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Fortification d'agglomération : tours dites tour des Carmélites, des Cordeliers, de Guise, de l' Angellier

Dossier IA00141116 inclus dans Ville de Blois réalisé en 1985

Fiche

Á rapprocher de

LA VILLE CLOSE : l'enceinte urbaine du XIIIe au XVe siècle.

Les fortifications de Blois n'ont fait, jusqu'à ce jour, l'objet d'aucune recherche historique ou archéologique sérieuse ; tout au plus en a-t-on restitué le tracé général et analysé quelques éléments à l'occasion de travaux ponctuels, sur les édifices religieux par exemple. La difficulté de l'étude tient à deux points essentiels : une datation imprécise -entre le XIIIe et le XIVe siècle-, et la rareté des vestiges monumentaux. Nous ne prétendons pas apporter ici une réponse assurée dans le domaine chronologique, encore moins tenter une analyse archéologique minutieuse des quelques éléments encore en place : notre propos demeure avant tout d'ordre topographique et historique. En effet, la construction d'une enceinte urbaine répond, autant qu'à un souci de défense, au désir de délimiter un espace propre à une communauté d'habitants : cette délimitation d'une ville, opposée à la campagne environnante, fait désormais partie intégrante du paysage urbain et se maintient intacte jusqu'au début du XVIIIe siècle.

Les sources accessibles ne sont pas, pour la plupart, contemporaines de l'édification des murs : la gravure de Belleforest date de 1573, et les documents les plus précis ne sont pas antérieurs à la fin du XVIe siècle ou au premier quart du XVIIe (40). Ceux de la période médiévale, rares et d'une interprétation difficile, apportent peu de renseignements sur la nature des ouvrages et le détail des travaux ; ainsi les textes contemporains des chevauchées du Prince Noir, en 1356, ne permettent pas de conclure si, à cette date, il y a reconstruction de l'enceinte, ou remise en état d'un système défensif antérieur (41).

Il paraît donc indispensable de dissocier l'apparition d'une première enceinte, de la datation des ouvrages représentés sur la gravure de Belleforest, car les historiens de Blois ont dans ce domaine, entretenu une confusion regrettable. Nous ne reviendrons pas sur la charte d'Etienne 1er à la fin du XIe siècle, car l'enceinte édifiée à cette date demeure trop incertaine. Par la suite, bien qu'aucun document ne l'atteste, on peut supposer qu'avec l'octroi des libertés de 1196, la ville fut isolée des faubourgs par un mur, mais si une véritable enceinte urbaine est tout à fait probable à cette date, celle-ci ne peut avoir longtemps survécu. En effet, les vestiges encore en place et les documents figurés concernent une fortification beaucoup plus récente, dans le courant du XIVe siècle. A la lecture des documents contemporains des grandes chevauchées, J. Soyer affirme que l'enceinte de pierre de la ville n'est pas antérieure au milieu du XIVe siècle, sa construction correspondant à une période de grande insécurité, et au souci du pouvoir royal de s'assurer du contrôle d'un certain nombre de villes du royaume. Au même moment à Tours, en 1354, Jean le Bon accorde, des lettres patentes pour constituer une assemblée d'élus chargée d'assurer la défense de la ville. Plusieurs devis révèlent aussi l'importance des travaux effectués à ce moment à Blois.

Toutefois, si l'on admet une datation aussi tardive, l'existence d'une première enceinte ne peut être mise en doute car au XIIIe siècle, cinq grandes portes déterminant les principaux axes de circulation attestent une véritable délimitation de la ville intra muros (42). Au nord, à l'entrée de la Grande Rue, la porte Chartraine ouvre sur le Bourgneuf et au sud la porte du Pont, plus tard Saint-Fiacre, commande l'entrée du pont. A l'ouest, la porte Côté donne accès au val de l'Arrou et à la route vers Châteaurenault, tandis qu'au nord-est la porte Clouseau et au sud-est la porte Guichard marquent le passage vers les Haut et Bas Bourg Saint-Jean ; enfin la porte du Foix, débouché de l'axe est-ouest, constitue l'entrée du faubourg du même nom.

Quelques documents figurés et des plans de la ville permettent de restituer le tracé de l'enceinte médiévale et d'en localiser les ouvrages de flanquement. Le document le plus intéressant, la gravure de Belleforest, représente en perspective cavalière, la totalité de l'espace intra muros, alors que le profil de la ville peint par Maugier un siècle plus tard, ne montre que le front sud en bordure de Loire (43). Malgré le mode de représentation, toujours discutable, de ce type de document, qui privilégie les édifices majeurs, l'image de l'enceinte paraît assez fiable. En tout cas, elle n'est pas contredite par les plans plus précis du XVIIIe siècle ni par les sources manuscrites.

De dimensions assez modestes (400 m du nord au sud, 900 m d'est en ouest) l'enceinte suivait, au nord, une ligne parallèle à la crête du coteau depuis la tour des Carmélites, à l'angle nord-est, jusqu'à la porte Chartraine : sur ce front, elle était flanquée de quatre tours rondes et du donjon carré de Beauvoir, propriété du domaine comtal depuis 1256. Au-delà de la Porte Chartraine, le tracé s'infléchissait vers le sud-ouest, au-dessus d'un profond fossé, en épousant la courbe du vallon de l'Arrou, où six tours rondes flanquaient la muraille jusqu'à la porte Côté. Au sud de celle-ci, l'enceinte urbaine rejoignait celle du château qui barrait une partie du front ouest jusqu'à la tour du Foix, au sud-ouest de l'éperon. Le mur descendait ensuite vers la Loire, ligne reportée après 1284 le long de la rue Madeleine (44). Sur ce front, un seul ouvrage situé au pied de la tour flanquait la muraille, la porte du Foix qui ouvrait, sur le faubourg et la route de Tours. L'occupation de l'angle sud-ouest en bordure du fleuve n'est pas connue avant la fin du XIVe siècle, mais on peut supposer qu'une tour ronde plus importante protégeait la jonction des deux fronts. Du côté sud, en aval du pont le mur longeait la Loire dont les eaux baignaient le pied du rempart. A cet endroit, il servait de clôture à l'enclos de Bourgmoyen et au cimetière de l'Hôtel-Dieu, et était percé de deux poternes seulement, ouvertes sur le port Garnaud, (proche de Saint-Lomer et des grèneteries de Marmoutier) et sur le Port-Vieil. En amont de la grande porte du pont, l'enceinte était jusqu'au début du XVIe siècle très en retrait des berges, à l'emplacement de l'actuelle rue Vauvert, et ménageait une longue grève pour le quartier hors-les-murs des foulons et des tanneurs. A l'entrée du Bas Bourg Saint-Jean, le mur bifurquait à angle droit : il était flanqué d'une immposante tour ronde dénommée "tour des poudres" au XVIIe siècle ; puis, en direction du nord il escaladait le coteau en ligne droite pour rejoindre au nord-est la tour des Carmélites. Sur ce front, deux portes sont connues au XIVe siècle : au sud, la porte du Puits-Guichard, au nord, la porte Clouseaux, la porte Saint-Jean n'étant peut-être pas antérieure au XVIe siècle. Protégeant l'entrée sud de la ville, le pont possédait son propre système de défense avec à chaque extrémité deux portes, celle de la ville et celle du faubourg de Vienne, et aux deux tiers de sa longueur, une imposante tour ronde munie d'un pont-levis.

Le tracé de l'enceinte devait subir quelques modifications, au dernier quart du XIVe siècle et au premier quart du XVe, pour intégrer l'abbaye Saint-Lomer et le couvent des Cordeliers demeurés hors-les-murs. Après 1360, la menace de la guerre nécessitant la mise en état de défense de l'abbaye Saint-Lomer, le mur de ville est en effet prolongé jusqu'à la façade nord de l'église, utilisée comme enceinte, tandis que la façade occidentale est murée et les celliers, fortifiés (45). A l'angle sud-ouest de l'enclos abbatial, une tour carrée surmontée d'un parapet crénelé flanquait le mur sud qui, depuis le port Garnaud prolongeait le mur de ville en bordure du fleuve. Toutefois, la mise en état de défense de Saint-Lomer vers 1360, correspondant à quelques années près aux travaux effectués à l'enceinte urbaine, la muraille de l'abbaye ne paraît pas être une extension des fortifications, mais plutôt un prolongement indispensable.

La modification du tracé, au nord de la ville intervient plus tardivement, à la fin de la guerre de Cent Ans, pour protéger le couvent des Cordeliers : dévasté à deux reprises par les Anglais, il devait être reconstruit après 1429 grâce aux dons de Marie de Clèves (46). La défense de l'enclos est alors assurée par une extension de l'enceinte, greffée sur le front nord entre l'actuelle place Guerry et la tour Beauvoir. On peut cependant douter de l'efficacité d'un tel appendice qui ménageait des angles morts peu propices à la défense et dont la muraille, de faible épaisseur, n'était flanquée que de deux tours carrées éloignées des points les plus fragiles.

Les portes qui défendaient les entrées principales de la ville assuraient plus qu'une simple fonction de protection et de passage : elles matérialisaient la frontière entre deux mondes opposés, celui de l'espace clos et protégé de la ville, isolé du domaine plus vaste mais moins défini des faubourgs et de la banlieue. Leur présence symbolisait aussi l'accès à une aire économique spécifique à la ville, les entrées principales servant d'octrois. Celles situées sur les grandes voies de circulation, comme les portes Chartraine et Saint-Fiacre, se distinguaient par une architecture militaire plus monumentale, tandis que les poternes, entrées modestes et mal défendues, étaient souvent liées aux seules activités commerciales, au sud notamment, où elle ouvraient sur des installations portuaires. Près de Saint-Lomer au débouché de la rue Madeleine, la porte Garnaud assuraient une fonction de porte d'eau pour les greniers du monastère et pour les greneteries voisines appartenant à l'abbaye de Marmoutier ; en aval du pont, la poterne du Port-Vieil était l'unique accès au port du même nom, tandis qu'en amont une ouverture semblable existait avant l'aménagement du Port Neuf au XVIe siècle. De même au nord de la ville, la porte Gauthier ou porte de Beauce, offrait depuis le plateau un accès direct aux halles.

L'étude des portes de ville toutes détruites au XVIIIe siècle repose sur la gravure de Belleforest et sur des sources du XVIIe siècle. La porte du Pont, imposante construction de plan carré de 8 m de côté, cantonnée de deux tours rondes et précédée d'un pont-levis, s'élevait sur la première arche du pont. Un passage voûté, fermé à chaque extrémité par une herse, occupait la totalité du rez-de-chaussée, et l'étage, auquel on accédait par un escalier ménagé dans une des tours, abritait la machinerie. Le massif central de la porte, couronné d'un parapet reposant sur un encorbellement à machicoulis était couvert en terrasse ; un étage de hourds surmontait à la fin du XVIe siècle les tours d'angle, installation de fortune qui remplaçait sans doute le crénelage et les toits en poivrière d'origine. La porte, d'une hauteur d'environ 11 m, dominait la courtine qui n'excédait pas 7 m (47).

La porte Chartraine apparaissait, par sa situation élevée au nord de la ville, plus imposante encore. Son plan levé à l'époque révolutionnaire montre qu'elle possédait deux tours, situées du côté du Bourgneuf, tandis que la gravure de Belleforest représente deux tours côté ville (48). Elle devait être identique à celle du Pont par son plan en châtelet : on y trouve les mêmes dispositions, passage couvert au rez-de-chaussée et pièce haute, accessible par un escalier en vis ménagé dans l'épaisseur du mur d'une des tours. Le pont-levis qui enjambait le fossé était un important ouvrage, dont on a retrouvé une arche de pierre lors de travaux de canalisation. La porte Chartraine apparaît, sur la gravure, dépourvue de parties hautes défensives, mais ces éléments, qu'on imagine identiques à ceux couronnant la porte du Pont, ont pu disparaître lors des travaux effectuées au début du XVIe siècle (49). L'épaisseur importante de la maçonnerie de la porte, de 2,60 m à la base des tours, provient sans doute d'un ouvrage plus ancien, qui aurait été reconstruit pendant la guerre de Cent Ans. Les deux grandes portes de la ville, représentées par Belleforest, paraissent en effet des constructions tardives, car la forme en châtelet n'est pas antérieure au milieu du XIVe siècle dans l'architecture militaire.

Les autres portes présentent des dispositions plus sommaires : simples baies percées dans la muraille, deux tours assez grêles et un pont-levis constituaient leur seule défense. La porte Clouseaux offrait un système plus évolué, composé d'un massif central quadrangulaire surmonté d'un étage de hourds et flanqué de deux tours. Les poternes, à l'exception de celle du Port-Vieil, étaient simplement fermées par une herse et des vantaux de menuiserie ; la porte d'eau du port Garnaud présentait trois baies étroites -maintes fois murées par sécurité- et un petit parapet crénelé.

Les tours qui flanquaient la muraille se répartissaient irrégulièrement d'un front à l'autre ; nombreuses et rapprochées sur les fronts nord et nord-ouest, les plus fragiles, elles étaient plus rares au sud et inexistantes à l'est (la tour des Flandres, située au milieu, n'était qu'une modeste échauguette). En bordure de Loire la muraille était épaulée en plusieurs endroits de contreforts massifs, à hauteur du cimetière de l'Hôtel-Dieu et des enclos de Bourgmoyen et de Saint-Lomer.

A l'exception des tours carrées des deux abbayes et du couvent des Cordeliers, toutes les autres étaient de plan circulaire ; celles des angles nord-est et sud-est, points stratégiques surveillant le plateau et la voie fluviale, étaient plus importantes et leur diamètre atteignait 10 m. Elles devaient dominer les autres, malgré la représentation qu'en donne Belleforest, car la tour des Carmélites mesurait 12 m, surplombant de près de 4 m la courtine. Tout aussi imposante, la tour, située sur le pont, occupait toute la largeur de l'ouvrage et s'appuyait sur les parapets ; un pont-levis commandait l'accès du passage couvert qui en occupait le niveau inférieur. Au-dessus, une pièce voûtée à cheminée et un chemin de ronde en encorbellement, à créneaux et machicoulis, couronnait l'édifice couvert d'un toit à croupes arrondies.

Des quelques vestiges des tours encore en place ne subsiste bien souvent que l'enveloppe de maçonnerie. Les bases et les talutages profondément enterrés dans les remblais du fossé n'ont fait l'objet d'aucune fouille, à l'exception du sondage effectué rapidement au pied de la tour des Carmélites (50). Tous les couronnements ont été arrasés depuis le milieu du XVIIe siècle et la représentation qu'en donne Belleforest paraît arbitraire. En effet, les devis de réparations du XVIIe siècle, qui concernent d'importants travaux de charpenterie et de couverture, signalent des toits en poivrières et des galeries de bois, alors que la gravure représente toutes les tours surmontées d'une terrasse avec parapet crénelé. Les dispositions intérieures sont encore moins restituables, de même que les distributions. Quelques renseignements épars ressortent cependant des documents : la présence d'escaliers de pierre et de rares mentions de pièces voûtées, la plupart étant planchéiées. La circulation entre les tours et la courtine devait s'effectuer à l'étage médian, car les tours surplombaient le mur d'une hauteur de deux à trois mètres. Leur maçonnerie n'était guère soignée : un blocage de moellons et mortier, dont seules les bases présentaient un appareillage de moellons équarris. L'épaisseur de leur paroi, plus importante que celle de la courtine, ne dépassait cependant pas deux mètres au niveau du fossé. Quelques tours possédaient des échauguettes, corps de garde, ou bretèches, mentionnés dans les textes comme des ouvrages provisoires de charpente.

Les vestiges de courtine encore en place sur les fronts nord et nord-ouest, aujourd'hui englobés dans des maisons, sont parfois inaccessibles. L'épaisseur du mur, mesurée en quelques points, n'excède pas 1,80 m, dimension confirmée par les sources manuscrites. Celles-ci nous indiquent la hauteur approximative de la muraille : entre 6 et 7 m, mais cette indication ne tient sans doute pas compte de la hauteur du talutage, important en certains endroits. L'existence d'un machicoulis paraît très improbable. En revanche, le mur des Cordeliers, en partie conservé, possédait un chemin de ronde, établi sur l'épaisseur du mur, qui communiquait directement avec l'étage des tours ; la même disposition se voit encore à Saint-Lomer au-dessus du bâtiment des celliers. Les devis de réparations mentionnent en de nombreux endroits des hourds, reposant sur des corbeaux, et sur le front est, entre les portes Guichard et Clouseaux, des degrés de pierre, séparés par de longs repos.

Les vestiges d'archères sont difficilement datables : celles de la tour des Carmélites s'ouvrent par d'étroites fentes extérieures dépourvues d'empâtement à la base ; à l'intérieur, elles sont percées au fond de larges embrasures à arc plein-cintre appareillé en claveaux ; celles du chemin de ronde de Saint-Lomer, encore visibles sur le pignon des celliers, étaient munies d'une mire ou d'une base triangulaire. Les maçonneries des courtines, identiques à celles des tours, sont un assemblage à chaux et sable de moellons de pierre dure, les quartiers de pierre de taille ou les moellons équarris étant réservés aux parties vives de la construction, chaînes, bases et encadrement des archères.

Un fossé, plus ou moins profond selon la configuration naturelle du terrain, régnait tout autour de l'enceinte, sauf du côté de la Loire qui en tenait lieu. La trace du fossé est encore perceptible dans la rue Gallois, ouverte au XVIIIe siècle à son emplacement : de ce côté, il empruntait, au moins dans sa partie basse, la dénivellation naturelle du vallon de l'Arrou . Ailleurs il était artificiel, mais d'une largeur importante particulièrement à l'est où il était dénommé "le grand fossé". Les fossés n'étaient pas en eau, mais à l'ouest comme à l'est ils recueillaient les eaux de ruissellement du plateau, et au sud, à hauteur du bourg Saint-Jean et de Saint-Lomer, les eaux de la Loire refluaient assez profondément, formant des cloaques d'eau stagnante ; dès le XVIe siècle, les délibérations municipales imposent régulièrement le curage des fossés remplis d'immondices et d'eau croupie. Du côté de la ville, la muraille devait demeurer libre de toute construction, afin de ménager un passage pour la circulation des gardes : celui-ci représentait une portion de terrain assez importante, d'une largeur de 8 à 10 m, appelé "allées" ou "tour de ville".

L'absence de vestiges importants et de sources contemporaines de la construction de l'enceinte, limitent cette étude à la restitution de son tracé et à la localisation de ses éléments défensifs, mais interdit toute datation précise. S'il a existé une première ligue de fortifications avant le XIVe siècle elle a sans doute été reconstruite à la veille ou au début de la guerre de Cent Ans ; aussi la datation proposée par J. Soyer à partir des documents du milieu du XIVe siècle, paraît-elle tout à fait acceptable. Elle rejoint celle proposée par B. Chevalier pour l'enceinte de Tours, car dans ces deux cas cette construction correspond à un vaste mouvement d'émancipation des communautés urbaines, qui assument leur propre défense pendant les troubles (51). Durant cette période, le mur de ville constitue un rempart de protection contre les attaques, mais symbolise aussi le rôle des Elus dont le pouvoir s'accroît aux dépends de celui du Comte.

Appellations tours des carmélites, des cordeliers, de Guise, de l' Angellier
Parties constituantes non étudiées porte de ville, fossé
Dénominations fortification d'agglomération
Aire d'étude et canton Blois centre
Adresse Commune : Blois
Adresse : mail Clouseaux , rue Gallois , place de la République , rue Trouessart
Cadastre : 1980 DN 35 39 DO 149 530 133

13e siècle : construction d' une première enceinte urbaine ; 1ère moitié 14e siècle : reconstruction totale sur un tracé identique ; fin 14e siècle début 15e siècle : extension de l' enceinte à l' abbaye Saint-Lomer et au couvent des cordeliers ; 1ère moitié 16e siècle : lors de l' aménagement du Port Neuf, reprise du front sud en amont du pont avec une nouvelle porte (la porte Neuve) ; à partir de 1568 : travaux importants de remise en état ; 1596 : construction de l' éperon de Saint-Lomer en remplacement d' une tour médiévale, construction de l' éperon des jardins du château ; 1697 : construction de l' évêché, destruction d' une partie du front est de la porte Clousseaux à la porte du Puits-Châtel ; 1716 : l' écroulement du pont entraîne la chute de la porte Saint-Fiacre et de la tour du Pont ; 1724 : destruction du front sud en aval et en amont du pont, de Bourmogen à la porte Neuve ; 1er quart 18e siècle : arasement du mur de ville bordant BourgMoyen et Saint-Lomer ; 1734 : comblement du fossé ouest pour l' aménagement de la rue Gallois, et du fossé nord pour créer l' allée des Cordeliers ; à la Révolution : destructions des portes, les portions de murs et les tours subsistantes sont cédées à des particuliers ; actuellement : il subsiste une portion du front nord-ouest, une partie de l' enceinte des cordeliers, une portion du front nord et la tour d' angle nord-est, dite Tour des Carmélites.

Période(s) Principale : 13e siècle
Principale : milieu 14e siècle
Principale : 1er quart 16e siècle
Principale : 4e quart 16e siècle
Principale : 18e siècle
Auteur(s) Auteur : auteur inconnu,
Murs pierre
calcaire
bois
enduit
pierre de taille
moellon
Toit ardoise, bois en couverture
Couvertures toit conique
toit en pavillon
États conservations vestiges, restauré
Techniques sculpture
Représentations monogramme armoiries
Précision représentations

Emblème de louis XII et armes de france à la porte chartraine ; monogramme de henri II à la porte neuve.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH, 1942
inscrit MH, 1948

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Loir-et-Cher. Série L : L 298. Suppression des emblèmes et signes de la royauté. 1792.

  • Archives départementales de Loir-et-Cher. Série 0 : 18 06 IX 10. Comblement d'une partie du fossé nord. Le 14 brumaire An XIII.

  • Archives départementales de Loir-et-Cher. Minutes notariales : Etude 19, liasses 601, 807, 854, 874, 877, 882, 894, 898, 1086, 1163, 1193. Devis de réparations des fortifications, lere moitié XVIIe.

  • Archives municipales de Blois. Série BB : BB 1 à BB21. Délibérations municipales de la seconde moitié du XVIe au XVIIle siècle..

  • Archives municipales de Blois. Série M : 2 M 8 . Plan du mur est, entre la Porte Clos-Haut et la Tour des Carmélites. A. Pinault, 1806.

Bibliographie
  • COSPEREC, Annie. Blois : la forme d'une ville. Paris : Imprimerie nationale, 1994. (Cahiers du patrimoine, 35).

    p. 58-65 et p. 285-288.
  • SAUVAGE, Jean-Paul. Blois capitale d'une principauté féodale In : Histoire de Blois et de sa région.

    p. 46.
  • SOYER, Jacques. Etude sur la communauté des habitants de Blois, jusqu'au commencement du XVIIè siècle. Paris : Picard, 1894.

    p. 53-97 et p. 123-125
  • LAFONT, Marie, L’enceinte médiévale de Blois : quelques précisions sur un ensemble méconnu. Revue archéologique du Centre de la France. [En ligne], Tome 56 | 2017, mis en ligne le 05 juillet 2017, consulté le 28 août 2019. URL : http://journals.openedition.org/racf/2483

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