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Enceinte castrale

Dossier IA37005700 réalisé en 2006

Fiche

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiées belvédère, tour
Dénominations enceinte
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : Château d'Amboise

L'enceinte est constituée de différents ouvrages défensifs issus de plusieurs campagnes de construction. Elle présente pourtant une certaine homogénéité, si l'on fait abstraction des ouvrages avancés orientaux datant de la première moitié du XVIIe siècle. Sa caractéristique principale vient du peu d'ouvertures de tir qui y sont pratiquées, du fait du caractère naturellement défensif du promontoire castral. On ignore comment le promontoire se présentait avant toute intervention humaine mais l'aménagement le plus aisé eût consisté à rendre les parois rocheuses abruptes à l'aide de pics de carriers. Ces aménagements sont tout à fait caractéristiques des châteaux sur éperon du bord de Loire. On ne connaît pas davantage l'époque à laquelle les parois ont été doublées d'un parement appareillé semblable à celui que l'on observe, à présent très restauré. Face aux avantages défensifs du site, la fonction résidentielle tient une place difficile sur ce type de promontoire, en particulier à cause des problèmes d'accès.

Période(s) Principale : Moyen Age
Principale : Temps modernes
Principale : Epoque contemporaine

L'enceinte L'étude archéologique du parement de l'enceinte pourrait proposer des indices chronologiques, au moins relatifs, si les propriétaires des maisons de la ville n'y avaient appuyé leurs demeures et multiplié l'aménagement de caves, ce qui nécessita, depuis les premiers travaux de restauration de Victor Ruprich-Robert débutés en 1872 jusqu'à nos jours, d'entretenir perpétuellement des chantiers de restauration. Sans pouvoir réellement interpréter les différents parements qui sont encore visibles sur les remparts, on constate néanmoins qu'ils relèvent de périodes très éloignées les unes des autres et dont les factures sont variées. Des pierres de petit appareil allongé ou non, sans doute médiévales (antérieur au XIIe siècle ?), sont visibles autour de la tour Pleine qui marque l'angle sud-ouest de l'enceinte castrale et sous les baies arasées dans le mur nord de l'enceinte. Dans le soubassement du pavillon Penthièvre, le moyen appareil présente des proportions cubiques. Des petites pierres grossièrement équarries apparaissent entre le dernier belvédère du jardin et l'extrémité nord-ouest du front sur Loire. Des pierres de moyen appareil tirées d'un tuffeau très jaune, semblable à celui du promontoire rocheux sur lequel le château est assis, sont visibles à l'extrémité sud-ouest de l'enceinte, à côté de la tour Heurtault. Un appareil similaire apparaît à l'aplomb du bâtiment sur Loire de la grande salle, sur le parement de la tour Heurtault ou sur celui de la porte des Lions et l'on peut supposer que le lieu d'approvisionnement en matérieu de ces ouvrages est le même. Enfin, de nombreuses zones sont très hétéroclites. Par exemple dans la zone sud-est de l'enceinte, à côté du parement jaune, apparaît le rocher du promontoire et un appareil de très petits moellons, au sein duquel s'insère un moyen appareil grossier de couleur grise et blanc cassé. Ce dernier semble pourtant homogène et contemporain des deux ouvertures de tir qui présentent, pour la première, une simple fente et pour la seconde une hampe similaire avec une petite bouche à feu en allège. Ces ouvertures ne sont plus accessibles. Cette enceinte imprenable connaît pourtant un côté vulnérable, celui du coteau situé à l'ouest du château. À une époque inconnue, le promontoire fut barré de deux fossés, le premier au niveau du tiers avant du promontoire, le second au niveau de la porte des Lions. Nous ne savons pas s'ils sont contemporains ou si l'un des deux a précédé l'autre. Le premier fossé de 46 m de long pour 14 m de large est remblayé en très grande partie et ne dispose plus d'éléments de datation probants. Le second, d'une toute autre ampleur, atteind 182 m de long pour 40 m de large. Il fonctionne avec la porte des Lions et a été réutilisé pour le bastionnement peu avant le milieu du XVIIe siècle, sans doute sur des structures médiévales. On ne sait pas non plus à quelle époque a été mis en place l'accès au château. La rampe d'accès qui passe actuellement sous la chapelle, était utile aux résidents du château comme aux paroissiens de l'église Saint-Florentin (XIe siècle) en permettant d'accéder au promontoire sans faire le tour par la porte des Lions. Il est donc fort plausible que cet accès ait été mis en place assez tôt, bien avant que la place ne devienne royale. Nous avons fait le choix de développer séparément l'étude de chacun des ouvrages importants qui constitue l'enceinte : la tour Garçonnet, la tour des Minimes, la tour Heurtault, la porte des Lions ; la tour Pleine située à l'angle sud-ouest de l'enceinte fait exception car elle est semble-il antérieure aux XVe et XVIe siècles et que les sources la concernant sont quasiment inexistantes. La tour Pleine La tour Pleine présente un statut particulier lié à la résidence comme à la défense. De 5 m de diamètre pour 20 m de haut, elle se trouve à présent arasée au niveau du parapet qui court le long du promontoire. Des clichés anciens de l'entrée du promontoire la présentent au début du XXe siècle, dans un état proche de celui que nous lui connaissons. Elle n'a pas encore été restaurée et son parement originel apparaît très érodé. Par endroits, dans un moyen appareil de taille cubique, s'insère un petit appareil. La « Vue » de Jacques Androuet du Cerceau qui propose un projet de remaniement du château du côté de la ville en donne une représentation corrélant les descriptions textuelles dans lesquelles elle est citée. Jacques Androuet du Cerceau représente une tour circulaire avec peu d'ouvertures, surmontée d'un chemin de ronde couvert qui repose sur des consoles de mâchicoulis. Le chemin de ronde devait communiquer avec celui des logis attenant. Le « Plan » de Jacques Androuet du Cerceau semble figurer la tour au niveau R+I. Il est occupé par une pièce de plan circulaire, chauffée d'une cheminée au sud-ouest et éclairée d'une baie au sud. Au nord, une porte assure la communication avec la pièce de l'extrémité du logis de Louis XI. Aucun des documents dont nous disposons ne permet de dire si la base de la tour était pleine à l'origine ou non, mais c'est là une technique courante au XIIIe siècle.

Murs rocaille
parement
moellon
pierre de taille
moyen appareil
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • La tour Pleine du château d'Amboise dans le procè-verbal de 1761

    Le procès-verbal de 1761 propose une description précise de la tour Pleine :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950, f°8 : « Au midy duquel donjon est une autre tour, à dix toises deux pieds d'iceluy au dessus de la guérite de l'entrée dudit château qui nous a mené en dedans, contenant par le hault d'icelle seize pieds huit poulces de diamètre de dehors en dehors des murs ».

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales : O2 1383. Prise de possession du château d'Amboise par la sénatorerie d'Orléans le XI brumaire de l'an 12. Rapport des architectes en 1803-1811. Démolitions au château à la même période.

  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, 81/37/0003 (1002). Prévisions des travaux dus aux dommages de guerre à réaliser au château d'Amboise : chapelle Saint-Hubert, tour Garçonnet, pavillon Penthièvre, tour des Minimes, logis sur Loire, vestibule de la tour des Minimes, logis François Ier, remparts, tour Heurtault, tour Garçonnet (janvier 1951) ; comptes de restaurations du pont d'Amboise (1951) ; comptes des restaurations du château d'Amboise correspondant au rapport ci-dessus (1952-1958) ; comptes des restaurations de la chapelle Saint-Jean (1963).

Documents figurés
  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, Deuxième étage du bâtiment sur Loire, deuxième étage du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et rez-de-chaussée du logis d'Henri II. (Archives Nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Plan du château d'Amboise et des limites de son enceinte en 1815. (Archives communales d'Amboise).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, deuxième étage du bâtiment sur Loire, troisième étage du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et grenier du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, premier étage du bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, rez-de-chaussée du bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. 2e étage dans le comble du logis des Sept Vertus, 1er étage du logis Louis XI, rez-de-chaussée du logis Charles VIII, rez-de-chaussée du logis Charles VIII-François Ier et fondations du logis Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Deuxième étage du Logis des Sept Vertus, premier étage du logis dit de Louis XI, rez-de-chaussée bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Passage d'entrée, premiers offices du logis des Sept Vertus, premier étage du bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Plan du château d'Amboise. Attribué à Robert de Cotte, dessin à la plume et à l'encre de Chine aquarellée, 1708. (Archives Nationales; O1 1903, Cartes et Plans, n°1 et 3).

  • Vüe du château royal d'Amboise ; Autre vüe du château royal d'Amboise du côté des champs ; Troisième vüe de l'intérieur de la cour du château/ Jacques Rigaud. Dessins préparatoires à la plume et lavis à l'encre de Chine, début du XVIIIe siècle. (Bibliothèque nationale de France, est, RES Ve26 (k), n°138, Mfilm A31633).

  • Entrée principale du château d'Amboise, dessin à la mine de plomb, ancienne collection Hippolyte Destailleur (1822-1893). (Bibliothèque nationale de France, est, RES Ve26 (k), n°145 microfilm A31641).

  • Vüe de l'entrée du château d'Amboise/ Jean-Philippe Sarazin, lavis à l'encre de Chine, 1775. (Bibliothèque nationale de France, est, RES Ve26 (k), Fol, microfilm A31638).

  • Vüe du château royal d'Amboise et Autre vüe du château royal d'Amboise du côté des champs, lithographie, Jacques Rigaud, v. 1730. (Bibliothèque municipale de Tours : L.C. Amboise : Château ; est. 2, Ic. 205 b).

  • Vue de la porte des Lions à Amboise, d'après Sarazin. Lithographie de Peringer, fin XVIIIe siècle. (Bibliothèque municipale de Tours : L.B. Amboise : Château ; est. 10, Ic. Auv. 386).

  • Vue de la porte des Lions. Aquarelle. n.s., n.d. (Bibliothèque municipale de Tours : L.B. Amboise : Enceinte ; est. 1, Ic. 478).

  • Plan du château d'Amboise, Le château d'Amboise, du costé de la rivière, L'élévation du chasteau d'Amboise du costé de la ville. Dessins de Jacques Androuet du Cerceau, vers 1579. (Londres, British Museum : Cote U 854-857).

  • Les compagnons d'Abd el-Kader sur la terrasse joignant le logis du roi/Carbonneau, d'après Karl Girardet. Lithographie. n.s., n.d, dans BOSSEBOEUF, Louis-Auguste. Amboise, le château, la ville et le canton. Tours, 1897.

Périodiques
  • SALAMAGNE, Alain. Inter se disputando ? Maître Jehan Lartésien, le frère de Modène et l'invention du bastion. In Création artistique et conflits historiques dans l'Europe du Nord. Revue du Nord, Art et Archéologie, Hors Série, n°7, année 2000. Université Charles-de-Gaulle-Lille 3, p. 24-41.

Liens web

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