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Ensemble canonial (détruit)

Dossier IA37005772 réalisé en 2006

Fiche

Á rapprocher de

Dénominations ensemble canonial
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : Château d'Amboise

Retracer l'histoire de la basse-cour du château d'Amboise s'avère bien difficile. Jusqu'aux travaux de Charles VIII de la décennie 1490, la basse-cour s'oppose au donjon. Ils sont séparés l'un de l'autre par le fossé ; au-delà du fossé s'élève la collégiale Saint-Florentin, édifiée vers 1030 et à laquelle des chapelles sont ajoutées au gré des aspirations des souverains. Derrière son chevet oriental, s'étend le cloître, et au nord de ce dernier vient le logis dit « canonial » précédé d'un jardin dont nous ignorons la date exacte d'aménagement. Enfin, le promontoire est clos par la porte des Lions appelée porterie, nom désignant à la fois l'ouvrage défensif et le logis du portier. À partir de Charles VIII, on construit les logis dans la seconde cour, la zone ouest traversant de part en part le promontoire. Les bâtiments de la basse-cour à proprement parler, à savoir les lieux de stockage, les écuries, etc. se trouvent donc nécessairement dans le quart sud-est du promontoire. Cependant, n'oublions pas que des peintures murales sont toujours visibles dans une pièce troglodytique accessible depuis la rampe de la tour des Minimes. Ces peintures murales, datées du 14e siècle, mettent en évidence l'étendue de notre manque de connaissance quant à l'occupation de la basse-cour avant les travaux de Charles VIII, puisqu'elles se trouvent précisément au-delà du fossé et hors du donjon.

Période(s) Principale : Moyen Age
Principale : Temps modernes

Si la présence d'un ou de plusieurs logis réservés aux chanoines est indéniable, aucune certitude n'existe ni sur leur apparence ni sur leur datation. Le bâtiment longeant le jardin, identifié comme le logis de l'Armurerie, ne fut sans doute investi par les chanoines qu'après le départ définitif de la cour en 1562. Un second logis existait derrière l'église. Jacques Androuet du Cerceau leur prêtent un profil différent sur ses « Plans » et sur ses « Vues » cavalières. Pour la maison principale (l'ancien logis de l'Armurerie), la « Vue du côté de la forest » prévaut puisque l'on retrouve bien, comme dans les autres documents, un grand corps de bâtiment construit selon un plan en « U », dont le mur gouttereau nord constitue une partie du mur du jardin, et deux ailes plus petites en retour vers le sud. Le plan de 1708 - sur lequel nous n'avons pourtant relevé que peu d'erreurs pour la distribution - montre deux maisons indépendantes. Pour la maison qui longe le jardin, la cour jouxtant l'escalier est minuscule (environ 2 x 3 m). Enfin, le procès-verbal de 1761 décrit également un bâtiment d'habitation en « U ». Une partie a été transformée en écuries ; mais il est encore mentionné plusieurs chambres à cheminées, au rez-de-chaussée comme à l'étage, ainsi qu'une tour dans laquelle se trouve un escalier de pierre à noyau rond totalement détruit dans sa partie supérieure (« par le haut »). Sur le plan de 1708, un escalier apparaît en effet dans une cage hexagonale, au centre de la maison. Les chambres du premier étage se trouvent en soupente. Il est même précisé que dans la dernière ouvre « une baye de communication dans la serre actuellement murée » ; entendons ici le terme serre pour désigner l'Orangerie longeant le jardin. En outre, des galeries extérieures desservaient les pièces entre elles. Enfin, le procès-verbal de démolition de 1806 confirme la fonction de l'édifice qui est qualifié de « maison cy devant canonial et actuellement à l'usage de remise et écurie particulière pour le sénateur, et la présence des deux pavillons en aile vers midi ». La seconde maison représentée par Jacques Androuet du Cerceau comme sur le plan de 1708, est mentionnée en 1761. Alors occupée par la demoiselle Boisgaultier, elle est localisée entre la porte des Lions, le logis canonial en « U » et l'église. Cette localisation correspond bien à celle qui figure sur le plan de 1708, mais pas à celle de Jacques Androuet du Cerceau qui la place derrière et non en avant du logis de l'Armurerie. D'après la description exhaustive du procès-verbal, se succèdent chambres, anti-chambre, couloir et « poullain en bois qui conduit au grenier » - c'est-à-dire un escalier droit très pentu, en somme une sorte d'échelle. Enfin, Jacques Androuet du Cerceau représente un jeu de paume derrière la dernière maison. Il semble peu probable qu'il ait existé. Il aurait pris place à l'endroit où s'élèvent les buttes qui épaulent le rempart oriental. Or, la représentation du front oriental de Jacques Androuet du Cerceau est erronée, nous l'avons démontré pour le jardin. Par ailleurs, aucun aplanissement n'apparaît à cet endroit et les buttes nord-orientales pourraient dater des aménagements du jardin de Charles VIII (1483-1498). En outre, dans les procès-verbaux comme sur le plan de 1708, seul le verger est mentionné.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Les archives concernant l'ensemble canonial du château d'Amboise

    Le procès-verbal de 1761 propose une description assez précise du logis canonial en « U » :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950, f°9v° : « Un grand corps de bastiment contenant unze toises de long sur trente cinq pieds de large dans son arrière corps, en dehors deux ailes au devant d'iceluy du costé de midy. L'une au levant de dix sept pieds de long sur vingt quatre pieds de large, l'autre au couchant de seize pieds de long sur vingt trois pieds quatre poulces en dehors ; devant lequel au midy est une cour renfermée au couchant de murs nouvellement construits, dans lequel est l'ouverture d'une porte à deux vantaux et une petite porte à costé, et au midy d'une partie de murs aussy nouvellement construite ».

    La localisation du second logis est détaillée et correspond aux mesures livrées par les plans anciens :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950, f°10r° : « [...] Distant de ladite porte d'église de quarante un toises contenant ledit bastiment six toises de long sur quatre toises et demie de large dont le tour est élevé sur trois faces en mur de moilon à chaux et sable avec coins et chenette en pierre de taille et la quatrième au nord en charpente bloquée en brique. Ledit bastiment au devant de l'aile du levant du dernier bastiment ».

    Les procès-verbaux ne mentionnent en aucun cas le jeu de paume figuré par Jacques Androuet du Cerceau, qui aurait pris place le long du rempart oriental. Seul le verger est décrit :

    - Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950, f°11r° : « Et entrés dans ledit verger par une porte en iceluy donnant au verger, l'avons trouvé planté de plusieurs arbres fruitiers de différentes espèces de contenance de vingt une toises de long jusqu'au gros mur de séparations du fossé dudit château qui le renferme du costé du levant, et de pareille vingt une toises de large renfermé du costé du nord par des murs qui le sépare d'autre partie du jardin du roy et du mail du couchant du bastiment cy dessus du sieur de Verrière et demoiselle Boisgaultier, et du midy à costé de ladite porte d'entrée d'un mur basty en terre en très mauvais état ».

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales : O2 1383. Prise de possession du château d'Amboise par la sénatorerie d'Orléans le XI brumaire de l'an 12. Rapport des architectes en 1803-1811. Démolitions au château à la même période.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 655. Procès-verbaux des réparations à effectuer au château d'Amboise. Entre 1624 et 1631, folios papier.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, C 950. 1699-1761. Procès-verbal d'estimation du château d'Amboise, procès-verbal de prise de possession par le duc de Choiseul. 1761.

Documents figurés
  • Château d'Amboise, plan de 1708. Passage d'entrée, premiers offices du logis des Sept Vertus, premier étage du bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Deuxième étage du Logis des Sept Vertus, premier étage du logis dit de Louis XI, rez-de-chaussée bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. 2e étage dans le comble du logis des Sept Vertus, 1er étage du logis Louis XI, rez-de-chaussée du logis Charles VIII, rez-de-chaussée du logis Charles VIII-François Ier et fondations du logis Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, rez-de-chaussée du bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, premier étage du bâtiment sur Loire, rez-de-chaussée du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et fondations du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, Deuxième étage du bâtiment sur Loire, deuxième étage du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et rez-de-chaussée du logis d'Henri II. (Archives Nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Château d'Amboise, plan de 1708. Rez-de-chaussée des logis des Sept Vertus et dit de Louis XI, deuxième étage du bâtiment sur Loire, troisième étage du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins et grenier du logis d'Henri II. (Archives nationales, Cartes et Plans, O 1 1903).

  • Plan du château d'Amboise, Le château d'Amboise, du costé de la rivière, L'élévation du chasteau d'Amboise du costé de la ville. Dessins de Jacques Androuet du Cerceau, vers 1579. (Londres, British Museum : Cote U 854-857).

Bibliographie
  • THOMAS, Évelyne. Le jeu de paume du château d'Amboise. In Jeu des rois, roi des jeux : le jeu de paume en France, catalogue de l'exposition tenue au musée national du château de Fontainebleau du 2 octobre 2001 au 7 janvier 2002, sous la direction d'Yves Carlier. Paris : Réunion des musées nationaux, 2001. p. 119-123.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie