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Ensemble des bâtiments conventuels de l'abbaye Saint-Denis, actuellement collège Arsène Meunier

Dossier IA28000400 inclus dans Abbaye de bénédictins Saint-Denis réalisé en 2015

Fiche

Historique

Un monastère aux bâtiments conventuels méconnus

L'abbaye de Saint-Denis est fondée durant la première partie du 11e siècle1. Si les textes se montrent parlants quant à l'édification de l'église abbatiale, aucun texte ne fait mention des bâtiments dédiés à l’accueil et aux activités des membres de la communauté. Seul le scriptorium est indirectement attesté par la production de deux ouvrages entre le dernier quart du 11e siècle et la première moitié du 12e siècle2. La première mention textuelle directe est contemporaine de l'écriture des coutumes du Perche en 15583. La réunion des états provinciaux et la rédaction des coutumes prennent alors place dans la salle capitulaire du doyenné, attestant ainsi de l’existence de cette dernière.

Un siècle plus tard la déclaration des biens du prieuré, effectuée en 1690, décrit le doyenné, il est alors composé : "[d'un] grand corps de logis prieural et cloistre et longueur régulier où sont les dortoirs, le chapitre, réfectoire, la cuisine, une basse-cour en corps de logis nommé la chantrerie et l'infirmerie et joignant plusieurs jardins tout alentour"4.

Les bâtiments communaux

D’abord sécularisée lors de la suppression de l’ordre de Cluny en 1788, la communauté de Saint-Denis est supprimée en 17915. L’ancien doyenné est saisi en 1788, puis vendu pour matériaux au Sieur Rouvray le 11 décembre 17976.

Plans de situation.Plans de situation.Plan de distribution du deuxième étage (1807).Plan de distribution du deuxième étage (1807).

L’ancien monastère est acheté par la municipalité de Nogent-le-Rotrou le 7 mars 1807, elle y installe une caserne, un collège et un tribunal ainsi que ses prisons7.

Le collège est installé dans les ailes sud et est, ainsi que dans l’église Notre-Dame qui se développe perpendiculairement à cette dernière. Celle-ci accueille le réfectoire8 au rez-de-chaussée et les logements des professeurs à l'étage. L’aile sud est investie par des salles de classe9 au-dessus desquelles des dortoirs prennent place. L’aile est est occupée par la cuisine10 dans son angle sud-ouest tandis que l’étage est réservé à une salle d’étude. Le collège est desservi par deux escaliers, tous deux composés de deux volées droites. Le premier prend place entre les ailes sud et est, le second entre la dite « église » et l’aile est.

Plan de distribution : aile ouest, rez-de-chaussée (avant 1913).Plan de distribution : aile ouest, rez-de-chaussée (avant 1913).Plan de distribution : aile ouest, premier étage (avant 1913).Plan de distribution : aile ouest, premier étage (avant 1913).

Le tribunal prend place au premier étage de l’aile ouest. Les cellules sont disposées de plain-pied sous le tribunal et la salle d’étude de l’aile est. Les cours de la prison sont situées dans l’ancienne cour du prieuré. Enfin la lingerie, l’infirmerie et la conciergerie sont installées dans deux bâtiments faisant saillie sur la rue Saint-Denis.

Plan du collège Saint-Denis (19e siècle).Plan du collège Saint-Denis (19e siècle).

Lithographie : aile sud, vue du sud-ouest (19e siècle).Lithographie : aile sud, vue du sud-ouest (19e siècle).Lithographie : aile est, église mariale, vue de l'est (19e siècle).Lithographie : aile est, église mariale, vue de l'est (19e siècle).

La caserne laisse bientôt la place au collège. Ce dernier est déclaré en plein exercice en 184611. L'aile sud, l'infirmerie et la cour accolée accueillent le quartier des grands. Les bâtiments implantés dans la cour au sud du chevet de l'abbatiale abritent le quartier des petits. Enfin le réfectoire de l'établissement est situé dans l'église mariale perpendiculaire à l'aile est, où se trouve la cuisine.

La lingerie, l’infirmerie et la conciergerie installées dans deux bâtiments faisant saillie sur la rue Saint-Denis sont alignées en 191312, le logement du concierge est alors déplacé dans la dernière travée du collatéral sud de l’abbatiale.

Le collège Rémy Belleau

L’inscription au titre des Monuments historiques de « l’ancienne abbaye Saint-Denis » le 12 octobre 1948 et le projet de reconstruction du collège Rémi Belleau, décidés la même année, entraînent une restructuration complète du site.

La première tranche des travaux13 vise à réparer et/ou consolider les bâtiments, elle porte à la fois sur les maçonneries et les charpentes.

Aquarelle : aile est et bras sud du transept, vue de l'ouest (avant 1948).Aquarelle : aile est et bras sud du transept, vue de l'ouest (avant 1948).Elévation : aile est, vue de l'ouest (1948).Elévation : aile est, vue de l'ouest (1948).

Aquarelle : aile est et église mariale, vue du sud-est (avant 1948).Aquarelle : aile est et église mariale, vue du sud-est (avant 1948).Elévations : aile est, église mariale et chevet de l'abbatiale, vue de l'est (1948).Elévations : aile est, église mariale et chevet de l'abbatiale, vue de l'est (1948).

L’aile est et le bras sud du transept font l’objet d’une harmonisation de leurs maçonneries et de leur couverture. La toiture du transept est rehaussée et les percements des deux bâtiments sont repris afin d’offrir une façade uniforme. La voûte lambrissée en plein-cintre portée par une charpente à chevrons formant fermes est conservée, les fenêtres et les arcades subsistant sur les murs gouttereaux du bâtiment est sont détruits.

Coupe transversale et élévation, ailes est et sud (1948).Coupe transversale et élévation, ailes est et sud (1948).Aquarelle : aile est et bras sud du transept, vue de l'ouest (avant 1948).Aquarelle : aile est et bras sud du transept, vue de l'ouest (avant 1948).

Les planchers et les charpentes de l’aile sud (classes/dortoirs) sont déposés, réparés et/ou remplacés. La façade nord est reprise de manière à ouvrir de nouvelles fenêtres sur les anciennes cours de la prison. Les arcades visibles sur les dessins de Massiot sont détruites. L’escalier situé entre les ailes sud et est est remplacé par un escalier en colimaçon dans une tour hors-œuvre.

Plan du collège (1948).Plan du collège (1948).

La seconde tranche des travaux porte sur l’aménagement du site. L’ancienne cour des prisons est ainsi rehaussée et décloisonnée. Les cellules de l’aile est et le transept sud sont reconvertis en réfectoire. L’espace entre le chœur de l’abbatiale et l’église mariale est investi par la nouvelle cuisine, tandis que l’ancienne forme un hall. Le premier étage et le comble de l’aile est accueillent les dortoirs et le foyer. L’aile sud reçoit les salles de classe et les études. L’église mariale est aménagée en économat et en salle d’étude. Enfin l’abbatiale abrite le préau du collège dans le vaisseau central du chœur, des réserves dans le déambulatoire et les chapelles, une salle d’éducation physique dans le bras nord du transept et des agrès dans une des travées du collatéral nord. L’établissement secondaire Arsène Meunier occupe encore actuellement les locaux de l’ancienne abbaye.

Le collège est désormais en grande partie accueilli dans de nouvelles structures, édifiées entre 2010 et 2012, et prenant place dans la cour est.

Description

Composition d'ensemble

Plans de situation.Plans de situation.Les trois ailes composant les anciens bâtiments conventuels se développent autour d’une cour quadrangulaire le long du côté est de la rue Saint-Denis. L’abbatiale borde le côté nord de la cour tandis que les côtés sud, est et ouest sont occupés par trois bâtiments. L’aile est, construite dans le prolongement de la partie sud du transept de l’église, est redoublée par une ancienne église se développant perpendiculairement d'ouest en est. L'aile ouest est prolongée au sud par un second bâtiment, également situé rue Saint-Denis. Une cour fermée sépare les deux bâtiments. Le chevet de l'abbatiale et l’aile est sont bordés par une vaste cour en connexion avec la maison dite « du bailli ». Celle-ci se développe à l’inverse de l’ancienne abbaye Saint-Denis, selon un plan en U, le long de la rue Saint-Laurent.

Matériaux

L'hétérogénéité des matériaux conservés et de leurs mises en œuvre témoigne des nombreuses campagnes de constructions opérées sur le site. Les élévations sont montées en moellons alternant pierres de calcaire et de silex. Les ouvertures sont soit construites en pierre de taille, soit en ciment. Le contrefort de l'aile est est le seul élément intégralement construit en pierre calcaire de moyen appareil. Les toitures sont couvertes de tuiles plates.

Aile ouest

Structure

Plan de distribution : aile ouest, rez-de-chaussée (1997).Plan de distribution : aile ouest, rez-de-chaussée (1997).L'aile ouest est le seul bâtiment en connexion avec la rue Saint-Denis, c'est également le plus vaste avec une emprise au sol de 15,30 m sur 28,75 m. Elle est accessible par deux portes disposées sur sa face ouest et donnant sur la rue Saint-Denis. La première porte, côté sud, distribue une pièce large d'une travée, menant à un escalier en équerre dont la seconde volée est assise sur deux arcs en plein-cintre (l'espace ménagé sous les arcs est actuellement aménagé en toilettes). Au-delà de l'escalier, la pièce donne à la fois accès à l'ancien collatéral de l'abbatiale au nord et à une vaste salle voûtée au sud.

Celle-ci est composée de quatre travées barlongues et de quatre vaisseaux surmontés par des voûtes d’ogives quadripartites portant sur des colonnes. Elle est également accessible dans sa troisième travée depuis la deuxième porte ménagée sur la rue Saint-Denis et menant directement sur un escalier tournant à volées droites. Les travées du vaisseau oriental disposent toutes d'un accès sur la cour centrale. L'espace intérieur est recoupé par de nombreuses cloisons et murs de refend. Le faible nombre de fenêtres ne suffit pas à éclairer le rez-de-chaussée, ce dernier est presque intégralement aveugle.

Plan de distribution : aile ouest, premier étage (1997).Plan de distribution : aile ouest, premier étage (1997). Le second niveau d’élévation est partagé en trois espaces par deux murs de refend. Au nord et au sud, plusieurs bureaux ont été ménagés à l’aide de cloisons. Chaque espace est desservi par son propre escalier. La pièce centrale, laissée libre, est occupée par une salle d’audience. Elle est à la fois accessible depuis le nord et depuis le sud. L'étage est largement éclairé par des fenêtres prenant jour sur les deux murs gouttereaux. Les combles sont accessibles par un escalier droit appuyé contre le mur de refend nord. Les murs-pignons nord et sud ainsi que le refend sud comportent des souches de cheminée.

L'aile ouest est prolongée par un second bâtiment, plus modeste et également situé le long de la rue Saint-Denis. Ce dernier est doté d'un plan rectangulaire pour une emprise au sol de 9 m de long pour 16 m de large.

Élévation

Aile ouest, élévation intérieure : cellier.Aile ouest, élévation intérieure : cellier.Aile ouest, élévation intérieure : cellier, colonne.Aile ouest, élévation intérieure : cellier, colonne.Aile ouest, élévation intérieure : cellier, clef de voûte.Aile ouest, élévation intérieure : cellier, clef de voûte.

L'aile ouest est composée de deux niveaux prenant place sous un comble. La majeure partie du rez-de-chaussée est couverte par des voûtes d'ogives. Seule la travée nord est surmontée d'un plancher. Les voûtes reposent sur des colonnes octogonales surmontées par des chapiteaux dont la corbeille et le tailloir sont laissés nus et reprennent la forme de leurs supports. Les nervures des ogives sont sculptées d'un chanfrein tandis que les clefs de voûtes accueillent un décor végétal.

Relevé de charpente : aile ouest (2016).Relevé de charpente : aile ouest (2016).Aile ouest, élévation intérieure : comble, faux-appareil.Aile ouest, élévation intérieure : comble, faux-appareil.Aile ouest, élévation intérieure : comble, rose.Aile ouest, élévation intérieure : comble, rose.

La charpente à fermes et pannes du comble atteint une portée avoisinant les 15 m. Les fermes sont triangulées par plusieurs niveaux de contrefiches et contreventées par une faitière et une sous-faitière entre lesquelles prennent place des croix de saint-André. L'ensemble est assemblé par des tenons et mortaises chevillés. Le comble abrite encore sur son pignon nord des traces d'enduit recouvert d'un faux-appareil rouge sur blanc. Ce même pignon comporte les vestiges d'une rose actuellement masqués par la toiture de l'ancien collatéral de l'abbatiale Saint-Denis.

Aile ouest, vue du sud-ouest.Aile ouest, vue du sud-ouest. Aile ouest, détail, face ouest.Aile ouest, détail, face ouest.Aile ouest, détail, face ouest.Aile ouest, détail, face ouest.Aile ouest, détail, face ouest, vestiges de baies géminées.Aile ouest, détail, face ouest, vestiges de baies géminées.

Le premier niveau est accessible côté rue par deux portes. La porte nord s'ouvre sous un oculus ovale encadré par deux niches ornées de coquilles saint-Jacques elles-mêmes surmontées par des vases d'amortissement. La porte sud est percée sous un linteau formant larmier. Ce dernier repose sur des consoles sculptées de triglyphes et de gouttes.

Le second niveau est largement plus éclairé, notamment grâce aux larges croisées et demi-croisées encore visibles en façade. Si les linteaux des croisées ont disparu, les négatifs de leurs traverses sont encore visibles sur leurs piédroits. Deux baies géminées sont identifiables parmi les nombreux vestiges d'ouvertures présents en façade. Celles-ci prennent place sous un linteau trilobé soutenu en son centre par une colonnette dont le chapiteau est orné de crochets. La façade est couronnée par une corniche en quart-de-rond.

Aile ouest, vue de l'est.Aile ouest, vue de l'est.Aile ouest, détail, face est.Aile ouest, détail, face est.Aile ouest, détail, face est.Aile ouest, détail, face est.Aile ouest, détail, face est.Aile ouest, détail, face est.

Coté est, malgré la présence de portes dans chaque travée, le rez-de-chaussée n'est éclairé que par une seule ouverture. A l'exception de la porte de la troisième travée dont la structure est en ciment, les percements observés sont ménagés sous des plates-bandes en pierre de taille. Plusieurs indices de reprises sont visibles sur les maçonneries du premier niveau. Quatre arrachements indiquent ainsi la présence d'anciens contreforts tandis qu'une porte en plein cintre est encore lisible sur la travée n°3. Sa structure est moulurée d’un tore. Enfin la première travée conserve la structure d’un arc en plein-cintre occupant la totalité de sa largeur.

Une rupture dans le traitement des maçonneries est clairement visible entre les premier et second niveaux d’élévation. Au-delà de la différence de mortier, les arrachements des contreforts sont recoupés par des percements. Plusieurs croisées sont visibles sur la façade. Certaines d’entre elles sont recoupées par des fenêtres à plate-bande. Comme c'est le cas à l'ouest, la façade est couronnée par un quart-de-rond.

Aile ouest, vue du nord-ouest.Aile ouest, vue du nord-ouest.Aile ouest, vue du sud-ouest.Aile ouest, vue du sud-ouest.

Le dédoublement de maçonnerie des rampants observé sur le pignon nord indique une antériorité au niveau du comble. Le pignon sud comporte des baies géminées construites. Ses deux lancettes brisées prennent place sous un arc en plein-cintre. Les rampants de la couverture à deux pans sont montés en pierre de taille et dotés de crossettes.

Bâtiment sur la rue Saint-Denis, vue du sud-ouest.Bâtiment sur la rue Saint-Denis, vue du sud-ouest.

Le bâtiment situé, au sud, dans le prolongement de l'aile ouest est composé de deux niveaux d'élévation et de sept travées surmontées d'une corniche en quart-de-rond. Il est à la fois accessible depuis la petite cour commune avec le tribunal et par celle du collège Arsène Meunier. La toiture est composée de deux versants dont les rampants forment des crossettes à leurs extrémités. Les maçonneries étant invisibles à l'intérieur et à l'extérieur, la description du bâtiment n'a pas été poussée plus avant.

Aile est

Structure

Plan du collège (1948).Plan du collège (1948).L'aile est est partagée en deux espaces distincts : le réfectoire et un hall, le premier étant accolé au bras sud du transept de l'abbaye Saint-Denis et à l'église mariale. L'emprise au sol du bâtiment mesure une vingtaine de mètres de long pour une douzaine de large.

Le hall est assis sur une salle comportant la chaufferie et donnant accès à un vide sanitaire courant sous l'intégralité de l'aile est. Ces dispositions imposent au rez-de-chaussée d'être surélevé. Ce dernier communique donc avec le réfectoire et les espaces extérieurs par trois à cinq marches. Le hall est doté d'un escalier desservant les étages du bâtiment ainsi que des espaces liés à l'hygiène (toilettes-lavabos). Une tour circulaire hors-œuvre permet une circulation interne entre le hall et l'aile sud.

Le réfectoire est construit selon un plan carré composé de trois travées de côté couvert de voûtes d'ogives quadripartites. A l'ouest, il est accessible par trois arcades, une par travée. A l'est, seule la travée sud dispose d'une arcade ouvrant sur l'extérieur. Le réfectoire communique avec l'abbatiale au nord, l'église mariale à l'est et le hall au sud. Le coffrage des maçonneries associé à une documentation trop restreinte n'ont pas permis l’étude en plan de l'étage et du comble. Ils sont exclus de la description.

Élévation

Aile est, élévation intérieure : réfectoire.Aile est, élévation intérieure : réfectoire.Aile est, élévation intérieure : réfectoire, clefs de voûtes (1982).Aile est, élévation intérieure : réfectoire, clefs de voûtes (1982).

Le réfectoire est surmonté de voûtes d'ogives quadripartites. Les nervures de celles-ci sont moulurées d'un tore à listel dont les baguettes pénètrent directement les colonnes sur lesquelles elles reposent. Ces dernières sont composées de fûts circulaires reposant sur des bases prismatiques. Les clefs de voûtes conservées comportent : un visage christique prenant place au cœur d'une fleur, un Sacré-Cœur, un ange doté d'un phylactère et un personnage non identifié drapé d'un vêtement.

Coupe transversale et élévation, ailes est et sud (1948).Coupe transversale et élévation, ailes est et sud (1948).Aile est, élévation intérieure : comble, poinçon.Aile est, élévation intérieure : comble, poinçon.

L'ensemble des élévations intérieures étant coffré, elles n'ont pas été traitées. Un poinçon est conservé dans le comble. Il appartient aux parties basses d'une charpente à chevrons formant fermes alternant entraits et entraits retroussées avec contrefiches et dont les jambettes et les écharpes portent une voûte lambrissée.

Aile est, vue de l'ouest.Aile est, vue de l'ouest.

La façade ouest reflète le plan du bâtiment, reprenant ainsi la distinction entre hall et réfectoire. Ce dernier est composé de trois travées ouvertes sur la cour par des arcades brisées. Elles sont surmontées à l'étage par des fenêtres dont l'encadrement est enduit de ciment. Le Hall se compose de deux travées éclairées par des fenêtres rectangulaires de tailles différentes. Leur encadrement est similaire à celles du réfectoire. L’élévation est surmontée d'une corniche en quart-de-rond. Si celle-ci marque une rupture avec celle du bras sud du transept, la toiture en revanche est commune aux deux bâtiments. Le comble est éclairé par des lucarnes respectant l'ordonnance des travées des niveaux inférieurs.

Aile est, vue de l'est.Aile est, vue de l'est.

La façade est est en partie masquée par l'église mariale. Ainsi, seule une des travées du réfectoire est visible. Ce dernier s'ouvre sur l'extérieur par une arcade brisée recoupant une ouverture en plein-cintre. Les deux travées du hall sont accessibles par des degrés. Elles sont épaulées au nord par un contrefort d'angle dont les retraits forment des larmiers. L'étage est composé de quatre fenêtres dont les plates-bandes sont recoupées par une corniche en quart-de-rond. La transition entre le réfectoire et le hall est marquée par une jambe harpée en brique. Le comble prend jour par trois lucarnes reprenant le rythme du rez-de-chaussée.

Aile est et église mariale, vue du sud.Aile est et église mariale, vue du sud.

L'élévation sud révèle la présence de nombreuses portes bouchées disposées en arrière de la tour hors-œuvre. La plupart de ces ouvertures sont ménagées sous des plates-bandes. Un conduit de cheminée en brique prend place au milieu de deux travées ponctuées par des fenêtres éclairant respectivement le second niveau et le comble. Les rampants du toit sont montés en pierre de taille disposant de crossettes. La tour à l'interface entre les ailes sud et est possède des fenêtres cohérentes avec les niveaux d'élévation de la première et des ouvertures bouchées en connexion avec les niveaux de la seconde. Malgré le mouvement giratoire évoqué par la disposition des ouvertures, la tour ne possède pas d'escalier.

Aile sud

Structure

Plan du collège (1948).Plan du collège (1948).

L'aile sud possède une emprise au sol de 10 m de large sur 31 m de long. Elle est à la fois accessible de l'ouest et de l'est par un couloir central. De part et d'autre de celui-ci, des espaces de travail sont ménagés à l'aide de cloisons14. De nouveau, le coffrage des maçonneries et le défaut de documentation n'ont pas permis de pousser la description de l'étage et du comble plus avant.

Élévation

Aile sud, vue du sud.Aile sud, vue du sud.Aile sud, vue du nord.Aile sud, vue du nord.

L'élévation sud est composée de treize travées et de deux niveaux d'élévation prenant place sous un entablement. La façade est rythmée par des pilastres monumentaux. Deux paires de travées encadrent les cinq travées centrales au milieu desquelles l'accès principal prend place. Les fenêtres sont percées sous de fines plates-bandes dont l'interface avec le mur est masqué par un enduit. La façade nord comporte le même nombre de travées. Malgré l'absence d'enduit, l’altération des maçonneries les rend illisibles. L'édifice prend place sous un toit à deux pans couvert de tuiles plates.

Conclusion

Datations :

Le nombre et l’hétérogénéité des marqueurs stylistiques conservés sur les bâtiments conventuels empêchent, en l’absence de relevé, une lecture précise de leurs élévations. Néanmoins il est possible de préciser les points suivants :

Aile ouest :

Aile ouest, vue de l'est.Aile ouest, vue de l'est.Aile ouest, détail, face est.Aile ouest, détail, face est.

La présence d’arcs en plein-cintre et des traces de plusieurs contreforts sur les murs gouttereaux ouest et est permettent de restituer une construction romane d’une largeur équivalente à la construction actuelle. Les marqueurs observés étant proches de ceux présents sur l’abbatiale Saint-Denis, la datation retenue est comprise entre les 11e et 12e siècles.

Aile ouest, élévation intérieure : cellier.Aile ouest, élévation intérieure : cellier.Aile ouest, élévation intérieure : cellier, colonne.Aile ouest, élévation intérieure : cellier, colonne.Aile ouest, élévation intérieure : cellier, clef de voûte.Aile ouest, élévation intérieure : cellier, clef de voûte.

L’utilisation de voûtes d’ogives massives à double chanfrein d’une part, et de colonnes octogonales dont le tailloir et la corbeille reprennent la forme de leur support d’autre part, permettent de dater le premier niveau de la première moitié du 13e siècle15.

Aile ouest, vue du sud-ouest.Aile ouest, vue du sud-ouest. Aile ouest, détail, face ouest, vestiges de baies géminées.Aile ouest, détail, face ouest, vestiges de baies géminées.Aile ouest, élévation intérieure : comble, faux-appareil.Aile ouest, élévation intérieure : comble, faux-appareil.Aile ouest, élévation intérieure : comble, rose.Aile ouest, élévation intérieure : comble, rose.

L’hypothèse est recoupée par l’utilisation de deux baies géminées au second niveau. Leurs linteaux trilobés, dont les chapiteaux des colonnes, bien que bûchés, comportent des vestiges de crochets, invitent également à les dater de la première moitié du 13e siècle. La présence d’une fenêtre géminée construite sur le pignon sud, d’une rose et d’un décor de faux-joint sur le mur-pignon nord abondent également en ce sens.

L’aile ouest des 11e et/ou 12e siècles est donc supplantée au début du 13e siècle par un édifice composé d’un premier niveau voûté d’ogives surmonté par un étage éclairé par des fenêtres géminées. Dans l’hypothèse où ce dernier aurait directement pris place sous le comble, les fenêtres hautes des pignons et le décor de faux-joint du mur nord auraient alors été disposés sous une voûte lambrissée, de manière à être visibles du second niveau d’élévation. L’ensemble prend place sous une charpente à chevrons formant fermes.

Aile ouest, détail, face ouest.Aile ouest, détail, face ouest.Aile ouest, détail, face est.Aile ouest, détail, face est.Relevé de charpente : aile ouest (2016).Relevé de charpente : aile ouest (2016).

Les croisées observées au second niveau d’élévation permettent d’identifier plusieurs campagnes de construction entre la fin du 15e siècle pour les croisées ornées d’un chanfrein, et la première moitié du 16e siècle pour celles traitées en quart-de-rond. Les pignons sont alors élargis, la charpente est reconstruite sur un modèle à fermes et pannes et un plancher à la française est installé entre le second niveau et le comble. La charpente étant datée par dendrochronologie de 153016, il est possible que sa mise en place soit contemporaine du percement de certaines des fenêtres du second niveau d’élévation. Ce dernier aurait alors fait l’objet d’une reconstruction autour de 1530.

Aile ouest, vue du sud-ouest.Aile ouest, vue du sud-ouest. Aile ouest, détail, face ouest.Aile ouest, détail, face ouest.Aile ouest, détail, face ouest.Aile ouest, détail, face ouest.

Les portes figurant sur le mur gouttereau ouest ainsi que les plates-bandes observées à l’ouest et à l’est sont à rapprocher du 17e siècle. L’utilisation de niches ornées de coquilles saint-Jacques, d’un oculus ovale, de vases d’amortissement ou de consoles en S sculptées de triglyphes et de gouttes a également été identifiée sur plusieurs couvents Nogentais17, tous datés de la première moitié du 17e siècle.

L’aile ouest est une nouvelle fois modifiée en 1807 à l’occasion de son affectation en tribunal. Le premier niveau d’élévation est alors cloisonné en cellules tandis que le second est réaménagé pour accueillir la salle d’audience et les différentes chambres nécessaires à son bon fonctionnement. C’est certainement à cette occasion que les fenêtres du premier étage sont agrandies en hauteur par des linteaux en bois.

Aile est

Aile est, vue de l'est.Aile est, vue de l'est.Aquarelle : aile est et bras sud du transept, vue de l'ouest (avant 1948).Aquarelle : aile est et bras sud du transept, vue de l'ouest (avant 1948).

Les élévations de l’aile est ont été intégralement reprises en 1947 et 1948. La physionomie de l’édifice reflète encore aujourd’hui la fonction qui lui fut alors attribuée. En l’absence de pierre à pierre, les façades se révèlent difficiles à étudier. On décèle tout au plus la présence d’un bâtiment ancien par la présence d’un arc en plein-cintre sur le mur gouttereau est, d’un contrefort d’angle au sud-est, et de plusieurs arcades et fenêtres (aujourd’hui détruites) figurant sur une aquarelle antérieure à 194718.

Aile est, élévation intérieure : réfectoire.Aile est, élévation intérieure : réfectoire.Coupe transversale et élévation, ailes est et sud (1948).Coupe transversale et élévation, ailes est et sud (1948).

Seul l’actuel réfectoire comporte encore un nombre de marqueurs suffisants pour être daté. Ainsi l’utilisation de voûtes d’ogives dont les nervures à double cavet et réglet pénètrent directement leurs supports, ainsi que les colonnes à base polygonale amènent à dater la salle de la première moitié du 16e siècle.

Si la présence de rampants en pierre de taille et de crossettes sur les murs-pignons concorde bien avec la datation avancée, la charpente figurée sur une coupe de 1948 permet de préciser l’hypothèse d’un bâtiment plus ancien. Cette dernière n’a pu être observée directement19, néanmoins le document de 1948 nous permet de conclure qu'elle appartient à un type de charpente à chevrons formant fermes dont la datation varie de la fin du 12e siècle au milieu du 14e siècle selon qu’elle dispose ou non d’un contreventement20.

Le n°13 rue Saint-Denis et l'aile sud.

Bâtiment sur la rue Saint-Denis, vue du sud-ouest.Bâtiment sur la rue Saint-Denis, vue du sud-ouest.Aile sud, vue du sud.Aile sud, vue du sud.Aile sud, vue du nord.Aile sud, vue du nord.Aquarelle : aile est et bras sud du transept, vue de l'ouest (avant 1948).Aquarelle : aile est et bras sud du transept, vue de l'ouest (avant 1948).

Le bâtiment bordant la rue Saint-Denis ainsi que l’aile sud ont été tellement modifiés en 1807, puis de nouveau en 1948, que l’étude de leurs élévations s’est révélée infructueuse. Si la présence d’un pignon à crossettes pour le premier et les larges arcades (aujourd'hui détruites) figurant sur une aquarelle de 194721 pour le second, permettent de penser à des constructions anciennes, il n’a pas été possible de les dater précisément. Ainsi l’année 1807, date du premier plan22 figurant les deux constructions, est retenue comme leurs terminus ante quem.

Fonctions

Le cloître

Plan de restitution des fonctions des différents bâtiments conventuels.Plan de restitution des fonctions des différents bâtiments conventuels.

La présence d’une cour centrale se développant au sud de l’église abbatiale et bordée de trois corps de bâtiments est identifiée comme un cloître. Ce dernier se développe selon des dispositions récurrentes dans les monastères bénédictins. Réservé aux moines, il concentre leurs circulations entre l'abbatiale et les bâtiments conventuels23. En l’absence de galeries, la fonction de cloître est déduite par comparaison typologique.

L'aile ouest

Plan de distribution : aile ouest, rez-de-chaussée (1997).Plan de distribution : aile ouest, rez-de-chaussée (1997).

L’aile ouest est la seule construction qui soit à la fois en connexion avec la rue Saint-Denis, et le cloître, soit à l’interface entre le monde extérieur et la clôture à l’usage exclusif des moines. Le premier niveau étant voûté d’ogives, très peu éclairé, ne comportant pas de cheminée et accessible depuis la rue, il est possible de restituer un cellier24. La hauteur sous voûte permet de ménager un espace de stockage important et facile à réapprovisionner grâce à sa proximité avec la rue.

L’individualisation de la travée nord tant par son accès dédié que par son mode de couverture pose la question de sa fonction. L’espace est à la fois accolé au bas-côté sud de l’abbatiale, borde la rue Saint-Denis avec laquelle il communique, et comporte un accès (aujourd’hui bouché) vers le cloître. Ces éléments invitent à restituer un parloir. Ce dernier communiquerait alors à la fois avec l’espace du cloître (réservé aux moines) et le monde extérieur d’où proviennent les visiteurs. L’implantation du parloir entre cellier, cloître et abbatiale est fréquente dans l’architecture bénédictine25.

Plan de distribution : aile ouest, premier étage (1997).Plan de distribution : aile ouest, premier étage (1997).L’étage étant éclairé par de larges fenêtres et paré d’un décor extérieur (crochets) et intérieur (faux-joint), il est possible d’en déduire une fonction d’ostentation caractéristique d’un lieu public ou semi-public. L’hypothèse est validée par le caractère monumental de l’édifice (dont la portée de la charpente avoisine les 15 m). L’espace est partagé par plusieurs murs de refend autour d’un large espace central. L’un des murs de refend monte jusqu’au faîte de la toiture et comporte plusieurs souches de cheminées. Dès lors rien n’empêche de restituer un espace de réception et/ou d’habitation tel qu’une grande salle26 et/ou le logis du prieur. Ce dernier étant également seigneur de Saint-Denis, il se devait de disposer d’une vaste salle pour recevoir ses semblables et exercer son droit de haute justice. L’hypothèse est positivement alimentée par la récurrence du couple cellier/grande salle dans l’architecture seigneuriale et par la pérennité de la fonction de tribunal, toujours en usage de nos jours. Si l’on retient l’hypothèse d’un logis, le prieur ainsi installé pouvait à la fois contrôler l’accès vers le cloître tout en impressionnant les visiteurs par la qualité de sa demeure. Ces dispositions sont également compatibles avec la restitution d’une hôtellerie à la fois destinée à la réception des hôtes (salles des hôtes) et à leur hébergement27.

Aile est

Plan de restitution des fonctions des différents bâtiments conventuels.Plan de restitution des fonctions des différents bâtiments conventuels.La présence d’une salle voûtée dans le prolongement du transept de l’abbatiale, soit à l’est du cloître et en connexion avec l’église mariale, invite à lui attribuer la fonction de salle capitulaire. Ainsi placé, le lieu de réunion de la communauté est situé au plus près des deux églises qu’elle a à charge de desservir. Si les textes permettent d’attester de son existence en 1558, les marqueurs stylistiques conservés en élévation permettent de dater sa construction de la première moitié du 16e siècle.

En l’absence d’indice, l’identification des autres espaces constituant l’aile est est sujette à caution. La standardisation des dispositions de l’architecture bénédictine et clunisienne amène à esquisser la présence d’un chauffoir à l’emplacement du hall actuel, et un dortoir à l’étage de l’édifice. En effet, le chauffoir est fréquemment situé dans la continuité de la salle capitulaire28, tandis que le dortoir se doit d’être placé au plus près des lieux de culte de manière à permettre aux moines d’assurer les prières nocturnes. Si le dortoir n’est pas mentionné par les textes avant 1690, la présence en élévation d’un arc en plein-cintre, d’une charpente à chevrons formant fermes et d’un contrefort d’angle dont les retraits forment des larmiers, amènent à penser qu'il existe comme la salle capitulaire dès le 13e siècle, voire dès l’époque romane.

Aile sud et le bâtiment n°13 de la rue Saint-Denis

Plan de restitution des fonctions des différents bâtiments conventuels.Plan de restitution des fonctions des différents bâtiments conventuels.

En l’absence d’éléments architecturaux permettant d’indiquer la fonction de l’aile sud avant 1807, la destination de réfectoire29 est proposée au regard de la typologie admise pour la topographie des monastères bénédictins. Si un réfectoire est bien construit à Saint-Denis avant 1690, sa localisation mérite cependant d’être étayée par une étude plus poussée.

Reste la question de la cuisine, également construite avant 1690 et dont la localisation est inconnue. Celle-ci devant se trouver en connexion avec le cellier, où sont stockés les aliments à préparer, et les lieux où les plats sont consommés (soit le réfectoire et la grande salle ou la salle des hôtes), la cuisine devait être située dans l’angle sud-ouest du cloître. Le bâtiment du n°13 de la rue Saint-Denis étant en partie située à cet emplacement, il est possible qu’il ait accueilli les cuisines du prieuré. Le retrait par rapport au cloître s’explique par une recherche d’hygiène et par prévention du risque d’incendie. Le bâtiment ayant été aligné puis reconstruit, les élévations n'ont pas été traitées. Cela reste reste donc à vérifier, d’autant que la cour située entre les ailes ouest et sud aurait tout à fait pu abriter ladite cuisine avant une destruction ultérieure.

1DE SOUANCE, Hector Guillier. Saint-Denis de Nogent-Le-Rotrou. Vannes. 1895. Charte 5.2 GARAND Monique-Cécille. Le missel Clunisien de Nogent-le-Rotrou. 1976. Bruxelles. p.141. et CRESSON André, Bernard le Clunisien, une vision du monde en 1144. Turnhout. 2009. p. 10-60.3Musée municipal du château Saint-Jean. Coustumes des pays, comte et baillage du grand Perche.4AN. série P : article 938, n°38. Aveu et dénombrement de Saint-Denis. (1690). Fol n°2.5 DE SOUANCÉ, Hector. Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou : 1031-1789. Vannes. 1895. Charte 133. 6 DE SOUANCÉ, Hector. Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou : 1031-1789. Vannes. 1895. p. 97.7Plan du 1er étage [...] Abbaye de Nogent-le-Rotrou. relevé. 1807. A.N. F.21.1882 ; jaquette 0862. 8AD 28. série 4 N : 114. Abbatiale Saint-Denis. Procès verbal d'estimation (1860). 9AD 28. série 4 N : 114. Abbatiale Saint-Denis. Procès verbal d'estimation (1860). 10AD 28. série 4 N : 114. Abbatiale Saint-Denis. Collège de Nogent-le-Rotrou (1898). 11LANELUC, Diane. Monographie de Saint-Denis de Nogent. Maitrise. PARIS.1991. p. 18.12AD 28. Série 4 N : 116. Échange entre le département et la ville de Nogent-le-Rotrou (1913). 13Médiathèque du Patrimoine, Charenton-le-Pont, Cote : 0081 028 0064, dossier Saint-Denis.14La distribution actuelle diffère de celle figurée sur le plan de 1948.15Ce type de support a été observé à Blois au 1-3 rue du Puits Chastel (COSPEREC, Annie. Blois, la forme d’une ville. Lille. 1993) et au 3 rue du Paty à Nogent-le-Rotrou. Cependant les supports susnommés disposaient de chapiteaux à crochet, ce qui n’est pas le cas à Saint-Denis.16DORMOIS, Christian. Expertise dendrochronologique [...] de la charpente de la maison de justice de Nogent-le-Rotrou. rapport d'expertise. Le chatelard. 2012. p.8. 17A l’image du couvent des ursulines ou du prieuré de Nazareth tous deux datés de la première partie du 17e siècle.18Abbaye de Saint-Denis. Dressé par G Massiot. aquarelle. vers 1948. Musée Château Saint-Jean. Fond Massiot.19elle était inaccessible au moment de l'étude.20Dans le premier cas, la charpente se rapprocherait de celle du transept de la cathédrale de Bayeux, datée entre la fin du 12e siècle et la première moitié du 13e siècle. Dans le second, elle serait à rapprocher de la charpente du palais synodal d’Auxerre daté entre 1356 et 1378. D’après HOFFSUMMER, Patrick. Les charpentes du 11e au 19e siècle. Paris. 2002. p. 178 ; 200.21Abbaye de Saint-Denis. Dressé par G Massiot. aquarelle. vers 1948. Musée Château Saint-Jean. Fond Massiot.22Plan du 1er étage [...] Abbaye de Nogent-le-Rotrou. relevé. 1807. A.N. F.21.1882 ; jaquette 0862. 23A l'image de ce que l'on peut voir sur le plan de Saint-Gall. D'après : HEITZ, Carol. La France pré-romane. Paris. 1987. p. 167. 24L’implantation du cellier dans l’aile ouest du cloitre est fréquente. C’est le cas sur le plan de Saint-Gall mais également dans les monastères de Saint-Julien de Tours, de Saint-Lomer de Blois ou encore à Saint-Pierre de Jumièges.25En complément du plan de Saint-Gall, il est possible de citer les exemples de Saint-Pierre de Jumièges et de Saint-Georges de Boscherville. Ces exemples ont été étudiés dans GARDEUX Mathilde. « Espace d’assistance, espace de pouvoir : les dispositifs d’accueil et d’hébergements dans quelques monastères bénédictins en Normandie aux XIIe et XIIIe siècles », Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre | BUCEMA, Hors-série n° 8 | 2015.26Ces dispositions sont présentes dans plusieurs monastères normands, à l’image de Jumièges et Saint-Georges de Boscherville. Ces exemples ont été étudiés dans GARDEUX Mathilde. « Espace d’assistance, espace de pouvoir : les dispositifs d’accueil et d’hébergements dans quelques monastères bénédictins en Normandie aux XIIe et XIIIe siècles », Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre | BUCEMA, Hors-série n° 8 | 2015.27Si on trouve plus volontiers les bâtiments dédiés aux hôtes à proximité des entrées (afin de ne pas troubler la quiétude des moines), l’exemple du prieuré clunisien de Saint-Arnoul de Crépy-en-Valois atteste de la possibilité de trouver une hôtellerie dans l’aile ouest du cloître. Exemple extrait de : RACINET. Philippe. Les prieurés clunisiens en Picardie au Moyen Age et au XVIème siècle. In: Revue archéologique de Picardie, n°4, 1982. pp. 199-230.28C’est de nouveau le cas de Saint-Arnoul à Crépy-en-Valois et de l’abbaye Saint-Pierre et Saint-Paul de Cluny (STRATFORD, N, Henriet J. Les bâtiments de l'abbaye de Cluny à l'époque médiévale. État des questions. In: Bulletin Monumental, tome 150, n°4, année 1992. pp. 383-411).29La localisation du dortoir dans l’aile orientale, du réfectoire dans l’aile se développant parallèlement à l’abbatiale et du cellier dans l’aile occidentale du cloitre est une constante de l’architecture bénédictine. Figurant déjà sur le plan de Saint-Gall, elle est également adoptée dans la plupart de monastères clunisiens. RACINET. Philippe. Les prieurés clunisiens en Picardie au Moyen Age et au XVIème siècle. In: Revue archéologique de Picardie, n°4, 1982. pp. 199-230.
Appellations collège Arsène Meunier, bâitment conventuel de Saint-Denis
Dénominations bâtiment conventuel, collège
Aire d'étude et canton Nogent-le-Rotrou - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Nogent-le-Rotrou
Adresse : 1 rue de la Jambette

La salle voûtée du premier niveau d’élévation de l’aile est est datée de la première moitié du 16e siècle grâce à ses voûtes d’ogives à pénétration et à double cavets. Elle est mentionnée par les textes à partir de 1558 comme une salle capitulaire. L’aile sud ne comporte pas de marqueur stylistique antérieur au 19e siècle. La typologie des monastères clunisiens permet néanmoins de restituer un réfectoire à son emplacement. Les voûtes d’ogives du premier niveau d’élévation et les fenêtres géminées du second, attestent de la construction de l’aile ouest durant la première moitié du 13e siècle. Le rez-de-chaussée étant vaste, voûté et en connexion avec la rue, il est possible d’y restituer un cellier. L’étage étant éclairé par de riches ouvertures, il devait être dédié à un espace de réception et/ou d’accueil. Le bâtiment fait de nouveau l’objet de travaux autour de 1530, soit la date de l’abattage des bois constitutifs de sa nouvelle charpente. Malgré les datations avancées, les nombreux vestiges d’ouvertures et de contreforts présents sur les ailes est et ouest permettent d’envisager une origine romane. Les bâtiments conventuels sont réaffectés en 1807 en tribunal et prison pour l’aile ouest, et en établissement d’enseignement secondaire pour les ailes est et sud. L’établissement devenu collège en 1948 fait l’objet d’une rénovation complète entre 1947 et 1948.

Période(s) Principale : 1ère moitié 13e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 1ère moitié 16e siècle , daté par travaux historiques
Principale : Milieu du Moyen Age , (?)
Secondaire : 3e quart 20e siècle
Dates 1530, datation par dendrochronologie
1948, daté par source

Les trois ailes des anciens bâtiments conventuels se développent autour d’une cour quadrangulaire le long du côté est de la rue Saint-Denis. L’aile est est construite dans le prolongement du transept sud de l’abbatiale. Elle accueille une salle voutée d’ogives dont les nervures à double cavet pénètrent directement les colonnes sur lesquelles elles reposent. Les vestiges d’un arc en plein-cintre et un contrefort d’angle sont visibles sur son élévation est. Le bâtiment prend place sous une voûte lambrissée portée par une charpente à chevrons formant fermes (non observée). L’aile sud comprend deux niveaux. Sa façade nord est construite en maçonnerie de moellons et comporte des encadrements de baies en béton, alors que la façade sud est enduite et comprend des éléments architectoniques en pierre de taille. On accède à ce bâtiment par un couloir central ouvert sur les deux façades. L’aile ouest se compose d’une vaste salle voutée d’ogives moulurées de chanfreins reposant sur des colonnes octogonales dont les corbeilles des chapiteaux sont laissées nues. Plusieurs arcs en plein-cintre bouchés sont visibles au rez-de-chaussée. Le premier étage comporte des traces de deux fenêtres géminées dont les colonnes centrales portent des chapiteaux à crochets. L’espace est éclairé par d'anciennes croisées dont les linteaux ont été modifiés. La construction prend place sous une charpente à fermes et pannes dont la portée dépasse les 15 m.

Murs pierre moellon

Toit tuile plate
Plans plan rectangulaire régulier
Couvrements voûte d'ogives
lambris de couvrement
Couvertures
Statut de la propriété propriété de la commune
Protections inscrit MH, 1948/10/12
Précisions sur la protection

Abbaye Saint-Denis (ancienne) : inscription par arrêté du 12 octobre 1948

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Eure-et-Loir. Série N : 4 N 114. Abbatiale Saint-Denis. Procès verbal d'estimation. 1860.

  • AD Eure-et-Loir. Série N : 4 N 114. Abbatiale Saint-Denis. Collège de Nogent-le-Rotrou. 1898.

  • AD Eure-et-Loir. Série N : 4 N 116. Échange entre le département et la ville de Nogent-le-Rotrou. 1913.

  • Archives nationales. Série P : article 938, n°38. Aveu et dénombrement de Saint-Denis. 1690. fol n°2.

    fol n°2.
  • Musée-Château Saint-Jean (Nogent-le-Rotrou). Coustumes des pays, comte et baillage du grand Perche. 1558.

  • Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine. Cote : 0081 028 0064. Dossier Saint-Denis.

Documents figurés
  • Abbaye de Saint-Denis / dressé par G. Massiot. Vers 1948. Aquarelle. (Musée-Château Saint-Jean, fonds Massiot).

  • Bâtiments départementaux. 19e-20e siècle. Plans. (AD Eure-et-Loir. Série N : 4 N 16).

  • Cadastre ancien. 1811. Plan cadastral. (Archives municipales de Nogent-le-Rotrou).

    Feuille A3
  • Le tribunal et la maison d'arrêt. Avant 1913. Impr. photoméc. (carte postale). (Musée-château Saint-Jean).

  • Plans, coupe et élévations du collège Saint-Denis / J. Warnery. 1947-1948. Relevés J. Warnery. (Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, cartes et plans).

  • Plan du premier étage [...] Abbaye de Nogent-le-Rotrou. 1807. Relevé. (AN. F.21.1882 ; jaquette 0862).

  • Plan et vues du collège Saint-Denis. 19e siècle. Lithographies. (Bibliothèque municipale de Chartres - médiathèque L'Apostrophe, fonds iconographie, Eure-et-Loir : n°1390-1393).

  • Tribunal d'instance de Nogent-le-Rotrou/ H. Sedillot. 1997. Plans. (Archives du Tribunal de Nogent-le-Rotrou).

Bibliographie
  • DE SOUANCE, Hector Guillier. Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou, 1031-1789. Vannes : Lafolye, 1895.

    p. 97.
  • DORMOIS, Christian. Expertise dendrochronologique [...] de la charpente de la maison de justice de Nogent-le-Rotrou. Rapport d'expertise. Le Chatelard : 2012, p. 8.

    p. 8
  • GARAND, Monique-Cécile. Le missel clunisien de Nogent-le-Rotrou. Bruxelles : [s.n.], 1976.

    p.141.
  • HOFFSUMMER, Patrick. Les charpentes du XIe au XIXe siècle : typologie et évolution en France du Nord et en Belgique. Paris : Monum, Editions du Patrimoine, 2002.

    p. 178, 200
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Rozier Hadrien