Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Couvent d'ursulines, actuellement établissement pour les handicapés physiques André Beulé

Dossier IA28000322 inclus dans La ville de Nogent-le-Rotrou du Moyen-Age au début de l'époque moderne réalisé en 2015

Fiche

Dossiers de synthèse

Le champ chronologique de l'étude topographique engagée à Nogent-le-Rotrou s’arrêtant à la fin du 18e siècle, aucune des constructions postérieures à cette date n'a été étudiée dans le cadre de cette monographie.

Historique

Les sœurs de Sainte-Ursule

Le couvent des Ursulines est fondé par Maximilien de Béthune le 27 juillet 16311. L’établissement des sœurs dans la rue Dorée2 n’est attesté qu’à partir de 16333.

La communauté appartient à l’ordre féminin de sainte Ursule. Les Ursulines vivent cloitrées en respectant les trois vœux ordinaires (pauvreté, chasteté et obéissance). Elles se consacrent à l’éducation des jeunes filles accueillies au couvent4. Les sœurs sont dirigées par une prieure élue pour trois ans. En 1639, la communauté est constituée d’au moins neufs religieuses, dirigées par une prieure élue, et d’une sous prieure5.

Situé dans le bourg de Nogent, le couvent doit hommage à son seigneur. Néanmoins, à l’image des autres institutions religieuses nogentaises, il est également placé sous l’autorité du prieuré de Saint-Denis. Les sœurs sont tenues de déclarer leurs biens immeubles6.

Le couvent est implanté dans la partie sud de la rue Dorée à proximité des marches Saint-Jean et de la rue Bourg-le-Comte. Il est composé d’une tenue et appartenances comprenant : une maison achetée en 1631-1633 et un corps de bâtiment construit en 16397. A cette première tenue s’ajoute : une chapelle (non attestée) et le jardin de la petite barre compris dans l’enclos des Ursulines8. Entre 1658 et 16879, les sœurs se portent acquéreuses de trois maisons situées rue Dorée10.

L’accroissement du nombre de sœurs entre la date de fondation et le premier quart du 18e siècle, témoigne de la pérennité du couvent. Entre 1720 et 1726, le nombre de sœurs est de 3011, contre 9 en 1639.

Parallèlement la communauté accroît son patrimoine foncier12, fait mis en exergue en 1724 par un recours de l’Assemblée des habitants de Nogent déposé à l’encontre du couvent. Il s’agit d’une supplique contre l’acquisition de (nouvelles) maisons par les sœurs13. L’épisode témoigne de la crainte des habitants de Nogent de voir les Ursulines s'emparer d'une partie du patrimoine foncier de la ville14.

Le développement du couvent contraste avec sa rente annuelle seulement fixée à 1 000 livres entre 1720 et 172415. A titre d’exemple, les sœurs de Nazareth disposent de 6 000 à 7 000 livres de rentes pour un même nombre de sœurs. Les Ursulines rencontrent des difficultés financières à la fin du 18e siècle et sont contraintes d’adresser une supplique à l’évêque de Chartres afin d’obtenir un secours financier16.

Les sœurs de l’Immaculée Conception

La Révolution entraîne la suppression du couvent en mars 1791. Les bâtiments sont vendus comme biens nationaux17 avant d'être rachetés par André-François Beulé (1766-1839), prêtre réfractaire et principal du collège de Nogent-le-Rotrou. En 1808, il choisit l'ancien couvent pour y fonder la communauté des sœurs de l'Immaculée Conception18.

Les religieuses ont, comme les Ursulines, vocation à l'enseignement mais vers un public plus large. L’institution, d’abord réservée aux indigents19, accueille en effet à partir de 1809 des élèves sourds-muets20. La communauté est financée par la municipalité et reçoit 200 élèves21.

Les sœurs de l’Immaculée Conception et leurs pensionnaires sont logés dans l'ancien couvent de Sainte-Ursule. Leur installation entraîne la restauration des bâtiments et de la chapelle. Celle-ci est finalement reconstruite en 185322.

L’établissement scolaire existe encore aujourd’hui sous le nom de l’Institut André Beulé. Celui-ci partage la propriété des anciens bâtiments du couvent avec l’office HLM de Nogent-le-Rotrou.

Description

Situation

Plan de situation.Plan de situation.

L’ancien couvent des Ursulines est implanté le long de la rue Gouverneur23, au pied de l’éperon et du château Saint-Jean. L’établissement est situé à l’abri des crues de l’Huisne, la différence entre le lit de la rivière et la rue Gouverneur atteignant à cet endroit une dizaine de mètres.

La rue Gouverneur traverse Nogent-le-Rotrou, selon une orientation nord, en direction de Chartres, et sud, en direction du Mans. Le couvent est situé à une centaine de mètres du carrefour entre les rues Gouverneur, Bourg-le-Comte et des Marches. Les deux dernières rues mènent respectivement au prieuré Saint-Denis et au château Saint-Jean.

Plan

Plan de distribution (1993).Plan de distribution (1993).

L’espace est articulé autour d’une cour (notée 1 sur le plan) bordée par quatre corps de bâtiments.

L’aile est est située le long de la rue Gouverneur, au contact entre cette dernière et la cour (n°1) de l’ancien couvent, auquel on accède par un passage d'entrée d’une part et par un couloir latéral traversant d’autre part.

L'aile sud est composée de plusieurs bâtiments se développant à la perpendiculaire de la rue Gouverneur. Le premier à l'est, de plan rectangulaire, est accessible de la rue par une porte latérale donnant accès à une petite cour centrale (note 3 sur le plan) par un couloir coudé. La cour est fermée à l'ouest par un second bâtiment comportant un escalier en vis. Les côtés nord et sud de la cour sont occupés par d’autres constructions secondaires. L’aile sud est redoublée à l'ouest par deux bâtiments adoptant un plan en L autour d’une petite cour rectangulaire (noté 4 sur le plan). Ces dernier font la liaison entre les deux cours de l’ancien couvent (cour n°1 et n°2).

L’aile ouest est composée d’une simple galerie reliant l’aile sud et la chapelle au nord. La chapelle possède un vaisseau unique accoté à l’ouest par une abside semi-circulaire.

Le couvent est redoublé au nord par une cour (notée 2 sur le plan) autour de laquelle prennent place plusieurs corps de bâtiments disposés en U. Ces derniers ne figurant pas sur le cadastre ancien, ils n'ont pas été étudiés.

Élévation

Aile est

Orthophotographie, aile est, vue de l'est (2015).Orthophotographie, aile est, vue de l'est (2015).

Si les élévations tant sur rue que sur cour de l’aile est, semblent homogènes, deux ensembles architecturaux distincts sont cependant identifiables par l’autonomie de leur distribution, de leurs maçonneries et de leur toiture, à l’image du coup de sabre visible entre les deux bâtiments.

Aile est, ensemble n°1, face est sur rue.Aile est, ensemble n°1, face est sur rue.

Le premier ensemble, est composé d’un édifice à trois niveaux d’élévation et à trois travées. Le décor de la façade sur rue est caractérisé par l’utilisation de plates-bandes, de bandeaux, de consoles en S supportant la corniche, et par un portail dont la clef et les impostes sont saillantes. Les maçonneries des fenêtres du second niveau d'élévation conservent les traces d'appuis antérieurs situés en dessous de ceux que l'on peut observer actuellement.

Aile est, ensemble n°2, face sur rue.Aile est, ensemble n°2, face sur rue.

Le second ensemble se développe sur sept travées et deux niveaux d’élévation. Si la corniche en doucine, la généralisation de la pierre de taille et l’utilisation de plates-bandes donnent, là encore, une idée d’unité, plusieurs éléments attestent de l’hétérogénéité de l’ensemble, comme le montrent les vestiges de croisées et de demi-croisées identifiables en façade sur rue.

Aile est, ensemble n°2, façade sur rue, détail d'une croisée (2ème niveau, 3ème travée). Aile est, ensemble n°2, façade sur rue, détail d'une croisée (2ème niveau, 3ème travée). Aile est, ensemble n°2, façade sur rue, détail d'une croisée (2ème niveau, 4ème travée).Aile est, ensemble n°2, façade sur rue, détail d'une croisée (2ème niveau, 4ème travée).

Aile est, ensemble n°2, couloir transversal, détail de la voûte.Aile est, ensemble n°2, couloir transversal, détail de la voûte.

Une première croisée, dont les tores ornant les piédroits sont surmontés d’un chapiteau feuillagé, contraste avec une seconde croisée au sud, dont les piédroits sont simplement décorés d’un quart de rond. On retient également le couloir traversant, voûté d’un berceau surbaissé, dont les doubleaux sont moulurés d’un décor de perles.

Aile est, ensemble n°1 et 2, vues depuis la cour n°1.Aile est, ensemble n°1 et 2, vues depuis la cour n°1.

A l’inverse, les deux bâtiments sont parfaitement homogènes sur cour. Le second ensemble comporte trois niveau d'élévation sur cour contre deux sur rue afin de rattraper la différence de niveau avec le premier ensemble. Les dix travées sont marquées par l’utilisation alternée de brique et de pierre en encadrement des fenêtres, lesquels se prolongent au niveau des allèges créant des lignes verticales sur toute la hauteur de la façade, tandis que les niveaux d’élévations sont soulignés par des cordons horizontaux.

Aile sud

Orthophotographie, aile est, vue de l'est (2015).Orthophotographie, aile est, vue de l'est (2015).Aile sud, ensemble n°1, Face Est sur rue.Aile sud, ensemble n°1, Face Est sur rue.Aile sud, ensemble n°1, façade arrière du bâtiment sur rue vue depuis la cour n°3. Aile sud, ensemble n°1, façade arrière du bâtiment sur rue vue depuis la cour n°3.

Le bâtiment sur rue comporte deux niveaux d’élévation et trois travées. Contrairement à ce que l’on peut observer sur l’aile est, le parement est composé de moellons enduits, l'utilisation de la pierre de taille se limite aux encadrements des portes et des fenêtres. Seule la travée ouest est intégralement construite en pierre de taille.

Les fenêtres sont percées sous des plates-bandes tandis que l’élévation est couronnée d’une corniche supportée par des consoles en S. Les vestiges d'une croisée, la présence de reprises et l’utilisation de pierre de taille sur la travée ouest attestent l’hétérogénéité des deux bâtiments pourtant réunis sous une même corniche. Un, peut-être deux, vestiges de croisées sont également visibles sur cour.

Aile sud, ensemble n°1, façade du bâtiment en retrait sur la cour n°3, vue de l'est.Aile sud, ensemble n°1, façade du bâtiment en retrait sur la cour n°3, vue de l'est.Aile sud, ensemble n°1, bâtiment en retrait sur la cour n°3 , décor de la porte de l'escalier.Aile sud, ensemble n°1, bâtiment en retrait sur la cour n°3 , décor de la porte de l'escalier.Aile sud, ensemble n°1, bâtiment en retrait sur la cour n°3, décor de l'entablement de la porte de l'escalier.Aile sud, ensemble n°1, bâtiment en retrait sur la cour n°3, décor de l'entablement de la porte de l'escalier.

L’aile sud est redoublée par une seconde aile faisant la liaison entre les deux cours de l’ancien couvent (cours n°1 et n°2). Elle est composée de deux bâtiments se développant selon un plan en L, autour d’une petite cour rectangulaire (noté 4 sur le plan). Les deux ensembles sont unifiés par une même façade visible depuis la cour du couvent. Elle est composée de trois niveaux d’élévation pour 14 travées rythmées par des fenêtres percées sous des plates-bandes. La construction de la façade a demandé la surélévation d’une partie du premier ensemble, antérieurement limitée à deux niveaux d’élévation comme on peut le voir sur sa face sud. La jonction entre les deux constructions est masquée par un fronton triangulaire.

Aile sud, ensemble n° 1 et 2 sur cour n°4, vue du sud-ouest.Aile sud, ensemble n° 1 et 2 sur cour n°4, vue du sud-ouest.Aile sud, ensemble n°1 et 2, façade sur la cour n°1.Aile sud, ensemble n°1 et 2, façade sur la cour n°1.

Aile ouest et aile nord (chapelle)

Chapelle et bâtiments attenants, vue de la cour n°2 (nord-ouest).Chapelle et bâtiments attenants, vue de la cour n°2 (nord-ouest).Aile nord, et chapelle, vues de l'est (vers 1970). Document Mairie de Nogent-le-Rotrou.Aile nord, et chapelle, vues de l'est (vers 1970). Document Mairie de Nogent-le-Rotrou.

Les élévations de la galerie nord et de la chapelle à l’est se développent selon un vocabulaire décoratif similaire. Les élévations sont montées en moellons enduits tandis que chaque travée est marquée par l’utilisation d’un arc brisé mouluré d’un tore et construit avec une alternance de brique et de pierre.

Conclusion

Une fondation "protestante"

La création du couvent d’Ursulines24 s’inscrit dans le contexte de la Contre-Réforme. C’est une période faste pour le développement des couvents urbains, notamment à Nogent ou trois d’entre eux sont créés entre 1601 et 1632. Les ursulines rejoignent ainsi les frères capucins implantés depuis 1601 et sont à leur tour rejointes en 1632 par les sœurs de Nazareth.

Comme c’est le cas ailleurs en France, les couvents sont fondés par l'aristocratie, cette dernière se faisant le vecteur de la Contre-Réforme. La fondation du couvent par Maximilien de Béthune répond à deux préoccupations. D’une part, cela permet au duc de confession protestante d’acquérir une légitimité qui lui fait défaut à Nogent, en s’affirmant ainsi dans la continuité des grandes fondations religieuses effectuées par les comtes du Perche. D’autre part, Maximilien de Béthune ayant pour projet d’élire domicile à Nogent-le-Rotrou, il s’agit là d’un bon moyen de pacifier ses relations avec le prieuré de Saint-Denis, tout en rendant ses velléités bien compliquées à refuser pour les moines.

Les bâtiments du couvent d'Ursulines

L’aile est est composée de deux ensembles distincts. L’hétérogénéité des marqueurs stylistiques observée et le faible nombre d’édifices dépassant les trois travées sur rue à Nogent, invitent à penser que le second ensemble, est à l’origine composé de deux bâtiments. L’un à l’est, datant de la fin du 15e siècle25, l’autre à l’ouest datant du début du 16e siècle26. La façade est ensuite unifiée au 17e siècle, certainement à l’occasion de l’implantation du couvent, avec le percement de nouvelles fenêtres sous plates-bandes et de la reprise du parement.

La présence de plates-bandes, de bandeaux, de consoles en "S" supportant la corniche, ainsi que le portail dont la clef et les impostes sont saillantes, permettent de dater (au moins en partie) le premier ensemble du 17e siècle27. Il s’agit peut-être de la maison nouvellement construite par les sœurs en 163928. Cependant, l'observation des appuis des fenêtres du second niveau d'élévation côté rue atteste de deux états de construction. En effet, les traces visibles en dessous de ceux-ci (cf. illustration IVR24_20172800039NUCA) montrent que les fenêtres étaient initialement plus hautes. Le niveau actuel des appuis correspondant au niveau de la clef du portail sur rue, il est possible qu'ils ait été remontés lors de l'implantation de ce dernier, soit au 17e siècle. Cela situerait les deux phases de construction durant le 17e siècle, à moins que, comme les autres ensembles, la phase de construction datant du 17e siècle n'englobe en fait un bâtiment plus ancien dont le second niveau d'élévation était située plus bas. C'est ce qui expliquerait la différence de niveau entre les appuis actuels et ceux qui préexistaient.

Les façades sur cour des deux ensembles sont reprises lors de la réfection du couvent (après 1811) par les sœurs de l’Immaculée Conception, ce qui explique l’utilisation du couple brique/pierre.

L’aile sud est également composée de plusieurs ensembles hétérogènes. L’utilisation d’un bandeau, de plates-bandes, d’une corniche supportée par des consoles en S, permet de dater le bâtiment sur rue du 17e siècle. Néanmoins la présence de vestiges d’une croisée, l’utilisation inégale de la pierre de taille et de plusieurs reprises en façade permettent d’attester la présence d’un état antérieur datant de la fin du 15e siècle ou du début du 16e siècle. Là encore deux constructions distinctes semblent avoir été réunies en un corps de bâtiment. L’élévation est unifiée par le percement de fenêtres en plates-bandes et une corniche. Les rampants à crossettes sculptées et la porte d'ordre ionique de la façade sur cour du bâtiment semblent plutôt remonter à la seconde partie du 16e siècle.

Le second ensemble redouble le premier le long de la cour du couvent. A l’inverse du premier, il ne semble pas comporter de vestiges antérieurs au 17e siècle. L’utilisation d’une travée forte, d’un fronton triangulaire, de bandeaux et de plates-bandes permettent de dater la façade du 18e siècle.

Le style néogothique brique et pierre dans lequel sont construites la chapelle et la galerie du cloitre sont à rapprocher de la reconstruction de l'ensemble en 185329. Si une construction est bien attestée à l’emplacement de la chapelle sur le cadastre de 1811, rien ne permet de savoir s’il s’agissait de la chapelle des Ursulines.

L’hétérogénéité des bâtiments conservés dans l’ancien couvent témoigne de son implantation sur un parcellaire déjà construit. Les soeurs sont alors contraintes d’agréger des maisons acquises à leur dotation initiale, ou à en faire construire des nouvelles. Les élévations sur rue ou sur cour sont à ce titre un bon exemple, exprimant à la fois la singularité de chaque bâtiment, tout en affirmant la volonté d’homogénéisation du couvent. Les sœurs ayant certainement à cœur de donner un visage uniforme aux bâtiments là où ils se donnent à voir, elles réalisent des travaux sur la rue Dorée30 au cours du 17e siècle et sur la cour du couvent au 18e siècle.

1DE SOUANCÉ, Hector. Nogent-le-Rotrou. Nogent-le-Rotrou. 1916. p. 161. Source originale non citée par l’auteur.2Actuellement rue Gouverneur.3MERLET, René, Inventaire départemental antérieur à 1790, Série H, T.III, Chartres 1968. Source originale : AD.28. H5356 (lettres patentes) et H5354 (installation).4FRET, Joseph. Antiquités et chronique Percheronne, Mortagne, tome III. 1840. p.221.5MERLET, René, Inventaire départemental antérieur à 1790, Série H, T.III, Chartres 1968. Source originale : AD.28.H4046.6MERLET, René, Inventaire départemental antérieur à 1790, Série H, T.III, Chartres 1968. Source originale : H5355.7MERLET, René, Inventaire départemental antérieur à 1790, Série H, T.III, Chartres 1968. Source originale : H 4024.8AN. Série P : cote 898. Aveu de la baronnie de Nogent-le-Rotrou (1648).9MERLET, René. Inventaire départemental antérieur à 1790, Série H, T.III, Chartres 1968. Source originale : H 5354.10Au-delà de leurs possessions de la rue Dorée, les sœurs disposent également de la maison de l’Ortie dans la paroisse Saint-Laurent (MERLET, René, Inventaire départemental antérieur à 1790, Série H, T.III, Chartres 1968. Source originale : AD 28. H2668) et d’une dizaine de terres et pièces de terres agricoles disséminées dans un rayon de 10 km autour de Nogent-le-Béthune (Nogent-le-Rotrou) (MERLET, René, Inventaire départemental antérieur à 1790, Série H, T.III, Chartres 1968. Source originale : AD 28. H352-5391).11DUVAL, Louis. État de la généralité d’Alençon. Alençon. 1890. P. 198.12D’une part, l’investissement des sœurs se concentre sur le foncier nogentais. Les sœurs se rendent ainsi acquéreuses d’une maison rue Saint-Laurent en 1708 (MERLET, René, Inventaire départemental antérieur à 1790, Série H, T.III, Chartres 1968. Source originale : AD 28. - ), d’une maison rue Marafre en 1724 (PROUST. Stanislas. Inventaire sommaire des Archives des hospices de Nogent-le-Rotrou depuis leur fondation jusqu'à 1790. Nogent-le-Rotrou. 1889. Source originale : inconnue) et de deux maisons en face de leur couvent, rue Dorée avant 1728 (MERLET, René, Inventaire départemental antérieur à 1790, Série G. Chartres. 1890. Source originale : AD 28. G. 3578). Dans le même temps, elles se séparent d’une maison rue du Pont Sallé en 1722 (MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B. Chartres. 1890. Source originale : AD 28. B. 2256) et d’une maison rue Saint-Jacques en 1730 (MERLET, René. Inventaire départemental antérieur à 1790. Série H. T.III. Chartres. 1968. Source originale : AD 28. H ou D. 18) signe de la circulation de leurs biens. D’autre part, les sœurs doublent le nombre des terres agricoles en leur possession (MERLET, René. Inventaire départemental antérieur à 1790, Série H. T.III. Chartres. 1968. Source originale : AD 28. H5352-5391). Au-delà des terres, les sœurs se rendent acquéreuses d’au moins quatre fiefs ruraux, à l’image de la Seigneurie de Queux en 1719 (MERLET, René. Inventaire départemental antérieur à 1790. Série H. T.III. Chartres. 1968. Source originale : AD 28. H5376) ou des fiefs de la Bourdiniere ou du petit Aunay, tous deux acquis en 1709. (MERLET, René. Inventaire départemental antérieur à 1790. Série E.tI. Chartres. 1884. AD.28. Série E.709). Les sœurs possèdent également le droit de coupe sur les arbres de ces fiefs et le bois de Margon acquis en 1773 (2.5 km au sud de Nogent) (MERLET, René. Inventaire départemental antérieur à 1790, Série H. T.III. Chartres. 1968. Source originale : AD 28. H 5367).13GOUVERNEUR, Aristide, DAUPELEY, Gustave. Documents sur Nogent-le-Rotrou, 1996, Nogent le Rotrou, p.55.14En 1760, ce sont les moines de Saint-Denis qui intentent un procès aux Ursulines. Une partie des terres du couvent étant du ressort de la seigneurie de Saint-Denis, les moines souhaitent contraindre les sœurs à moudre leurs grains au moulin banal du prieuré (MERLET, René. Inventaire des archives départementales antérieures à 1790. Eure-et-Loir. Série H. T.III. Chartres. 1968. Source originale : AD 28. H 5386). Or les religieuses disposant déjà de leur propre moulin (le moulin de Quincampois (MERLET, René. Inventaire départementale antérieures à 1790. Série H. T.III. Chartres. 1968. Source originale : AD 28. H 5361), il est probable qu’elles soient passées outre l’autorité des frères de Saint-Denis pour moudre elles-mêmes leurs grains.15DUVAL, Louis. État de la généralité d’Alençon. Alençon. 1890. P. 198.16MERLET, René. Inventaire départemental antérieur à 1790. Série H. T.III. Chartres. 1968. Source originale : AD 28 H 5385.17MERLET, René. Inventaire départemental antérieur à 1790. Série H. T.III. Chartres. 1968. Source originale : AD 28 H 5391.18La communauté est propriétaire de deux moulins. Le premier, appelé moulin du pont de Bois est situé à Nogent-le-Rotrou, en amont du pont du même nom, sur la rivière d'Huisne (Apostrophes, Chartres, CR 22). Le second, appelé moulin de Pseau, était implanté à l'extérieur de Nogent, sur la rivière de Berthe, à proximité de son confluent le Rhone (Apostrophes, Chartres, CR 22).19FRET, Joseph. Antiquités et chroniques Percheronnes, Mortagne, tome III. 1840. p.221.20JASSELIN, Bruno, PIGRAY Gérard. Mémoire de Nogent-le-Rotrou. Saint-Cyr. 2009. P.66.21FRET, Joseph. Antiquités et chroniques Percheronnes, Mortagne, tome III. 1840. p.221.22JASSELIN, Bruno, PIGRAY Gérard. Mémoire de Nogent-le-Rotrou. Saint-Cyr. 2009. P.66.23Anciennement rue Dorée.24L’ordre de sainte Ursule se développe en France à partir de 1608, date de l’implantation du premier couvent à Paris avant de se développer dans l’Ouest avec Falaise en 1623 et le centre de la France avec Chartres en 1625.25La croisée conservée est similaire à celle observée aux 3 et 4 rue Bourg-le-Comte.26La croisée conservée est plus proche de celles observées au 94 rue Gouverneur.27A l’image de ce que l’on peut observer sur la façade du couvent d’Ursulines de Tours.28MERLET, René, Inventaire départemental antérieur à 1790, Série H, T.III, Chartres 1968. Source originale : H 4024.29JASSELIN, Bruno, PIGRAY Gérard. Mémoire de Nogent-le-Rotrou. Saint-Cyr. 2009. p. 66.30Actuellement rue Gouverneur.
Genre d'ursulines
Appellations couvent des Ursulines, couvent des soeurs de l'Immaculée Conception
Dénominations couvent, institution pour les handicapés physiques
Aire d'étude et canton Nogent-le-Rotrou - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Nogent-le-Rotrou
Adresse : 86 rue Gouverneur
Cadastre :

Le couvent d’Ursulines est fondé par Maximilien de Béthune le 27 juillet 1631. L’installation des sœurs est attestée à partir de 1633, date à laquelle elles occupent une tenue dans la rue Dorée. Celle-ci est augmentée en 1639 par la construction d’un nouveau bâtiment. Les marqueurs stylistiques conservés en élévation confirment le développement de la communauté sur la rue Dorée au cours du 17e siècle. Ils attestent également les travaux réalisés sur les façades sur cour durant le 18e siècle, époque de l’apogée de la communauté. Le couvent est supprimé en mars 1791, puis vendu comme bien national. Ce dernier est choisi par l’Abbé Beulé en 1808, pour y fonder la communauté des sœurs de l'Immaculée Conception. Leur installation entraîne la reconstruction : de la chapelle, de la galerie ouest, des façades sur cour de l’aile sud et la construction d’un nouveau bâtiment organisé autour d’une seconde cour à l'ouest. L’établissement existe encore aujourd’hui sous le nom de l’Institut André Beulé.

Période(s) Principale : 17e siècle , daté par source, daté par travaux historiques
Principale : 18e siècle , daté par travaux historiques , (?)
Principale : 19e siècle , daté par source, daté par travaux historiques , (détruit)
Auteur(s) Personnalité : de Béthune Maximilien, dit(e) Duc de Sully,
Maximilien de Béthune , dit(e) Duc de Sully (1559 - 1642)

Maximilien de Béthune, Ministre d'Henri IV, Duc-Père de Sully (1606-1641), Marechal de France (1634), Prince d’Henrichemont et de Boisbelle (1605-1641), Marquis de Nogent-Le-Rotrou (1624-1641) et de Rosny (1601-1641), comte de Villebon (1607-1641).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
commanditaire, (?), attribution par travaux historiques
Personnalité : Beulé André-François,
André-François Beulé

prêtre réfractaire et principal du collège de Nogent-le-Rotrou


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
commanditaire, attribution par source

Le couvent est articulé autour d’une cour bordée par quatre corps de bâtiments. L’aile est est située le long de la rue Gouverneur au contact entre cette dernière et la cour du couvent. On accède à cette dernière par un portail carrossable central d’une part, et par un couloir latéral traversant d’autre part. L'aile sud se développe à la perpendiculaire de la rue Gouverneur. Elle est à la fois visible et accessible de cette dernière, ainsi que de la cour du couvent dont elle barre le flanc sud. L’aile ouest est composée d’une simple galerie reliant l’aile sud à la chapelle au nord. Celle-ci possède un vaisseau unique accoté à l’est par une abside semi-circulaire. Le couvent est redoublé à l'ouest par une seconde cour autour de laquelle prennent place plusieurs corps de bâtiments disposés en U. Les matériaux mis en œuvre sur les façades sur rue contrastent avec ceux sur cour où le parement de pierre de taille de Nogent laisse place à une association de brique et de pierre.

Murs calcaire moellon enduit
calcaire brique et pierre à assises alternées
calcaire moyen appareil
Toit tuile plate
Plans plan rectangulaire régulier, plan régulier en U
Couvertures
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier en vis
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Eure-et-Loir. Série E : 4024. Marché. 1639.

  • AD Eure-et-Loir. Série H : 4046 (communauté).

  • AD Eure-et-Loir. Série H : article 5354. Acquisitions. 1658-1687.

  • AD Eure-et-Loir. Série H : article 5355. Fondation et déclaration. 1648-1718.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série H : article 5356. Lettre patente de confirmation. 1633.

  • AD Eure-et-Loir. Série H : article 5384 . Supplique. 1782.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série E : article 5385. Supplique.

  • AD Eure-et-Loir. Série H : article 5391. Suppression de la communauté. 1791.

  • Archives nationales. Série P : article P898, numéro 38. Aveu et dénombrement de Nogent-le-Rotrou. 1648.

Documents figurés
  • Nouveau plan géométral de la ville de Nogent-le-Rotrou / Alexis Manceau. 1884. (AD Eure-et-Loir. Série Fi : 7 Fi 340).

  • Nogent-le-Rotrou, communauté des sœurs de l'Immaculée Conception. Impr. photoméc. Carte postale. (Bibliothèque municipale de Chartres - médiathèque L'Apostrophe, fonds cartes postales).

  • Nogent-le-Rotrou, l'Immaculée Conception. Impr. photoméc. (carte postale). (Bibliothèque municipale de Chartres - médiathèque L'Apostrophe, fonds cartes postales).

  • Institut André Beulé. Photographie. (Mairie de Nogent-le-Rotrou, services techniques, photographies).

Bibliographie
  • DE SOUANCE, Hector Guillier. Nogent-le-Rotrou. Nogent-le-Rotrou : [s.n.], 1916.

    p.161
  • DUVAL, Louis. État de la généralité d'Alençon sous Louis XIV. Alençon : Librairie Loyer-Fontaine, 1890.

    p.198
  • FRET, Louis-Joseph. Antiquités et chroniques percheronnes. Volume III. Paris : Le Livre d'histoire, 2001. (fac-similé de l'édition de 1838).

    p.220-221
  • GOUVERNEUR, Aristide et DAUPELEY, Gustave. Documents sur Nogent-le-Rotrou. Nogent-le-Rotrou, 1996 (réédition de plusieurs articles de la fin du 19e siècle).

    p. 55
  • JOUSSELIN, Bruno, PIGRAY, Gérard. Nogent-le-Rotrou et son canton, tome 2. Tours : éditions Alan Sutton, 2011.

    p. 66
  • MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Eure-et-Loir, archives ecclésiastiques, Série H. Chartres : Impr. Garnier, 1897 (réédition de 1978).

    p. 83-87
Multimedia
  • BNF. Fiche monographique : André-François Beulé. data.bnf.fr.

    Accès internet : <URL : http://data.bnf.fr/12574567/andre-francois_beule/>.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Rozier Hadrien