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Ensemble de trois maisons (46 rue Victor Hugo)

Dossier IA37005691 inclus dans Amboise : rue Victor Hugo (1 à 13 et 2 à 52) réalisé en 2006

Fiche

Dénominations maison
Aire d'étude et canton Amboise - Amboise
Adresse Commune : Amboise
Adresse : 46 rue Victor-Hugo

Le 46 rue Victor Hugo regroupe trois maisons sous un seul numéro. Les plans d'alignement du XIXe siècle les ont épargnées. Une vue ancienne présente l'une de ces maisons enduite. Les caractéristiques constructives de ces maisons permettent de proposer une datation de la fin du Moyen Âge. Il n'a pas été possible de visiter ces maisons, dont les pignons ont fait l'objet de relevés par photogrammétrie. Nous procéderons à la description de chacune des maisons en commençant par celle qui se trouve en retrait sur la rue, à l'est.

Période(s) Principale : limite 15e siècle 16e siècle
Secondaire : 17e siècle
Secondaire : 18e siècle
Secondaire : 19e siècle
Secondaire : Epoque contemporaine

La première maison Une cour sépare la première maison de la rue. Édifiée dans les murs de la ville, une telle surface n'aurait pas été laissée vierge sur la parcelle d'une simple maison : il n'est pas à exclure qu'une première maison ait été construite devant celle-ci. S'organisant sur un plan similaire à celui du 8 ou du 52 place Michel Debré, les deux bâtiments de la parcelle auraient ainsi été séparés par une petite cour. Bâtie sur trois niveaux, elle est construite en pierre de taille et moellon de tuffeau sur les deux premiers niveaux, puis le pignon est édifié en pan-de-bois. Le rez-de-chaussée s'ouvre d'une baie à droite et d'une porte à gauche. Au premier étage, la façade est percée d'une grande baie à l'encadrement en pierre de taille. Elle est couverte d'un arc segmentaire largement chanfreiné, typique des XVIIe ou XVIIIe siècles. À l'aplomb de la porte du rez-de-chaussée, une demi-croisée en bois s'ouvre au sein d'un pan-de-bois. Si notre examen à distance fut trop sommaire pour déterminer si ce sont bien là les dispositions d'origine, le chaînage en pierre de taille à droite de l'ouverture semble toutefois authentique. Dans l'hypothèse ou cette maison était précédée d'une autre maison, cette ouverture aurait été une porte ouvrant sur la galerie joignant les deux maisons, comme aux 8 et 52 place Michel Debré. Enfin, le pignon en pan-de-bois présente à l'ouest une surélévation récente du toit. Une baie s'ouvre dans la moitié droite du pignon. La charpente doit être à fermes et à pannes. Ces dernières, apparemment posées sur l'arête, reposent à l'intérieur du faux-entrait constitué de deux éléments assemblés au poinçon et aux arbalétriers, disposition déjà rencontrée au 46 place Michel Debré. La seconde maison La maison à pignon sur rue, située à gauche de la première, est construite sans encorbellement et sur quatre niveaux dont un niveau de cave aux soupiraux donnant sur la rue. Sa façade nord qui donne sur la rue mesure 4,70 m de large pour 10,60 m de haut. Le soubassement de la maison est bâti en moellons de tuffeau jaune, tandis que les niveaux 2 et 3 sont construits en pan-de-bois à grille avec une unique croix de Saint-André à gauche et un hourdis de briques soigné. La largeur moyenne des bois employés est de 14 cm et leur longueur moyenne de 2,50 m. Si la longueur des bois est assez faible pour Amboise (en moyenne 5,60 m), leur largeur plutôt élevée correspondrait à celle de bois de brin qui, d'après nos observations, ne mesurent jamais moins de 13 cm de largeur. Les bois sont par ailleurs assez rectilignes. Au premier étage, une large sablière porte le départ des écharpes du pan-de-bois et les décharges en allège de la baie centrale. Le niveau du comble à surcroît est marqué par les abouts des solives de plancher posées sur la seconde sablière. Des potelets encadrés à droite d'une décharge et à gauche d'une croix de Saint-André forment le niveau du surcroît. Les dispositions de la charpente à fermes et à pannes sont en parties lisibles. L'entrait est relié au faîtage par un poinçon formant le meneau d'une baie. Le faux-entrait s'assemble dans la moitié inférieure du poinçon et rejoint les arbalétriers. Les assemblages visibles sont à tenon-mortaise. Le mur gouttereau occidental reçoit un hourdis de moellons sans ornement, qui ne semble par avoir été destiné à être vu, et des jours, percés récemment, qui éclairent faiblement l'intérieur de la maison, ce qui confirme donc l'hypothèse d'une maison devançant la première maison décrite plus haut. Une première sablière reposant sur les solives de plancher du premier étage dont les abouts apparaissent en façade, porte le colombage. Les colombes montent jusqu'à hauteur d'une seconde sablière marquant le niveau du sol du comble. De longues écharpes assurent la cohésion de la première et de la deuxième sablière. Un large poteau monte de fond jusqu'à la sablière du toit. Il divise le pan-de-bois en deux parties et marque sans doute l'emplacement d'un mur de refend sur lequel les abouts des solives du comble viennent prendre appui. Enfin, le niveau du comble à surcroît est constitué de potelets et de décharges. Le mur gouttereau oriental est commun à la troisième maison en pan-de-bois. La troisième maison La troisième maison ne présente pas la même facture. Elle dispose d'un encorbellement très faible (environ 15 cm) des étages sur le rez-de-chaussée. Comme pour les deux autres maisons, le rez-de-chaussée est bâti en moellon de tuffeau jaune et les soupiraux de la cave affleurent au niveau de la rue. Une unique baie éclaire le niveau 1. Reposant sur deux petites consoles taillées dans un calcaire coquiller et sur les solives de plancher débordantes, deux sablières de faible section portent la façade de 5,50 m de large pour 10 m de haut. Ces sablières présentent un aspect neuf et il est possible qu'elles aient été remplacées récemment. Les bois de la façade sont en moyenne légèrement plus longs (environ 3 m) que ceux de la maison mitoyenne mais moins épais (13,1 cm). Au premier étage, le pan-de-bois à grille est traversé par deux longues écharpes, bloqué d'un hourdis de briques et percé d'une baie. Le niveau du comble présente les mêmes dispositions que celles du pignon central. Les potelets encadrés par une décharge à chaque extrémité sont pris entre une sablière et l'entrait de la charpente. Eclaire le comble une baie, dont le poinçon constitue le meneau et l'entrait de la ferme. À gauche, la charpente a été surélevée.

Murs brique
moellon
pierre de taille
pan de bois
Toit ardoise
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré, comble à surcroît
Couvertures toit à deux pans
Statut de la propriété propriété privée
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Université François-Rabelais de Tours - Gaugain Lucie