Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Église Notre-Dame de Recouvrance

Dossier IA45002114 réalisé en 2008

Fiche

Œuvres contenues

Genre de catholiques
Vocables Notre-Dame de Recouvrance
Dénominations église
Aire d'étude et canton Commune d'Orléans - Orléans-Carmes
Adresse Commune : Orléans
Adresse : 12 rue Notre-Dame-de-Recouvrance

L'église a été construite au 16e siècle, pour une part sur l'emplacement de l'ancienne muraille occidentale et pour l'autre sur l'emplacement d'une chapelle hors les murs du 11e siècle, dédiée à la Vierge, qui devait son vocable de "Notre-Dame de Recouvrance" à sa proximité avec l'un des ports de la Loire : les femmes de mariniers venaient y rendre grâce à la Vierge d'avoir "recouvré" leur époux. A la fin du 15e siècle, la partie occidentale de l'enceinte d'Orléans est désaffectée. Le duc Louis II donne en 1486 à Macé de Villebresme, son conseiller et maître d'hôtel, dix toises de murailles et de fossé montant de la Loire vers la tour André. Villebresme les cède le 13 novembre 1494 à Macé Droyneau et Jean Mynier, maçons et tailleurs de pierre d'Orléans, pour 325 livres tournois. Vers 1513, Droyneau donne une partie de ses terrains pour commencer l'édifice. Le 15 avril 1514, Mynier vend à Droyneau et aux trois autres gagiers de Notre-Dame de Recouvrance six toises de terrain, allant de la rue aux vieux murs. Ceux-ci sont détruits en 1514 et l'église est construite fort rapidement puisque qu'elle est consacrée le 14 avril 1519, lors d'une procession générale qui part de la cathédrale et va jusqu'à Notre-Dame de Recouvrance. Droyneau et Mynier, maître des oeuvres de maçonnerie du duché d'Orléans de 1498 à 1536, conduisent peut-être les travaux. L'église devient alors une église paroissiale, rattachée jusqu'en 1791 à la paroisse Saint-Laurent. Jusqu'en 1709, le territoire de ces deux paroisses était indivis mais le temporel de l'une et de l'autre était alors exactement distingué et elles n'avaient en commun que le curé. En 1562 et en 1568, l'église est victime des attaques des huguenots : elle perd ses toitures, ses voûtes, ses arcs-boutants, ses verrières et ses statues.

Rendue au culte en 1594, sa restauration commence aussitôt. Sous Louis XIII, le portail central est reconstruit. Les voûtes actuelles du vaisseau central datent du XVIIe siècle et ne sont que des pastiches en bois et plâtre de croisées d'ogives.

A la Révolution, l'église est à nouveau mise à mal, son mobilier est dispersé. Elle est rendue au culte en 1802. Sous le Second Empire, elle fait l'objet d'une restauration générale : en 1859, un nouveau portail central est sculpté tandis que l'ancien est remonté sur la façade occidentale de l'église Saint-Vincent à Orléans. Dans les années 1860, toute la décoration intérieure de l'église est refaite dans un style néo-renaissant. Un nouvel orgue est acheté en 1863. De nouvelles cloches sont fondues en 1877. Le 16 août 1944, la chute d'obus allemands endommage gravement le clocher. La paroisse est réunie à celle de Saint-Paul par rescrit pontifical de décembre 1953.

Lieu de déplacement Commune : Orléans
Période(s) Principale : 1er quart 16e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Secondaire : 2e moitié 16e siècle
Secondaire : 1ère moitié 17e siècle
Dates 1519, daté par source
1863, daté par source

L'église occupe une surface rectangulaire, légèrement irrégulière. Elle est composée de trois vaisseaux : celui du centre mesure environ huit mètres de large, les vaisseaux latéraux cinq mètres cinquante. Ces derniers sont bordés de chapelles latérales, situées entre les contreforts. Ces chapelles ont un mètre quatre-vingts de profondeur du côté sud ; elles varient du côté nord entre deux mètres cinquante et un mètre vingt du fait de l'obliquité du mur gouttereau. L'église est composée de sept travées : celle du centre est la plus large, suggérant ainsi la présence d'un transept. Le corps du vaisseau présente en coupe trois niveaux de voûtes et de toitures : celui des chapelles latérales, celui des bas-côtés et celui du vaisseau central. Les fenêtres hautes du vaisseau central sont placées à une grande hauteur. Le vaste espace ainsi dégagé entre les grandes arcades et les fenêtres hautes n'est pas occupé par un triforium mais par un mur plein, disposition fréquente au 15e et au 16e siècles dans l'Orléanais. Toutes les arcades des trois vaisseaux et tous les arcs des fenêtres sont en plein cintre, légèrement surbaissé par endroit. Les voûtes du grand vaisseau sont de fausses voûtes d'ogives en bois et en plâtre (ce qui explique l'absence d'arcs-boutants à l'extérieur), qui datent de la restauration du 17e siècle. Les voûtes en pierre des bas-côtés sont également l'oeuvre de la restauration du 17e siècle. Les chapelles ont conservé leur voûtes primitives : la croisée d'ogives est traversée par des liernes dessinant un grand losange et cinq clefs marquent les intersections. Les arcs en tiers-point (dans les petits formerets des chapelles, les doubleaux des bas-côtés, les formerets du vaisseau central) alternent avec des tracés en plein cintre (formerets des bas-côtés, grands formerets des chapelles, arcades qui séparent la nef des bas-côtés et les bas-côtés des chapelles). Ce mélange se retrouve dans les autres églises orléanaises de la Renaissance (Saint-Paul et Saint-Pierre du Martroi). L'extrémité orientale de l'édifice est formée d'un mur droit, percé de trois fenêtres : celle du grand vaisseau, de dimensions considérables, voit malheureusement sa partie inférieure masquée par l'imposant retable construit au 19e siècle. L'église présente sur la rue Notre-Dame-de-Recouvrance une large façade composée de trois portails, tous trois de styles différents. Le portail sud porte encore la marque du gothique flamboyant, le portail nord est très caractéristique de la Renaissance française. Le portail central est un pastiche néo-gothique daté de 1862 qui a remplacé un portail du 17e siècle (il avait été construit après les destructions des Guerres de Religion et fut remonté à l'église Saint-Vincent). Le clocher occupe l'extrémité sud de la façade : on suppose que les pierres qui le composent ont été récupérées de l'ancienne muraille sur le site de laquelle l'église a été en partie construite. Le clocher aurait même été élevé avant l'église et daterait de 1486.

Murs calcaire
bois
pierre de taille
moellon
Toit ardoise
Plans plan allongé
Étages 3 vaisseaux
Couvrements fausse voûte d'ogives
voûte en berceau plein-cintre
voûte d'ogives
Escaliers escalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis
escalier dans-oeuvre : escalier en vis
États conservations mauvais état
Techniques peinture
sculpture
vitrail
menuiserie
ferronnerie
Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH, 1918/07/30

Annexes

  • Liste des sources manuscrites consultées

    Orléans, archives municipales.

    9M8 : plans 1931 ; réparation 1917-1963. Remise à la ville de la sacristie et de la chapelle des catéchistes.

    Archives départementales du Loiret.

    50 J 195 : évêché d'Orléans, exercice du culte (1809-1904) : actes sur l'organisation territoriale, actes sur l'exercice du culte.

    50 J 196 : évêché d'Orléans, bâtiments et autres biens, finances, legs, donations. 1823-1909.

    123 J 1 : registre des comptes (1718 ; 1720 ; 1786) ; procès verbaux des délibérations du conseil de fabrique (1803-1906).

    123 J 11 : entretien de l'édifice : église, vitraux (1897-1907).

    123 J 12 : conseil paroissial : procès-verbaux des délibérations (1908-1959).

    123 J 13 à 14 : comptabilité (1853-1880) (1895-1906).

  • Extrait de document d'archive : Archives départementales du Loiret, 123 J 1-12

    10 mars 1858 : sur la troisième question, relative à la continuation des travaux de la façade de l'église, M le Président expose :

    - que les travaux de la porte latérale touchent à leur fin

    - que les fonds nécessaires pour la solde de tous les travaux jusqu'à ce jour étant assurés, il convient d'examiner s'il y a lieu de continuer sans interruption la restauration de la porte principale.

    Le conseil, sans rien préjuger sur la continuation des travaux, considérant la différence très choquante qu'il y a entre le style maussade de la porte principale et la gracieuse élégance des portes latérales chacune en son genre,

    Considérant que la dépense occasionnée pour la restauration de la porte principale en son état actuel serait une dépense mal faite et de mauvais goût,

    Arrête :

    1) que le projet de restauration de la porte principale sera mis immédiatement à l'étude

    2) que l'étude de ce projet sera confiée à MM. Clouet et Ricard, architectes à Orléans

    3) que le résultat de ce projet sera communiqué au conseil en sa séance du jour de Quasimodo.

Références documentaires

Bibliographie
  • BIEMONT, René. Orléans. Orléans : H. Herluison, 1880. 507 p.

Périodiques
  • BOITEL, Robert J. Dessins d'architecture de trois églises d'Orléans : Sainte-Croix, Saint-Aignan, Notre-Dame-de-Recouvrance. Bulletin de la société archéologique et historique de l'Orléanais, juin 1996, nouvelle série, tome XIV, n° 111, p. 3-16.

  • BUZONNIERE, Léon Nouel de. Rapport sur les restaurations opérées dans les églises d'Orléans. Bulletin de la Société archéologique et historique de l´Orléanais, 1er trimestre 1860, n° 35. p. 202-222.

  • CHENESSEAU, Georges. Notre-Dame de Recouvrance. Congrès archéologique de France, Orléans, 1930, XCIIIe session. p. 112-122.

  • JARRY, Eugène, La construction de Notre-Dame-De-Recouvrance. Bulletin de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, 3e et 4e trimestre 1917, tome XVIII, n° 213, p. 134-136.

Liens web

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - La Taille Alice de