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Cité ouvrière dite cité René-Depallier

Dossier IA45002969 inclus dans Les lotissements d'Orléans (1880-1970) réalisé en 2009

Fiche

Á rapprocher de

Vue générale depuis la rue Basse-d'Ingré.Vue générale depuis la rue Basse-d'Ingré.La cité René-Depallier constitue, avec la cité construite par l'industriel Clapin dans le quartier de la Croix Saint-Marceau, le seul exemple de cité ouvrière connu à Orléans réalisé au début du 20e siècle. Ici, le signalement de l'entrée par deux maisons orientées sur l'extérieur, la disposition symétrique des maisons de part et d'autre de l'impasse et la fermeture de la perspective constituent une interprétation du Close. On retrouvera cette organisation dans la cité rouge (rue Louis-Loucheur) de manière plus développée et sans impasse, où les architectes de la cité-jardin introduiront également plusieurs types de maisons conférant à l'ensemble une ambiance pittoresque.

Maison de type C, dite Les Rosiers. Maison de type C, dite Les Rosiers. Si le groupement de deux logements sous un même toit (type A et B) est une formule caractéristique du logement ouvrier, le type C (image ci-contre) constitue un choix intermédiaire qui tient autant de la maison individuelle que de l'immeuble collectif. Cette organisation n'est pas sans évoquer le modèle consacré du "carré mulhousien" (cité Dollfus, 1854), l'architecte Farcinade introduit ici un passage central traversant qui dessert quatre logements et permet d'offrir un accès aux jardins situés à l'arrière, tout en économisant les dégagements et les ouvertures.

Appellations cité René-Depallier
Parties constituantes non étudiées maison, jardin, cour
Dénominations cité ouvrière
Aire d'étude et canton Commune d'Orléans
Adresse Commune : Orléans
Adresse : Cité-René-Depallier , 85 rue Basse-d'Ingré
Cadastre : 2008 AH 103 à 105, 111, 112, 390, 391 à 393, 395 à 397, 437, 438

La cité René-Depallier est construite à partir de 1904 sur les plans de l'architecte orléanais Farcinade, à l'initiative de René Depallier, directeur d'une usine de corsets située rue du Faubourg-Saint-Jean. La cité comprend 16 logements destinés aux ouvrières de l'usine et accessibles à la propriété. Le 28 octobre 1904, l'ouverture de l'impasse fait l'objet d'une autorisation municipale conformément au règlement de voirie de 1890 concernant les voies privées (article 180). Cette autorisation est assujettie à l'établissement de trottoirs, de caniveaux, d'une chaussée composée en matériaux durs, de canalisations d'eau, de fosses septiques, et d'un éclairage au fond de l'impasse. Le propriétaire est aussi tenu de mettre en place une plaque dénominative indiquant les qualificatifs "voie non classée" et "impasse" suivie d'un nom faisant l'objet d'une autorisation préalable du maire de la ville (cité René-Depallier). L'entretien, l'éclairage et le nettoiement de la voie, en particulier l'enlèvement des ordures ménagères, est également à la charge du propriétaire. Aujourd'hui, la cité conserve son statut de voie privée dont l'entretien est à la charge des propriétaires riverains. Les barrières en bois, qui clôturaient à l'origine les terrains en bordure de l'impasse, ont disparu et ont été remplacées par des clôtures en matériaux divers ou par des murs. Les maisons ont par ailleurs subi quelques extensions côté jardin faisant disparaître les parties en retour, en particulier au bout de l'impasse, où deux corps de bâtiments ont été construits postérieurement. Par ailleurs, certaines inscriptions portées en façade principale des maisons situées au centre de la cité ont été effacées.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1904, daté par source
Auteur(s) Auteur : Farcinade Ferdinand, architecte, attribution par source
Personnalité : Depallier René,
René Depallier (1871 - 1925)

Directeur de la fabrique de lingerie-corseterie située aux n° 13 bis et 13 ter rue du Faubourg Saint-Jean à Orléans. Cette entreprise familiale avait été créée en 1869 par sa mère, Marie Bathilde Gressard. Dans les années 1895, une succursale est installée à Paris. En 1896, après avoir pris la succession de sa mère, René Depallier s'associe avec son beau-père Auguste Desjouis pour former la société "Desjouis-Depallier". En 1964, elle devient société anonyme sous le nom "Depallier-Prestige". (sources : BERCHON, Anne-Isabelle. "Dossier de protection du château et parc de la Godinière, Brinay, Cher". Juin 2020.)


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promoteur, attribution par source

La cité René-Depallier est située dans le secteur Madeleine en bordure de la rue Basse-d'Ingré. Implantée sur un terrain de forme rectangulaire disposé perpendiculairement à la rue Basse-d'Ingré, elle se compose de sept maisons à plusieurs unités d'habitation. Ces maisons, réparties en trois types, forment une composition symétrique axée autour d'une impasse se terminant par un rond-point. Deux maisons de type A à deux logements, ayant leur façade principale rue Basse-d'Ingré, signalent l'entrée de la cité. Elles présentent à leurs extrémités un étage carré surmonté d'un pignon et sont couvertes d'un toit à deux pans et noue. Les pignons en façade présentent chacun une appellation d'origine inscrite dans un arc décoratif, "Les Poiriers" au n° 85 rue Basse-d'Ingré et "Les Pommiers" de l'autre côté de l'impasse. Quatre maisons de type B, à deux logements chacune, occupent le centre de la cité. Implantées selon un retrait uniforme, elles comprennent un sous-sol, un rez-de-chaussée, un étage carré et sont couvertes d'un toit à deux pans. Les deux entrées individuelles sont disposées sur le mur pignon en façade principale et sont protégées par un auvent. La parcelle rectangulaire située au fond de l'impasse accueille un bâtiment (type C) à un étage carré couvert d'un toit à longs pans en tuile mécanique et portant l'inscription "Les Rosiers". Cette maison, agrandie postérieurement côtés est et ouest, était à l'origine divisée en quatre logements juxtaposés disposant chacun d'un jardin et d'une buanderie extérieure individuelle. Construites en moellon enduit et couvertes en tuile mécanique, les maisons composant la cité présentent des baies rectangulaires couronnées de linteaux métalliques ou de petits arcs en brique. Les logements sont associés à des jardinets de 50 à 115 m² environ dont la surface a pu diminuer suite à la construction d'annexes (garages) ou d'extensions. Ceux des types B et C comprennent au rez-de-chaussée une cuisine indépendante, une chambre-salle-à-manger et des W.C. distribués par un couloir, et deux chambres à l'étage. Le type A est plus spacieux et comprend un atelier côté jardin. Au rez-de-chaussée, un couloir ou un hall dessert la cuisine, les W.C. et la chambre-salle-à-manger. À l'étage, les deux chambres sont associées à un grenier aménagé sous le toit.

Murs brique
métal
enduit
moellon
Toit tuile mécanique
Étages sous-sol, en rez-de-chaussée, 1 étage carré
Couvertures toit à deux pans
toit à longs pans
noue
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Autorisation de voirie, 28 octobre 1904 (Archives municipales d'Orléans, 1 O 72)

    "Vu la demande ci-contre, demandant l'ouverture d'une voie privée, dans les terrains sis rue Basse-d'Ingré (Clos des Grands-Beaumonts) ;

    Vu le règlement de Voirie et particulièrement l'article 180, relatif aux voies privées ;

    Vu le Règlement sanitaire en vigueur dans la Ville d'Orléans ;

    Est d'avis d'autoriser le pétitionnaire aux fins de sa demande, sous les conditions suivantes :

    1) La chaussée devra être mise en parfait état de viabilité ; elle sera composée de la façon suivante : un trottoir avec bordures en boutisses devra régner tout le long de la voie et de chaque côté ; il aura 0,50 m. de largeur ; le long des bordures de trottoir il sera établi un caniveau pavé de 0,50 m. de largeur, la chaussée sera composée de matériaux durs sur une épaisseur minimum de 0,30 m., bien damée et formant une surface bien unie, présentant un bombement de 0,10 m. dans l'axe. Le profil du long de la voie devra présenter une pente suffisante pour que les eaux fluviales puissent s'écouler facilement sur la rue Basse-d'Ingré.

    Dans la longueur de la propriété sur la rue Basse-d'Ingré, un caniveau sera établi sur la chaussée par les soins de la ville, aux frais du pétitionnaire. Tous les tuyaux de descente seront munis dans la traversée des trottoirs d'une gargouille en fonte du modèle de celles adoptées par la ville d'Orléans.

    2) Un bec de gaz brulant toute la nuit et allumé aux heures de l'éclairage public, sera installé à l'angle saillant formé par le rond point et le côté est de l'impasse.

    3) Une plaque dénominatrice devra être posée à l'entrée de la rue Basse-d'Ingré : elle sera d'une couleur différente de celle de la Ville. Cette plaque devra porter la mention en gros caractères, la mention "Voie non classée". La qualification ne pourra être précédée que du mot "Impasse" et le nom qui suivra, devra préalablement être soumis à l'approbation du maire de la Ville d'Orléans.

    4) Chaque construction devra porter un numéro ainsi que cela se pratique pour les voies publiques.

    5) Le propriétaire devra prendre les dispositions nécessaires pour assurer l'entretien, l'éclairage et le nettoiement de cette voie. Il devra assurer d'une manière permanente l'enlèvement des ordures ménagères ; l'entrepreneur de la ville n'étant tenu à cet enlèvement que dans les limites de l'octroi.

    6) Une conduite d'eau principale pour l'alimentation en eau des constructions à édifier dans cet immeuble sera posée sous la chaussée dépendant de la voie publique, dans les conditions qui seront indiquées par une autorisation sur demande spéciale.

    7) L'installation de fosses septiques avec puisard récepteur fera l'objet d'un avis spécial."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. 1 O 72. Demandes de voirie, relevé des pétitions exceptionnelles. 1880-1926.

  • Archives municipales et communautaires d'Orléans. Série J : 5 J 130. Casier sanitaire des immeubles, rue Basse-d'Ingré. 1904-1975.

Documents figurés
  • Maison de type B, plans des niveaux, 1904./Par Farcinade. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5 J 130).

  • Élévation d'une maison de type C, 1904./par Farcinade. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5 J 130).

  • Élévations d'une maison de type B, 1904. /par Farcinade. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5 J 130).

  • Détail d'une travée de barrière avec porte, 1904/ par Farcinade. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5 J 130).

  • Maison de type C, plans des niveaux, 1904/par Farcinade. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5 J 130).

  • Élévations de la maison de type A, Farcinade arch., 1904 (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5J 130).

  • Maison de type A, plans des niveaux, Farcinade arch., 1904 (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5J 130).

  • Plan-masse de la cité/ Farcinade arch., 1904. (Archives municipales et communautaires d'Orléans, 5J 130).

Liens web

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