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Chauvelière : manoir puis ferme

Dossier IA36010638 réalisé en 2016

Fiche

  • Vue du manoir depuis le nord.
    Vue du manoir depuis le nord.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • grange
    • étable
    • toit à porcs
    • bergerie
    • puits
    • cour
    • pigeonnier
    • abreuvoir
    • fournil
    • logement d'ouvriers

Dossiers de synthèse

Appellations Château de la Chauvelière
Parties constituantes non étudiées grange, étable, toit à porcs, bergerie, puits, cour, pigeonnier, abreuvoir, fournil, logement d'ouvriers
Dénominations ferme, manoir
Aire d'étude et canton Parc naturel régional de la Brenne - Tournon-Saint-Martin
Adresse Commune : Lureuil
Lieu-dit : La Chauvelière
Adresse : 5
Cadastre : 2015 D 624, 627, 629, 630, 1176, 1261, 1263, 1264, 1276 ; 1812 D 609-612, 624-634

Le logis seigneurial et une partie de la ferme sont portés sur le plan cadastral de 1812. Le fief de la Chauvelière relevait, aux 17e et 18e siècles, des seigneuries du Blanc-en-Berry et du Blanc-en-Poitou (La Véronne 1962 ; Plaux s.d.). Ses seigneurs sont mentionnés dès le milieu du 16e siècle (Plaux s.d.). Le symbole d’une gentilhommière est associé au lieu-dit sur la carte de Cassini (vers 1760).

Il semble que ce logis seigneurial (accompagné de dépendances domestiques et agricoles) ait été transformé en ferme unique au cours du 19e siècle. La ferme est d’ailleurs peut-être à associer à la "métairie de la Chauvelière" (cf. dossier IA36010636) qui faisait partie, avant 1812, de la commune de Tournon-Saint-Martin (Plaux 2013).

Le logis est daté du 17e siècle par ses caractères morphologiques extérieurs et intérieurs (dont la cheminée de l’étage) ce qu'a confirmé l'analyse dendrochronologique de la poutraison et de la charpente (abattage des bois en 1648 ; ARC17/R4232D). La porte piétonne condamnée dans le mur du toit à porcs aurait porté la date en chiffres romains (presque illisible en 2016). Le logement d'ouvriers-fournil et l'ancienne étable contiguë sont plus tardifs : première moitié du 18e siècle selon la dendrochronologie (ARC17/R4227D). Une maison à étage (et escalier de distribution extérieur) représentée sur le plan cadastral de 1812, se dressait jusqu’au dernier quart du 20e siècle au nord-ouest de la maison. Seule sa pierre d’évier a été conservée. La bergerie attenante au fournil a été convertie en espace d’habitation à la fin du 20e siècle. La grange-étable, à l’ouest de la maison, pourrait être la "construction nouvelle" (et augmentée) mentionnée, en 1874, dans les matrices cadastrales. La grande étable, située au sud de la maison, porte, en lucarne, la date de 1892.

Période(s) Principale : milieu 17e siècle, 1ère moitié 18e siècle, 2e moitié 19e siècle
Secondaire : limite 20e siècle 21e siècle
Dates 1874, daté par source
1892, porte la date
1647, datation par dendrochronologie
1648, datation par dendrochronologie
1710, datation par dendrochronologie
1711, datation par dendrochronologie
1712, datation par dendrochronologie
1713, datation par dendrochronologie
1714, datation par dendrochronologie
1715, datation par dendrochronologie
1728, datation par dendrochronologie
1729, datation par dendrochronologie
1738, datation par dendrochronologie
1739, datation par dendrochronologie
1740, datation par dendrochronologie

Cette ferme compte cinq bâtiments principaux dispersés : un manoir (ancien logis seigneurial), un logement-fournil, une grange-étable, une étable et une bergerie (convertie en logement). Tous les bâtiments, à murs en moellons de calcaire, sont partiellement enduits et à accès principaux en murs gouttereaux (sauf exception indiquée). Les toitures, en tuile plate, sont à longs pans, à pignons couverts ou à croupes. Sont également compris dans la ferme, une petite étable à accès en mur-pignon (à l’ouest de l’étable sud) et plusieurs appentis dont un toit à porcs en bordure de route au nord-ouest.

Le manoir dispose d'un étage carré. Son entrée principale, en mur gouttereau nord est, présente un encadrement à montants traités en pilastres et à arc en plein cintre avec une clé saillante en pointe de diamant. Elle est surmontée d’un oculus et d’un fronton triangulaire. Au dessus, le plein de mur est appareillé jusqu’à la fenêtre de l’étage. Les élévations en gouttereau comptent trois travées chacune. Trois fenêtres (récentes) ont été percées dans le mur-pignon est. En haut de l’élévation sud se trouve un pigeonnier composé de cinq trous carrés alignés. La toiture, à croupes, est percée de deux lucarnes couvertes en bâtière, dans le versant sud, et d’une lucarne à fronton triangulaire surmonté de trois boules, dans le versant nord. Deux appentis (toits à porcs ?) s’appuient sur deux des élévations du manoir. Le bâtiment abrite un escalier de distribution intérieur, en pierre et à volée droite. Au bas de cet escalier, une pierre d’évier a été placée dans un mur de refends. Tant en rez-de-chaussée qu’à l’étage, on trouve plusieurs exemples de séparations en cloisons de bois. L’encadrement d’une porte du rez-de-chaussée est chanfreiné. Deux cheminées sont engagées en murs-pignons du rez-de-chaussée. Celle de l’étage présente une hotte en pierre moulurée et avec corbeaux en doucine sur pieds-droits (17e siècle). La charpente à arbalétriers et pannes, avec poinçons montant de l’entrait compte quatre fermes numérotées.

L’autre logement (d'ouvriers) de la ferme, aligné à la route (est-ouest) au nord, est en rez-de-chaussée ; il s'agit également d'un fournil. Une entrée et une fenêtre portent des linteaux délardés. Une ancienne bergerie (convertie en logement) lui est accolée à l’est. Son toit possède une croupe. Leurs charpentes (modifiée en poinçon raccourci pour la bergerie), sont de type originel, à arbalétriers et pannes, avec poinçon montant de l’entrait.

La grange-étable, située à l’ouest du manoir, comprend en réalité une étable en accès en mur-pignon et deux granges s’ouvrant en mur gouttereau nord. Un appentis s’appuie sur l’élévation nord. La toiture est à une croupe (à l’est). Une grande étable est située au sud-ouest du manoir, en face d’une autre étable, plus petite à accès en mur-pignon.

Une porte piétonne condamnée est bien visible dans un mur du toit à porcs en appentis situé en bordure de la route au nord-ouest. Sa plate-bande en anse de panier porterait les inscriptions (en grande partie effacées) "Vive le Roi" et une date illisible, possiblement en chiffres romains.

Un puits à margelle ronde, à double manivelle et couverture ronde en zinc se trouve au pied du mur-pignon est de la grange-étable à côté d’un abreuvoir.

Murs calcaire moellon enduit partiel
Toit tuile plate
Étages 1 étage carré
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
toit à longs pans croupe
appentis

FZ Brenne compléments (à récupérer)

Typologie ferme 1 non applicable
Plan ferme 1 non applicable
Datation ferme 1 15e-16e-17e siècles
Typologie ferme 2 ferme à bâtiments dispersés
Plan ferme 2 plan irrégulier
Datation ferme 2 19e siècle - 1ere moitié 20e siècle
Espaces d'exploitation non applicable
Nombre de bâtiments de ferme 5 bâtiments principaux
Nombre de logements logement double
Mixité du logement habitat indépendant
Etages du logement à un étage carré
Accès au logement accès en gouttereau
Elévation du logement élévation à travées
Détails architecturaux pierre d'évier

FZ Brenne gestion (à récupérer)

Intérêt architectural édifice d'intérêt à l'échelle du Parc
Conservation du logement bon état
Conservation des espaces d'exploitation bon état
Restauration du logement restauré
Restauration des espaces d'exploitation restauré
Protection ou surveillance en veille architecturale
A étudier dendrochronologie
Opérations de mise en valeur du Parc non applicable
Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Annexes

  • Expertise dendrochronologique d'échantillons provenant du manoir de la Chauvelière (n°5) à Lureuil (36220). Archéolabs réf. ARC 17/R4232D

    Présentation générale :

    L’objet de l’expertise est composé d’éléments en place de la pièce ouest des étages et du comble. Le plafond du rez-de-chaussée est composé de solives sur poutres (2). Le plafond de l’étage comprend 11 solives numérotées arbitrairement à partir de l’ouest. La charpente du comble comprend 4 fermes numérotées arbitrairement à partir de l’est. Les fermes 3 et 4 correspondent aux pièces ouest. Les éléments architecturaux ont été échantillonnés manuellement à la sonde finlandaise (diamètre du prélèvement 5 mm), par Christian Dormoy, le 25 novembre 2016.

    Datations :

    éch. 1 : Pièce ouest, poutre est

    éch. 2 : Pièce ouest, poutre ouest : se rattache à 1648

    éch. 3 : Étage ouest, solive 3 : se rattache à 1648

    éch. 4 : Étage ouest, solive 5 : se rattache à 1648

    éch. 5 : Ferme 4, arbalétrier sud : 1647/1648 (automne/hiver)

    éch. 6 : Ferme 4, poinçon : se rattache à 1648

    éch. 7 : Ferme 3, arbalétrier nord : se rattache à 1648

    Interprétation :

    D’après les résultats obtenus, les deux poutres du rez-de-chaussée, deux solives de l’étage, deux arbalétriers et un poinçon de la charpente du manoir forment un ensemble écologiquement hétérogène et chronologiquement homogène. La mise en place se situe en 1648 ou dans une année postérieure très proche.

  • Expertise dendrochronologique d'échantillons provenant du logis-étable de la Chauvelière (n°5) à Lureuil (36220). Archéolabs réf. ARC 17/R4227D

    Présentation générale :

    L’objet de l’expertise est composé d’éléments en place de la charpente du logement ouvrier-fournil et de la charpente de la bergerie en retour. 2 poinçons (marqués I et III) ont été retenus dans la charpente du logement ouvrier-fournil. Dans la charpente de la bergerie en retour ont été retenu le poinçon sectionné de la ferme sud et l’arbalétrier est de la ferme nord. Les éléments architecturaux ont été échantillonnés manuellement à la sonde finlandaise (diamètre du prélèvement 5 mm), par Christian Dormoy, le 25 novembre 2016.

    Datations :

    éch. 1 : Logement-fournil, poinçon I : 1728/1729 (automne/hiver)

    éch. 2 : Logement-fournil, poinçon II : 1728/1729 (automne/hiver)

    éch. 3 : Fenil, ferme sud, poinçon : entre 1738 et 1740

    éch. 1 : Fenil, ferme nord, arbalétrier est : entre 1710 et 1715

    Interprétation :

    D’après les résultats obtenus, les deux poinçons du logement ouvrier-fournil sont issus d’arbres abattus en automne/hiver 1728/1729 ; l’arbalétrier de l'étable ("bergerie") a été abattu entre 1710 et 1715 ; le poinçon de l'étable a été abattu entre 1738 et 1740.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives municipales de Lureuil ; 1 G 3 ; 1 G 4. Matrices cadastrales, tableaux d'augmentation et de diminution.

  • Collection privée. Histoire de Tournon-St-Martin et ses environs.

Documents figurés
  • Carte de la France dite Carte de Cassini, feuille 31 [Le Blanc]/par César-François Cassini de Thury. Levée vers 1754-1766.

  • Plan cadastral parcellaire de la commune de Lureuil, terminé en 1812/par M. Démontureux, géomètre de première classe et M. Boistard, géomètre des Eaux et Forêts. (Archives départementales de l'Indre, 3 P 105).

Bibliographie
  • LA VERONNE, Chantal. Histoire du Blanc, des origines à la Révolution de 1789. Poitou : Société des Antiquaires de l'Ouest, 1962. (Mémoires, 4eme série, tome VI).

  • PLAUX, Michel. Histoire du Pays tournonnais (1789-1815). Néons-sur-Creuse : Parc naturel régional de la Brenne, Association touristique de Néons-sur-Creuse, 2013.

  • DORMOY, Christian. Rapport d'expertise dendrochronologique (Manoir de la Chauvelière -n°5-, Lureuil). Archéolabs. 2017. ARC 17/R4232D.

  • DORMOY, Christian. Rapport d'expertise dendrochronologique (logis-étable de la Chauvelière -n°5-, Lureuil). Archéolabs. 2017. ARC 17/R4227D.

(c) Parc naturel régional de la Brenne ; (c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Benarrous Renaud