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Côte : manoir dit manoir du Petit-Rochecorbon

Dossier IA37004815 réalisé en 2011

Fiche

Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Vallée de la Brenne - Vouvray
Adresse Commune : Reugny
Lieu-dit : La Côte
Cadastre : 1819 H2 642 ; 2009 YE 997

Ancien fief relevant de Rochecorbon et non de Reugny, appelé pour cette raison Le Petit Rochecorbon. Depuis le 17e siècle au moins, les propriétaires de La Côte possèdent également Le Petit Rochecorbon. Le fief est parfois appelé la Petite Côte (1669).

L'ancien logis a été transformé précocement en bâtiments agricoles formant la basse-cour de La Côte. L'édifice a fait l'objet d'une campagne de datation par dendrochronologie. Les deux charpentes distinctes le couvrant ont ainsi fait l'objet de 7 prélèvements (charpente est) et 8 prélèvements (charpente ouest). Les éléments analysés de la charpente orientale forment un ensemble architecturalement et chronologiquement homogène, mis en place en 1525. Cette charpente se poursuivait à l'origine vers l'ouest. Les éléments analysés de la charpente ouest forment un ensemble architecturalement et chronologiquement homogène, constitué d'arbres abattus entre 1524 et 1530. Cependant, ces éléments analysés constituent essentiellement des remplois indiquant une reconstruction de la charpente qui pourrait être intervenue suite à la destruction d'un bâtiment en retour d'équerre adossé à la tour d'angle. Cette campagne de reconstruction peut être datée du 16e siècle, soit quelques années après la mise en place de la charpente antérieure. Deux chevrons n'étant pas des remplois sont issus d'arbres abattus entre 1714 et 1718 et indiquent une campagne de restauration.

Des bâtiments placés en retour d'équerre vers le nord sont mentionnés dans les archives dès le 17e siècle.

En 1758, les bâtiments organisés autour de la basse-cour sont décrits comme composés d'un logement de jardinier à deux chambres dont une à cheminée et vestibule, un bâtiment accueillant un poulailler et deux écuries l'une aux vaches et l'autre aux chevaux, en retour d'équerre un bâtiment servant de pressoir et de cellier, un passage couvert, une chambre à cheminée et deux écuries à l'est de la cour. Une partie de ces bâtiments ont été modifiés ou détruits à la fin du 18e siècle et au cours du 19e siècle : destruction du logement de jardinier et des deux écuries, transformation du passage couvert en vestibule pour l'aménagement d'un nouveau logis, qui a servi d'habitation au gardien jusque dans la deuxième moitié du 20e siècle.

Période(s) Principale : 2e quart 16e siècle
Principale : 17e siècle
Secondaire : 19e siècle
Dates 1525, datation par dendrochronologie
1524, datation par dendrochronologie
1530, datation par dendrochronologie
1714, datation par dendrochronologie
1718, datation par dendrochronologie

Le logis, de plan rectangulaire, en rez-de-chaussée surmonté d'un haut comble, est construit en moellon enduit et pierre de taille (encadrements des baies, chaînes d'angles). Il est couvert d'un toit à longs pans, à un pignon découvert, en tuile plate et ardoise. Il abrite une habitation (avec une pièce à cheminée, vestibule et deux petites pièces), un cellier et un pressoir. La façade nord est percée par une porte en anse de panier et deux petites baies. Une lucarne à fronton triangulaire en bois mais à l'origine en pierre, située au-dessus de la porte d'entrée, interrompt l'avant-toit.

Une tour pentagonale, abritant un escalier en vis en pierre, est adossée à la façade nord et permet l'accès au grenier carrelé. Cette tour est construite en moellon enduit et pierre de taille (chaînes d'angles), couverte d'un toit en ardoise, ceinte d'un cordon et couronnée d'une corniche en pierre de taille. Une porte, aujourd'hui murée, située à l'étage sur le côté ouest indique qu'un bâtiment en retour d'équerre y était accolé, la tour étant alors placée dans l'angle des deux bâtiments.

Deux charpentes, dont la séparation ne correspond pas au mur de refend, couvrent cet édifice. La charpente orientale est à chevrons-portant-fermes à vingt-une fermes dont trois fermes maîtresses. Les fermes maîtresses comprennent un entrait, un poinçon montant de l'entrait, portant le faîtage par enfourchement et recevant le sous-faîtage, deux demi-faux-entraits avec aisseliers et deux chevrons-arbalétriers avec jambettes obliques. Les fermes secondaires n'ont ni poinçon, ni demi-faux-entraits mais un faux-entrait. Le contreventement est à un sous-faîtage avec décharges en forme de croix de saint-André entre sous-faîtage et faîtage et aisseliers entre poinçon et sous-faîtage. A l'origine, cette charpente se poursuivait vers l'ouest. La charpente ouest à chevrons-portant-fermes comprend dix-neuf fermes dont quatre fermes maîtresses. Deux fermes maîtresses comprennent un entrait, un poinçon montant de l'entrait, portant le faîtage par enfourchement et recevant deux sous-faîtages, deux demi-faux-entraits avec aisseliers et deux chevrons-arbalétriers avec jambettes obliques. Le poinçon des deux autres fermes maîtresses monte d'un faux-entrait qui reçoit le premier sous-faîtage. Les fermes secondaires n'ont pas poinçons mais deux demi-faux-entraits assemblés au premier sous-faîtage. Le contreventement est à deux sous-faîtages avec des aisseliers entre poinçon, premier sous-faîtage et second sous-faîtage et par deux décharges en chevron accompagnés de potelet central entre second sous-faîtage et faîtage.

Le bâtiment en retour d'équerre, de plan rectangulaire et orienté nord-sud, ayant accueilli des écuries, est construit en moellon enduit et pierre de taille (chaînes d'angles) couvert d'un toit à longs pans en ardoise.

Murs enduit
moellon
pierre de taille
Toit ardoise, tuile plate
Couvertures toit à longs pans
toit polygonal
pignon découvert
Escaliers escalier hors-oeuvre : escalier en vis
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. 12 J 25. Fonds de La Côte Valmer. Éventillement et estimation des terres. 1666-1765.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. 12 J 26. Fonds de La Côte Valmer. Arpentages et plans. 16e siècle - 1821.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. 12 J 72. Fonds de La Côte Valmer. Terre de La Côte.

Documents figurés
  • Carte postale. (Collection privée).

  • Plan cadastral dit cadastre napoléonien, 1819. (Archives départementales d'Indre-et-Loire, 3 P2 194).

Bibliographie
  • DORMOY, Christian. Rapport d'expertise dendrochronologique d'échantillons provenant du manoir de La Côte à Reugny (37380). Archéolabs. ARC 12/R3949D.

  • JEANSON, Denis, SALOME, Raymond. La maison seigneuriale du Val de Loire : sa vie, son économie, ses habitants son architecture. Paris : Garnier, 1981.

Périodiques
  • RANJARD, Robert. Le château de la Côte à Reugny. Congrès Archéologique de France, Tours, CVIe session. Paris, Société Française d'Archéologie, 1949, p. 242-246.

  • RANJARD, Robert. Le château de la Côte à Reugny. Rivières tourangelles, La Brenne (sous-affluent de la Loire). Société d'Etude de la Rivière Indre et ses Affluents (SERIA), 2001, n°2, p. 93-96.

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