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Couvent des Minimes (rue Louis XI ; 34 quai Charles Guinot)

Dossier IA37005769 inclus dans Amboise : quai Charles Guinot réalisé en 2006

Fiche

Destinations Hôtel
Dénominations couvent
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : rue Louis-XI , 34 quai Charles-Guinot

L'histoire du couvent des Minimes est empreinte de légende qui a pris d'autant plus d'importance, qu'il ne demeure quasiment rien des bâtiments. Aujourd'hui le lieu est transformé en deux hôtelleries : Les Minimes et Le Choiseul. L'abbé Bosseboeuf a établi l'historique du lieu. Entre 1421 et 1525, les archives de la ville ne mentionnent pas la construction du couvent. Le couvent se situant hors les murs, juste derrière la porte du Petit Fort, il n'est pas concerné par les comptes de la ville et les délibérations du conseil qui touchent les ponts et les fortifications d'Amboise. Le couvent des Minimes prit donc place au sein du faubourg des Violettes. L'ordre des Minimes fut créé par François de Paule, ermite italien que Louis XI (161-1483) avait appelé à son chevet quand sa santé commença à décliner en 1482. François de Paule était arrivé semble-t-il par la Loire et avait fait étape à Amboise avant de rejoindre le roi au Plessis. On raconte que le dauphin Charles, futur Charles VIII (1483-1498), vint à la rencontre de l'ermite à l'entrée de la ville, plus tard en gage de souvenir il donna le terrain sur lequel ils s'étaient rencontrés et le couvent des Minimes y fut construit. Selon l'abbé Bosseboeuf, Charles VIII fonda le couvent des Minimes en 1491, l'année de son mariage. Jacqueline Melet-Samson situe quant à elle la construction du couvent des Minimes entre 1491 et 1497, sans plus ample précision. Les archives de la ville renseignent toutefois sur l'appellation de la porte du Petit Fort qui répondit, à partir de 1498, au nom de « porte des bons hommes » en référence aux Minimes qui logeaient juste en face, de l'autre côté de l'actuelle rue Louis XI. Par ailleurs, dans le compte de construction du château de 1495-1496, la tour aujourd'hui appelée des Minimes est désignée par différentes périphrases, mais les Minimes ne sont jamais cités. Elle est localisée par rapport au Petit Fort : « (...) La tour que on fait de present audit chastel devers le Petit Fort (...) ». L'abbé Bosseboeuf mentionne que dans le couvent « la chapelle, terminée en 1497 fut consacrée par Yves de Mayeux, évêque de Rennes, et reçut de riches ornements de Charles VIII ». Il indique aussi l'engouement de certains notables d'Amboise à se faire inhumer dans l'église dès le XVIe siècle. Enfin, au XVIe siècle, les Minimes firent l'acquisition de quelques dépendances à flanc de coteau.

Période(s) Principale : limite 15e siècle 16e siècle

Le plan cadastral dit napoléonien, établi en 1808-1810, présente le plan du couvent : quatre grands bâtiments et leurs appendices s'organisant autour d'un plan en « T ». Ces édifices au plan en double « L » adossés sont de plan rectangulaire allongé, ils s'ouvrent sur deux grandes cours. Aujourd'hui les bâtiments sont trop dénaturés pour être étudiés. Les propriétaires ont fourni un cliché de la charpente pendant les travaux. La ferme la plus éloignée, avec son entrait, son poinçon mouluré et ses aisseliers courbes pourraient dater de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle.

Murs crépi
moellon
Toit ardoise
Plans plan régulier, plan régulier en L
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré, comble à surcroît
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
croupe
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Le couvent des Minimes dans les comptabilités amboisiennes

    Les Minimes assuraient le guet à la porte Ouest du Petit Fort en échange de quoi la ville assume l'entretien du puits des Minimes :

    - Archives communales d'Amboise, CC 113, f°29r° : en septembre 1498, Simon Tatineau, maçon, reçoit, 25 s. t. pour : « [...] Avoir taillé et assis la marielle du puiz estant pres les bons hommes oultre le Petit Fort [...], maçonner l'uisserie et deux fenestres de la garde-porte du Petit Fort pres les bons hommes du cousté devers leurs jardins, parce qu'ilz se aidoient et tenoient icelle garde-porte ».

  • Amboise : extraction de moellons à l'ouest du Petit Fort en 1498, dans les archives communales

    En 1498, les comptabilités de la ville font état de moellons extraits à proximité du 1 rue Louis XI :

    - Archives communales d'Amboise, CC 113, f° 29v° : Jehan Vausselle, Mathurin Perreau, Jehan Cartin, Colin Chammeau, tous manoeuvres, sont payés 50 s. t. pour : « [...] Tirer du moison qui estoit es doubves du Petit Fort, pres l'eglise des bons hommes, pour les reparacions de la ville ».

    Par ailleurs, la datation correspond avec l'interruption des travaux de Charles VIII (1483-1498), décédé en avril de cette même année. On peut alors interpréter cette mention de deux manières : soit les moellons dont il est question pourraient être des remplois ou des stocks de pierre pour la troisième tour cavalière inachevée, soit les moellons sont issus de la cave que nous avons inventoriée au 1 rue Louis XI, puisque le texte situe le « moison » par rapport à la douve et l'église et non par rapport à un chantier.

Références documentaires

Bibliographie
  • MELET-SAMSON, Jacqueline. Le développement historique de la ville d'Amboise des origines à la fin du XVIIIe siècle. Paris : Thèse de l’École des Chartes, 1972, 3 vol., 425 p., 40 p. et 63 p. (photographies sur microfilm), [manuscrit dactylographié conservé aux Archives nationales : AN, AB XXVIII (543) ].

  • BOSSEBOEUF, Louis-Auguste. Amboise, le château, la ville et le canton. Tours : Société Archéologique de Touraine, 1897. notes de Louis Palustre, 616 p.

Périodiques
  • MAUNY, Raymond. Contribution à l'étude des « greniers silos Gastignon » à Amboise (soit-disant greniers de César). Bulletin de la Société Archéologique de Touraine, Tome XXXIX, 1980, p. 437-459.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie