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Église Saint-Pierre-du-Martroi

Dossier IA45002115 réalisé en 2008

Fiche

Œuvres contenues

Vocables Saint-Pierre-du-Martroi
Dénominations église
Aire d'étude et canton Commune d'Orléans
Adresse Commune : Orléans
Adresse : rue Saint-Pierre du Martroi

L'église Saint-Pierre du Martroi doit son nom actuel à sa proximité immédiate avec la place du Martroi. Elle est primitivement connue sous le vocable de Saint-Pierre-Ensentelée, vocable qui perdura jusqu'au 19e siècle et dont l'élucidation fait débat. Une église Sainte-Lée (Sancta Leta), située hors les murs, est signalée en 930 : Hugues le Grand, comte d'Orléans, l'aurait donnée, en même temps que l'église Saint-Sulpice, aux chanoines de Saint-Samson. L'union du vocable de Sainte-Lée et de celui d'une autre église, appelée Saint-Pierre, aurait donné naissance au vocable saint-Pierre Ensentelée Il correspondrait à « Saint-Pierre et Sainte-Lée » ou à « Saint-Pierre dans Sainte-Lée ». Mais une charte de Philippe-Auguste de 1130 relate l'existence de « Sanctus Petrus in semita lata » (= dans l'allée large), locution d'où proviendrait le vocable de Saint-Pierre Ensentelée. L'église restera longtemps une chapelle de faubourg, en dehors de la cité proprement dite. Elle est victime des guerres à maintes reprises : elle est rasée en 1359 puis à nouveau en 1428 à l'approche des envahisseurs anglais, de manière à dégager les murs et les fossés de la ville. Après la libération d'Orléans par Jeanne d'Arc, un cimetière est établi à l'emplacement des ruines. Remise en état de 1501 à 1504, grâce à l'assistance de Pierre Bouchaut, sieur de Champremeault, elle est à nouveau ruinée et incendiée par les Huguenots en 1567. Cette nouvelle dégradation provoque la chute des arcs-boutants et des voûtes, la destruction des meneaux et des vitraux. La grande fenêtre de la façade ouest contient des fragments de vitraux Renaissance provenant du choeur. Restaurée à la fin du 16e siècle, l'église est consacrée le 15 novembre 1590 par Jean de l'Aubespine, évêque d'Orléans. Les travaux de réfection qui sont alors réalisés sont assez rudimentaires : les voûtes en bois, dont les arceaux sont exécutés en atelier, se trouvent en discordance avec les lignes architecturales qu'elles étaient censés prolonger. L'église connaît une certaine prospérité au 17e siècle : saint François de Sales y prêche plusieurs fois en 1619. Elle profite également de la transformation du quartier (ouverture de la rue d'Escures, construction d'hôtels particuliers) suscitée par le maire Pierre Fougueu d'Escures. Ce dernier, paroissien de Saint-Pierre, laisse à sa mort en 1621 une importante fondation à la fabrique pour faire dire une messe quitidienne dans la chapelle où sera sa sépulture. Cette chapelle, où de nombreux membres de sa famille furent inhumés, est entretenue jusqu'en 1792. On en viole alors les sépultures et on en arrache les épitaphes. Celle de Pierre Fougueu d'Escures se trouve aujourd'hui au musée Historique et Archéologique de l'Orléanais avec le buste qui le surmontait. Les vantaux de bois sculpté de la grande porte de la nef sur la rue Saint-Pierre datent également de cette époque. Le saint Pierre en gloire qui s'enlève au tympan pourrait être une oeœuvre de l'Orléanais Hubert. Au cours du 18e siècle, l'église est notablement agrandie et embellie. En 1722, alors que Jean-François Deschamps est curé de l'église, des chapelles latérales sont construites, doublant le bas-côté sud (isolées désormais de l'église, elles servent maintenant de sacristie). On fait surtout établir un retable grandiose pour orner le sanctuaire. Ce retable , réalisé par Werbreicht, sert d'écrin aux trois tableaux peints vers 1738 par Jean Restout, qui représentent trois épisodes de la vie du saint dédicataire de l'église : saint Pierre délivré de ses chaînes par un ange, saint Pierre guérissant un boiteux à la porte du Temple et saint Pierre recevant les clés de la main du Christ. En 1791, la paroisse n'obtient pas le droit de subsister et est rattachée à la cathédrale Sainte-Croix. Elle est mise en vente en 1793 par l'Assemblée nationale pour la somme de 5 228 livres mais faute d'acquéreur, est transformée en magasin à fourrage. Après l'époque révolutionnaire, Etienne-Alexandre Bernier, premier évêque concordataire, en revendique la jouissance comme succursale de la cathédrale et l'église est rendue au culte le 25 janvier 1805. Sommairement restaurée, elle est dotée d'autels à retable à l'extrémité orientale des bas-côtés. L'autel nord est dédié à la mémoire de Louis XVI (ce que commémore une plaque). Le grand autel est doté d'un tabernacle du 18e siècle, offert par le supérieur du grand séminaire. Des stalles, provenant de l'abbaye de Ferrières-en-Gâtinais, sont installées dans le choeur et des tableaux placés dans les bas-côtés. L'église abrite d'importantes manifestations sous l'évêché de Monseigneur Dupanloup : il y organise dès 1851 la retraite pascale des hommes, puis, en 1858, les Conférences de Carême. Le Catéchisme de Persévérance, apostolat pour les jeunes, qui se tenait à ses débuts à la chapelle de l'Officialité, doit trouver un lieu plus vaste et est transféré en 1883 à Saint Pierre du Martroi. L'église profite du brillant essor de cette Oeuvre car ses ressources permettent de l'entretenir avec soin, de la restaurer et même de remplacer son mobilier : on reconstruit la flèche en 1877 et le pignon occidental est en grande partie refait à neuf vers 1880. Un collatéral supplémentaire créé en 1722 du côté sud est isolé au 19e siècle par des cloisons et transformé en sacristie. Pendant la Première Guerre mondiale, l'église sert d'accueil aux réfugiés : elle tient lieu de cuisine et de dépôt de matériel. On en trouve encore la trace à l'entrée de la nef : la pierre du sol a en partie éclaté là où se trouvait le foyer. Endommagée par les bombardements de 1940, elle ne fait l'objet de remise en état qu'à partir des années 1950.

L'église est rendue au culte en 1971 malgré une restauration insuffisante ; elle sert aujourd'hui d'annexe à la cathédrale.

Période(s) Principale : 1er quart 16e siècle
Principale : 1er quart 18e siècle
Principale : 19e siècle

L'église Saint-Pierre du Martroi est la seule église d'Orléans construite en briques. La façade ouest est formée d'un haut pignon de briques où se détachent une grande verrière et une petite rose. Elle est flanquée de deux contreforts à niches. Chaque côté du vaisseau central comporte six fenêtres ogivales, placées dans des encadrements de pierres, qui se détachent sur le mur de briques. Elles sont séparées par de minces contreforts en pierres. Le bas-côté nord n'a pas de fenêtres. La porte qui s'ouvre sur ce collatéral est surmontée d'une fenêtre plein cintre. Une niche et des écussons surplombent cette entrée. Le bas-côté sud a été doublé au 18e siècle par des chapelles qui, séparées de la nef par un mur, servent aujourd'hui de sacristie. Celle-ci est éclairée par quatre petites fenêtres en plein cintre Le toit à deux versants est en ardoises. Il est dominé par un clocher, surélevé en 1877 et qui repose sur un octogone. Le chevet, à pans coupés, est ajouré par trois longues baies ogivales. La nef est constituée de six travées, scandées par des piliers octogonaux. Le vaisseau central est séparé des collatéraux par cinq larges arcs en plein cintre et, à son extrémité occidentale, par un arc brisé. Les arcs qui soutiennent la voûté pénètrent des piliers engagés à nervures sans chapiteaux, posés sur un dé mince. Ces arcs engagés créent une animation sur l'importante partie de mur nu qui sépare les grandes arcades des fenêtres hautes. L'église présente un mélange de traits gothiques et d'éléments renaissants. Le chœur et le portail ouest sont dominés par des formes gothiques. Mais ailleurs, ce sont des traits renaissant qu'on observe : grandes arcades en plein cintre, supports des voûtes. L'édifice, quoique très remanié au 17e puis au 19e siècle, est malgré tout assez symptomatique de l'architecture de transition qui a marqué le début de la Renaissance en France.

Murs brique
calcaire
plâtre
bois
moyen appareil
Toit ardoise
Plans plan allongé
Étages 4 vaisseaux
Couvrements fausse voûte d'ogives
Techniques peinture
sculpture
vitrail
menuiserie
ferronnerie
Statut de la propriété propriété de la commune
Protections classé MH, 1942/06/13

Annexes

  • Sources manuscrites, Archives municipales et départementales

    Sources manuscrites

    Archives municipales d'Orléans :

    9 M 39 : plans, réparations. 1923-1967.

    Archives départementales du Loiret :

    154 J 1 : arrêté classant trois toiles de Jean Restout. 1904.

Références documentaires

Bibliographie
  • CUISSARD, Charles. Inventaire des tableaux et oeuvres d'art existant à la Révolution dans les églises d'Orléans. Orléans : Georges Michau, 1901. 59 p.

  • GOUZI, Christine. Jean Restout (1692 -1768) : peintre d'histoire à Paris. Paris : Arthena, 2000. 511 p.

  • MOINET, Éric, KLINKA-BALLESTROS, Isabelle. Le musée des beaux-arts d'Orléans. Paris : Fondation Paribas, Réunion des musées nationaux, 1996. 126 p.

  • VIGNAT, Gaston. Cartulaire du chapitre de Saint-Avit d'Orléans. Orléans : H.Herluison, 1886. 236 p.

  • [Exposition]. Rouen, Musée des Beaux-Arts de Rouen.1970. Jean Restout (1692-1768). Réd. Pierre Rosenberg, Antoine Schnapper, et al. Rouen, 1970.

Périodiques
  • NOTTER, Annick. Retables orléanais des XVIIe et XVIIIe siècles. L'art sacré : cahiers de Rencontre avec le patrimoine religieux, 2008, Vol. 25, p. 143-157.

  • VILLETTE, Guy (Abbé). Un hagionyme méconnu : le problème de l'ancienne église d'Orléans Sainte-Lée et l'ancienne église Saint-Pierre-Ensentelée. Bulletin de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, 1984, nouvelle série, tome VIII, n°64. p. 36-39.

  • Restaurations de l'église St Pierre du Martroi. Annales religieuse du diocèse d'Orléans samedi 20 janvier 1934, n° 3, LXXIV volume.

Liens web

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