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Église Saint-Vincent

Dossier IA45002113 réalisé en 2008
Vocables Saint-Vincent
Dénominations église
Aire d'étude et canton Commune d'Orléans
Adresse Commune : Orléans
Adresse : rue de l'Église Saint-Vincent

Une église Saint-Vincent est mentionnée dans le cartulaire de Sainte-Croix d'Orléans (L LVI) vers 840-843 : il s'agit sans doute d'une dépendance du chapitre de Sainte-Croix. Elle est située hors de la ville, dans une zone de vignobles qui lui vaut son appellation de "Saint-Vincent-des-Vignes". Saint Vincent est, en effet, le patron des vignerons.

Helgaud, moine de Fleury, évoque pour sa part, la fondation par Robert le Pieux, dans le premier quart du 11e siècle, d'un monastère bénédictin d'hommes sous le titre de Saint-Vincent, mais il s'agit vraisemblablement davantage d'une refondation que d'une réelle fondation. L'église est donnée, à la fin du 11e ou au début du 12e siècle, à l'abbaye de Déols et reste prieuré jusqu'à la Révolution. Comme de nombreuses églises d'Orléans, Saint-Vincent subit de nombreux avatars entre les 14e et 16e siècles : détruite par les Anglais en 1359, elle est rebâtie, mais à nouveau démolie de façon préventive par les Orléanais le 29 décembre 1428 « de peur que les Anglais ne s'y pussent retraire et fortifier ». Reconstruite, elle est à nouveau saccagée dans la nuit du 20 au 21 avril 1562 par les huguenots. Au début du 17e siècle, Gabriel de l'Aubépine, évêque d'Orléans, encourage activement la reconstruction des églises d'Orléans et l'église bénéficie de ce mouvement général. Sur une pierre encastrée, à l'entrée de l'église, dans le premier pilier à gauche, se lit la date de 1602, qui renvoie probablement à l'année de début des travaux de reconstruction de l'église. On trouve par ailleurs la date de 1621 sur le portail sud qui pourrait être celle de la fin de cette campagne de travaux. En 1778, une nouvelle sacristie est construite sur le flanc sud de l'église, grâce aux libéralités du syndic Claude Berge et de sa femme Catherine Saint-Denne. A la Révolution, l'église sert de local à des sections révolutionnaires, avant d'être transformée en écurie en 1793.

Elle est rachetée le 9 juillet 1796 par un spéculateur du nom de Godeau-Chaudeville, qui la revend l'année suivante, le 31 janviers 1797, à un groupe de paroissiens pour la somme de 4 500 francs. L'église est rendue au culte le 19 février suivant : son mobilier ayant disparu au cours de la Révolution, ce sont les paroissiens eux-mêmes qui prêtent les objets nécessaires au culte. Le 15 juin 1803, Étienne-Alexandre Bernier, évêque d'Orléans, donne la châsse de sainte Christine à l'église Saint-Vincent. Celle-ci avait été achetée par un brocanteur lors de la vente du mobilier de l'église Saint-Liphard, et conservée intacte pendant toute la période révolutionnaire. En 1813, on entame la construction d'un nouveau sanctuaire dont la réalisation et la décoration sont confiées à l'architecte François-Narcisse Pagot (1780-1844). Six ans plus tard, le projet de construction d'une chapelle dédiée à sainte Christine est lancé, afin d'abriter dignement les reliques de la sainte. En 1843, l'architecte Carteron restaure et réaménage l'église : il transforme notamment le chevet droit en chevet circulaire. Un nouveau portail, provenant de l'église Notre-Dame-de Recouvrance à Orléans, est remonté sur la façade occidentale en 1859-1861, puis l'église est prolongée d'une arcade. La tribune est également prolongée de 2,50 mètres en 1895. Le 11 mars 1912, un incendie détruit une sacristie annexe et tous les objets du culte qui s'y trouvaient. Les crépis sont soufflés et une partie des peintures murales située autour de la porte est abîmée. Ces peintures du choeur représentaient des scènes de la vie de saint Vincent ; ce qui en reste est recouvert par un badigeon posé dans les années 1950. L'église est agrandie à nouveau en juin 1924, en annexant la partie de terrain qui est enclavée entre le chevet et le mur de plan.

Remploi provenant de Commune : Orléans
Période(s) Principale : 1er quart 17e siècle
Secondaire : 19e siècle
Dates 1602, porte la date, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Pagot François Narcisse, architecte, attribution par source

L'église Saint-Vincent a la forme d'un rectangle irrégulier, terminé par une abside et deux absidioles. La nef est divisée en trois vaisseaux séparés par de larges arcades en plein cintre. Elle comporte quatre travées de tailles irrégulières. Les trois vaisseaux sont couverts d'une fausse voûte en plâtre en anse-de-panier. Le vaisseau central est éclairé par les verrières du revers de la façade, et de façon indirecte par les verrières des bas-côtés. Le bas-côté nord possède six verrières de formes ogivales tandis que le bas-côté sud en contient quatre en plein cintre. Les piliers qui soutiennent les arcs sont carrés et massifs. Sur celui de la première arcade de gauche, on trouve une pierre plus ancienne qui porte la date de 1602, date du début de la reconstruction de l'édifice. Le choeœur se termine par une abside semi-circulaire, dont le pourtour est divisé en trois arcades. L'abside est couverte d'une calotte hémisphérique qui apporte un éclairage zénithal. La chapelle Sainte-Christine, placée hors oeœuvre sur le flanc nord de l'église a été ajoutée à partir de 1819. Elle ouvre sur le bas-côté nord par une arcade en plein-cintre, entre deux grandes niches qui abritent des groupes sculptés. La chapelle a la forme d'une croix grecque, mais es angles rentrants étant remplacés par des diagonales, le plan de la croisée devient un octogone qui se reproduit au plafond. La façade de l'église a été fortement remaniée au 19e siècle lors de l'installation du portail provenant de l'église Notre-Dame de Recouvrance. Elle est couronnée par un pignon portant le monogramme sculpté de saint Vincent. Le pignon est supporté par quatre pilastres qui encadrent une petite rose au centre, ainsi que, de part et d'autre, deux fenêtres en plein cintre avec fronton aigu. Au portail, quatre colonnettes cannelées assises sur de hauts piédestaux supportent un fronton cintré brisé dont la partie centrale comporte une niche, elle-même surmontée d'un fronton à base interrompue. Sur la bande du fronton on lit : ecce tabernaculum Dei cum hominibus. De part et d'autre du portail, se trouvent deux paires de baies jumelées en plein cintre, surmontées d'un fronton triangulaire. Deux autres baies en plein cintre animent la façade à l'arrivée des bas-côtés. Les contreforts à chaque extrémité de la façade étaient auparavant surmontés d'une statue en ronde-bosse.

Murs calcaire
plâtre
Toit ardoise
Plans plan allongé
Étages 3 vaisseaux
Couvrements fausse voûte en anse-de-panier
États conservations restauré
Techniques peinture
sculpture
vitrail
menuiserie
Représentations sanglier arbre rosace
Précision représentations

Un sanglier et un arbre sont sculptés au sommet du portail sud. Deux rosaces sont sculptés sur le mur extérieur du bas-côté sud.

Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Sources manuscrites

    Orléans, archives municipales

    9M43 : travaux, réparations (1912-1959)

    M 3041 : travaux, réparations (1960-1980)

    Archives départementales du Loiret

    65 J 2 : biens immobiliers et biens meubles : inventaire des titres et des rentes appartenant à la fabrique (1599-1767).

    65 J 3 : relations avec l'évêché.

    65 J 4 : organisation territoriale : circonscription de la paroisse.

    65 J 10 : oeuvres de piété.

    65 J 12 : confrérie de sainte Christine : transfert dans l'église Saint-Vincent (1803 et s d) .

    65 J 14 : biens immobiliers et mobiliers.

    65 J 15 : entretien du mobilier : réparation de l'orgue.

    65 J 16 à 17 : bureau d'administration puis conseil de fabrique : procès-verbaux des délibérations (1797-1906).

    65 J 20 : séparation de l'Eglise et de l'Etat : séquestre, inventaire 1906.

    50 J 204 : évêché d'Orléans : organisation territoriale et personnel ecclésiastique, reliques, érection du Christ en croix en 1815.

    50 J 205 : évêché d'Orléans : biens, legs et donations (an XI-1905) ; projet de récupération du portail de Notre-Dame de Recouvrance en 1859 par l'abbé Vassart.

  • Extraits de documents d'archives - Archives départementales du Loiret, série J.

    Archives départementales du Loiret, 50 J art. 205

    28 brumaire an XII / 20 novembre 1803

    Nous Noël Landré, marchand vinaigrier, J-B Corbery, marchand vinaigrier, Fr. Cotté Paul, propriétaire, Toussaint Jacques Lelong, aubergiste, soussignés tous quatre domiciliés à Orléans faubourg Saint-Vincent, acquéreurs et propriétaires de l'église de Saint Vincent d'Orléans, du cimetière ci-joint, du presbytère avec son jardin et du vicariat (...) consentons de plein gré et avec parfaite liberté à faire l'abandon gratuit entier et absolu de ladite église de Saint-Vincent d'Orléans avec son cimetière, son presbytère avec jardin, à Monseigneur Bernier, évêque d'Orléans, les lui cédons, les lui abandonnons, les mettons à sa disposition par la présente.

    Archives départementales du Loiret, 65 J 16

    Le 2 octobre 1859 : Monsieur le curé a exposé que l'ancien portail de l'église de Notre-Dame de Recouvrance allait être démoli et qu'on l'offrait à l'église Saint-Vincent à condition d'en payer la démolition et le transport.

    Monsieur le maire d'Orléans a promis de faire prendre dans les chantiers de la ville et de donner tous les matériaux dont il pourrait disposer pour venir en aide à la fabrique.

    Le conseil ayant pris connaissance de cette communication a accepté cette proposition et a arrêté qu'on profiterait de cette occasion pour faire établir ce portail à une distance convenable du pignon de l'église Saint-Vincent de manière à disposer d'avance de tout ce qui serait nécessaire pour prolonger plus tard cette église d'une arcade.

    Il a voté ensuite la somme de 1200 francs pour opérer ces travaux. Cette somme sera payée par annuité dans l'espace de qiatre années et plus tôt si les recettes de la fabrique dépassent les prévisions.

Références documentaires

Documents figurés
  • Église Saint Vincent/L. Cherret. Carte postale, 1903. (Bibliothèque municipale d'Orléans, CP 236).

Bibliographie
  • [Exposition. Orléans, Musée des Beaux-Arts d'Orléans. 2004]. Lumières de l´an mil en Orléanais : autour du millénaire d´Abbon de Fleury. Réd. Thierry Massat, Chantal Senseby, Éliane Vergnolle, et al. Gand : Brepols, 2004. 279 p. ISBN 2-503-51586-X.

Périodiques
  • GAILLARD, Louis (abbé). François Narcisse Pagot, architecte orléanais (1780-1844). Bulletin de la Société Archéologique et Historique de l'Orléanais, juin 1995, Orléans, tome XIII, n° 107.

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