anne de Bretagne ("L" et "A"). Placé en-dessous, une niche surmontée d’un dais à coquille a perdu la statuette qu’il contenait.

    Sous le porche, le sommet de l’arc formant l’entrée sur la cour est orné d’une mosaïque de carreaux peints figurant une scène de chasse (un sanglier poursuivi par deux chiens).

    Parmi les notables éléments de décor présents sur les élévations sur jardin, on trouve par ailleurs une succession de bas-reliefs ornant le chemin de ronde qui s'étend depuis l'aile sud jusqu'à l'aile est en passant par le châtelet d'entrée. Ce dernier repose en effet sur des mâchicoulis en pyramides inversées à degrés, dont les linteaux sont notamment ornés du monogramme sculpté de Diane de Poitiers ("D").

    Sur l'aile est et la tour Saint-Nicolas, la jonction entre le soubassement et le rez-de-chaussée est décorée d'une frise sculptée représentant une tresse de rubans aux boucles desserrées.

    II. Décor des élévations des façades sur cour

    Dans la cour, l'aile ouest est percée de baies à meneaux et croisillons de bois pour le premier étage, et de pierre pour le rez-de-chaussée. La mouluration de leurs chambranles se compose, en partie haute, d'un linteau sculpté de motifs végétaux retombant de part et d'autre sur des culots. Quant aux éléments inférieurs, ils se composent de baguettes croisées formant des colonnettes dont la base repose sur les appuis de fenêtre. Une petite porte complète la façade et est mise en valeur par un gâble en accolade décoré de choux frisés et dont le tympan accueille un blason couronné.

    Les étroites fenêtres de la cour d'escalier octogonale demi-hors-d’œuvre sont parées d'un linteau sculpté en accolade. Ouvrant vers la Loire, la porte de ce même escalier est également traitée dans un style néo-gothique : surmontée d’un gâble se terminant en pinacles à feuilles de choux et décorés de motifs végétaux, le tympan de cette porte est décoré d’un demi-relief représentant deux femmes en habits médiévaux tenant le blason de Charles Ier d’Amboise. Les moulurations de la porte se composent également, de part et d'autre, d'un réglet et de deux baguettes se terminant en colonnettes.

    Cette aile se termine, côté Loire, par deux échauguettes d’angle rondes soutenues par des culs-de-lampe coniques dont l’extrémité est ornée d’une sculpture représentant un cygne percé de flèches, emblème commun à Louise de Savoie et Claude de France.

    Les lucarnes-pignons situées à l'étage de comble sont en pierre. Surmontées d’un gâble, elles présentent à leur base deux représentations chimériques, et sont également ornées de choux frisés et d’un fleuron.

    La façade sur cour de l’aile sud est marquée par deux éléments importants : à l’est, par la tour d’escalier et, sur le reste du rez-de-chaussée, par un portique dont les arcades sont soutenues par des piliers carrés à chapiteaux sculptés ornés de motifs végétaux.

    L’escalier marque la jonction entre le châtelet d’entrée et le reste de l’aile, dans un style préfigurant le grand escalier de l’aile François Ier du château de Blois. Deux travées s’ouvrent sur la cour et l’une d’entre elles est d’ailleurs formée de baies dont les allèges rampantes suivent l’orientation oblique des marches, rendant ainsi aisément identifiable la fonction de cette tour dans l’ensemble du bâti. Les contreforts terminés en pinacles à chevrons ainsi que l’allège rampante du premier étage sont ornés de rinceaux, d’entrelacs et de grotesques appartenant au répertoire italianisant de la première Renaissance. On retrouve également sur cette dernière les armoiries du cardinal Georges d’Amboise. La jonction entre la toiture et le mur de cette tour est marquée par un garde-corps orné de motifs géométriques hérités du gothique flamboyant.

    Les lucarnes de l’aile sud sont, elles-aussi, réalisées en pierre (à l’exception de celle jouxtant le grand escalier qui est en bois et de moindre dimension) et pourvues de fleurons à choux frisés.

    A l’angle sud-est, la partie inférieure du châtelet d'entrée est formée d'une large arcade s’ouvrant sur la cour en arc brisé. Son chambranle sculpté est constitué de deux cavets séparés par une baguette : l'ensemble se termine à mi-hauteur du côté gauche par un culot en pyramide inversée à degrés. Cette entrée est surmontée d’une coursive à créneaux dont l’élément central est orné du chiffre de Charles II traité en bas-relief.

    La façade sur cour de l’aile est s’élève de deux étages carrés et d’un étage de comble, repérable aux discrètes lucarnes en pavillon couvertes d’ardoises et coiffées d’épis de faîtage en zinc. Le pignon à crochets qui se détache sur la toiture d’ardoise marque la séparation entre le corps de logis et la chapelle.

    Les baies des trois niveaux sont pourvues de croisillons et de meneaux en pierre. Les fenêtres du dernier niveau sont marquées d’un unique croisillon tandis que les autres en comptent deux. L’ensemble des chambranles de cette aile se compose de moulurations aux motifs végétaux (pour le premier étage) et de cavets et baguettes retombant en colonnettes (rez-de-chaussée et deuxième étage). Les fenêtres du deuxième étage reçoivent un fronton à gâble orné de choux frisés et d’un fleuron, encadré de pinacles s’appuyant sur des culots à feuillage et fruits (grappes de raisin) : ces éléments de décors octroient ainsi aux baies une forme de lucarnes.

    Au deuxième étage, un balcon s’étend sur toute la longueur du corps de logis et arbore un garde-corps orné de motifs flamboyants. Sa console est décorée de coquilles et d’une frise de feuillage supportée, au nord, par un atlante et, au sud, par un animal fantastique. L’ensemble est complété de deux gargouilles, l’une anthropomorphe, l’autre chimérique, qui s’avancent vers la cour.

    Un demi-relief figurant un porc-épic couronné est apposé au centre de la façade, au premier étage, en signe du ralliement de la famille Chaumont-Amboise à Louis XII. Le linteau de la porte la plus au sud du rez-de-chaussée de l'aile est est orné d'un blason à fleurs de lys sur lequel est posée une couronne.

    Au nord-est, le premier étage de la chapelle castrale adossée à la tour Saint-Nicolas est marqué par de hautes et étroites fenêtres en tiers points aux chambranles sculptés de cavets et couronnées d’un gâble en accolade dont les rampants sont décorés de choux frisés et de fleurons. Les pans du chevet de la chapelle sont séparés par des pinacles à choux frisés.

    La jonction entre les deux niveaux (le plus élevé étant en léger retrait) est marquée par une coursive dont le garde-corps affiche des motifs flamboyants, à l’instar de celui placé à la base de la toiture. A la jonction entre le chœur et la nef, le garde-corps se termine par un élément sculpté représentant les armoiries du cardinal Georges d’Amboise. Il est également ponctué, sur toute sa longueur, de gargouilles saillantes inspirées du bestiaire fantastique gothique.

    L’épis de faîtage de la chapelle prend la forme d’une croix dont les branches sont reliées par un cercle, schéma caractéristique d’une croix nimbée.

    La cour est dotée d’un puit circulaire en pierre de taille dans sa partie nord-ouest. Ce dernier repose sur une estrade de pierre et est complété par une poulie en fer forgée élégamment ouvragée formant volutes et fleurons. Son décor de feuilles d’acanthe aux angles est complété, en alternance, par la représentation de vases à fleurs et d’un archer.

    III. Décors des toitures

    Les toitures d'ardoise sont couronnées d'épis de faîtage en plomb aux motifs végétaux gothicisants (fleurons et choux frisés) ou en forme de fanion, tandis que les bandes de filet sont traitées en "vagues" ou en plis à la base des plombs de faîtage.

    Les souches de cheminées réalisées par La Morandière adoptent un décor de brique et d'ardoise en référence au style Louis XII. A l'inverse, celles remaniées par Sanson sont faites d'un appareillage mixte composé de pierre de taille et de brique inspiré du style commandité par Diane de Poitiers pour les parties hautes du châtelet d'entrée.

    IV. Décors d'architecture des intérieurs

    Les décors les plus remarquables des intérieurs du château se situent notamment au niveau de la chapelle. Restaurée dans un style éclectique propre au 19e siècle, elle arbore un mélange d’éléments néo-gothiques (moulurations diverses dont plusieurs dais, des gâbles à fleurons de choux frisés, des fenêtres en arc brisé, etc.) et néo-Renaissances (telles qu’au niveau des arêtes de voûte et de la clé de voûte du chœur ou encore de la frise à arcatures à redents qui orne les murs de la nef). Le plafond de cette chapelle est voûté d’ogives.

    Les armoiries de Jacques-Donatien Le Ray qui ornent la clé de voûte du chœur, bien que bûchées à la Révolution, sont encore suffisamment lisibles pour être reconnaissables aujourd’hui ("d'argent au chevron de gueules accompagné de deux étoiles de sable en chef et d'une raie dans une mer de même en pointe").

    Une tribune de pierre du 16e siècle décorée de pinacles s’élève au fond de la pièce, formant un plafond de croisées d’ogives aux nervures saillantes reposant sur des culots moulurés. Une colonne torsadée décorée de rinceaux et de coquilles, datant du 16e siècle, complète l’arrière de la chapelle.

    L’autel de bois finement sculpté et doré est éclairé par une série de vitraux de la fin du 19e siècle réalisés par le maître verrier Georges Bardon (1846-1905) d’après les cartons du peintre d’histoire Jean-Paul Laurens (1838-1921). Ils illustrent l’histoire de la famille des Chaumont-Amboise, la fondation du château et, au centre, le Jugement Dernier. Le vitrail de l’abside gauche représente ainsi la réunion des Etats de Bourgogne en 1477, où furent présents les membres de la famille Chaumont-Amboise.

    Au premier étage de l'aile est, plusieurs baies sont composées de remplois de vitraux du 16e siècle à décor de rinceaux, de chérubins, de putti, de couronnes et de trophées.

    Le grand escalier situé à la jonction entre le châtelet d’entrée et l’aile sud est un autre élément majeur des intérieurs du château en matière d’ornementation. Le noyau de l’escalier est richement décoré de niches à gâble contenant une colonnette surmontée d’une coquille sculptée qui épousent le mouvement ascensionnel de la vis.

    La frise courante du limon présente un changement dans le décor sculpté : aux arcs trilobés succèdent des feuilles d’acanthe aux contours chantournés. Cette même frise s’appuie à intervalles réguliers sur des culots sculptés aux représentations variées (végétales comme anthropomorphiques).

    Quant à la structure voûtée et aux profils des nervures de couvrement, œuvre de la Morandière, ils sont directement inspirés de l’escalier de l’aile François Ier de Blois. Le garde-corps du dernier palier reprend néanmoins des remplages à motifs flamboyants.

    Les remarquables sculptures réalisées sur le manteau de la cheminée située dans la salle à manger de l’aile sud (rez-de-chaussée) s’inspirent de motifs végétaux et animaliers (escargots) venant compléter la double représentation du blason de Charles II d’Amboise, tenu par deux hommes sauvages, et de celui de son père, Charles Ier, présenté par deux femmes en habits médiévaux.

    Dans la même pièce, les poutres du plafond exhibent des décors peints polychromes (musiciens en habits médiévaux), représentatifs du style troubadour très en vogue au 19e siècle, qui furent découverts en 2005-2006.

    La voûte peinte du premier étage de la tour d'Amboise (aile ouest) affiche un décor polychrome de monogrammes ("L" de Louis XII et "A" d’Anne de Bretagne) ornés de motifs végétaux (iris, œillets, bleuets et glaïeuls). S'y trouvent également les blasons d'Anne de Bretagne (fleurs de lys de son époux royal à dextre et queues d'hermine de son père à senestre, accompagné de la devise "pietate et justitia" sur phylactère), du duc de Bretagne et de Louis XII. Chacun des huit voûtains comporte ainsi l'un de ces motifs disposés en alternance sur l’ensemble de la voûte.

    L'embrasure d’une fenêtre de cette même tour est également ornée de peintures polychromes représentant, à droite, les attributs d'Anne de Bretagne (une hermine portant le blason de la reine entourée de fleurs et de deux phylactères sur lesquels sont respectivement inscrits : "pietate et justitia" et "Anna regina") et, à gauche, ceux de Louis XII (un porc-épic couronné entouré de fleurs et de deux phylactères sur lesquels sont respectivement inscrits : "cominus et eminus" et "Ludovicus rex"). L'ensemble est complété sur le plafond central par les armoiries de Louis XII (deux porcs-épics tenant un blason couronné à fleurs de lys sur fond d'azur).

    Les vitraux situés au deuxième étage de la tour d'Amboise représentent, dans la partie supérieure, deux putti portant des éléments décoratifs (corde à trois glands pour l'un, élément à tête de cheval pour l'autre).

    Enfin, le plafond de la tour d’escalier de l’aile ouest est formé d’une enrayure de bois, au centre de laquelle est sculptée une clé représentant un ange tenant un blason que l’on ne peut aujourd’hui plus identifier.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales du Loir-et-Cher. F 793. Port : plan. 1822.

  • Archives départementales du Loir-et-Cher. F 1416. Notes générales sur les articles de journaux publiés dans les journaux du Loir-et-Cher et mes découvertes en ce pays par Ludovic Guignard de Butteville. 1850-[19..].

  • Archives départementales du Loir-et-Cher. F 2071 à 2074. Fonds Guilpin. 1875-1916.

  • Archives départementales du Loir-et-Cher. 6 Fi 045. Cartes postales.

  • Archives départementales du Loir-et-Cher. 9 Fi. Fonds Lesueur : photographies.

  • Archives départementales du Loir-et-Cher. 13 Fi. Fonds d’Harambure : photographies et cartes postales.

  • Archives départementales du Loir-et-Cher. 176 FiV 40. Fonds Robert-Houdin. Domaine et ferme. 1938.

  • Archives départementales du Loir-et-Cher. G 1245. Cahier de recettes de la paroisse. 1483.

  • Archives départementales du Loir-et-Cher. 16 H 62. Abbaye de Marmoutier, titres du prieuré de Chouzy : copie d’une déclaration censuelle. 1694.

  • Archives départementales du Loir-et-Cher. 17 H 1, 12, 32, 66. Abbaye de Pontlevoy : généralités, titres de propriété, registres de recettes et de rentes. 11e-18e siècles.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. 30 J 27. Fonds Boille.

  • Archives départementales du Loir-et-Cher. 127 J 52. Fonds Robert-Houdin. Château : devis et mémoires de travaux. 1945-1948.

  • Archives départementales du Loir-et-Cher. L 752 et L 753. Travaux au port de Chaumont. 1784-1792.

  • Archives départementales du Loir-et-Cher. 6 O 45/1 à 45/8. Chaumont-sur-Loire, bâtiments communaux.

  • Archives départementales du Loir-et-Cher. 3 P 2/45. Cadastre napoléonien : plans. 1809.

  • Archives départementales du Loir-et-Cher. 3 S 8. Bacs sur la Loire dans le département du Loir-et-Cher : état descriptif et situation. 1816.

  • Archives départementales du Loir-et-Cher. 3 S 161. Cale d’abordage de la Tuilerie et port de Chaumont. 1845-1903.

  • Archives nationales, Paris. Série 143 AP 4. Fonds Sanson.

  • Archives nationales. F 14 560. Construction du port de Chaumont. 1784-1790.

  • Archives nationales. F 14* 8493. Atlas de Trudaine pour la généralité d’Orléans, vol. II : Grande route de Paris en Espagne depuis Orléans jusqu'au Hautes-Veuves. 1745-1780.

  • Archives nationales. F 14 10066(8), pièce 6, pl. 25. Carte de la Loire, partie allant de Sandillon jusqu’à Paimbeuf. 1863.

  • Archives nationales. N II Loir-et-Cher 3. Plan de la seigneurie de Chaumont. 1702.

  • Bibliothèque nationale de France. GE DD 2987, Département des cartes et plans, collection d’Anville. Plan des environs de Chaumont-sur-Loire. Vers 1675.

  • Bibliothèque nationale de France. Topo Va, 15 A. Département des estampes et de la photographie.

  • Médiathèque de l’architecture et du patrimoine. 0080/040/0015, 0081/041/0061 et 0081/041/0074. Domaine de Chaumont-sur-Loire.

  • Médiathèque de l’architecture et du patrimoine. ETU/0623. Projet de réhabilitation de la ferme du château : étude documentaire. 1993-1994.

  • Direction régionale des affaires culturelles du Centre, conservation régionale des Monuments historiques. Chaumont-sur-Loire : études pour le château et le parc. 1994, 2005, 2006.

  • Direction régionale des affaires culturelles du Centre, conservation régionale des Monuments historiques. 41045-NONPRO(2), dossier Objets Mobiliers. Restauration des statues de l’église de Chaumont-sur-Loire : rapport de restauration. 2000.

Documents figurés
  • Vues des châteaux du Blésois au XVIIe siècle / André Félibien. Dessins illustrant le manuscrit des Mémoires pour servir à l'histoire des maisons royalles et bastimens de France par Pierre et Frédéric Lesueur, conservé au château de Cheverny.

  • Château de Chaumont (Loir-et-Cher) d’après les restaurations de Sanson, architecte / Séraphin-Médéric Mieusement. 1890. Photographie.

Bibliographie
  • ASSOCIATION CHAUMONT-SUR-LOIRE AU FIL DU TEMPS. Balade au fil du temps à Chaumont-sur-Loire vers 1900 en compagnie du peintre aquarelliste Eugène Renou. Blois : Imprimerie Rollin, 2008. ISBN 978-2-9533139-0-1.

  • BABELON, Jean-Pierre. Châteaux de France au siècle de la Renaissance. Flammarion : Picard, 1989.

  • BARDET, Jean-Pierre, MOTTE, Claude. Paroisses et communes de France : dictionnaire d'histoire administrative et démographique, Loir-et-Cher. Paris : CNRS Éditions, 1997. ISBN 2-271-05482-6.

  • BASSAN, Chantal, BASSAN, José. La maison d’école : l’enseignement primaire à Chaumont-sur-Loire au XIXe siècle. [Chaumont-sur-Loire] : Association Chaumont-sur-Loire au fil du temps, 2007.

  • BOSSEBOEUF, Louis-Auguste. Le château de Chaumont dans l’histoire et les arts. Tours : Alfred Mame et fils Imprimeurs, 1906.

  • Congrès archéologique de France, Blésois-Vendômois, 139e session, XXXII, 1981. Paris : Société française d'archéologie et Musée des monuments français, 1986.

  • [Exposition. Paris, Musée national du Moyen Âge-thermes et hôtel de Cluny. Écouen, Musée national de la Renaissance. 2007-2008]. L'art des frères d'Amboise : les chapelles de l'hôtel de Cluny et du château de Gaillon. Réd. Agnès Bos, Thierry Crépin-Leblond, Xavier Dectot et al. Paris : RMN, 2007. ISBN 978-2-7118-5296-3.

  • FÉLIBIEN, André. Mémoires pour servir à l’histoire des maisons royalles et bastimens de France, 1681, publiés par A. de Montaiglon. Paris : J. Baur, 1874.

  • FRANGE, Claire. Le style Duchêne : Henri et Achille Duchêne, architectes paysagistes, 1841-1947. Neuilly : Éditions du Labyrinthe, 1998. ISBN 2-913440-00-2.

  • GÉBELIN, François. Les châteaux de la Loire. 3e éd. rev. Paris : Alpina, 1957.

  • GUIGNARD DE BUTTEVILLE, Ludovic. Découverte à Chaumont-sur-Loire. L’Avenir de Loir-et-Cher, 1897.

  • LARSABAL, Corinne. Le parc du château de Chaumont-sur-Loire. Historique et problématique. S.l. : s.n., 1992. Mémoire de certificat d'études approfondies en architecture : École d’architecture de Versailles : 1992.

  • LESUEUR, Frédéric. Les églises de Loir-et-Cher. Paris : Picard, 1969.

  • LESUEUR, Frédéric, LESUEUR, Pierre. Vues des châteaux du Blésois au XVIIe siècle, par André Félibien. Dessins illustrant le manuscrit des Mémoires pour servir à l'histoire des maisons royalles et bastimens de France, conservé au château de Cheverny. Paris : Ch. Massin, 1911.

  • LIÉVAUX, Pascal. Les écuries des châteaux français. Paris : Éditions du patrimoine, 2005. ISBN 2-85822-859-0.

  • MARTIN-DEMEZIL, Jean. Guide du patrimoine : architecture en région Centre. Paris : Hachette, 1988.

    p. 309-311
  • MELOT, Michel, MELET-SANSON, Jacqueline. Le château de Chaumont. Paris : éd. Caisse nationale des Monuments historiques, 1980. ISBN 2-85822-035-2.

  • MESQUI, Jean. Châteaux forts et fortifications en France. Paris : Flammarion, 1997. ISBN 2-08-012271-1.

  • NADAL, V. Le château de Chaumont-sur-Loire près Blois (Loir-et-Cher), Chouzy (abbaye de la Guiche) et Onzain : guide descriptif, historique et artistique. Blois : Imprimerie centrale, 1899.

  • NICOLAS, Roger, GIRARD, Joël. La tuilerie de Chaumont-sur-Loire. Association Chaumont-sur-Loire au fil du temps, 2001.

  • PROVOST, Michel. Carte archéologique de la Gaule. Le Loir-et-Cher. Paris : Académie des inscriptions et belles-lettres, 1988.

    p. 61
  • STORELLI, A. Notice historique et chronologique sur le château de Chaumont-sur-Loire. Paris : L. Baschet, 1882.

  • TESNIER, Florent. Le château de Chaumont. Paris : Éditions du patrimoine, 2003. ISBN 2-85822-548-6.

Périodiques
  • LESUEUR, Frédéric. Chaumont. Congrès archéologique de France LXXXVIIIe session, 1925, 1926, p. 454-469.

  • LORAIN, Jean-Marie. Les ponts sur la Loire entre Onzain et Chaumont (1858-1940). Bulletin du groupe d’études locales d’Onzain, 1986, n° 20.

  • LORAIN, Jean-Marie. Les ponts sur la Loire entre Onzain et Chaumont (1858-1940). Bulletin du groupe d’études locales d’Onzain, 1988, n° 24.

  • TESNIER, Florent. Le château de Chaumont. Bulletin monumental, 1994, t. 152-1, p. 67-99.

Liens web

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