Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Église paroissiale Saint-Laurent

Dossier IA28000293 inclus dans Abbaye de bénédictins Saint-Denis réalisé en 2015

Fiche

Á rapprocher de

Historique

La littérature du 19e siècle1 fait état d’une chapelle Sainte-Madeleine attestée au 11e siècle à l’emplacement actuel de l’église Saint-Laurent. Aucune source (textuelle ou matérielle) ne permet d’affirmer son existence.

Une charte datée de 1234, extraite du cartulaire de Saint-Denis, atteste indirectement de la présence de l’église Saint-Laurent par le biais de son prêtre Lucas2. La tradition locale3 attribue la fondation de la paroisse Saint-Laurent au duc de Bretagne Jean 1er, alors seigneur de Nogent. L’information, bien que recevable, n’est pas attestée par les textes. Le pouillé chartrain4 confirme l’existence d’une église paroissiale dédiée à Saint-Laurent vers 1250. La paroisse Saint-Laurent compte alors 310 paroissiens, elle est placée sous l’autorité du prieuré Saint-Denis, dont le doyen détient les droits de patronage et de nomination sur la cure de Saint-Laurent.

Plan au sol (1648). (Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série H : 3797). Plan au sol (1648). (Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série H : 3797).

L’église est représentée sur un plan daté de 16485. Elle était alors composée de trois vaisseaux. L’abside polygonale du chœur était accostée par la dernière travée du bas-côté nord. Ce dernier comportait une travée supplémentaire par rapport au reste de la nef. En 1854, le vaisseau central est décrit comme voûté d’un lambris en bois6. Ce dernier fut masqué durant la seconde moitié du 19e siècle par des voûtes d'ogives en plâtre7.

L’église Saint-Laurent est inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis le 9 juillet 1927. Entre 1941 et 1955, plusieurs campagnes sont menées afin de restaurer les vitraux de l’édifice. L’église bénéficie depuis 2015 d’une vaste campagne de restauration portant sur les maçonneries et les décors sculptés. L’achèvement des travaux est prévu pour 2020.

Description

Situation

Plans de situation.Plans de situation.

L’église Saint-Laurent est située dans l’enclos de l'ancien prieuré Saint-Denis, son chevet forme la limite est. L'édifice est orienté Nord-Est, sa position est contrainte par la porte de Saint-Denis. On accède à l'église par une porte située dans la première travée du collatéral sud après avoir passé le passage d’entrée du monastère. L’édifice donne à l’ouest sur un large espace trapézoïdale clos, anciennement occupé par le cimetière Saint-Laurent. L’ancien presbytère est situé à l’extérieur de l’enclos Saint-Denis, au n°8 de la rue du Pressoir et à quelques mètres au nord du chevet de Saint-Laurent.

Structure

L’église est dotée d'une structure de type basilical à trois vaisseaux, constituée d’un massif antérieur, de bas-côtés, de la nef et du chœur. Son emprise au sol est de 39 m de long pour 19,5 m de large et une surface globale de 783 m² (murs compris).

Plan au sol (1852). (Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série O : 1 O 400). Plan au sol (1852). (Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série O : 1 O 400).

Le massif antérieur s’étend sur une travée, il est composé : d'une tour de plan carré abritant le clocher, flanquée par une tour hexagonale hors-œuvre contenant un escalier en vis ; de la première travée du vaisseau central ; d’une chapelle mariale localisée dans la première travée du collatéral sud. Il est couvert par des voûtes d’ogives en plâtre.

La nef est accessible de l’extérieur par un portail percé dans l'extrémité ouest du vaisseau central. Ce dernier et ses collatéraux sont constitués de six travées couvertes par des voûtes d’ogives en plâtre pour le vaisseau central, et en pierre pour les collatéraux. Côté nord, le bas-côté est compris entre le clocher à l’ouest et la sacristie à l’est. Côté sud, le collatéral comporte une irrégularité de plan sur ses deux dernières travées. Le mur sud y est contraint par la "porte de Saint-Denis" auquel il est accolé.

Le chœur se limite à une abside à cinq pans couverte par une voûte d’ogives sexpartite reposant sur des culots.

Matériaux

Le bas-côté sud ainsi que la façade ouest de la nef sont construits en moellons à l’exception des encadrements des ouvertures en moyen appareil de pierre de Nogent. Le chœur, le clocher, le vaisseau central et le bas-côté nord sont intégralement construits en moyen appareil calcaire de pierre de Nogent.

Élévations intérieures

Nef, intérieur, vue de l'ouest (2013).Nef, intérieur, vue de l'ouest (2013).Bas-côté nord, intérieur, vue de détail d'une fenêtre à remplage (2013).Bas-côté nord, intérieur, vue de détail d'une fenêtre à remplage (2013).Bas-côté nord, intérieur, vue de détail de la porte de l'escalier (2013).Bas-côté nord, intérieur, vue de détail de la porte de l'escalier (2013).

Bas-côté sud, intérieur, vue de l'ouest (2013).Bas-côté sud, intérieur, vue de l'ouest (2013).rBas-côté nord, intérieur, vue de détail d'une fenêtre à remplage (2013).Bas-côté nord, intérieur, vue de détail d'une fenêtre à remplage (2013).

L’élévation du vaisseau central est composée de grandes arcades reposant sur des colonnes rondes au nord et octogonales au sud. Les arcs brisés les surmontant pénètrent directement les fûts de leurs supports. Les voûtes d’ogives couvrant le vaisseau reposent sur des culots disposés dans l’alignement des colonnes des arcades.

Elles sont redoublées au niveau des combles d’une voûte lambrissée polygonale s’achevant sur un cul-de-four au niveau du chœur. Les lambris prennent place sous les entraits retroussés d’une charpente à chevrons formant fermes.

Le bas-côté nord prend place sous des voûtes dont les nervures sont sculptées d'un listel. Celles-ci reposent sur des culots sculptés d’un décor végétal au sud et sur des colonnes rondes du côté du vaisseau central. L’espace est éclairé de fenêtres à remplage ménagées sous un arc brisé au profil proche du plein-cintre. Le réseau est composé de lancettes trilobées dont les meneaux occupent toute la hauteur de la fenêtre.

Les étages du clocher sont accessibles depuis la première travée du collatéral nord par un escalier en vis prenant place dans une tour octogonale hors-œuvre. La porte de l’escalier est ménagée sous un linteau sculpté d’une accolade. La présence de larges piles rectangulaires et non pas de colonnes, dans la première travée du collatéral et l’unique travée du clocher, témoigne d’une part, du besoin de supports massifs pour porter les maçonneries du clocher et/ou d’autre part, d’un état antérieur, sans qu’il soit possible d’en comprendre les dispositions. Les murs du clocher viennent recouper les maçonneries du mur pignon du vaisseau central.

Le collatéral sud se développe sur un niveau unique prenant place sous des voûtes d’ogives dont les nervures sculptées d’un tore à listel pénètrent directement les colonnes sur lesquelles elles reposent. Chaque travée est éclairée par une fenêtre à remplage dont le réseau est composé de lancettes en accolades, de soufflets et de mouchettes.

Choeur, intérieur, vue de l'ouest (2013).Choeur, intérieur, vue de l'ouest (2013).Choeur, comble, détail des voûtes en plâtre (2013).Choeur, comble, détail des voûtes en plâtre (2013).

L’élévation de l’abside est composée d’un registre de niches surmontées de fenêtres percées sous des arcs brisés. Au niveau du comble, les voûtes d'ogives de l'abside sont simplement plaquées contre les murs de celle-ci. Le plan du chœur ne comporte que quatre côtés dans le comble, contre cinq à l'intérieur de l'abside.

La sacristie est composée de deux ensembles architecturaux distincts : la dernière travée du collatéral nord et un espace annexe rectangulaire, plaqué sur ce dernier. Si la suppression du mur gouttereau du bas-côté nord unifie les deux espaces, une césure reste néanmoins visible dans leurs modes de couvrement. Le collatéral est voûté d’ogives tandis que l’espace qui lui est accolé, est surmonté d’une demie coupole masquée sous une voûte en trompe-l’œil en bois.

Élévations extérieures

Nef, vue du sud-ouest (2013).Nef, vue du sud-ouest (2013).Vaisseau central, vue de détail du portail d'entrée (2013).Vaisseau central, vue de détail du portail d'entrée (2013).Clocher, vue de l'ouest (2013).Clocher, vue de l'ouest (2013).

Clocher, vue de détail d'un gâble (2014), décor végétal, d'un hippogriffe et d'un chien.Clocher, vue de détail d'un gâble (2014), décor végétal, d'un hippogriffe et d'un chien.Tour d'escalier, vue de détail du larmier (2014).Tour d'escalier, vue de détail du larmier (2014).Clocher, vue de détail d'un bandeau (2014).Clocher, vue de détail d'un bandeau (2014).

Clocher, vue de détail d'un des bandeaux (2014).Clocher, vue de détail d'un des bandeaux (2014).Clocher, vue de détail du couronnement (2014).Clocher, vue de détail du couronnement (2014).

L’élévation du vaisseau central est limitée à la façade occidentale. La porte de la première travée du vaisseau central est insérée dans une maçonnerie qui lui est antérieure. L’utilisation de l’arc surbaissé, associé à des pilastres sous entablement, est exécutée dans un vocabulaire antique mal maitrisé. Les pilastres supportent maladroitement l’entablement et ne reposent sur aucune base. Les chapiteaux quant à eux sont d’inspiration corinthienne.

L’entrée est surmontée d’une large fenêtre à réseau flamboyant, composé entre autres de lancettes en accolades. Le pignon est percé par une petite fenêtre sous linteau donnant au niveau du comble. Il est couronné par des rampants dont les crossettes sont sculptées.

En partie basse, l’élévation du clocher reçoit un décor de gables, de pinacles et de bandeaux, associé à un bestiaire médiéval (hippogriffe, escargot, chien) en fort relief. A l’inverse, les parties hautes comportent un vocabulaire décoratif différent. Le dernier bandeau de la tour est sculpté en faible relief. Des lions sont associés à des gueules zoomorphes, des visages humains, des volutes et des feuillages en faible relief. Le vocabulaire médiéval est ici associé à des motifs antiques (volutes, médaillons, etc.). Le dernier niveau d’élévation se développe sous un entablement dorique. Les métopes sont sculptées de bucranes et de feuilles en médaillons tandis que les triglyphes sont remplacés par des consoles cannelées à gouttes. L’entablement est porté par des colonnes doriques polygonales prenant naissance sur les contreforts carrés des niveaux inférieurs. Le vocabulaire antique est correctement assimilé, notamment par l’utilisation cohérente de l’ordre et de l’entablement dorique. Le clocher est ouvert sur chaque face par de larges baies en plein-cintre, il est couvert d’un dôme carré et d’un lanternon.

Bas-côté nord, porte de la seconde travée, vue du nord (2013).Bas-côté nord, porte de la seconde travée, vue du nord (2013).Bas-côté sud et porte de l'abbaye Saint-Denis, vus de l'est (2013).Bas-côté sud et porte de l'abbaye Saint-Denis, vus de l'est (2013).Bas-côté sud, ancienne porte, vue de l'est (2013).Bas-côté sud, ancienne porte, vue de l'est (2013).

Le collatéral nord donne accès au cimetière Saint-Laurent par « la porte des morts » située dans sa seconde travée. Celle-ci est ménagée sous un entablement supporté par des pilastres.

La seconde travée du collatéral sud est percée d’une porte servant actuellement à l’accueil des fidèles. L’arc surbaissé de la porte venant recouper l’une des fenêtres du collatéral. La dernière travée du bas-côté comporte un accès bouché vers l’extérieur de l’enclos monastique, en avant du portail Saint-Denis. La porte prenait place sous un arc en anse de panier dont l’archivolte est sculptée de salamandres de la gueule desquelles sort un décor végétal. L’appui de fenêtre qui surmonte l’ancienne porte est sculpté d’un serpent et de ceps de vigne.

Chevet, vue du nord (2013).Chevet, vue du nord (2013).Sacristie, vue du sud-ouest (2013).Sacristie, vue du sud-ouest (2013).Sacristie, vue de détail, porte atticurge, vue du sud-ouest (2013).Sacristie, vue de détail, porte atticurge, vue du sud-ouest (2013).

Le chevet est contrebuté par des contreforts dont l’extrémité forme une pointe partant des rampants sculptés de crochets. Une rupture d’assises est visible sur les corniches du chevet, au niveau de la jonction entre l'abside et la sacristie. Celle-ci est accessible sur son mur ouest, par une porte atticurge et de la nef par une porte en bois donnant sur la dernière travée du collatéral nord. L’espace est éclairé (entre autres) par une fenêtre dont les pilastres doriques supportent un arc en plein-cintre.

Conclusion

Le vaisseau central et le chœur

Compte tenu du faible nombre de marqueurs stylistiques, de la cohérence des deux espaces et de l’absence d’indice contradictoire, il est possible d’affirmer que le vaisseau central et le chœur sont contemporains. L’hypothèse se vérifie au niveau du comble où les deux espaces sont réunis sous une même charpente lambrissée. Les voûtes en plâtre qui couvrent actuellement le vaisseau central et l’abside sont plaquées sur les murs gouttereaux contre lesquelles elles reposent et viennent recouper les fenêtres du chœur. L’abside était antérieurement composée de quatre côtés et formait alors un polygone irrégulier.

Les contreforts du chevet, le réseau flamboyant de l’unique fenêtre du vaisseau central et les rampants à crossettes sculptées de la face ouest incitent à situer l’abside du chœur et le vaisseau central à la fin du 15e siècle. En revanche, la porte de la première travée du vaisseau central est postérieure au mur ouest dans lequel elle est percée. L’utilisation de l’arc surbaissé associé à des pilastres sans entablement indique une transition entre gothique flamboyant et première Renaissance. Néanmoins l'utilisation du chapiteau corinthien invite à dater la porte après 1540, date de l'introduction des ordres antiques à Nogent-le-Rotrou.

La présence de contreforts plats chaînés aux murs gouttereaux du vaisseau central et visibles au niveau des combles des collatéraux amène à penser à l’existence de deux phases distinctes, la fonction d’épaulement des contreforts faisant doublon avec celle des bas-côtés. Si l’hypothèse reste à confirmer, elle est étayée par la présence d’une ancienne fenêtre haute dans la dernière travée du vaisseau central de la nef, et par l’absence d’arcs formerets liant les voûtes des collatéraux aux murs du vaisseau central.

La voûte d’ogives du vaisseau central et du chœur, la modification du plan de l'abside en un espace à cinq côtés et l’annexion de la dernière travée du collatéral nord à la sacristie, sont postérieurs au plan de 1648. Elles sont à rapprocher d’une campagne de travaux effectués au 19e siècle8. L’abside est alors dotée d’un côté supplémentaire afin d’obtenir un plan symétrique, ceci entraînant certainement un remaniement du chevet de l’église et l’annexion de la dernière travée du collatéral nord par la sacristie.

Le collatéral sud

Le collatéral sud comporte plusieurs marqueurs stylistiques qui indiquent, à l'encontre des deux phases de constructions évoquées plus haut, une datation proche de celle du vaisseau central : l’utilisation de fenêtres à réseau en courbes et contre-courbes (accolade, soufflet et mouchette), les colonnes octogonales dont les retombées des voûtes pénètrent directement le fût des colonnes et l’utilisation du tore à listel, permettent de rattacher le collatéral sud à la fin du 15e siècle ou au début du 16e siècle.

On remarquera cependant sans pouvoir l’expliquer, la différence de traitement entre la première et les deux dernières travées dont les supports sont moulurés de tore à listel, avec les travées centrales dont les retombées des voûtes sont simplement marquées par des colonnettes engagées.

La porte située dans la seconde travée du collatéral a été repercée dans le mur gouttereau sud. Elle ne figure pas sur le plan de 16489 et sa mise en œuvre (sous un arc surbaissé) semble indiquer un percement au 18e siècle. A l’inverse, la porte située dans la dernière travée du bas-côté (actuellement obstruée) devait être une des entrées principales de la nef. Les paroissiens pouvaient alors pénétrer dans l’église sans avoir à entrer dans le prieuré Saint-Denis.

Clocher

Le clocher vient recouper les maçonneries du mur pignon du vaisseau central de la nef, il lui est donc postérieur. La forme, la structure, le système distributif (escalier en vis hors-œuvre) et son décor (gables, pinacles) indiquent en partie basse, une datation stylistique de la fin 15e siècle. A l’inverse, les parties hautes comportent un vocabulaire décoratif d’abord mixte (bestiaire médiéval, entrelacs et volutes) puis antique au niveau du couronnement. Ce dernier n'est pas sans rappeler l'entablement de la façade principale du château d'Ecouen (triglyphes, bucranes et disque). Compte tenu de l’évolution du vocabulaire décoratif entre la partie basse et haute de la tour, il est possible de dater sa construction entre la fin du 15e siècle et le début du 16e siècle pour la partie basse (gothique flamboyant), le début du 16e siècle pour la partie intermédiaire (première Renaissance) et la deuxième partie du 16e siècle pour la partie haute (seconde Renaissance). La date du début des travaux du clocher serait donc de peu postérieure à la construction de la nef.

Le collatéral nord

L’hypothèse d’une communication entre bas-côté et abside antérieurement à la modification de la sacristie est confirmée par l’examen du plan de 1648. Le chœur liturgique était composé des deux dernières travées du vaisseau central et du collatéral nord, tandis que la sacristie était moitié moins large et éclairée par une unique fenêtre en plein cintre.

Le collatéral donne accès au cimetière Saint-Laurent par « la porte des morts » située dans sa deuxième travée. Déjà attestée sur le plan de 1648, elle a été reconstruite dans un style classique au 18e siècle.

L’utilisation de colonnes rondes avec pénétrations des retombées des voûtes d’ogives, de fenêtres à remplage en courbes et contre-courbes dont le meneau occupe tout le cadre de la baie, et d’arcs brisés aplatis proches du plein-cintre, amènent à penser à la seconde moitié du 16e siècle.

Sacristie

Gravure, modèle de porte atticurge (1551).Gravure, modèle de porte atticurge (1551).Sacristie, vue de détail, porte atticurge, vue du sud-ouest (2013).Sacristie, vue de détail, porte atticurge, vue du sud-ouest (2013).

Compte tenu de l’utilisation d’un voûtement en coupole, d’une porte atticurge figurant dans l’un des livres de modèles de Sebastiano Serlio10 et d’une petite baie dorique plein-cintre, il est possible de dater la partie nord de la sacristie de la seconde partie du 16e siècle, cette dernière figurant déjà sur le plan de 1648.

Les analyses structurelles et stylistiques semblent donc indiquer quatre campagnes de construction. La première daterait de la fin du 15e siècle au début du 16e siècle avec le vaisseau central et le choeur. La seconde remonterait également à la fin du 15e et au début du 16e siècle avec le bas-côté sud et la partie basse du clocher. Ce dernière serait donc soit une simple étape (voire un repentir) de chantier, soit immédiatement postérieure à la première phase. La troisième campagne remonterait à la seconde partie du 16e siècle avec le bas-côté nord, la sacristie et la partie haute du clocher. La quatrième et dernière daterait du 19e siècle avec la modification du plan du chevet, la restructuration de la sacristie et la construction des voûtes en plâtre.

1FRET, Joseph. Antiquités et chroniques Percheronnes. Tome III. Mortagne. 1840. p.192.2DE SOUANCÉ, Hector. Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou : 1031-1789. Vannes. 1895. Charte 104.3FRET, Joseph. Antiquités et chroniques Percheronnes. Tome 3. Mortagne. 1840. p.192 et DE SOUANCÉ, Hector. Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou : 1031-1789. Vannes. 1895. p 32.4GUERARD. Benjamin, Cartulaire de l'abbaye de Saint-Père de Chartres, tome 1, Paris, 1840.p 299.5AD.28. cartes et plans. Saint-Laurent de Nogent-le-Rotrou (1648). 6LEFEBVRE Edouard. L'Eure-et-Loir pittoresque, Recueil des vues et des monuments et les plus pittoresques du département. Arrondissement de Chateaudun et de Nogent. Paris 1991 (première édition 1858). p.32 et 33.7DE SOUANCÉ, Hector. Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou : 1031-1789. Vannes. 1895. p.32.8DE SOUANCÉ, Hector. Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou : 1031-1789. Vannes. 1895. p.32.9AD 28. Cartes et plans. Saint-Laurent de Nogent-le-Rotrou (1648).10SEBASTIANO, Serlio. Le livre extraordinaire d’architecture de Sébastiano Serlio, architecte du Roy. Lyon. 1551. p. 43.
Vocables Saint-Laurent
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Nogent-le-Rotrou - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Nogent-le-Rotrou
Lieu-dit : Adresse : 11 rue du Pressoir
Cadastre : 1990 BP 32
Précisions

L'église Saint-Laurent est mentionnée pour la première fois par les textes en 1234. Il ne reste aucun vestige de l’église du 13e siècle. Les marqueurs stylistiques conservés situent l’édification du vaisseau central, du bas-côté sud et de l’abside du chœur entre la fin du 15e siècle et le début du 16e siècle. Le bas-côté nord et la sacristie, dont la porte est construite selon un modèle de Sebastiano Serlio, datent de la seconde moitié du 16e siècle. Le décor sculpté développé sur le clocher permet de situer sa construction entre la fin du 15e siècle en partie basse, et la seconde partie du 16e siècle en partie haute. La restructuration du chevet est datée de la seconde partie du 19e siècle par les érudits locaux. La dernière travée du collatéral nord est alors annexée à la sacristie, tandis que le plan du chœur est modifié afin de s’accorder avec les voûtes d’ogives en plâtre également communes au vaisseau central.

Période(s) Principale : 4e quart 15e siècle, 1er quart 16e siècle, 2e moitié 16e siècle , daté par travaux historiques
Secondaire : 2e moitié 19e siècle , daté par source
Auteur(s) Auteur : Auteur inconnu

L’église adopte une structure de type basilical, sans transept, et à chevet polygonal. La nef se compose de sept travées, de plan barlong dans le vaisseau central, et proches du carré dans les collatéraux. Le bas-côté nord supporte le clocher dans sa première travée et mène à la sacristie par son extrémité est. Le chœur se compose d’une abside à cinq pans à l’intérieur alors que seuls quatre sont visibles depuis l’extérieur. Le vaisseau central et le chœur sont couverts par des fausses voûtes d’ogives en plâtre. Elles sont redoublées au niveau du comble par une voûte lambrissée polygonale. Les bas-côtés sont couverts par des voûtes d’ogives en pierre, tandis que la sacristie prend place sous une coupole. La nef et le chœur sont abrités par une toiture à deux pans s’achevant sur une croupe polygonale au niveau de l’abside. Le clocher est couvert par un dôme carré. L’édifice est construit en moyen appareil de pierre de Nogent, exception faite du vaisseau central et du bas-côté nord, construits en moellons.

Murs calcaire moellon
calcaire moyen appareil
Toit ardoise, tuile plate
Plans plan allongé
Étages 3 vaisseaux
Couvrements voûte d'ogives
coupole en pendentifs
fausse voûte d'ogives
lambris de couvrement
Couvertures toit en bâtière croupe polygonale
appentis
dôme rectangulaire
Escaliers escalier hors-oeuvre : escalier en vis avec jour, en maçonnerie
Énergies
États conservations restauré
Techniques sculpture
Représentations animal fantastique, chien lion escargot, ornement végétal lion, tête humaine, feuillage, volute bucrane, feuille salamandre, ornement végétal, serpent, vigne
Précision représentations

Un décor végétal au milieu duquel des escargots sont représentés est visible au niveau du bandeau sculpté du clocher. Un peu plus haut, au niveau du contrefort sud-ouest du clocher, un gable est surmonté d'un chien et d'un hippogriffe sculptés. Le bandeau soulignant le dernier niveau présente des têtes humaines et de lions, ainsi qu'un décor de feuillage et de volutes, en faible relief. Enfin, au niveau de la frise du clocher, les métopes sont décorées de bucranes et de feuilles.

Sur le pan sud du chevet accolé à la porte de l'abbaye Saint-Denis, un arc en anse de panier correspondant à une ancienne ouverture porte un décor composé d'éléments végétaux et de salamandres, tandis que l'appui de fenêtre juste au-dessus est sculpté de serpents et de ceps de vigne.

Statut de la propriété propriété de la commune
Éléments remarquables église paroissiale
Sites de protection site inscrit
Protections inscrit MH, 1927/07/09
Précisions sur la protection

Église Saint-Laurent : inscription par arrêté du 9 juillet 1927

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Nogent-le-Rotrou. Hospice des malades, Série B : article 2862. Déclaration des terres de l'Hôtel-Dieu de Nogent-le-Rotrou. 1402.

Documents figurés
  • Plan et élévation de l'église de Saint-Laurent. 7 août 1852. Relevés. (AD Eure-et-Loir. Série O : 1 O 400).

  • Plan figuratif de l'église Saint-Laurent. 1648. (AD Eure-et-Loir. Série H : 3797).

  • Église Saint-Laurent et château Saint-Jean, vue des prairies de la cascade / Louis Moulin. Vers 1860. Huile sur toile. (Musée-Château Saint-Jean, Nogent-le-Rotrou).

  • Saint-Laurent à Nogent-le-Rotrou. Lithographie. (Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine. Photothèque, dossier Eure-et-Loir n°8).

  • Saint-Laurent. Lithographie. (Bibliothèque municipale de Chartres - médiathèque L'Apostrophe ; fonds iconographique, Eure-et-Loir : n°1352 à 1425).

Bibliographie
  • DE SOUANCE, Hector Guillier. Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou, 1031-1789. Vannes : Lafolye, 1895.

    Charte CIV (1236).
  • DE SOUANCE, Hector Guillier. Nogent-le-Rotrou. Nogent-le-Rotrou : [s.n.], 1916.

    p. 101
  • FRET, Louis-Joseph. Antiquités et chroniques percheronnes. Volume III. Paris : Le Livre d'histoire, 2001. (fac-similé de l'édition de 1838).

    p. 192
  • GUERARD, Benjamin. Cartulaire de l'abbaye de Saint-Père de Chartres. Tome 1. Paris : Imprimerie de Crapelet, 1840.

    p. CCCXV
  • LEFEVRE, Edouard. L'Eure-et-Loir pittoresque, Recueil des vues et des monuments et les plus du département. Paris : Res Universis, 1991 (première édition Chartres : Mercier, 1858).

    p. 32-33
  • SERLIO, Sebastiano. Livre extraordinaire de architecture de Sebastien Serlio. Lyon : Jean de Tournes, 1551.

    p.43
  • SUREAU, Séverine. Les églises de Nogent-le-Rotrou et les cimetières. In LECUYER-CHAMPAGNE, Françoise. Le roman des Nogentais : des origines à la guerre de Cent Ans. [Nogent-le-Rotrou] : [Musée municipal du château Saint-Jean] , 2004. p. 32-37.

    p. 33-34
Périodiques
  • POCHON, Jean. La mise au tombeau de Saint-Laurent de Nogent-le-Rotrou. Cahiers percherons, 1967, n°26.

    p .13
  • SIGURET, Philippe. Introduction Historique. Les coutumes du Perche. Nogent-le-Rotrou et le Perche nogentais. Cahiers percherons, septembre 1958, n°7.

    p. 7
  • SUREAU, Séverine. Le programme iconographique et architectural de l’église de Saint-Laurent XVe-XVIe siècle. Cahiers percherons, 2008, n°173.

    p. 1-9
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Rozier Hadrien