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Eglise paroissiale Saint-Hilaire

Dossier IA28000323 inclus dans La ville de Nogent-le-Rotrou du Moyen-Age au début de l'époque moderne réalisé en 2015

Fiche

Historique

La plus vieille église de Nogent

La charte de fondation de l’Abbaye de Saint-Denis1, datée du 1er quart du 11e siècle, mentionne l’existence d’une église dédiée à Saint-Hilaire, située au-dessus de la rivière l’ Huisne2. Geoffroy III, vicomte de Châteaudun et seigneur de Nogent (de 1005 ? – 1040) donne aux moines l’église de Saint-Hilaire avec son cimetière, sa dîme et ses appartenances3. L’église et sa paroisse sont confirmées en 1160 par une bulle du pape Alexandre III (1159-1181)4. La tradition locale attribue alors l’église au diocèse de Sées5. En 1250 la paroisse de Saint-Hilaire compte 424 paroissiens et ne relève non plus du diocèse de Sées mais de celui de Chartres6. Si l’on retient les estimations des feux élaborées par André Chedeville, l’église assurait un service pour environ 1900 paroissiens7.

L’église fait l’objet de deux campagnes de construction durant le 16e siècle. La première porte sur le clocher, dont un marché de construction date le début des travaux à l’année 15488 et se termine en 15609. La seconde est attestée par une date portée sur le collatéral sud et la « vieille » sacristie toutes deux datées de 158810.

L’édifice est utilisé comme lieu d’inhumation, prêtres, curés, nobles et bourgeois y sont ainsi enterrés jusqu’au 18e siècle11.

L'église du 19e siècle

A l’instar des autres églises paroissiales Notre-Dame et Saint-Laurent, l’église Saint-Hilaire fait l’objet de lourds travaux durant le 19e siècle. L'abside alors masqué par un retable décrit comme « moderne » est ré-ouvert12 et doté de nouveaux vitraux réalisés par l’atelier Lorin. Le vaisseau central et l’abside sont également couverts d’une voûte en plâtre, certainement après 1840, puisque Joseph Fret décrit encore à cette date la nef couverte d’un plafond en bardeau13. Enfin une nouvelle sacristie est construite après 1860 dans le prolongement du bas-côté nord14. La présence d’une ancienne sacristie et d’une morgue situées dans le prolongement du collatéral sud, à l’est pour la première et à l’ouest pour la seconde, est attestée sur un plan de 185315. Elles sont détruites avant 187816.

Le cadastre de 1811 situe l’église sur la rive droite de l’Huisne, le long de la route allant de Nogent-le-Rotrou à Alençon17. Saint-Hilaire est alors implanté au milieu des champs, en marge de la ville de Nogent qui s’étend alors sur la rive gauche de l’Huisne. La route d’Alençon suit un tracé nord-ouest/sud-est et longe l’édifice sur son flanc nord. Contrairement à aujourd’hui, c’est la face nord et non la face sud de l’église qui est visible de la route d’Alençon. Elle marque alors l’entrée nord-ouest de la ville, avant le franchissement de l’Huisne par le pont Saint-Hilaire18.

Le cimetière Saint-Hilaire prend place au sud de l’église19. Il est d’abord réduit par le nouveau tracé de la route Saint-Hilaire en 1852 puis déplacé et vendu en lot de terre en 187820.

Le classement du chœur et du clocher en 1907 permet la réfection des couvertures et de la charpente en 1908 et en 1983, du chœur en 1952 et de la charpente du vaisseau central en 195921.

Description

Situation

Plan de situation.Plan de situation. L'église Saint-Hilaire est implantée sur la rive droite de l’Huisne, son chevet est à proximité directe du cours d’eau. L’édifice est situé en zone inondable en contrebas de l’avenue du maréchal Foch22 qui jouxte cette dernière sur son flanc sud. La voirie forme une patte d’oie en avant de l’église, celle-ci jalonnant l’accès à la traversée de l’Huisne par le pont Saint-Hilaire. L’ancien presbytère se trouve à une trentaine de mètres au nord-ouest de celle-ci.

Matériaux

L’intégralité de l’édifice est construit dans un calcaire classifié comme « pierre de Nogent »23. Ce dernier est disposé en appareil moyen et régulier ; à l'exception de la chapelle latérale sud bâtie en maçonnerie de moellons. Les toitures sont couvertes d’ardoises pour le chœur et le clocher tandis que la nef et ses chapelles sont couvertes de tuiles plates.

Structure

L’édifice adopte une structure basilicale à trois vaisseaux, sans transept et à chevet polygonal. Son emprise au sol est de 43.5 m de long pour 26.5 m de large, hors œuvre.

La nef se compose de sept travées de plan barlong dans le vaisseau central et proches du carré dans les collatéraux. Elle est accessible par un portail menant directement du pignon ouest au vaisseau central. Les travées sont rythmées par les colonnes rondes des grandes arcades et les colonnes polygonales des collatéraux. Les deux dernières travées de la nef sont irrégulières et disposent de supports de plan rectangulaire et plus massifs.

Les bas-côtés sont flanqués au niveau de la quatrième travée d'une chapelle latérale rectangulaire au nord et d'une pentagonale au sud. La première, actuellement inaccessible, n’a pu être observée.

Le collatéral sud est percé d’un accès extérieur dans sa troisième travée tandis que la septième travée du collatéral sud supporte le clocher et comporte des supports plus massifs. Les murs de la tour des cloches font saillie sur l’alignement du mur gouttereau du bas-côté sud. Le clocher est accessible par un escalier en vis hors œuvre situé au contact de l’abside et du collatéral.

Le chœur se situe dans le prolongement du vaisseau central. Il se compose d’une abside heptagonale surélevée de trois marches par rapport au niveau de la nef. Au nord, l’abside est accotée par une sacristie constituée d’une travée droite et d’une absidiole à cinq pans formant une chapelle orientée.

L’église est épaulée par des contreforts rectangulaires à retraits talutés, comme les murs ils se font plus massifs au contact de la tour du clocher.

Élévations intérieures et couvrements

Nef, intérieur, vue de l'est.Nef, intérieur, vue de l'est.Nef, comble, voûte lambrissée et charpente à chevrons formant fermes.Nef, comble, voûte lambrissée et charpente à chevrons formant fermes.

Le vaisseau central s’ouvre sur ses bas-côtés par de grands arcs reposant sur des colonnes rondes. Le fût des colonnes est directement pénétré par les nervures des arcs des grandes arcades. L’éclairage est indirect sur le vaisseau central, exception faite de la lumière fournie par une fenêtre haute, située dans sa première travée. L’espace est couvert par une voûte d’ogives en plâtre reposant sur des consoles carrées. Le voûtement est redoublé au niveau du comble par une seconde voûte lambrissée. Elle prend place sous les entraits retroussés d’une charpente à chevrons formant fermes.

Bas-côté nord, intérieur, vue de l'est.Bas-côté nord, intérieur, vue de l'est.Bas-côté sud, intérieur, vue de la nef.Bas-côté sud, intérieur, vue de la nef.Bas-côté sud, vue de l'ouest.Bas-côté sud, vue de l'ouest.Détail d'une des fenêtres du collatéral sud.Détail d'une des fenêtres du collatéral sud.

Les bas-côtés sont éclairés par des fenêtres à remplages dont le réseau en courbes et contre-courbes est composé entre autres, de lancettes trilobées en accolade, de soufflets et de mouchettes. Ils sont couverts par des voûtes d’ogives quadripartites en pierre dont les tores en amandes pénètrent directement les fûts de leur support.

Bas-côté sud, intérieur, 6ème travée vue du vaisseau central.Bas-côté sud, intérieur, 6ème travée vue du vaisseau central.Bas-côté sud, intérieur, détail de la grande arcade de la 6ème travée.Bas-côté sud, intérieur, détail de la grande arcade de la 6ème travée.

La dernière travée du collatéral sud fait exception. Elle est éclairée par une petite lancette trilobée dont le développement est contraint par les maçonneries du clocher. Ce dernier prend place sur une travée de plan carré couverte d’une voûte d’ogives quadripartite irrégulière sans arc formeret, l’un de ses voûtains est percé d’un passage de cloche. Les ogives de la voûte sont moulurées d’un large tore redoublé dans sa forme par les colonnettes rondes sur lesquelles elles reposent.

La chapelle latérale sud est couverte d’une voûte en cul-de-four. L’espace est éclairé de simples baies en plein-cintre.

Choeur, vue de l'ouest.Choeur, vue de l'ouest.Choeur, fenêtres du choeur.Choeur, fenêtres du choeur.Choeur, comble, voûte lambrissée et charpente à chevrons formant ferme.Choeur, comble, voûte lambrissée et charpente à chevrons formant ferme.

Le passage entre le vaisseau central et le chœur est ponctué par une arcade triomphale composée d’un arc brisé mouluré d’un tore à listel dont l’archivolte est sculptée d’un décor végétal, le tout reposant sur des piédroits auxquels sont associés des pinacles à crochet. Au revers du passage triomphal, le chœur s'ouvre sous un mur percé d'un arc diaphragme brisé et mouluré d’un large tore. Les sept fenêtres de l’abside sont composées de deux lancettes en arc brisées sous un oculus quadrilobé aux écoinçons ajourés. La voûte élevée en brique et plâtre au-dessus du chœur est plaquée sur les murs de l’abside. La mise en place du voûtement est associée à un coffrage en brique appliqué sur le mur sous appuis, ainsi qu’à la création d’une arcade au revers du mur diaphragme du chœur afin de supporter une partie du poids de la voûte. Comme dans la nef, le voûtement en plâtre est redoublé au niveau du comble par une voûte lambrissée en cul-de-four prenant place sous une charpente à chevrons formant fermes.

Élévations extérieures et couvertures

Bas-côté sud et clocher, vue du sud-ouest.Bas-côté sud et clocher, vue du sud-ouest.Nef, mur pignon ouest, vue de l'ouest.Nef, mur pignon ouest, vue de l'ouest.Nef, mur pignon ouest, détail du bandeau.Nef, mur pignon ouest, détail du bandeau.Nef, vue du nord-ouest.Nef, vue du nord-ouest.Elévation, face nord (1808). (Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série : 1 O 400). Elévation, face nord (1808). (Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série : 1 O 400).

Le pignon ouest se développe sur deux niveaux d’élévation : le portail d’accès de la nef et une fenêtre haute. Le premier se compose d’une porte et d’un entablement dorique. Celui-ci vient recouper un bandeau dont le décor est sculpté en faible relief. Le bestiaire médiéval y cohabite avec des variations végétales entrecoupées de volutes. Une rupture dans les assises de pierre du côté sud du mur pignon indique un élargissement de ce dernier en direction du collatéral. Le remplage de la fenêtre du mur-pignon est constitué de quatre lancettes en accolades trilobées surmonté d’un réseau flamboyant.

La face nord est ponctuée d’autant de murs pignons que le bas-côté comporte de travées. Chaque travée est ainsi couverte d'un toit à deux versants et pignon découvert perpendiculaires au vaisseau central. Ces derniers sont couronnés de rampants en pierre de taille et de crossettes sculptées. Certains des contreforts intercalés entre les travées et recevant les eaux de pluie des toitures, possèdent encore leurs gargouilles.

Bas-côté sud et clocher, vue du sud-ouest.Bas-côté sud et clocher, vue du sud-ouest.Clocher, élévation, vue du sud.Clocher, élévation, vue du sud.Clocher et tour d'escalier, élévation, vue du sud-est.Clocher et tour d'escalier, élévation, vue du sud-est.Tour d'escalier, détail du premier niveau d'élévation.Tour d'escalier, détail du premier niveau d'élévation.Clocher, détail des baies du second niveau d'élévation.Clocher, détail des baies du second niveau d'élévation.

La face sud est plus sobre, sa couverture est commune à la toiture à deux versants de la nef. Le collatéral est percé dans sa troisième travée par une porte dont l’arc surbaissé recoupe la fenêtre à remplage sous laquelle il prend place. La dernière travée du collatéral est occupée par le clocher. Ce dernier comporte cinq niveaux d’élévation surmontés d’un dôme octogonal visible derrière une balustrade.

Il est flanqué d'une tour d’escalier octogonale hors œuvre. Les deux ensembles ne sont pas chaînés et la tour d’escalier vient masquer les baies des deux premiers niveaux du clocher. Le vocabulaire décoratif est hétérogène, le bandeau de la tour d’escalier vient buter contre le larmier du clocher. A l’inverse à partir du troisième niveau d’élévation, les maçonneries sont synchrones et le bandeau de la tour d’escalier devient continu. Une différence d’appareil est visible à l’intérieur de la tour à partir du troisième niveau. Le parement interne de celle-ci est composé d'un moyen appareil régulier, supplanté à partir du troisième niveau par un appareil de moellons.

Deux campagnes de construction sont identifiables pour le clocher. A l’exception des ouvertures du premier niveau certainement postérieures donnant sur la dernière travée du collatéral, le jour, les baies géminées et leurs linteaux trilobés des trois premiers niveaux d’élévation, contrastent avec le vocabulaire décoratif employé sur les niveaux supérieurs. Les larges baies à remplages disposent de réseaux flamboyants (lancettes en accolade, soufflets et mouchettes), tandis que les bandeaux de la tour d’escalier puis de l’ensemble du clocher à partir du troisième niveau se parent d’un décor végétal, associé à des volutes et des cornes d’abondance.

Chevet et bas-côté nord, vue du nord-est.Chevet et bas-côté nord, vue du nord-est.Choeur, détail d'une fenêtre, vue de l'est.Choeur, détail d'une fenêtre, vue de l'est.

L’élévation du chevet est ponctuée par les sept fenêtres séparées de contreforts à retraite talutée avec larmier dont l’épaisseur s’amenuise au fil de l’élévation. Les baies possèdent des arcs en plein-cintre dont les archivoltes sont sculptées à l’extérieur de petites têtes d’hommes et d’animaux. Les détails architectoniques des ouvertures sont soulignés par des colonnettes aux chapiteaux feuillagés.

Le négatif d’une porte est conservé sur le flanc sud de l’abside au contact direct de la tour d’escalier dont le bandeau24 est précisément bûché à cet endroit.

Conclusion

L’église Saint-Hilaire est constituée de trois ensembles architecturaux distincts : le chœur, la nef et le clocher. Compte tenu de la présence de marqueurs stylistiques contradictoires et de l’absence de continuité structurelle entre la nef et le chœur, il est peu probable qu’ils soient contemporains. Cette hypothèse est étayée par les différences de niveaux de sols, l’absence de liaison entre les charpentes et le fait que les deux ensembles soient maladroitement plaqués l'un contre l'autre.

Le chœur

Si les fenêtres du chevet semblent avoir été reprises ultérieurement, notamment les oculi, elles sont proches de celles observées sur le transept de la cathédrale de Soissons (v. 1176-1197). En l’absence d’autres marqueurs stylistiques et dans l’attente d’études complémentaires, il est donc possible de situer l’édification du chœur entre la fin du 12e ou plus probablement le début du 13e siècle.

Au vu des matériaux utilisés (brique et plâtre), la reprise du chœur est, conformément à ce qu’affirment les sources textuelles, postérieure au 18e siècle et certainement contemporaine de la restructuration du chœur effectuée après 184025.

La porte murée observée sur le flanc sud du chevet est à mettre en relation avec l’ancienne sacristie détruite avant 187826.

Le bûchage du bandeau de la tour d’escalier étant certainement lié à l’installation de cette dernière, la construction de l’ancienne sacristie est donc postérieure à la première partie du 16e siècle.

Le clocher

La dernière travée du collatéral sud sur laquelle repose la tour du clocher marque une césure structurelle d’une part, et stylistique d’autre part, avec le reste de l'édifice. Plus longue et plus large que les autres, elle ne correspond pas aux travées régulières de la nef. Ainsi, l’avant dernière travée du collatéral est volontairement moins longue afin de rattraper le décalage de longueur de la travée du clocher, avec celles de la nef. Enfin le mur gouttereau sud et ses contreforts font saillie sur l’alignement du bas-côté, le mur du collatéral venant se plaquer contre le contrefort de la tour du clocher. Ce dernier est, en partie basse, antérieur à la nef. Les marqueurs stylistiques (fenêtres, contreforts, voûtes et supports) laissent penser à une datation comprise entre le dernier quart du 12e siècle et la première partie du 13e siècle. Le chœur et le clocher sont contemporains.

La seconde campagne de construction, soit la tour d’escalier et les deux derniers niveaux d’élévation du clocher, possède des marqueurs stylistiques plus tardifs mais qui, à l’exception de la couverture et de sa balustrade, s’expriment dans un vocabulaire de style gothique flamboyant. Ce fait amène à dater la seconde phase des travaux de la fin du 15e siècle ou du début du 16e siècle. Cependant un marché passé pour l’édification de la tour en 154827 associé à la date de fin des travaux en 156028, permettent de rajeunir la construction au milieu du 16e siècle. Le vocabulaire décoratif utilisé, empreint d’un certain archaïsme, témoigne de la persistance des motifs du gothique flamboyant à Nogent-le-Rotrou au 16e siècle.

La nef

La nef est plus complexe au vu de l’hétérogénéité de l’ensemble et de ses marqueurs stylistiques. En l’état, il est impossible d’estimer précisément la chronologie des campagnes de construction , sa datation est comprise entre la fin du 15e siècle et la seconde moitié du 16e siècle.

Néanmoins, si l’on se base sur les premiers marqueurs conservés, le vaisseau central est daté entre la fin du 15e siècle, avec l'arc triomphal du chœur et la fenêtre haute du pignon, et le début du 16e siècle, avec le bandeau de la première renaissance visible sur ce même pignon. Le voûtement du vaisseau central, date comme celui de l’abside du chœur, de la seconde moitié du 19e siècle29.

Elévation, face nord (1808). (Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série : 1 O 400). Elévation, face nord (1808). (Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série : 1 O 400). Lithographie, nef, vue du nord-ouest (avant 1850). (Bibliothèque municipale de Chartres - médiathèque L'Apostrophe, fonds iconographique, Eure-et-Loir : n°1352 à 1425). Lithographie, nef, vue du nord-ouest (avant 1850). (Bibliothèque municipale de Chartres - médiathèque L'Apostrophe, fonds iconographique, Eure-et-Loir : n°1352 à 1425). Peinture, chevet et bas-côté sud, vue du nord-est (vers 1860). (Musée-Château Saint-Jean, Nogent-le-Rotrou). Peinture, chevet et bas-côté sud, vue du nord-est (vers 1860). (Musée-Château Saint-Jean, Nogent-le-Rotrou).

La datation admise pour le collatéral nord est également comprise entre la fin du 15e siècle et le début du 16e siècle. Les voûtes d’ogives sont moulurées d’un tore en amande pénétrant directement les colonnes polygonales engagées d'une part, et les fenêtres adoptent un remplage constitué de lancettes en accolade, mouchette et soufflets d'autre part. Enfin les rampants à crochets et crossettes sculptés, rappellent les toitures des maisons et hôtels nogentais de la fin du 15e siècle. Le fait que le flanc nord soit porteur de la majeure partie du décor de l’église est à rapprocher de l’ancien tracé de la route d’Alençon. En effet avant 1852, c’est par le flanc nord que l’église qui marque alors l’entrée de Nogent, se donne à voir. La nef est reprise durant la seconde moitié du 16e siècle, avec l’édification ou la restructuration des bas-côtés dont les colonnes rondes indiquent une postériorité sur le premier état de la nef.

Au regard des irrégularités observées sur les maçonneries du mur pignon ouest de la nef, il apparait que le mur a été rehaussé et élargi vers le sud. L’objectif étant d’allonger la pente du toit du vaisseau central et ainsi de couvrir l’ensemble du bas-côté sud. L’hypothèse se confirme au niveau du comble, où la reprise est clairement visible dans les charpentes. Il est cependant impossible de préciser si le bas-côté est postérieur au vaisseau central, ou s’il a simplement été profondément remanié. Ce dernier est similaire au bas-côté nord en termes d’ouvertures, de voûtement et de supports, exception faite des colonnes engagées rondes et non polygonales. La datation avancée est donc contemporaine de la seconde phase de travaux de la nef, soit la seconde partie du 16e siècle. L’hypothèse est confirmée par la présence d’une date portée, indiquant l’année 1588 sur le collatéral sud30.

La chapelle latérale sud est plaquée contre le bas-côté dans lequel elle prend place. Le voûtement en arêtes pentagonales et l’utilisation de baies en plein-cintre permettent de la dater du 18e siècle.

1DE SOUANCÉ, Hector. Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou : 1031-1789. Vannes. 1895. Charte 5.2«Sancti-Hiilanii que est sita super Yonnie alveum »3« cum sepultura et decima omnibusque appendiciis suis »4DE SOUANCÉ, Hector. Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou : 1031-1789. Vannes. 1895. Charte 1.5SUREAU, Séverine. « Les églises de Nogent-le-Rotrou et les cimetières ». Dans : LECUYER-CHAMPAIGNE, Françoise. Le roman de nogentais, des origines à la guerre de cent ans. Nogent-le-Rotrou. 2011. p. 34.6GUERARD. Benjamin, Cartulaire de l'abbaye de Saint-Père de Chartres, tome 1, Paris, 1840.p 299.7CHÉDEVILLE, André, Chartres et ses Campagnes, XI-XIIIe siècles, Paris, 1973.8MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B. Chartres. 1890. Source originale : AD 28. Série B cote 2472.9DE SOUANCÉ, Hector. Nogent-le-Rotrou, Nogent-le-Rotrou, 1916. p.94.10DE SOUANCÉ, Hector. Nogent-le-Rotrou. Nogent-le-Rotrou. 1916. p.94.11MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B. Chartres. 1890. Source originale : AD 28. Série B cote 2244.12Bibliothèque Municpale de Chartres. Apostrophe. Cote : CR 22.13FRET, Joseph. Antiquités et chroniques Percheronnes. Tome III. Mortagne. 1840.p 190. 14Château Musée Saint-Jean, conservation. Cote : inv 73.3.3.15AD 28. Série 1O : cote 400.16AD 28. Série 2O. Cote : 2518.17L’installation du chemin de fer entraine une rationalisation du réseau viaire de la rive droite de Nogent-le-Rotrou. En 1852, le pont Saint-Hilaire et la route d’Alençon sont déplacés au sud de l’église.18Une partie de l’ancien tracé de la route d’Alençon est conservée dans la rue de la Malerie.19Après avoir été transféré en 1853, l’ancien cimetière est vendu en 6 parcelles à construire en 1880.20MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B. Chartres. 1890. Source originale : AD 28. Série B 2518.21Médiathèque du patrimoine, cote : 0081.028.0064.22L’ancienne route d’Alençon.23BRGM : http://infoterre.brgm.fr/rapports/RP-51868-FR.pdf. p.108.24Similaire à celui déjà décrit sur le mur pignon ouest.25FRET, Joseph. Antiquités et chroniques Percheronnes. Tome III. Mortagne. 1840.p 190. 26AD 28. Série 2O. Cote 2518.27MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales d'Eure-et-Loir. Série B. Chartres. 1890. Source originale : AD 28. Série B cote 2472.28DE SOUANCÉ, Hector. Nogent-le-Rotrou, Nogent-le-Rotrou, 1916. p.94.29FRET, Joseph. Antiquités et chroniques Percheronnes. Tome III. Mortagne. 1840.p 190. 30DE SOUANCÉ, Hector. Nogent-le-Rotrou. Nogent-le-Rotrou. 1916. p.94.
Vocables Saint-Hilaire
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Nogent-le-Rotrou - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Nogent-le-Rotrou
Adresse : avenue du Maréchal Foch
Cadastre : AH 38

Le terminus ante quem de l’église Saint-Hilaire est fixé à l’année 1031 par les textes. C’est la plus ancienne église attestée à Nogent-le-Rotrou. Aucune source ne permet de connaitre les dispositions de l’édifice à cette époque. Les marqueurs stylistiques conservés dans l’abside du chœur et la partie inférieure du clocher indiquent une datation comprise entre la fin du 12e siècle et le début du 13e siècle. Dans la nef, ces indicateurs se font moins précis. La tranche chronologique admise varie entre la fin du 15e et la seconde partie du 16e siècle. La seconde campagne de construction du clocher est assurée par un marché daté de 1641 d’une part, et la mention de la fin des travaux en 1660 d’autre part. Les lourds travaux qui ont lieu au cours du 19e siècle sont attestés par Joseph Fret. L’abside alors masquée par un retable est rouverte tandis que ses vitraux sont réalisés par l’atelier Lorin de Chartres. Enfin, le vaisseau central et l’abside du chœur sont tous deux couverts de voûtes d'ogives.

Période(s) Principale : limite 12e siècle 13e siècle
Principale : 4e quart 15e siècle, 1er quart 16e siècle , (?)
Principale : 2e moitié 16e siècle , daté par source
Principale : 19e siècle

L’église adopte une structure de type basilical, sans transept et à chevet polygonal. La nef se compose de sept travées de plan barlong dans le vaisseau central, et proches du carré dans les collatéraux. La septième travée du collatéral sud supporte un clocher. Ce dernier est accessible par un escalier en vis hors-œuvre au contact de l’abside et du collatéral. Le chœur se compose d’une abside heptagonale accoté à une sacristie constituée d’une travée droite et d’une absidiole à cinq pans. Le vaisseau central et l’abside du chœur sont couverts par des fausses voûtes d’ogives en plâtre. Elles sont redoublées au niveau du comble par une voûte lambrissée en plein-cintre dans la nef et en cul-de-four dans le chœur. Les bas-côtés sont couverts par des voûtes d’ogives quadripartites en pierre. Les couvertures sont à deux versants dans la nef, en croupes polygonales dans le chœur, et forment un dôme polygonal dans le clocher. L'église est construite en moyen appareil de pierre calcaire de Nogent. Les toitures sont couvertes d’ardoise pour le chœur et le clocher tandis que la nef et ses chapelles sont couvertes de tuile plate.

Murs calcaire moyen appareil
calcaire moellon
Toit tuile plate, ardoise
Plans plan allongé
Étages 3 vaisseaux
Couvrements fausse voûte d'ogives
voûte d'ogives
lambris de couvrement
Couvertures toit à deux pans croupe polygonale
dôme polygonal
Escaliers escalier hors-oeuvre : escalier en vis avec jour, en maçonnerie
Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à étudier
Éléments remarquables église paroissiale
Protections classé MH, 2003/11/26
Précisions sur la protection

L'église, en totalité (cad. AH 38) : classement par arrêté du 26 septembre 2003

Références documentaires

Documents d'archives
  • Bibliothèque municipale de Chartres - médiathèque L'Apostrophe. Fonds patrimoine : CR 22. Société archéologique d'Eure-et-Loir, questionnaire. 19e siècle.

  • AD Eure-et-Loir. Série 1 O : cote 400.

  • AD Eure-et-Loir. Série O : 2 O 2518. Cimetières.

  • AD Eure-et-Loir. Série B : 2472. Marché. 1548.

  • AD Eure-et-Loir. Série B : article 2244. Testament. 1719.

  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine. 0081/028 ; restauration d'édifice de l'Eure-et-Loir : article 0068. Eglise Saint-Hilaire. 1908-1983.

Documents figurés
  • Cadastre ancien. 1811. Plan cadastral. (Archives municipales de Nogent-le-Rotrou).

    Feuille E3
  • Église Saint-Hilaire / fait par Louis Moulin. Vers 1860. Huile sur toile. (Musée-Château Saint-Jean, Nogent-le-Rotrou).

  • Église Saint-Hilaire/ Therouin Laly. Avant 1850. (Bibliothèque municipale de Chartres - médiathèque L'Apostrophe, fonds iconographique, dossier Eure-et-Loir : n°1352 à 1425).

  • Nogent-le-Rotrou, église Saint-Hilaire. Impr. photoméc. (carte postale). (Bibliothèque municipale de Chartres - médiathèque L'Apostrophe, fonds cartes postales).

  • Nogent-le-Rotrou, église Saint-Hilaire. Impr. photoméc. (carte postale). (Musée-Château Saint-Jean de Nogent-le-Rotrou, fonds cartes postales).

  • Photographie aérienne de l'église et du pont Saint-Hilaire. (Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, services techniques, fonds iconographique).

  • Plan et élévation de l'église de Saint-Hilaire. 7 août 1852. Relevés. (AD Eure-et-Loir. Série : 1 O 400).

  • Saint-Hilaire / A. Beaujoint. Avant 1850. Lithographie. (Musée-Château Saint-Jean, Nogent-le-Rotrou).

  • Saint-Hilaire/Deroy. Lithographie. (Bibliothèque municipale de Chartres - médiathèque L'Apostrophe, fonds iconographique, Eure-et-Loir : n°1352 à 1425).

Bibliographie
  • BRGM, DESSANDIER, David. Mémento des pierres du patrimoine bâti de la région Centre. Rapport préliminaire. BRGM/RP-51868-FR . Mars 2003. 190 p., 8 fig., 14 tabl., 2 ann. dont 1 en volume séparé.

    Accès internet : <URL : http://infoterre.brgm.fr/rapports/RP-51868-FR.pdf>

    p. 101
  • CHÉDEVILLE, André. Chartres et ses Campagnes, XI-XIIIe siècles. Paris : Klincksieck,1973. 575 p.

  • DE SOUANCE, Hector Guillier. Nogent-le-Rotrou. Nogent-le-Rotrou : [s.n.], 1916.

    p. 94.
  • DE SOUANCE, Hector Guillier. Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou, 1031-1789. Vannes : Lafolye, 1895.

    Charte V (1031), Charte I (1160)
  • GUERARD, Benjamin. Cartulaire de l'abbaye de Saint-Père de Chartres. Tome 1. Paris : Imprimerie de Crapelet, 1840.

    p. CCCXV
  • MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Eure-et-Loir, série B. Chartres : Impr. Garnier, 1890.

  • FRET, Louis-Joseph. Antiquités et chroniques percheronnes. Volume III. Paris : Le Livre d'histoire, 2001. (fac-similé de l'édition de 1838).

    p. 190
  • SUREAU, Séverine. Les églises de Nogent-le-Rotrou et les cimetières. In LECUYER-CHAMPAGNE, Françoise. Le roman des Nogentais : des origines à la guerre de Cent Ans. [Nogent-le-Rotrou] : [Musée municipal du château Saint-Jean] , 2004. p. 32-37.

    p. 34
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Rozier Hadrien