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Église Notre-Dame-et-Saint-Florentin-en-Grèves (placette Saint-Florentin)

Dossier IA37005682 inclus dans Amboise : placette Saint-Florentin réalisé en 2006
Vocables Notre-Dame-et-Saint-Florentin-en-Grèves
Dénominations halle, église paroissiale
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : placette Saint-Florentin

La première église Saint-Florentin fut construite au XIe siècle dans l'enceinte même du château, probablement à l'initiative de Foulques Nerra. En 1469, Louis XI (1461-1483), à qui les allées et venues des paroissiens au château déplaisaient, demanda à la ville de choisir un lieu convenable pour faire bâtir une église. Après délibération, la ville décida que l'« Annonerie », ou ancienne halle au blé, dans laquelle le conseil de ville se réunissait encore parfois, serait condamnée et l'église reconstruite à sa place. Le 7 juin 1473, pour réaffirmer sa volonté, le roi rédige une seconde lettre où il écrit qu'Amboise est la résidence de la reine, de leurs enfants comme la sienne et qu'il souhaite fermer l'accès au château. Ne voulant pas priver les paroissiens de leurs devoirs religieux, il désire qu'une nouvelle église soit édifiée. La ville qui n'a pas les moyens financiers de supporter seule une telle dépense, se voit accorder une crue pour quatre ans de 5 deniers tournois sur la vente de chaque minot ou quintal de sel vendu dans l'ensemble des greniers à sel du royaume. Une lettre patente de Louis XI datée du 29 mars 1479 rapporte que le chantier de construction de la nouvelle église est entamé à cette date, mais que le projet ne convient pas au roi. En attendant, on stocke toujours des matériaux dans l'« Anonnerie ». Il semble que les travaux tardèrent encore ; en 1499 la somme de 100 l. t. était allouée pour le chantier. Les travaux de couverture de l'église n'ont pas laissé de trace dans les archives de la ville avant 1506. D'après l'abbé Bosseboeuf, l'église connut de nouveaux travaux au milieu du XVIe siècle, notamment le dernier étage du clocher auquel on apposa un décor renaissant, encore visible aujourd'hui, composé de colonnes cannelées et de chapiteaux corinthiens. Au XVIIIe siècle d'autres travaux furent menés, mais qui semble-t-il visaient à l'entretenir plus qu'à la modifier. Enfin, les archives de la Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine conservent une documentation abondante sur les travaux menés par le service des Monuments historiques à partir de 1976. Si l'extérieur a tant bien que mal conservé son aspect d'origine, l'intérieur ne correspond plus à celui d'une église du début du XVIe siècle. Pour résumer l'ensemble de ces campagnes de restauration, les travaux se sont concentrés sur les voûtes et la charpente qui tombaient en ruine, sur les baies et sur la mise en place de contreforts pour consolider l'édifice.

Période(s) Principale : Moyen Age
Principale : limite 15e siècle 16e siècle
Secondaire : 19e siècle
Secondaire : 20e siècle

L'église orientée, de 37 m de long sur 11,50 m de large, est construite selon un plan allongé et dotée d'un chevet à cinq pans. La surface constructible pour édifier l'église dans les murs de la ville manquait et son emprise, qui devait correspondre en partie à celle de l'« annonerie », était bien restreinte. On avait donc dû accepter qu'elle se trouve en partie sur la grève de Loire, d'où son nom Notre-Dame-et-Saint-Florentin-en-Grèves. À son extrémité ouest se tenait un pont enjambant le bras de la Masse, qui à cet endroit longe la Loire. À l'opposé, son chevet était séparé de la chapelle Saint-Simon par un escalier permettant l'accès au rempart de la ville. Les traces d'arrachement de maçonnerie sont encore lisibles à son chevet. Ainsi enserrée dans le bâti urbain, on ne disposait jamais de recul pour observer ses façades ce qui explique aussi qu'elles soient si ordinaires. La qualité architecturale de l'édifice semble en effet avoir été assez médiocre. L'abbé Bosseboeuf écrivait que le coup de sabre visible dans la maçonnerie du mur gouttereau sud était dû à un changement d'intention. Pour lui au printemps 1477, le roi aurait désapprouvé la nouvelle construction et les projets auraient été modifiés. Sans remettre en cause la lecture des archives de l'abbé Bosseboeuf, il nous semble que ce coup de sabre soit plutôt dû à un collage de la nouvelle maçonnerie sur l'ancienne « Annonerie ». Les vestiges de cette dernière montrent une construction en moellon dans laquelle était percée une grande arcade brisée qui a été murée en pierre de taille certainement au moment où l'on réutilisa le pan de mur pour l'église. Ce pan de mur est donc probablement le vestige de l'ancienne « Annonerie ». Cela se vérifie d'autant mieux que l'arrachement de maçonnerie visible au chevet est bien lié à ce pan de mur ; ce qui tendrait à prouver que l'« Annonerie » et la première enceinte urbaine étaient contemporaines. L'église fut donc édifiée en moyen appareil réglé de tuffeau. Les neuf baies qui l'éclairent ont été restaurées, aucun élément ne permet de vérifier leur authenticité. Ainsi, les grandes baies flamboyantes, divisées en lancettes géminées, sont ornées d'un réseau sommital. À l'origine, le portail sud constituait l'entrée principale de l'église et un auvent le précédait. Aujourd'hui, on distingue encore une accolade à crochets surmontée d'un chou et encadrée de deux pilastres.

Murs moellon
moyen appareil
Toit ardoise
Plans plan allongé
Étages 3 vaisseaux
Couvrements voûte d'ogives
Couvertures toit à deux pans
toit polygonal
Statut de la propriété propriété de la commune
Protections classé MH, 1963/07/03

Annexes

  • Les Archives de la ville d'Amboise au sujet de l'église Saint-Florentin au XVe et début du XVIe siècles

    Les délibérations du conseil de ville du 19 novembre 1469 rendent compte des décisions concernant le lieu de reconstruction de Saint-Florentin :

    - Archives communales d'Amboise, BB 1, f°1 : « (...) Pour ce que le roy estant en ceste ville a fait dire et remonster aux habitans de ladicte ville et gens d'eglise que son plaisir est qu'il n'y ait plus paroisse en l'eglise de monseigneur Saint Florentin estant ou chastel dudit Amboise et qu'il soit advisé lieu convenable en la ville pour faire une eglise qui sera une paroisse. Tous ont dit et esté d'oppinion qu'il n'y a point lieu plus convenable pour faire ladicte eglise que la ou est l'Anonnerie d'Amboise et que tel en soit fait et le rapport au roy (...) ».

    Une lettre de Louis XI (1461-1483), datée du 7 juin 1473, rapporte que le roi a l'intention de privatiser l'église castrale (Archives communales d'Amboise, DD, paragraphe IV édifices sacrés, 7 juin 1473, lettre conservée à la Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 20579, pièce 12). Il veilla à ce que le projet d'église soit conforme à ses désirs, comme le rapporte une lettre de 1479 :

    -Archives communales d'Amboise, DD, paragraphe IV édifices sacrés, vidimus du 29 mars 1479, (lettre conservée à la Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 20579, pièce 13) : « Deux ans ou environ, nous feusmes en ladicte ville d'Amboise et veisme le commancement de ladicte eglise, qui pour lors ne fust a nostre plaisance, et au moyen de ce ne fut plus besongné en ladicte eglise ».

    La longueur du chantier se comprend au travers de diverses mentions dans les comptabilités de la ville. Dans une quittance signée de Jusqueau et de Masline, Raoulin Cauchinart, capitaine de la ville, reçoit le 28 août 1481, 6 l. 16 s. 5 d. pour, entre autres services :

    - Archives communales d'Amboise, CC 197, f°8 : « (...) Deux charrestés de boys par lui acheter en l'hiver dernier passe lesquels il fit mectre en la nonerie dudit Amboise pour faire du feu a ceulx de la ville qui font guet (...) ».

    La somme importante de 100 l. t. qui était consacrée aux travaux de l'église Saint-Florentin, encore inachevée en 1499 prouve bien l'activité du chantier à cette date :

    - Archives communales d'Amboise, CC 114, f°32v° : « Jehan Coqueau, notaire commis a faire les paiemenst de l'euvre et ediffice de l'eglise neufve » reçoit par la ville « (...) la somme de 100 livres t. pour emploier ou fait de l'ouvraige et ediffice de ladicte eglise (...) ».

    Le 13 mars 1506, Pierre Peillerault demeurant à Lymeré livre 5500 ardoises pour la couverture de l'église neuve. L'église Saint-Florenin répondit en effet pendant longtemps à ce nom.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Indre-et-Loire; G 675 et G 676.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, G 346. Documents sur la collégiale Saint-Florentin d'Amboise. 1491-1789

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire; 1 Q 6 : Biens nationaux. États de Saint-Denis et Saint-Florentin à Amboise.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire ; 1 Q 2. Inventaire de Saint-Florentin (au chapitre des rentes, des maisons sont localisées mais pas décrites). 9 janvier 1790.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire ; G 345. Lettres de Charles VII du 11 janvier 1446 à Saint-Florentin du château. 1446.

  • Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 20579, pièces 12, f°9. Vidimus d'une lettre patente de Louis XI pour le prélèvement de 5 d. t. sur chaque minot de sel vendu dans le royaume, en faveur de la construction d'une nouvelle église dans la ville d'Amboise. 1473.

  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, 1997/046/0021. Restauration du plan d'eau du parc du domaine de Chanteloup (avril 1995) ; renfort de la sous-face de la voûte en briques et plâtre datant de 1875-1879 dans l'église Saint-Florentin (mars 1996) ; inscriptions à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques (janvier 1997) : le domaine de Chanteloup, l'oppidum des châtelliers.

  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, 81/37/0008. Comptes de restaurations de la couverture de l'église Saint-Florentin. 1973-1976.

Documents figurés
  • Détail de la « Vue de la ville d'Amboise et du château de Chanteloup » en 1762, par Lenfant. (Musée des beaux arts de Tours).

  • Amboise, église Saint-Florentin. Photographie noir et blanc, n.s., n.d. (Bibliothèque municipale de Tours : L. A. Amboise : Saint-Florentin ; R. 1, Ic. Auv. 816).

  • À Amboise. Dessin à la mine, n.s., n.d. (Bibliothèque municipale de Tours : L. A. Amboise : Saint-Florentin ; est. 2, Ic. Auv. 350).

  • À Amboise. Dessin à la mine, n.s., n.d. (Bibliothèque municipale de Tours : L. A. Amboise : Saint-Florentin ; est. 1, Ic. Auv. 347).

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie