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Église Saint-Étienne (détruite, enceinte château Saint-Jean)

Dossier IA28000329 inclus dans La ville de Nogent-le-Rotrou du Moyen-Age au début de l'époque moderne réalisé en 2010

Fiche

Fondation

La fondation du chapitre Saint-Étienne est connue grâce à l’Obituaire du chapitre Saint-Jean. Le texte date du 15e siècle, il est donc distant de trois siècles des faits qu’il relate.

L’obituaire attribue la création du chapitre à Béatrice, comtesse de Mortagne (de 1090 à1100), sans y associer de date. La fourchette chronologique admise pour la fondation du collège, est comprise entre : la fin du 11e siècle, alors que Béatrice est comtesse, et le début du 12e siècle,pendant le règne de son fils Rotrou III (1100-1144) également cité comme intercesseur dans l’obituaire (Rotrodus, filius ejus, habebant). Le terme chanoine, « capicerum », n’étant pas utilisé avant le début du 12e siècle, il est raisonnable de penser que la fondation du chapitre n’est pas antérieure à 1100 et remonterait donc à la première moitié du 12e siècle.

Localisation

Le collège prend place dans l’église Saint-Etienne (in ecclesia Beati Stephani), elle-même située dans le château de Nogent. La localisation de l’édifice in nogenti castro est assurée dès le dernier quart du 11e siècle par plusieurs chartes publiées dans le cartulaire de Saint-Denis.

Préexistence d’une église

Les chartes II (1099) et VII (1080) du cartulaire de Saint-Denis mentionnent l’existence d’une église dédiée à Saint-Étienne avant 1100. Si la datation de la charte VII est remise en question par K.Thompson, la charte II attribuée à Urbain II (pape de 1088 à 1099) permet d’attester de l’existence de l’église Saint-Étienne avant 1099. Néanmoins, rien n’indique que la création du chapitre de clercs soit contemporaine de la construction de l’église qui l’accueille. Le développement des églises castrales et des seigneuries châtelaines étant deux phénomènes connexes, il est probable qu’une église Saint-Étienne ait existé dans le castrum de Nogent avant le12e siècle. A titre d’exemple, la famille de Bellême dispose d’une église castrale desservie par des clercs/chanoines dès 1005-1012. Si tel était le cas à Nogent, la fondation du chapitre de Saint-Étienne serait à interpréter comme la régularisation d’une communauté de clercs ou de chanoines déjà en place.

Financement : la dotation séculière du chapitre est vraisemblablement assurée par la familia comtale,comme le suggère l’obituaire du chapitre Saint-Jean. Lors de sa création, le chapitre est ainsi doté parla comtesse Béatrice, du moulin de Margon et de la métairie de la Vallée. La mention filius ejus,habebant invite à penser que son fils a déjà effectué des donations avant la création du collège.

Administration : les chartes II et V du cartulaire de Saint-Denis, attestent de la donation des églises Saint-Jean et Saint-Étienne aux moines de Saint-Denis. Le don fut effectué par le comte Geoffroy II, avant 1099. L’église est donc placée sous l’autorité religieuse du prieuré. La communauté est constituée de 5 chanoines. Le seigneur de Nogent dispose d’un droit de nomination sur les chapelains de Saint-Étienne.

Fonction : si l’on s’en réfère à l’article de Florian Mazel, l’église collégiale et plus tard la chapelle Saint-Étienne doivent toutes deux assuré la messe pour les seigneurs de Nogent et leurs familia. L’édifice symbolise alors le pôle religieux du castrum, pendant du pôle seigneurial symbolisé par la turris.

Réunion des chapitres Saint-Étienne et Saint-Jean

L’Obituaire de Saint-Jean fait mention de la création par Geoffroy V, comte du Perche de 1191 à 1202, d’un second chapitre attaché à l’église Saint-Jean. La fondation du collège de Saint-Jean fut régulièrement associée par les érudits locaux, à la disparition de son homologue dédié à Saint-Étienne. L’union des chapitres aurait été engagée sous l’initiative d’Étienne de Mousson, en 1194. L’évêque de Chartres (de 1182 à 1217) également mentionné au côté de Geoffroy V comme fondateur, s’inscrit ainsi dans le contexte des réformes épiscopales et normalisatrices des chapitres enclenchées au 12ème siècle. En 1250, le pouillé du diocèse de Chartres, ne fait plus mention que du chapitre Saint-Jean à Nogent-le-Rotrou, signe de la suppression du collège Saint-Étienne.

La chapelle Saint-Étienne

A la suite de l’union des deux chapitres du castrum, Saint-Étienne n’est plus mentionnée comme ecclésia, mais comme chapelle. L’édifice desservi par les chanoines de Saint-Jean assure alors le rôle de capella au sein du château de Nogent. La chapelle est incendiée en 1424 lors de la prise du Château par le comte de Salisbury : « le feu prit au château de Nogent brusla la chapelle Saint-Étienne, les meubles et les papiers qui estoient dedans. ». En 1424, le château tombe une seconde fois aux mains des Anglais, la chapelle Saint-Étienne et ses archives sont brûlées. En 1467, la remise en état du pôle seigneurial s’accompagne de la refondation du collège Saint-Jean. La chapelle est certainement reconstruite à cette occasion. Celle-ci fait de nouveau l’objet de réparations lors de la prise de possession de la seigneurie de Nogent par Maximilien de Béthune en 1624. La chapelle est ensuite fréquemment associée aux détenus de la prison du château Saint-Jean. Ainsi en 1670, Guillaume La Vergne,assesseur en la maréchaussée du Perche, lègue 300 livres pour la fondation de 35 messes dans la chapelle du château de Nogent-le-Rotrou pour les prisonniers.

La date de destruction ainsi que l’emplacement de la chapelle Saint-Étienne sont inconnus.Les fouilles préventives menées sous la direction de Victorine Mataouchek en 1998, attestent néanmoins de la présence d’un édifice imposant au sud de la tour maîtresse qui pourrait être le vestige de l’église Saint-Étienne.

Vocables Saint-Etienne
Dénominations chapelle, église
Aire d'étude et canton Nogent-le-Rotrou - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Nogent-le-Rotrou
Adresse : Château Saint-Jean
Cadastre : BM 83

Les chartes II (1099) et VII (1080) du cartulaire de Saint-Denis mentionnent l’existence d’une église dédiée à Saint-Étienne avant 1100. Si la datation de la charte VII est remise en question par K. Thompson, la charte II attribuée à Urbain II (pape de 1088 à 1099) permet d’attester de l’existence de l’église Saint-Étienne avant 1099. Néanmoins, rien n’indique que la création du chapitre de clercs soit contemporaine de la construction de l’église qui l’accueille.

A la suite de l’union des deux chapitres du castrum (Saint-Jean et Saint-Etienne, en 1194), Saint-Étienne n’est plus mentionnée comme ecclésia, mais comme chapelle. L’édifice desservi par les chanoines de Saint-Jean assure alors le rôle de capella au sein du château de Nogent. La chapelle est incendiée en 1424 lors de la prise du Château par le comte de Salisbury. En 1424 également, le château tombe une seconde fois aux mains des Anglais, et la chapelle Saint-Étienne et ses archives sont brûlées. En 1467, la remise en état du pôle seigneurial s’accompagne de la refondation du collège Saint-Jean. La chapelle est certainement reconstruite à cette occasion. Celle-ci fait de nouveau l’objet de réparations lors de la prise de possession de la seigneurie de Nogent par Maximilien de Béthune en 1624. La chapelle est ensuite fréquemment associée aux détenus de la prison du château Saint-Jean. La date de sa destruction n'est pas connue.

Période(s) Principale : 11e siècle
Principale : 12e siècle
Principale : 1er quart 15e siècle , (détruit)
Principale : 2e moitié 15e siècle
Principale : 1er quart 17e siècle

La date de destruction ainsi que l’emplacement de la chapelle Saint-Étienne sont inconnus. Les fouilles préventives menées sous la direction de Victorine Mataouchek en 1998, attestent néanmoins de la présence d’un édifice imposant au sud de la tour maîtresse qui pourrait être le vestige de l’église Saint-Étienne.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série G : 3479. Inventaire des titres du chapitre Saint-Jean. 1202-1704.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série H : 2601. Cartulaire de Saint-Denis. Copie, 15e siècle.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir. Série G : 3485. Nécrologie. XVe siècle.

Bibliographie
  • MOLINIER, Auguste. Obituaire de la province de Sens. Tome II. Paris : C. Klincksieck,1906.

    p.398
  • MAZEL, Florian. Seigneurie châtelaine et seigneurie ecclésiale au "premier âge féodal", puissants laïcs, chapitres castraux et relève monastique dans le Nord-Ouest de La Francie. In : IOGNA-PRAT, Dominique, LAUWERS, Michel, MAZEL, Florian, et al. Cluny : les moines et la société au premier âge féodal. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2013.

    p. 401-416
  • DE SOUANCE, Hector Guillier. Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou, 1031-1789. Vannes : Lafolye, 1895.

  • BART DES BOULAIS, Léonard. Recueil des Antiquités du Perche, comtes et seigneurs de la dite province. Publié et annoté par H. Tournouër. Mortagne, Meaux : Pichard-Hayes et Daupeley-L., 1894. (fac-similé de l'édition de Mortagne, 1613).

    p.174
  • FRET, Louis-Joseph. Antiquités et chroniques percheronnes. Volume III. Paris : Le Livre d'histoire, 2001. (fac-similé de l'édition de 1838).

    p.182 sq.
  • DOUBLET, Nicolas (libraire). Pouillé du Diocèse de Chartres. Chartres : Nicolas Doublet,1738.

    p. 21
  • GUERARD, Benjamin. Cartulaire de l'abbaye de Saint-Père de Chartres. Tome 1. Paris : Imprimerie de Crapelet, 1840.

    p. CCCXV
  • MERLET, Lucien. Inventaire sommaire des archives départementales d'Eure-et-Loir, série G. Chartres : Impr. Garnier, 1890.

Périodiques
  • THOMPSON, Kathleen. Sept Textes pour une fondation, les premiers temps de Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou et leurs écritures. Bibliothèque de l'école des chartes, 2002, tome 160, livraison 2. p. 641-666.

    p. 641-666
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Rozier Hadrien