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Fermes de la commune de Tournon-Saint-Martin

Dossier IA36007516 réalisé en 2013

Fiche

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Parmi les 138 fermes inventoriées de la commune de Tournon-Saint-Martin, l'analyse a porté sur 85 édifices dont le parti architectural initial restait identifiable. L'analyse typologique a exclu 53 fermes (38 % du corpus) soit en raison d’un remaniement trop important, soit de conditions d'observation insatisfaisantes. A ce jour, aucun édifice n'a fait l'objet d'une étude monographique. Les fermes représentent, dans cette commune, moins du tiers des œuvres bâties repérées (30,7% d'un total de 277 œuvres repérées -maisons et fermes-).

Implantation

L'exploitation agricole est implantée aussi bien sur les terrasses alluviales de la Creuse, que sur les plateaux, versants et flancs de coteau de Tournon-Saint-Martin. Dans l’ouest de la commune, elle côtoie le plus souvent la maison au sein d’écarts (hameaux), plus ou moins développés, tandis qu’à l’est, la ferme isolée domine très largement. Les écarts concentrent l'essentiel des petites exploitations individuelles ; elles sont 64 en écarts et 4 seulement dans le bourg. Parmi les 17 fermes isolées, presqu’exclusivement localisées, sur les plateaux du nord-est et de l’est de la commune citons, à titre d'exemple, celles de la Boussée au Loup, de Pette Loup, de Pierre-Levée, de la Charité, de la Blinerie, de la Saule, de Jappe-Loup, de la Côte ou du Suin.

Historique

La Maison-Neuve, manoir du 15e siècle (charpente datant de 1448).La Maison-Neuve, manoir du 15e siècle (charpente datant de 1448).Un certain nombre des 85 fermes repérées est représenté sur le plan cadastral de 1812. 7 édifices peuvent être datés des 15e-16e-17e siècles par des éléments de maçonnerie extérieurs (encadrements chanfreinés, linteaux à accolade, appuis moulurés, etc.) ou l’étude de leur charpente (Garcellerie, Pichonnière, Sançais, Boutetterie). Le manoir associé à la ferme de la Maison-Neuve possède une charpente remontant à 1448. Celle sur poteaux du logis de la ferme de Fonterland (ancien prieuré fontgombaldien fondé au Moyen Age central) date de 1459 mais a été remaniée entre 1606 et 1613 (Dormoy 2013).

Une vingtaine de fermes peut être rattachée au 18e et au début du 19e siècle.

L’Époque contemporaine est de loin la période chronologique la mieux représentée dans le corpus : 58 édifices datent du 19e siècle ou de la première moitié du 20e siècle. Fermes à cour ouverte, à bâtiments contigus et dispersés apparaissent dès le Moyen Age. Le type bloc-à-terre pourrait faire son apparition, pour les édifices les plus modestes, au plus tard au début du 19e siècle.

La Charité, ferme isolée à cour ouverte de la seconde moitié du 19e siècle.La Charité, ferme isolée à cour ouverte de la seconde moitié du 19e siècle.Certaines fermes à cour ouverte, construites dans la seconde moitié du 19e siècle, témoignent du développement d'une agriculture plus rationnelle impliquant notamment la mise en valeur méthodique d’anciennes "terres à landes" propre à cette époque (exemple de la ferme de La Charité).

Typologie des fermes

Les fermes présentent très majoritairement une organisation à cour ouverte, 59 fermes sur les 85 repérées pour 11 fermes à cour fermée seulement. Deux fermes sont à bâtiments contigus (grange ou étable présentant un volume distinct mais qui demeure accolé au logis) ; 4 à bâtiments dispersés.

La ferme bloc-à-terre comprenant un bâtiment unique (d'habitation et d'exploitation) est également représentée à Tournon-Saint-Martin (9 fermes).

Les fermes adoptent des plans réguliers (plus fréquents pour les fermes isolées et de domaines) ou irréguliers.

Elles se composent pour la plupart de 2 à 5 bâtiments principaux (maison, grange, étable) auxquels s'ajoutent le plus souvent les petites dépendances : toits à cochons, fournils, remises, etc. 18 fermes sont composées de 2 bâtiments, 20 de 3 bâtiments, 19 de 4 bâtiments, 14 de 5 bâtiments et 4 de plus de 6 bâtiments.

On compte 42 fermes à habitat indépendant et 43 fermes à habitat à fonctions multiples juxtaposées. Il s’agit de 42 logements uniques, de 24 logements doubles et de 19 logements multiples.

L'Hermitage, demeure dont le logis principal date de 1901.L'Hermitage, demeure dont le logis principal date de 1901.Les logis des fermes occupent majoritairement des bâtiments en rez-de-chaussée (44) ou en rez-de-chaussée et comble à surcroît (30). 8 logements possèdent un étage carré ; 2, plus d'un étage carré ; 1, un étage de comble et 2, un étage en surcroît. On compte 5 logements à élévation à travées et 5 à élévations ordonnancées. En tout, 81 logements de ferme a accès en gouttereau et 4 en pignon. Certaines exploitations assimilables à des domaines possèdent des manoirs ou maisons de notables (Brochard, Coudon, l’Hermitage, la Maison-Neuve).

Parmi les granges-étables repérées, sept seulement ont des accès en pignon et six possèdent des auvents.

Matériaux de construction

Les roches employées en construction sont très largement de provenance locale. Il s’agissait principalement de moellons de "calcaire à mollusque" extrait dans la commune. Le tuffeau (crétacé supérieur) a également servi de matériau de construction. Quelques logis de ferme construits à la fin du 19e siècle présentent des façades en pierres taillées suivant l’exemple de la maison de notable de la ferme de l’Hermitage.

Les édifices sont couverts majoritairement de toitures à longs pans, plus rarement à croupe, en tuile plate, mais également en ardoise et tuile mécanique.

Aires d'études Parc naturel régional de la Brenne
Dénominations ferme
Adresse Commune : Tournon-Saint-Martin
Période(s) Principale : Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine
Décompte des œuvres bâti INSEE 513
repérées 85
étudiées 0

Annexes

  • Expertise dendrochronologique d'échantillons provenant de la ferme de Fonterland à Tournon-Saint-Martin (36220). Archéolabs réf. ARC 13/R4009D

    Archéolabs réf. ARC 13/R4009D

    Présentation générale :

    Ce bâtiment, en rez-de-chaussée et orienté nord-sud, est construit sur poteaux engravés, entre deux murs pignons. La charpente, de type à arbalétriers et pannes, possède quatre fermes numérotées arbitrairement depuis le nord. Par cohérence, les poteaux sont intégrés aux fermes.

    Chaque ferme forme un pan-de-bois qui comprend deux poteaux avec aisseliers qui portent l’entrait, un poinçon qui porte le faîtage, deux arbalétriers recevant un cours de pannes extérieures, deux demi-faux-entraits.

    Le contreventement longitudinal est assuré par des aisseliers entre poinçons et faîtage.

    Les assemblages sont à tenon-mortaise et les marques d’assemblage sont cohérentes et présentes sur la quasi-totalité des bois, de I à IIII du nord au sud, avec contremarque à l’est.

    Les éléments architecturaux en place ont été échantillonnés manuellement à la sonde finlandaise (diamètre du prélèvement 5 mm), le 24 octobre 2013.

    Datations :

    éch. 1 - ferme 2, poteau est : 1458/1459 (automne/hiver)

    éch. 2 - ferme 2, entrait : se rattache à 1459

    éch. 3 - ferme 2, poinçon : entre 1606 et 1613

    éch. 4 - ferme 1, poinçon : entre 1606 et 1613

    éch. 5 - ferme 1, entrait : se rattache à 1459

    Interprétation :

    D’après les marquages, l’ensemble de charpenterie semblait cohérent. Cependant la présence de pannes extérieures et l’absence d’encoche en about des demi-entraits pouvaient éventuellement être un indice de modification.

    Sauf arguments contraires, nous sommes en présence d’un édifice construit en 1459 et reconstruit ou modifié vers 1610 en conservant ou réutilisant les poteaux et entraits de 1459. Les marques d’assemblage seraient soit de 1459 pour les poteaux et reprises pour la charpente vers 1610, soit vers 1610 pour la totalité, ce qui impliquerait probablement un démontage/remontage des fermes.

  • Expertise dendrochronologique d'échantillons provenant de la Maison Neuve à Tournon-Saint-Martin (36220). Archéolabs réf. ARC 14/R3902D

    Archéolabs réf. ARC 14/R3902D

    Présentation générale :

    Cet édifice, orienté est-ouest est couvert d’un toiture à deux versants nord et sud. La charpente, de type à chevrons-portant-fermes, comprend 22 fermes numérotées arbitrairement depuis l’est. Elle est composée de fermes-maîtresses séparées par trois fermes secondaires. Les fermes de pignon sont des fermes secondaires.

    Chaque ferme-maîtresse forme un pan-de-bois qui comprend un entrait, deux arbalétriers avec jambette, un faux-entrait avec aisseliers d’où monte le poinçon qui reçoit le sous-faîtage et porte le faîtage par enfourchement.

    Les fermes secondaires n’ont pas de poinçon et des demi-faux-entraits sans aisselier s’assemblent au sous-faîtage par tenon-mortaise.

    Le contreventement longitudinal est assuré par des aisseliers entre poinçons et faîtage.

    Les éléments architecturaux en place ont été échantillonnés manuellement à la sonde finlandaise (diamètre du prélèvement 5 mm), le 24 octobre 2013.

    Datations :

    éch. 1 - Ferme 9, entrait : se rattache à 1448

    éch. 2 - Ferme 14, entrait : se rattache à 1448

    éch. 3 - Ferme 15, entrait : se rattache à 1448

    éch. 4 - Ferme 17, entrait : se rattache à 1448

    éch. 5 : Sablière sud-est : 1447/1448 (automne/hiver)

    Interprétation :

    Cet édifice a été mis en place en 1448 ou dans une année postérieure très proche.

(c) Parc naturel régional de la Brenne ; (c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Benarrous Renaud