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Château Saint-Jean

Dossier IA28000327 inclus dans La ville de Nogent-le-Rotrou du Moyen-Age au début de l'époque moderne réalisé en 2015

Fiche

Œuvres contenues

Historique

Le centre du pouvoir de la maison Rotrou.

Un château seigneurial

Généalogie simplifiée, maison Rotrou.Généalogie simplifiée, maison Rotrou.

La charte de fondation de l’abbaye Saint-Denis1, fixe à 1031 la date avant laquelle (terminus ante quem) un château est édifié à Nogent2. Le château (castrum) appartient à Geoffroy III (? - 1040), vicomte de Châteaudun, premier membre de la famille Rotrou dont la présence est attestée à Nogent. Une seconde charte originale datée de 10803 vient confirmer l’existence du château4 et de son propriétaire pendant le premier tiers du 11ème siècle. En 1080, le site dispose de deux chapelles sous les vocables de Saint-Jean et Saint-Étienne.

Le château comtal

Le château accueille le palais comtal, le lieu de résidence de la famille et de la curia des Rotrou. La grande salle du château, attestée en 11205, accueille la cour durant les séances plénières 6. Le tribunal est assorti d’une prison attestée en 1112 lors de l’enfermement de l’évêque du Mans par la mère de Rotrou au château7. Vers 1100, Beatrix et son fils Rotrou fondent un collège de chanoines dans l’église Saint-Étienne 8.

Le château Philippien

En 1194, le chapitre Saint-Jean est fondé sous l’initiative du comte Geoffroy IV (1191-1202). Le chapitre de Saint-Etienne est alors réuni à celui de Saint-Jean. La collégiale Saint-Jean devient dès lors l’église majeure du château9.

Château seigneurial et enjeux politiques

La maison de Flandres

Généalogie simplifiée, maison Bar-Flandres.Généalogie simplifiée, maison Bar-Flandres.En 1354, Yolande de Flandres hérite du château de Nogent10 dans un contexte politique très tendu. En 1356, son mari, Philippe de Navarre, se range aux côtés d’Edouard III, roi d’Angleterre contre Jean II, roi de France. Entre 1356 et 1357, il prend la tête des troupes anglaises lors de la campagne de Normandie. La position de marche du château de Nogent, en fait un point d’intérêt stratégique entre le royaume de France et les terres navarraises en Normandie. En 1357, la place est finalement prise et démolie par la comtesse d’Alençon11, avant d’être enlevée et occupée par les troupes anglaises entre 1358 et 156112. L’église Saint-Jean est également ruinée à la suite des assauts et occupations successives opérées sur le plateau du même nom13.

Le Traité de Brétigny (1360) signe le départ des troupes anglaises et la réconciliation de Philippe avec le Roi de France. Le château, d’abord rendu à Pierre II en 1361, est restitué à Robert et Yolande de Flandres en 136214. Le Comte de Longueville s’empresse alors de confier l’administration du site à Henri de Trousseauville, un capitaine Navarrais. La comtesse accorde un intérêt certain au castrum de Nogent, principal symbole de son pouvoir dans le Perche. Ainsi, elle effectue plusieurs dons au chapitre Saint-Jean, notamment pour le rétablissement de son église15.

Entre 1415 et 1424, les troupes anglaises, alors sous le commandement de Thomas Montaigu, reprennent la Normandie. L’église Saint-Etienne est incendiée lors de la prise du château16. En 1424, le comte de Salisbury enlève le château de Nogent à Louis Ier de Bar, petit-fils de Yolande de Flandres17. La forteresse permet d’une part, de protéger les terres anglaises acquises en Normandie, et d’autre part sert de base avancée en direction du Mans. Cette ville est la prochaine étape de Thomas Montaigu, elle est assiégée en 1425. La prise de l’ancienne capitale des comtes du Perche permet d’asseoir la légitimité de Thomas, nommé à son tour comte du Perche par le roi d’Angleterre. En 1427, le château est pris par Ambroise Loré. Un an plus tard, Salisbury assiège la place et fait pendre la garnison. La seigneurie est finalement libérée entre 1447 et 144918, le château est incendié et le donjon est éventré par la dite "brèche des Anglais".

Un logis seigneurial sur l’échiquier des puissants

La maison d'Anjou

Au sortir de la guerre de Cent ans, la tour maîtresse et l’église Saint-Étienne sont ruinées. La tour maîtresse n’est jamais reconstruite. La remise en état du pôle seigneurial s’accompagne de la refondation du collège Saint-Jean. Elle est effectuée en 1467, sous le consentement de Charles d'Anjou19.

La maison de Bourbon-Condé

Le prince de Condé reprend les armes en 1567. A Nogent-le-Rotrou, Le général Huguenot fait face à une ville ouvertement catholique. L’épicentre des tensions se situe au sein même du château de Nogent, où la garnison du seigneur de Condé s’oppose aux chanoines de la collégiale Saint-Jean. La situation dégénère définitivement en 1568. Les actes font suite aux menaces de la garnison envers les chanoines20, la collégiale Saint-Jean et ses archives sont incendiées le 17 mars 156821. La destruction de l’église entraîne : le soulèvement de la population Nogentaise, la fuite de la garnison, et la mise en défense de la ville. Nogent-le-Rotrou est ainsi défendue avec succès en 1569 dans une escarmouche opposant les habitants de la ville à une troupe huguenote22. Il est ordonné que le château reste en défense, pont-levis fermé23.

Les tensions religieuses s’apaisent finalement dans le Perche à la fin du 16ème siècle. Charles de Bourbon succède à sa mère au début de 17ème siècle. Le château fait partie des étapes du Comte entre Soissons et la Normandie, dont Charles est nommé gouverneur par le roi en 1610. L’inventaire de 1607 atteste de la fonction résidentielle du château, ce dernier étant meublé à l’année24. Dans un même temps, les chanoines vendent une partie de leurs terres afin de financer la reconstruction de la collégiale Saint-Jean, reconstruite au début du 17e siècle.

Henri II, prince de Condé, hérite d’Enghien-le-François en 1612. Il effectue plusieurs séjours à Nogent, où il se plait à pratiquer le jeu de l’arquebuse dont il fait écrire les règles en 161425. Le duc fait également réparer les guérites et le pont du château26 en 1615. Entre 1616 et 1617, la place est occupée par la garnison du comte d’Auvergne lors de l’emprisonnement du prince de Condé.

La maison de Béthune

Le 18 avril 1624, Sully fait établir un état des lieux à l’occasion de la prise de possession du château. La place est en mauvais état. Les travaux réalisés sont considérables, et concernent l’intégralité du site. Le duc en fait également transformer les abords ; les anciens fossés sont ainsi réaménagés en promenade, au bord de laquelle des ormes sont plantés. Le château fait l’objet de nouvelles réparations, plus modestes, en 1641. La présence de cuisines, d’écuries et d’appartements atteste de sa fonction résidentielle, tandis que la présence de prisons, dans la tour de Brunelles rappelle sa fonction judiciaire27.

François de Béthune (1602-1678) succède à son père mort en 1641. Le comte Dorval hérite de la baronnie de Nogent-le-Rotrou et de La Ferrière, Riveray, Montlandon, Montigny et Nonvilliers avant 1648. Quatre ans plus tard, il fait ériger la baronnie au titre de duché-pairie, la lettre ne sera pas enregistrée. En 1648, Le château est décrit en trois lots : le château, le jardin et un terrain de jeux composé d’un mail et d’un jeu de boules. Malgré le caractère fortifié du site, la fonction résidentielle prime. Le château n’accueille plus de garnison, les prisons seigneuriales sont toujours attestées sur le site28.

Maximilien-Alpin de Béthune (1631-1692) succède à son père en 1678. En 1688, le duc fait un état des réparations29 à effectuer au château, ce dernier menaçant ruine. Le comte d’Orval autorise alors à prendre des baliveaux dans ses bois du Perche pour procéder aux réparations30. L’absence de mention de la chapelle Saint-Etienne indique qu’elle est déjà détruite lors de la rédaction du document. La fonction résidentielle est compromise par la ruine du site, la fonction carcérale perdure.

Le 9 mars 1762, les sommes nécessaires à la conservation du château sont trop importantes pour Madeleine Henriette Maximilienne de Béthune. Les scellés sont posés au château le 21 janvier 176831.

Le château sous la République

La prison Saint-Jean

L’église collégiale Saint-Jean et l’intégralité des bâtiments canoniaux sont détruits en 179332. Le château est reconverti en prison. Longtemps limitée à la tour de Brunelles, cette dernière investit la totalité de l’espace habitable en 180333. Si le devis des travaux ne prévoit pas de construction de nouveau bâtiment, il bouleverse considérablement l’ancien logis pour l’adapter à sa fonction carcérale.

Le château privé

A partir de 1812, les ventes successives du château entraînent la dégradation du site. Le château est au mieux laissé à l’abandon, au pire démembré pour la revente de ses matériaux. A l’image de Julien-René-Louis Etiembre qui en 1826 détruit le couronnement des courtines, éventre la tour de Montdoucet, abat la tour de Brunelles et coupe les ormes de la promenade de Sully pour revendre les matériaux 34.

Colette Désirée Thérèse Godefroy achète le château en 183635. La même année, elle fait restaurer le pavillon du jardin. Le château entre en possession de Marc-Anastase-Parfait Œillet des Murs en 1843 36. Entre 1843 et 1885, il fait restaurer la tour maîtresse et le grand logis. Le Dr. Jousset Bellême achète le château en 1885. De 1885 à 1900, il restaure la tour maîtresse, le châtelet, les cuisines et la tour de Montdoucet37. En 1900, l’intérieur du grand logis et la tour maîtresse sont presque intégralement restaurés.

Le château communal

L’inscription du site à la liste supplémentaire des Monuments historiques en 1948 et 1950 puis son classement en 1952, coïncident avec l’achat du château par la ville de Nogent. Entre 1955 et 1968, les travaux portent sur la réfection des charpentes et des maçonneries nécessaires à sa remise en état, puis, à partir de 1958, nécessaires à l’installation du Musée Saint-Jean. Les couvertures du château sont restaurées en 1977. La tour de Montdoucet fait l’objet de lourdes restaurations entre 1961 et 1977 afin de rétablir l’intégrité structurelle de l’édifice.

Description

Milieu naturel

Carte du relief de la vallée de l'Huisne (2015).Carte du relief de la vallée de l'Huisne (2015). Le château est fondé sur l’extrémité sud-ouest du plateau Saint-Jean. Il domine les vallées de l’Huisne à l’ouest, du val Roquet au nord, de la Rhône et de la Jambette au sud. Au nord, au sud, et à l’ouest, il est bordé par un coteau. La différence de niveau entre plateau et vallées, varie entre quarante et cinquante mètres (149 m au pied du château, pour 105 m sur le pont Saint-Laurent).

Carte géologique de la vallée de l'Huisne (2015).Carte géologique de la vallée de l'Huisne (2015).Le plateau est constitué dans sa partie ouest de craie blanche à silex, dite "pierre de Nogent" et d’argile à meulière. La pierre de Nogent affleure à l’ouest du coteau sur environ trois kilomètres. A l’est, il est composé de limons et lœss, de colluvions argilo-sableuses et de sable du Perche. Le massif forestier le plus proche, le bois des Perchets, est situé sur le plateau voisin, à moins d’un kilomètre.

Milieu construit

Plans de situation.Plans de situation.La route départementale 923 (rue Gouverneur) prend place au pied du coteau Saint-Jean, dans la vallée de l’Huisne. Elle relie Chartres en direction du nord-est, au Mans en direction du sud-ouest. L’axe est rejoint par les rues Saint-Hilaire et Saint-Laurent, elles donnent accès à la rive droite de l’Huisne en direction de la Normandie. Le cœur de la ville de Nogent-le-Rotrou prend place dans le quadrilatère formé par l’Huisne, et les rues gouverneur, Saint-Hilaire et Saint-Laurent. Si le plateau est bien desservi en direction de l’est, notamment grâce aux départementales D 911 et D112, l’accès est plus difficile en direction du nord, de l’ouest, du sud et plus généralement, en direction de la ville de Nogent. La rue du Château est l’unique accès carrossable.

L’occupation du plateau est partagée entre lotissements pavillonnaires et zones de cultures en direction de l’ouest, et d’édifices hospitaliers, logistiques et sportifs au nord et nord-ouest. Le château Saint-Jean prend place au sud-ouest du plateau, dont il est séparé par de profonds fossés secs. A l’ouest, le fossé est bordé par plusieurs petits îlots en relation avec l’ancien quartier canonial de Saint-Jean. La toponymie et la maison de la Chevecerie en sont les seuls vestiges. L’emplacement de l’ancienne collégiale est occupé par un lotissement pavillonnaire. Au nord, à l’ouest et au sud, les fossés sont redoublés par le coteau. Plusieurs chemins piétons permettent une communication (Marches Saint-Jean, chemin de la Culbute) entre la place du Château et les rues bordant le coteau (rue des Bouchers, rue du Paty).

Composition d'ensemble

Plan de distribution.Plan de distribution.

Le château se développe selon un plan ovale irrégulier, d’environ 90 m de diamètre. Il est séparé du reste du plateau par un fossé sec dont la largeur approximative est de 25 m pour 5 m de profondeur. Sa contre-escarpe accueille une promenade arborée. L’enceinte est composée d’une tour maîtresse rectangulaire et de sept tours semi-circulaires dont deux forment le châtelet d’entrée. Les flanquements sont limités à sa partie est, le flanc ouest étant uniquement défendu par ses courtines. L’entrée se situe dans l’axe de la rue du Château. Elle est accessible par un pont dormant menant à un châtelet. Ce dernier est redoublé à l’ouest par un corps de logis sur porche, à l’interface entre l’entrée et la cour haute cour. L’espace interne est organisé autour de deux cours. La haute cour centralise les circulations entre l’entrée, la tour maîtresse et les tours d’enceinte. La basse-cour est située 5 m en contrebas, bordée au nord par le pavillon Louis XIII se développant au revers de la courtine nord. Elle communique avec la haute cour par deux rampes d’accès.

Matériaux

Les maîtres d’œuvre du château de Nogent ont favorisé l'emploi de matériaux d’origine locale. Les moellons de silex utilisés sur la tour maîtresse et les courtines sont certainement issus des couches d’argile à silex présentes, soit directement sur le plateau Saint-Jean, soit sur le plateau du bois de la Gélasière au sud de Nogent.

Les contreforts de la tour maîtresse sont construits en craie de Rouen. C’est un calcaire siliceux aux grains fins, compact, et parsemé de noyaux siliceux. Une fois l’eau de carrière évacuée, la pierre durcit à l’air. Elle est à la fois facile à tailler et solide. Les noyaux siliceux rendent cependant la craie de Rouen impropre à l’ornementation. Deux carrières abandonnées ont été identifiées à proximité du site. L’une rue des Terres Fortes à Nogent-le-Rotrou38, l’autre à Mâle, à environ 8 km au sud-ouest de Nogent39.

Les parties basses et intermédiaires des tours d’enceinte sont construites dans un calcaire jaune à grains très dur, aux grains grossiers et inégaux. Sa provenance est inconnue. En partie haute, les tours sont mises en œuvre dans une craie à silex dite "pierre de Nogent". De couleur jaune à beige, c’est un calcaire tendre aux grains fins, parsemé de rognons de silex. Malgré la présence de rognons de silex, elle est largement utilisée à Nogent dans les sculptures ornementales qui fleurissent sur les toits de Nogent. Plusieurs carrières sont attestées autour du château, notamment la carrière du Moulin de Pseau située à Nogent-le-Rotrou, au pied du plateau Saint-Jean40.

La provenance des bois de chêne mis en œuvre pour la construction des charpentes est inconnue. Néanmoins, il est probable que le Bois du Perchet, tout proche et encore aujourd’hui composé d’une futaie de chênes adultes, soit à l’origine des bois d’œuvre.

Les sites de production d’ardoises les plus proches de Nogent se trouvent en Anjou ou en Mayenne. L’origine des ardoises mises en œuvre en couverture est incertaine. A l’inverse, plusieurs tuileries sont attestées autour de Nogent jusqu’au XXe siècle, dont celle de Mâle à 8 km au sud-ouest de Nogent.

Structure

Le Donjon, l'enceinte, le logis seigneurial et le pavillon Louis XIII ont fait l'objet d'un sous dossier.

Donjon, vue du sud-est.Donjon, vue du sud-est.Le donjon Enceinte, vue du sud-ouest, pavillon Louis XIII, tours de Saint-Victor et de Brunelles.Enceinte, vue du sud-ouest, pavillon Louis XIII, tours de Saint-Victor et de Brunelles.L'enceinte

Logis seigneurial, vue de l'ouest.Logis seigneurial, vue de l'ouest.Le logis seigneurial Pavillon Louis XIII, vue du sud-est.Pavillon Louis XIII, vue du sud-est.Le pavillon Louis XIII

Conclusion

Implantation

Barrant le plateau Saint-Jean, le castrum de Nogent commande la vallée de l’Huisne en direction de la Normandie et du Maine. Il est situé à proximité de l’ancien axe antique reliant Le Mans à Chartres. Le château permet aux Rotrou d’asseoir leur pouvoir territorial et de contrôler les échanges entre la Normandie, le Maine et la Beauce. C’est un atout de négociation majeur. Ainsi placée, la forteresse peut protéger ou à l’inverse menacer les intérêts des Normands, Angevins et Blésois.

Au-delà de l’aspect stratégique, le site se révèle favorable à un développement et à la pérennité d’une implantation castrale. Les ressources en pierres et en bois de construction sont facilement accessibles. Les terres du plateau Saint-Jean sont cultivables (limons et lœss) ou propres à une utilisation en pâturage. Enfin, la maîtrise des réseaux hydrographiques et viaires représente une manne non négligeable, dont les seigneurs de Nogent n’hésitent pas à tirer profit.

Origine du site

L’absence d’un terminus post quem pour le castrum, la topographie du site, et l’existence de deux églises dès le 11e siècle, amènent à considérer l’hypothèse de l’existence d’un château à Nogent, avant Geoffroy III. Joseph Decaen voit dans la motte sur lequel le site est fondé, les vestiges d’une forteresse antérieure en terre et en bois, soit une enceinte annulaire entourée d’un fossé surmonté d’une rangée de pieux41. La mention d’un certain Rotrocus, miliciae, au service du comte Eudes de Blois à la fin du 10e siècle42, alimente positivement l’hypothèse d’un château à Nogent aux mains d’un Rotrou, dès la fin du 10e siècle. L’église Saint-Jean, construite en dehors de l’enceinte, aurait alors assuré la fonction d’église paroissiale pour les habitants du bourg castral, avant d’avoir été transformée en église collégiale au 12e siècle. L’hypothèse expliquerait pourquoi vingt Parrochiani sont encore attachés à la collégiale en 125043. En l’absence de nouvelles fouilles, l’hypothèse reste néanmoins invérifiable.

Le château seigneurial - 11e siècle

Geoffroy III (mort en 1040)

Hypothèse de restitution (1030-1040).Hypothèse de restitution (1030-1040).L’emploi de l’opus spicatum, la modénature des baies en plein-cintre et la typologie de la tour maîtresse amènent à la dater entre 1030-104044. Ce qui fait de la tour (turris), Geoffroy III son commanditaire. La mise au jour d’un fossé sous le porche en 1888 et les dispositions du bâtiment occupant l'interstice entre donjon et châtelet laisse penser que la tour maîtresse disposait d’un avant-corps et d’un fossé. Ce dernier fut ensuite remblayé lors de la construction du porche et/ou de l’enceinte45.

Si l’on retient la chronologie admise par Joseph Decaen, le château aurait été composé : d’une tour maîtresse maçonnée retranchée derrière un fossé, d’une palissade de bois talutée avec fossés, et peut-être d’une, voire deux églises.

La lecture du site, au contraire de ce qu’avance Kathleen Thompson46, ne contredit pas son attribution à Geoffroy III. L’assise financière du seigneur de Nogent, plus limitée que celle de son fils, ne peut suffire à l’écarter comme commanditaire. C’est Geoffroy qui fonde l’abbaye de Saint-Denis, s’affirmant ainsi dans la lignée des grands seigneurs. Il est tout à fait probable qu’il fasse construire une turris dans une visée similaire. Le château répond au titre et au caractère belliqueux du personnage. C’est un instrument de conquête et de conservation territoriale d’une part, et une manifestation physique et symbolique des ambitions du vicomte de Châteaudun.

L’étude archéologique (à paraître - étude réalisée en 2000) de la tour maîtresse ainsi que l’expertise dendrochronologique menée sous la direction de Victorine Mataouchek devraient permettre de préciser la chronologie de construction de la tour et de son enceinte.

Rotrou II (1040 - 1079)

Hypothèse de restitution (11e siècle).Hypothèse de restitution (11e siècle).L’enceinte annulaire étant contrainte par la position de la tour maîtresse, elle lui est certainement postérieure. En l’absence d’un relevé pierre à pierre sur l’ensemble des courtines, l’emprise de l’enceinte reste incertaine. La connexion entre courtine et porche a été détruite lors de la construction du châtelet. Néanmoins, la présence d’un appareil en opus spicatum mis en œuvre en plusieurs endroits de la courtine ainsi que la modénature de la voûte en berceau du porche amènent à les dater (au moins pour partie) du 11e siècle. Les deux édifices sont donc potentiellement contemporains.

L’église Saint-Etienne, attestée à partir de 1080, est située à l’intérieur de l’enceinte. Au-delà de sa proximité avec la tour de Montdoucet, sa position exacte est inconnue. Les fouilles préventives menées sous la direction de Victorine Mataouchek en 1998, attestent de la présence d’un édifice imposant au sud de la tour maîtresse, qui pourrait être le vestige de l’église Saint-Etienne.

A la fin du 11e siècle, le château est donc composé d’une turris, d’une église castrale et d’une enceinte annulaire dotée d’un porche d’entrée. La résidence comtale est certainement située dans la tour maîtresse. Elle est associée à l’est, à l’église Saint-Etienne, constituant ainsi le pôle seigneurial. Le complexe est associé à l’ouest à l’église (paroissiale ?) Saint-Jean, faisant face au château.

La pétrification de l’enceinte, comme l’apparition du complexe palatial, est attribuée à Rotrou II dont les dates de règne, le titre et l’assise financière concordent avec la réalisation du chantier. Selon Kathleen Thompson47, Rotrou II est le réel fondateur de la fortune de sa maison. Notamment grâce à l’obtention du titre de comte de Mortagne (Orne) vers 1050, et par son alliance avec le Duc-Roi, Guillaume le Conquérant. Il s’inscrit dans la continuité des travaux commencés par son père. Ainsi il augmente la dotation de l’abbaye Saint-Denis, fait achever son abbatiale. Il est donc tout à fait recevable qu’il en soit de même avec le château de Nogent. Ce dernier, comme le précise Joseph Decaen, fait alors partie d’un large dispositif défensif composé de mottes castrales entre Mortagne et Nogent, le long de la rive gauche de l’Huisne48.

Le palais comtal (12e et 13e siècle)

Hypothèse de restitution (12e siècle).Hypothèse de restitution (12e siècle).

Rotrou III (1100 - 1144)

D'abord avec une forte dominante défensive, le site se pare de plusieurs bâtiments le long des courtines au cours du 12e siècle. D’abord défensif, avec la dite salle des gardes, et certainement résidentiel avec le pavillon Louis XIII. Les datations sont fondées sur la voûte de plan triangulaire en berceau plein cintre de la salle des gardes, et sur les vestiges des baies géminées sous arcs de décharge visibles sur la face nord du pavillon Louis XIII.

Le fait est certainement à mettre en relation avec la personnalité de Rotrou III qui assoit localement sa lignée avec l’obtention du titre de comte du Perche, et au-delà du royaume de France grâce à ses alliances avec le roi d’Aragon et le roi d’Angleterre. Le château doit alors accueillir la cour comtale. C’est le lieu de résidence de la famille et de la curia des Rotrou. La grande salle du château, attestée en 112049, est située, soit comme l'appartement du comte dans la tour maîtresse, soit à l’emplacement du bâtiment longeant la courtine nord. La création d’un collège de chanoines autour de l’année 1100 au sein de l’église Saint-Etienne vient compléter le complexe palatial.

Geoffroy IV (1191 - 1200)

Les angles de la tour maîtresse sont parés de contreforts tandis que de larges baies géminées viennent supplanter les minces jours en plein cintre de la construction initiale. La recherche de lumière associée à l’ajout de latrines dans le contrefort sud-est et la réfection des cheminées attestent d’une recherche de confort et du caractère résidentiel de la tour, certainement toujours habitée par les comtes du Perche.

L’utilisation de baies géminées dotées d’une rose amène Jean Mesqui50 à dater la reprise des ouvertures de la tour à la fin du 12e siècle. L’utilisation de la rose reste néanmoins exceptionnelle avant le 13e siècle, ce qui rendrait la réfection des ouvertures potentiellement contemporaine de la construction des contreforts d’angles, également datée par Benjamin Mouton51 de la fin du 12e siècle.

Les travaux effectués sur la tour sont certainement à mettre en relation avec Geoffroy V. C’est également lui qui fonde en 1194 le chapitre de Saint-Jean dans l’église éponyme, en face du château de Nogent. Le nouveau chapitre assimile rapidement le chapitre Saint-Etienne, faisant de la collégiale Saint-Jean l’église majeure du site castral.

Thomas 1er (1202 - 1217)

Hypothèse de restitution (13e siècle).Hypothèse de restitution (13e siècle).

Entre la fin du 12e siècle et la première moitié du 13e siècle, le site fait l’objet d’une restructuration complète de son système défensif. Six tours sont ainsi ajoutées à l’enceinte ovale dans sa moitié ouest, auxquelles s’ajoute une tour d’un diamètre supérieur en avant de la face ouest de la tour maîtresse. Deux de ces tours forment un châtelet en avant du porche afin d’en commander l’entrée. L’adoption de plans circulaires ou en U ainsi qu’une utilisation généralisée de l’archère à rames permettent de dater la construction de l’enceinte à la première moitié du 13e siècle.

La typologie de tours de flanquement, comme celle des archères, est à rapprocher de la sphère architecturale Philippienne. Notamment à la personnalité d’Enguerrand de Coucy, dont le château éponyme figure aux côtés de celui de Nogent-le-Rotrou, comme précurseur dans l’utilisation des archères à rames. Le seigneur de Coucy est comte du Perche de 1202 à 1209, pendant la minorité de Thomas 1er. Dès lors deux solutions sont possibles. Soit Enguerrand est à l’origine de la construction de l’enceinte, Nogent-le-Rotrou a donc été réalisé avant le début des travaux de Coucy (1225-1230), le château est alors une première étape avant la réalisation monumentale de Coucy. Soit l’enceinte est réalisée par Thomas 1er ou Guillaume du Perche avant 1226, les comtes du Perche sont alors parmi les premiers à utiliser dans leur château l’archère à rames, inspirant peut être le maître d’œuvre de Coucy. Dans les deux cas, l’utilisation du modèle Philippien est un témoin du basculement du château de Nogent (à la suite du duché de Normandie) de la sphère Plantagenêt au royaume de France.

Le logis seigneurial (15e -18e siècle)

Plan de distribution.Plan de distribution.

Charles IV d'Anjou (1443 - 1472)

Au sortir de la guerre de cent ans, la tour maîtresse et l’église Saint-Etienne sont ruinées. Les travaux de remise en état du site portent sur l’ancien porche, l’avant-corps de la «turris» et les tours du châtelet. Ils sont en partie reconstruits pour accueillir la demeure comtale. Les travaux sont considérables et demandent d’augmenter le châtelet et le porche d’entrée d’un niveau d’élévation, sans compter la pose de nouvelles charpentes. La tour maîtresse, certainement trop endommagée, n’est pas reconstruite.

Le couronnement des tours, les rampants à crossettes, et la modénature des croisées à coussièges, permettent de dater les travaux de la seconde moitié du 15e siècle. Une expertise dendrochronologique menée en 2013 par le laboratoire Dendrotech a permis de recouper la datation admise. L’abattage des bois de la charpente des tours et du grand comble est fixé entre 1460 pour les tours, et 1470 au plus tard pour le logis52.

La remise en état du pôle seigneurial s’accompagne de la refondation du collège Saint-Jean. Elle est effectuée en 1467 sous le consentement de Charles d'Anjou. C’est certainement à cette occasion que la chapelle Saint-Etienne est reconstruite dans la cour du château, achevant ainsi la reconstruction du complexe palatial.

Le comte du Maine attache de l’importance au château de Nogent. Au-delà des travaux qu’il fait effectuer, il obtient également en 1458 le détachement de la seigneurie du duché d’Alençon vers son propre comté. L’obtention de la seigneurie de Nogent et son affranchissement du duché d’Alençon, cristallisent l’opposition, et le pied de nez de Charles sur Jean d’Alençon. Le fait que les travaux de reconstruction débutent peu après 1558, témoigne de sa volonté de célébrer par la pierre sa victoire sur le duc d’Alençon.

La maison Bourbon-Condé (16e siècle)

Malgré des séjours attestés, le site ne fait pas l’objet de campagne de construction sous la maison Condé. Le château de Charles du Maine est certainement jugé comme acceptable pour un lieu séjour secondaire. Ce qui n'empêche ses propriétaires d'y tenir cour et d'y organiser des fêtes. Néanmoins, au-delà de son entretien, il ne justifie pas de nouvelles dépenses dans un contexte marqué par les guerres de religions.

Le château n’en apparaît pas moins comme ruiné lors de l’acquisition de la seigneurie par Sully en 1624. Ce fait témoigne du désintérêt de la place par Henri II de Condé et/ou des dégradations infligées au site par la succession des garnisons stationnées à Nogent-le-Rotrou.

La maison Béthune (17e et 18e siècle siècles)

Les lourdes sommes engagées pour la réparation du château témoignent de l’intérêt de Sully pour le site. S’il est contraint de préférer sa résidence de Villebon, le château n’en revêt pas moins un fort aspect symbolique, il doit donc être maintenu en état, notamment pour légitimer sa position face à une population qui lui est défavorable. Le château est la matérialisation physique des droits de justice (prison du château) et de nomination (Chapitre Saint-Jean, Hôtel-Dieu) entretenue par le Duc sur la seigneurie de Nogent.Le poids de l’entretien ne finit pas de pousser les héritiers de Sully à se séparer du château Saint-Jean. Déconnectée des seigneurs de Nogent, la fonction carcérale du site s’étend pour devenir l’unique usage du site sous la première république.

1Réécrite au 12ème siècle selon THOMPSON, Kathleen. Sept Textes pour une fondation, les premiers temps de Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou et leurs écritures, Le pouvoir dans le Perche au temps des Rotrou. Bibliothèque de l'école des chartes. 2002, tome 160, livraison 2. p. 641-666. 2"Castrum nogiomi", extrait de DE SOUANCÉ, Hector. Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou : 1031-1789. Vannes : Lafolye, 1895. Charte 5.3THOMPSON, Kathleen. Sept Textes pour une fondation, les premiers temps de Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou et leurs écritures, Le pouvoir dans le Perche au temps des Rotrou. Bibliothèque de l'école des chartes. 2002, tome 160, livraison 2. P. 657 ; d’après BNF. Manuscrit. Cote FR Bourgogne 78. N°144. 4nogenti castri5MERLET, Lucien. Cartulaire de Notre-Dame de Tiron. Chartres : impr. Garnier, 1883. Charte 20. 6"ego perticensis comes, Rotrocus, quadram forte die, dum apud Nogentum, in aula plenaria, mea circonstante curia, residerem"7DIEUDONNÉ, Adolphe. Hilbert de Lavardin. Evêque du Mans. Sa vie, ses lettres. Mamers : G. Fleury et A. Dangin, 1898, p. 164.8MOLINIER, Auguste. Obituaire de la province de Sens. Tome II. Paris : C. Klincksieck,1906, p. 398. Source originale : AD 28. Série G : 4030.9MOLINIER, Auguste. Obituaire de la province de Sens. Tome II. Paris : C. Klincksieck, 1906. p. 391. Source originale : AD 28. Série G : 3485.10BRUCHET, Max. Répertoire numérique. Série B (Chambre des comptes de Lille), fascicule 2. Lille : Imprimerie L. Daniel, 1921. Source originale : AD 59. Série B : 799.11sitation bub12BUBENICEK, Michelle. Quand les femmes gouvernent. Droit et politique au XIVe siècle : Yolande de Flandre. In ALLIROT, Anne-Hélène. Médiévales. n° 47, Paris : PUV, automne 2004. Source originale : AD 59. Série B : 500, N°8768.13BRUCHET, Max. Répertoire numérique. Série B (Chambre des comptes de Lille), fascicule 2. Lille : Imprimerie L. Daniel, 1921. Source originale : AD 59. Série B : 1574.14BUBENICEK, Michelle. Quand les femmes gouvernent. Droit et politique au XIVe siècle : Yolande de Flandre. In ALLIROT, Anne-Hélène. Médiévales. n° 47, Paris : PUV, automne 2004. Source originale : AD 59. Série B : 500, N°8768.15MOLNIER, Auguste. Obituaire de la province de Sens. Tome II. Paris : 1906, p. 286. Source originale : AD28. Série G : 3485. 16MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales d'Eure-et-Loir, série G. Chartres : 1890. Source originale : AD 28. Série G : 3479.17DES BOULAIS, Bart. Recueil des antiquités du Perche. Mortagne : Pichard-Hayes : L. Daupeley, 1890, p. 91. Annoté par TOURNOUER, Henri.18Pour Des Boulais, la place est libérée en 1449 après avoir été incendiée par Salisbury en 1428 par Jean d'Orléans (DES BOULAIS, Bart. Recueil des antiquités du Perche. Mortagne : Pichard-Hayes : L. Daupeley, 1890, p. 91. Annoté par TOURNOUER, Henri.) Pour Fret, ce sont les comtes d'Eu et de Saint-Pol qui ont libéré puis incendié le château Saint-Jean (FRET, Louis-Joseph. Antiquités et chroniques percheronnes. Volume III. Paris : Le Livre d'histoire, 2001 (fac-similé de l'édition de 1838)).19DES BOULAIS, Bart. Recueil des antiquités du Perche. Mortagne : Pichard-Hayes : L. Daupeley, 1890, p.174. Annoté par TOURNOUER, Henri.20MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B. Chartres : 1890. Source originale : AD28. Série B : 2494.21MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B. Chartres : 1890. Source originale : AD28. Série B : 2497.22MALCOR, Bernard. Le protestantisme à Nogent-le-Rotrou. In LECUYER-CHAMPAGNE. Françoise, Le roman des Nogentais, Nogent-le-Rotrou, des origines à la guerre de cent ans. Nogent-le-Rotrou : Musée municipal de Nogent-le-Rotrou, 2004, p.33. 23MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B. Chartres : 1890. Source originale : AD28. Série B : 2494.24Archives du Château-Musée Saint-Jean. Conservation. Le 9 janvier 1607.25MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B. Chartres : 1890. Source originale : AD28. B 2562.26MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B. Chartres : 1890. Source originale : AD28. Série B : 2567.27FOREAU, Christian. Sully et Rachel de Cochefilet en leurs seigneuries, fragments historiques. Cahiers Percherons, 2015, n°202, pp. 29-48. Source originale : AD28. Série B : 2259.28MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B. Chartres : 1890. Source originale : AD28. Série B : 3136.29Archives du Château-Musée de Saint-Jean. Conservation. 29 décembre 1688.30MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B. Chartres : 1890. Source originale : AD28. Série B : 2721.31MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B. Chartres : 1890. Source originale : AD28. Série B : 2374. Le château est acheté par Grimod d’Orsay le 20 janvier 1779 (AN. Cote : T 182-2), avant d’être saisi à la veille de la Révolution française.32FRET, Joseph. Antiquités et chroniques Percheronnes (tome III). Mortagne : Impr. de Glaçon, 1840, p. 189.33AD28. Série N : 4N126.34DE BELLÊME, Jousset. Le château féodal de Saint-Jean. Mamers : 1912, p.9.35DE BELLÊME, Jousset. Le château féodal de Saint-Jean. Mamers : 1912, p.9.36DE BELLÊME, Jousset. Le château féodal de Saint-Jean. Mamers : 1912, p.12.37DE BELLÊME, Jousset. Le château féodal de Saint-Jean. Mamers : 1912, p.15. 38BRGM. Mémento des pierres du patrimoine bâti de la région Centre. Rapport préliminaire. BRGM/RP-51868-FR .DESSANDIER. D. Mars 2003. Accès internet : 39BRGM. Mémento des pierres du patrimoine bâti de la région Centre. Rapport préliminaire. BRGM/RP-51868-FR .DESSANDIER. D. Mars 2003. Accès internet : 40Les parties basses et intermédiaires des tours d’enceintes sont construites dans un calcaire jaune à gris très dur aux grains grossiers et inégaux. Sa provenance est inconnue. En partie haute, les tours sont mises en œuvre dans une craie à silex dite pierre de Nogent. De couleur jaune à beige, c’est un calcaire tendre aux grains fins, parsemé de rognons de silex. Malgré la présence de rognons de silex, elle est largement utilisée à Nogent dans les sculptures ornementales qui décorent les toits de Nogent. Plusieurs carrières sont attestées autour du château, notamment la carrière du moulin de Pseau située à Nogent-le-Rotrou, au pied du plateau Saint-Jean BRGM. Mémento des pierres du patrimoine bâti de la région Centre. Rapport préliminaire. BRGM/RP-51868-FR .DESSANDIER. D. Mars 2003. Accès internet : , p108.41DECAEN, Joseph. La motte comme moyen de conquête du sol et comme instrument de la seigneurie châtelaine. In MAGNOU-NORTIER, E. Aux sources de la gestion publique (Tome III). Villeneuve d’Ascq : Presses universitaires de Lille, 1997, pp 268-269.42GUERARD, Benjamin. Cartulaire de l'abbaye de Saint-Père de Chartres (Tome 1). Paris : 1840. Chartes 4,7 et 13.43GUERARD, Benjamin. Cartulaire de l'abbaye de Saint-Père de Chartres (Tome 1). Paris : 1840. p. 314.44DECAEN, Joseph. La construction du comté du Perche. In LECUYER-CHAMPAGNE, F. Le roman des Nogentais, Nogent-le-Rotrou, des origines à la guerre de cent ans. Nogent-le-Rotrou : Musée municipal de Nogent-le-Rotrou, 2004, p. 9-13.45DE BELLÊME, Jousset. Le château féodal de Saint-Jean. Mamers : 1912, p.113.46THOMPSON, Kathleen. Sept Textes pour une fondation, les premiers temps de Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou et leurs écritures, Le pouvoir dans le Perche au temps des Rotrou. Bibliothèque de l'école des chartes. 2002, tome 160, livraison 2. p. 641-666.47THOMPSON, Kathleen. Sept Textes pour une fondation, les premiers temps de Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou et leurs écritures, Le pouvoir dans le Perche au temps des Rotrou. Bibliothèque de l'école des chartes. 2002, tome 160, livraison 2. p. 641-666.48DECAEN, Joseph. La construction du comté du Perche. In LECUYER-CHAMPAGNE, Françoise. Le roman des Nogentais, Nogent-le-Rotrou, des origines à la guerre de cent ans. Nogent-le-Rotrou : Musée municipal de Nogent-le-Rotrou, 2004, p. 9-13.49MERLET, Lucien. Cartulaire de Notre-Dame de Tiron. Chartres : impr. Garnier, 1883. Charte 20.50MESQUI, Jean. Châteaux et enceintes de la France médiévale. Paris : Picard, 1991, p. 225.51MOUTON, Benjamin. Château Saint-Jean, donjon. Restauration et mise en valeur. Avant-projet détaillé. DRAC : décembre 199252DIGOL, Yannick. COUTURIER. Yann. Rapport d’étude dendrochronologique, Château de Nogent-le-Rotrou. Entreprise Dendrotech : novembre 2012, p. 16.
Appellations castrum, castello, castri, château Saint-Jean
Dénominations château fort, château
Aire d'étude et canton Nogent-le-Rotrou - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Nogent-le-Rotrou
Adresse : rue du Château

Le terminus ante quem du château Saint-Jean est fixé à 1031 par les textes. Le site est alors aux mains de Geoffroy III. Le donjon et l’enceinte circulaire (au moins en partie) lui sont attribués. Ses descendants améliorent les aspects résidentiels et défensifs du site, tout au long des 11e et 12e siècles. D’abord dans le donjon (fenêtres, cheminées, etc...), puis par l’ajout d’un porche d’entrée et d’un bâtiment le long de la courtine nord. Celles-ci sont dotées de sept tours semi-circulaires durant la première moitié du 13e siècle. La paternité des flanquements n'est pas arrêtée, entre Geoffroy V et son fils Thomas Ier. Le château Saint-Jean est démoli en 1357, son donjon est incendié entre 1428 et 1449. Trop endommagée, la tour n’est jamais reconstruite. A partir de la seconde moitié du 15e siècle, Charles IV d’Anjou engage la reconstruction du site. Un logis est ainsi installé sur le porche et le châtelet d’entrée. Les charpentes de ce dernier sont achevées entre 1460 et 1470. Sully est le dernier seigneur de Nogent qui a effectué des travaux au château. La réfection du bâtiment accolé à la courtine sud « dit pavillon Louis XIII » lui est attribuée.

Période(s) Principale : 1ère moitié 11e siècle , daté par source
Principale : 12e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 13e siècle, 1ère moitié 13e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 15e siècle, 3e quart 15e siècle , datation par dendrochronologie
Auteur(s) Personnalité : Geoffroy III,
Geoffroy III , né(e) ? (v 1040 - )

Vicomte de Châteaudun et premier seigneur de Nogent-le-Rotrou mentionné par les textes.


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Personnalité : Geoffroy V du Perche,
Geoffroy V du Perche ( - 1202)

Geoffroy V est le fils de Rotrou IV, il fut comte du Perche et seigneur de Nogent-Le-Rotrou de 1191 à 1202.


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Personnalité : Thomas 1er,
Thomas 1er (vers 1195 - 1217)

Comte du Perche de 1202 à 1217.


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Personnalité : d'Anjou Charles IV,
Charles IV d'Anjou (1414 - 1473)

Duc de Guise de 1444 à 1473 et comte du Maine de 1445 à 1473.


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Personnalité : de Béthune Maximilien, dit(e) Duc de Sully,
Maximilien de Béthune , dit(e) Duc de Sully (1559 - 1642)

Maximilien de Béthune, Ministre d'Henri IV, Duc-Père de Sully (1606-1641), Marechal de France (1634), Prince d’Henrichemont et de Boisbelle (1605-1641), Marquis de Nogent-Le-Rotrou (1624-1641) et de Rosny (1601-1641), comte de Villebon (1607-1641).


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Le château se développe selon un plan circulaire irrégulier, d’environ 90 m de diamètre. Il est séparé du reste du plateau par un fossé sec dont la largeur approximative est de 25 m de large pour 5 m de profondeur. Sa contre-escarpe accueille une promenade arborée. L’enceinte est composée d’une tour maîtresse rectangulaire et de sept tours semi-circulaires, dont deux forment le châtelet d’entrée. Les flanquements sont limités à la partie est, le flanc ouest étant uniquement défendu par des courtines. L’entrée se situe dans l’axe de la rue du château. Elle est accessible par un pont dormant menant au châtelet. Ce dernier est redoublé à l’ouest par un corps de logis sur porche, à l’interface entre l’entrée et la cour. Celle-ci centralise les circulations entre l’entrée, la tour maîtresse et les tours d’enceinte. La basse-cour, située 5 m en contrebas, est bordée au nord par le « pavillon Louis XIII ». Il se développe au revers de la courtine. Les deux cours communiquent à l’aide de deux rampes d’accès.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales. Série P : 104. 73, fol 140 v. Saisie. 1388.

  • Archives nationales. Série T : 182-2. Acte d'achat. 1779.

  • Bibliothèque nationale de France. Manuscrits, Fr. Bourgogne 78, n°144. Charte. 1080.

  • Bibliothèque nationale de France. Manuscrits. FR Colbert 392, II : n°624. Lettres de Yolande de Flandre, comtesse de Bar et dame de Cassel, relatives à la remise du château de Nogent-le-Rotrou entre les mains de Jean la Guogue par Henri de Trousseauville. 17 janvier 1364.

  • Bibliothèque nationale de France. Manuscrits. FR Dupuis vol. 435, fol 154. Contrat de mariage. 1443.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B, B 2259 : Prise de possession et état des lieux des châteaux de Nogent-le--Rotrou, Montigny, Vitray et Villebon, au nom de Maximilien de Béthune, duc de Sully. (1627).

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B : 2374. Apposition des scellés. 1768.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B : 2494. Requête (1568), Lettre de missive (1569), Ordonnance (1569), Sentences (1569).

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B : 2496. Lettres patentes. 1569-1570.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B : 2497. Acte de notoriété. 1570-1571.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B : 2505. Enquête. 1578.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B : 2562. Statuts, procès. 1614.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B : 2567. Commandement, Arrêt. 1615-1616.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B : 2721. Prcocès, Autorisation. 1693.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B : 3136. Testament.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série G : 3479. Inventaire des titres du chapitre Saint-Jean. 1202-1704.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série G : 3485. Obituaire du chapitre Saint-Jean. Milieu 15e siècle.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série N : 4 N 126. Plan général et figuré. 1803.

  • Archives départementales du Nord. Série B : 413. Traité de mariage. 1323.

  • Archives départementales du Nord. Série B : 500. N°8768. Hommage. 1357.

  • Archives départementales du Nord. Série B : 799. Mémoire. 1354.

  • Archives départementales du Nord. Série B : 803. Condamnation. 1369.

  • Archives départementales du Nord. Série B : 1299. Attestation. 1337.

  • Archives départementales du Nord. Série B : 1574. Deuxième cartulaire de la dame de Cassel, ratification. 1370-1383.

  • Archives départementales de l'Orne. Série A : 424. Lettres patentes. 1558.

  • Archives du Musée-Château Saint-Jean, Nogent-le-Rotrou. Inventaire. 1607.

  • Archives du Musée-Château Saint-Jean, Nogent-le-Rotrou. État des réparations. 1688.

  • Bibliothèque municipale de Chartres - médiathèque L'Apostrophe. Juss R 452/9. La naissance de Venus. 1566.

Bibliographie
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  • THOMPSON, Kathleen. Sept Textes pour une fondation, les premiers temps de Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou et leurs écritures. Bibliothèque de l'école des chartes, 2002, tome 160, livraison 2. p. 641-666.

    p. 657.
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Rozier Hadrien