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Ferrière : ferme, actuellement maison

Dossier IA28000519 réalisé en 2016

Fiche

Dossiers de synthèse

Destinations maison
Parties constituantes non étudiées fournil, écurie, étable, laiterie, bergerie, porcherie, poulailler, grange, remise, toit à porcs
Dénominations ferme
Aire d'étude et canton Parc naturel régional du Perche - Brou
Adresse Commune : Frazé
Lieu-dit : La Ferrière
Cadastre : 1813 H 37 ; 2016 H 151
Précisions

D'après Édouard Lefèvre, La Ferrière apparaît sous le toponyme Ferraria dès 1531. Fief à cette époque, le lieu-dit devient une seigneurie en 1627 avant d’être achetée par les Gramont, et annexée à la seigneurie de Frazé en 1660. Le bâtiment principal, probablement le plus ancien, semble remonter au 16e siècle. Témoignent de cette époque, les cheminées de la cuisine et de la chambre, le cloisonnement en pan de bois, ainsi qu'une partie de la charpente. Vers 1774 (date portée sur une pierre de taille du chaînage d'angle), le bâtiment est remanié : la probable ossature en pan de bois est remplacée par des murs maçonnés en moellons de silex, de nouvelles ouvertures sont percées, la cheminée de la salle est restaurée, la charpente remaniée (les poinçons longs sont raccourcis pour pénétrer dans de nouveaux entraits retroussés, facilitant la circulation dans le comble). Alexandre Thiroux de Gervilliers, propriétaire du domaine de Frazé, fait détruire la ferme du Châtellier en 1813, récupère les matériaux pour construire de nouveaux bâtiments (partie porcherie et bergerie). La ferme entre dans le giron de Joseph Dulong de Rosnay, nouveau propriétaire du château dès 1893. Ce dernier restaure et augmente à nouveau la ferme : construction des deux tourelles sur le pignon ouest du logis, construction (ou reconstruction ?) de la cave et de la laiterie, réaménagement (et/ou reconstruction) des dépendances, construction du fournil, couronnement des lucarnes et tourelles d'épis de faîtage. L'activité agricole cesse dans les années 1950. Trop délabrée, la grange située au sud de la ferme est détruite au quatrième quart du 20e siècle.

Période(s) Principale : 16e siècle
Principale : 3e quart 18e siècle
Principale : limite 19e siècle 20e siècle
Dates 1774, porte la date
Auteur(s) Personnalité : Dulong de Rosnay Joseph, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Thiroux de Gervilliers Alexandre

Située à moins d'un kilomètre à l'ouest du bourg, la ferme comprend quatre bâtiments principaux, répartis autour d'une cour ouverte en "O", ainsi qu'un fournil :

- Placé au nord de la ferme, le bâtiment d'habitation dont la façade principale est orientée au sud comprend une cuisine, la salle et une chambre. En basse-goutte (appentis) au nord se trouve la laiterie (qui a conservé son évier maçonné en brique) et la cave. Tardivement, deux tourelles de fonction purement décorative ont été édifiées contre le pignon ouest. De même, une dépendance (écurie ?) ainsi qu'un appentis abritant des toits à porcs, un poulailler et un clapier ont été construits en alignement à l'est. Le logis conserve trois cheminées anciennes : deux d'entre elles (celles de la cuisine et de la chambre) possèdent des piédroits semi-circulaires et des corbeaux en pyramide inversée, en pierre de taille calcaire. Les linteaux des cheminées de la salle et de la chambre sont en bois sculpté, tandis que celui de la cheminée de la cuisine est en pierre de taille calcaire, soulagé par un arc de décharge. De l'ossature originelle en pan de bois de l'édifice, il subsiste le cloisonnement en pan de bois entre la salle et la chambre, séparées par l'entrée et l'escalier. La charpente à fermes est à faîtières et sous-faîtières reliées entre elles par des décharges (liens obliques). Les poinçons longs ont été raccourcis pour entrer directement dans l'entrait retroussé. Un puits collé à la façade sud (dont il ne subsiste en surface qu'une plaque de béton) possède un accès intérieur proche de la cheminée de la salle.

- À l'ouest de la ferme se situe un second bâtiment, perpendiculaire au premier. Il abrite une porcherie, deux bergeries et une remise. Tout au nord, l'angle nord-est de la porcherie est coupé pour permettre le passage des véhicules : l'accès à la ferme se fait aussi bien au nord-est qu'au sud-ouest. Les bergeries, reconstruites sous l'impulsion de Dulong de Rosnay, possèdent des caractéristiques architecturales similaires à celles du Petit Essard : plancher métallique et voûtains en brique séparant le rez-de-chaussée du comble à usage de grenier.

- À l'est se trouve le troisième bâtiment, face au précédent. Il comprend deux étables, une écurie et une grange.

- Séparé de la cour ouverte de la ferme, le fournil se situe à l'ouest de l'ensemble. Entièrement construit en brique, il possède des ouvertures surmontées de linteaux en bois.

Les murs sont en moellons de silex, couverts d'un enduit à pierre vue. Les chaînages d'angle et les encadrements des baies sont en pierre de taille calcaire (logis) ou en brique. Les toits à longs pans sont couverts en tuiles plates. Plusieurs lucarnes sont couronnées d'épis de faîtage, tout comme les deux tourelles.

Murs silex moellon enduit
brique
Toit tuile plate
Étages rez-de-chaussée
Couvrements
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant
États conservations restauré

Cette ferme, construite aux 16e et 18e siècle, conserve des éléments significatifs des ces différentes périodes : ossature et charpente en pan de bois, pigeonniers de comble en céramique dans le hourdis de remplissage d'une ferme, rares dans ce secteur. Son développement agricole important du début du 20e siècle - sous l'influence de Joseph Dulong de Rosnay, grand propriétaire terrien - a pour conséquence la construction d'une vaste bergerie au plancher métallique novateur pour l'époque, d'un lavoir d'un grand hangar. Ce dernier abrite une collection de machines agricoles des années 1950.

Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents figurés
  • AD d'Eure-et-Loir, 3 P 6748 - 6766. Plan du cadastre de 1813.

    Archives départementales d'Eure-et-Loir : 3 P 6748 - 6766
Bibliographie
  • LEFEVRE, Édouard. Dictionnaire géographique des communes et hameaux, fermes, moulins, châteaux, maisons et chapelles du département d'Eure-et-Loir en 1856. Chartres : Société archéologique d´Eure-et-Loir, 2002 (fac-similé de l'édition de Chartres : Garnier, 1856).

    p. 439 - 443
(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Parc naturel régional du Perche - Maillard Florent