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Coudon : prieuré puis demeure

Dossier IA36007660 réalisé en 2013

Fiche

Dossiers de synthèse

Appellations Sainte-Colombe, Saint-Laurent
Destinations demeure
Parties constituantes non étudiées toit à porcs, colombier, logement, chapelle, dépendance, cour, sous-sol, grange, étable, cellier, remise, maison, pavillon de jardin
Dénominations prieuré, demeure
Aire d'étude et canton Parc naturel régional de la Brenne - Tournon-Saint-Martin
Adresse Commune : Tournon-Saint-Martin
Lieu-dit : Coudon
Cadastre : 2013 D 2045, 2053, 2054 ; 1812 D 2061, 2062, 2063
Précisions

Le prieuré Sainte-Colombe (ou Saint-Laurent, selon les auteurs) de Coudon dépendait du monastère de femmes de la Règle de Limoges. Une première mention (douteuse) du domaine est tirée d'un faux diplôme attribué au roi franc Pépin le Bref, et daté du 28 juin 837. Il s'agit d'une liste de concessions faites sur des biens du domaine royal et de la mense de l'abbesse Guntrada aux nonnes de Limoges. Mais cet acte aurait été produit, selon les spécialistes, au 12e siècle dans le but, courant pour l'époque, de prévenir, par une donation royale, toute contestation foncière. Le texte fait état du don du domaine de Cauciaco/Canciaco près du fleuve Creuse : "(...) et alieram de Cauciaco usque ad medium fluvium Crose " (Raynaud 1998). Mais le terme Cauciaco/Canciaco pourrait tout aussi bien désigner le lieu-dit Sançais.

Le prieuré est appelé "Coudon-le-Monial" dans le Pouillé de Bourges de 1683. Ce document indique que "vers 1570, à la faveur des troubles" le sieur de Saint-Mars, seigneur de l'Audetterie, aurait tiré "bénéfices" du prieuré. L'établissement a été délaissé par ses religieuses depuis 1731, suite à l'interdit jeté sur les couvents où se diffusaient les idées jansénistes. Il a été supprimé à la Révolution et vendu le 11 février 1791 comme Bien National. L'état des cens et rente dus au prieuré de Coudon, cette année-là, compte plusieurs tenures dans la paroisse de Tournon-Saint-Martin, notamment à la Blancherie et à la Boutetterie (Archives départementales de l'Indre, F 1171 ; Plaux 2013).

La carte de Cassini indique vers 1765 une chapelle à Coudon.

Quatre bâtiments répartis autour d’une cour sont portés sur le plan cadastral de 1812. Le colombier et une partie remaniée de la chapelle subsistent encore. Ceux situés à l’est et au sud de la cour ont complétement disparu (un sous-sol voûté médiéval -15e siècle- a toutefois été conservé sous la maison de notable).

Les matrices cadastrales signalent une démolition et une construction en 1853.

Les vestiges de la chapelle peuvent être datés, selon les éléments architecturaux conservés dans les bâtiments au nord-est de la cour, des 12e, 15e et 16e siècles. Les fragments de peintures murales pourraient remonter au 12e siècle). Le colombier, assez bien conservé, daterait de l’Époque moderne (fin 16e, 17e ou 18e siècle).

Les principaux bâtiments de la ferme, hormis la maison de notable et le pavillon-garçonnière, semble avoir été construits dans la seconde moitié du 19e siècle. Une partie des bâtiments au nord de la cour a servi au 20e siècle à la confection de farine et au stockage des cerises en vue de produire des liqueurs. Les toits à porcs, à l’ouest, datent du milieu du 20e siècle.

La maison de notable a été quant à elle bâtie en 1910 ; le logement-pavillon, au milieu de la première moitié du 20e siècle (après 1910) pour servir de garçonnière (information orale). L’édicule à toit en pavillon (pavillon de jardin ?) et la remise accolée leur semblent contemporains.

Période(s) Principale : 12e siècle, 15e siècle, 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle, 2e moitié 19e siècle, 1ère moitié 20e siècle
Dates 1853, daté par source

Cette demeure à cour ouverte comprend sept bâtiments principaux et un édicule remarquable (colombier). L'habitation principale, située au sud de la cour, est une maison de notable. Il s’agit d’un corps de bâtiment à un niveau, orienté est-ouest, auquel est accolé un second corps à trois niveaux (rez-de-chaussée surélevé et deux étages carrés). La toiture, en terrasse, est couronnée d’une balustrade. Celle du corps de bâtiment à étages est ornée d’un lanterneau muni d’un épi de faîtage. L’élévation de sa façade, ordonnancée, comprend trois travées. La travée centrale se compose d’une entrée surmontée d’un auvent plat, porté par des piliers en pierre. Deux bandeaux délimitent les trois niveaux de l’édifice. Aux trois fenêtres s’ajoutent deux baies au premier étage uniquement. Les pleins de travée sont moulurés en tympan et portent des corbeaux sur lesquels reposent les appuis des fenêtres des étages. Les chaînages d'angle sont à bossage. Le bâtiment dispose d’un sous-sol voûté (médiéval).

Le reste des bâtiments forme trois groupes. Situé à l’est, près du colombier, le premier groupe est composé des bâtiments à toits en tuile plate à longs pans accolés et alignés : d’ouest en est, une étable/écurie à surcroît (toit en croupe), une grange, une autre étable et une remise/cellier. Ils ont été reconvertis en habitation et dépendances. La partie est des bâtiments reprend une partie des éléments de maçonnerie de l’ancienne chapelle du prieuré de Coudon qui était implantée à cet emplacement. Des éléments architecturaux (ouvertures condamnées en arcs brisés, croisée d’ogive) et décoratifs (peintures murales) sont visibles en rez-de-chaussée et dans une partie du grenier. Le bâtiment possède par ailleurs, en mur gouttereau, une porte à encadrement mouluré en quart-de-rond (16e siècle).

Le groupe de bâtiments plus à l’ouest possède une toiture à longs pans en tuile mécanique et à enduit partiel. Il présente une symétrie de façade avec de grandes ouvertures cintrées, des baies basses en demi-cercles et des oculi dans le surcroît des murs. A son extrémité ouest abrite aujourd’hui un logement. Il s’agit d’anciennes écuries et étables servant également de remises agricole et domestique. Une extension en retour d’équerre part vers le nord.

A l’ouest, s’élèvent des bâtiments disposés en V (aménagés en porcherie dans les années 1950).

Le pigeonnier, situé au nord de la maison de notable, est de section circulaire, en forme de segment de cône. Il est couvert d'un toit plat incliné, en ardoise, posé sur une corniche en parements saillants de pierre, elle aussi inclinée. Sa travée est composée d’une porte en rez-de-chaussée, d’une porte haute s’appuyant sur le linteau de la précédente et, au sommet, de deux trous d'envol (baies cintrées) avec appui saillant. Un bandeau (ou randière) cercle la partie haute de l’édicule.

Entre la maison de notable et le colombier s’élève un petit logement-pavillon, enduit, à toiture en ardoise. Sa toiture, à croupe et demi-croupe en ardoise, est débordante et à décrochements. Elle est soutenue par des consoles décoratives en bois et percée de petites lucarnes en chien couché. L’élévation antérieure, en mur-pignon présente des bandeaux et ajouts en bois peint. Elle est couverte d'une demi-croupe débordante. La porte d’entrée est surmontée d’un auvent (en ardoise) sur poteaux servant d’appui à un petit balcon.

A l’est de la cour, un édicule carré (possible pavillon de jardin), enduit et à toit en ardoise en pavillon, est prolongé par une remise à toiture en tuile mécanique et à frise à lambrequin de bois. Les ouvertures de l'édicule carré sont en forme d'ogive et à encadrements en brique. A l'intérieur, se trouve le pied ou socle d'une vasque (espace d'agrément pour pratiquer des ablutions ou/et dispositif hydraulique en lien avec l'entretien des jardins ?). Par ailleurs, une banquette en pierre munie d'une rigole longe les mur (l'un des murs est percé d'un orifice pour le passage d'une canalisation -disparue-). Le plafond est voûté avec de la brique.

A l’est du logis principal, dans l’alignement de la galerie, se trouve l’ancienne entrée du domaine (avec portail), où s’étendaient des jardins réguliers à la française au début du 20e siècle.

Murs enduit
calcaire moellon enduit partiel
calcaire pierre de taille enduit
Toit tuile plate, ardoise, tuile mécanique
Étages en rez-de-chaussée, comble à surcroît, 2 étages carrés, étage en surcroît, en rez-de-chaussée surélevé
Couvrements
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
terrasse lanterneau
toit à longs pans croupe
toit à longs pans demi-croupe
toit en pavillon pignon couvert
Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de l'Indre, F 1171. État des cens et rente dus au prieuré de Coudon en février 1791 sur plusieurs tenures de la paroisse de Tournon-Saint-Martin.

  • Archives municipales de Tournon-Saint-Martin. Matrices cadastrales, tableaux d'augmentation et de diminution.

Documents figurés
  • Plan cadastral parcellaire de la commune de Tournon/ sous la direction de M. Lepeintre, directeur des contributions, M. Dauvergne, ingénieur vérificateur, par M. Alisard, géomètre du cadastre, terminé en 1812. (Archives départementales de l'Indre, 3 P 224, 14 à 31).

  • Sous-sol du couvent, Coudon./Jean-Louis Soubrier, 1968. (Musée archéologique de Martizay, photo n°861).

  • Chapelle du couvent, Coudon./Jean-Louis Soubrier, 1968. (Musée archéologique de Martizay, photo n°864).

  • Chapelle du couvent, Coudon./Jean-Louis Soubrier, 1968. (Musée archéologique de Martizay, photo n°863).

  • Coudon./Jean-Louis Soubrier, 1968. (Musée archéologique de Martizay, photo n°866).

  • Carte de la France dite Carte de Cassini, feuille 31 [Le Blanc]/par César-François Cassini de Thury. Levée vers 1754-1766.

Bibliographie
  • BENARROUS, Renaud. Rapport d'activité (2011). Étude archéologique et historique du canton de Tournon-St-Martin (Communes de Fontgombault, Lureuil, Martizay, Preuilly-la-Ville, Sauzelles, et Tournon-St-Martin) . Orléans : Service régional d'Archéologie (SRA) Centre, 2011.

    annexe fiche TO 08
  • DU POUGET, Marc, PECHERAT, René, DE MONTIGNY, Arnaud (dir.)/TREZIN, Christian (collab.). Châteaux, manoirs et logis : l´Indre. Chauray : Ed. Patrimoines et Médias, 1999.

    p.202
  • PLAUX, Michel. Histoire du Pays tournonnais (1789-1815). Néons-sur-Creuse : Parc naturel régional de la Brenne, Association touristique de Néons-sur-Creuse, 2013.

    p.33
Périodiques
  • RAYNAUD, Nicole. Identification des possessions de l'abbaye de la Règle de Limoges mentionnées dans le diplôme de Pépin. Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin. tome CXXVI, 1998, p. 5-23.

    p.5-23
(c) Parc naturel régional de la Brenne ; (c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Benarrous Renaud - Desagher Julia