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Gadelière : manoir

Dossier IA28000629 réalisé en 2019

Fiche

Á rapprocher de

Parties constituantes non étudiées écurie, remise
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Parc naturel régional du Perche - Nogent-le-Rotrou
Adresse Commune : Trizay-Coutretot-Saint-Serge
Lieu-dit : La Gadelière
Cadastre : 1811 A 40 ; 2019 D1 295

Dès 1378, la terre de la Gadelière est citée dans l'inventaire des biens de l'Hôtel-Dieu de Nogent qui la donne en 1519 à Jehan Béquignon, chanoine de la collégiale Saint-Jean de Nogent et curé de Souancé-au-Perche. Un héritier des Béquignon, Philippe Esnault, est probablement le commanditaire d'un petit manoir dans la seconde moitié du 16e siècle. Robert Maugars, un riche bourgeois parvenu à la noblesse par l'achat d'une charge, déjà propriétaire de Miermaux et cherchant à constituer un important domaine foncier, se rend acquéreur de la terre voisine de la Gadelière en 1621. Il transforme l'édifice tout en conservant sa structure : reconstruction des cheminées, des ouvertures, création de lucarnes (dont subsistent dans leur forme restaurée la lucarne centrale et celle couronnant la tour d'escalier) dans le style Renaissance. Du 18e siècle semble dater l'extension construite au nord du manoir et servant d'arrière-cuisine. Au 19e siècle, la Gadelière appartient à la famille Luce de Trémont qui fait reconstruire les dépendances dans la seconde moitié du 19e siècle. L'ensemble reste une ferme jusqu'au quatrième quart du 20e siècle et le rachat par l'actuel propriétaire qui fait restaurer l'ensemble (restitution de plusieurs ouvertures dont les lucarnes latérales).

Période(s) Principale : limite 16e siècle 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Dates
Auteur(s) Personnalité : Maugars Robert, commanditaire, attribution par source

Situé à mi-pente surplombant la vallée de la Berthe, le manoir de la Gadelière comprend deux bâtiments organisés en équerre : le logis manorial au nord-ouest de la cour, les écuries à l'est.

Le logis manorial possède une façade principale orientée au sud-est. Un escalier extérieur à huit degrés permet l'accès à la porte du logis placée au centre de la façade. En plein cintre, la porte est encadrée de pilastres que surmontent une série de corbeaux (en doucine ou tête humaine (homme/femme) sculptée) et d'entablements portant l'imposante lucarne. Cette dernière est composée d'une baie géminée en plein cintre encadrée de pilastres à double colonne portant entablement et fronton ouvragé.

Le rez-de-chaussée surélevé comprend deux pièces : la salle, plus grande, placée au sud-ouest et la cuisine au nord-est. Les deux pièces conservent leur cheminée d'origine en pierre de taille calcaire. Celle de la salle possède des piédroits ornée de double pilastre portant corbeaux en doucine, entablement et manteau ; celle de la cuisine, de dimension plus restreinte, se différencie par ses piédroits à simple pilastre et la présence de deux potagers, dans l'âtre et à côté de la cheminée. Une cloison en pan de bois sépare les deux pièces. Au nord de la cuisine, une porte sans décor donne accès à l'arrière-cuisine via un emmarchement à deux degrés. La pièce conserve sa cheminée (corbeau en doucine sans décor portant un linteau en bois et un manteau maçonné).

Flanquée en façade postérieure, la tour carrée renferme un escalier à vis en bois desservant les niveaux inférieurs (étage de soubassement) et supérieurs (étage en surcroît et faux-comble). A l'étage de soubassement se trouvent l'ancien cellier et une cave voûtée ; à l'étage en surcroît se situent la chambre et un grenier (?). Le dernier niveau de la tour d'escalier est éclairé par deux lucarnes à fronton triangulaire et une lucarne en fausse baie-géminée surmontée d'un fronton cintré : une des deux ouvertures faussement obstruée fait place à l'intérieur à une petite cheminée de style Renaissance. Une porte donne accès au faux-comble.

Une extension contemporaine est accolée au pignon sud-ouest.

Le bâtiment en retour d'équerre à l'est a récemment été réaménagé en écuries (remaniement intérieur).

Les murs sont en moellons de calcaire partiellement couverts d'un enduit à pierre vue sauf pour le soubassement des dépendances en moellons de silex. Les ouvertures sont en pierre de taille calcaire. Les toits sont à longs pans ou en pavillon (tour d'escalier) couverts en tuile plate.

Murs calcaire moellon enduit partiel
silex moellon enduit partiel
Toit tuile plate
Étages étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, étage en surcroît
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
toit en pavillon
Escaliers escalier hors-oeuvre : escalier en vis, en maçonnerie

États conservations restauré
Techniques sculpture
Représentations fronton, pilastre, volute, colonne, ordre corinthien, ordre dorique, entrelacs, ove, palmette, tête d'homme, tête de femme

La récente campagne de restauration (2002) a rendu au manoir de la Gadelière sa façade ordonnancée en restituant les lucarnes latérales formant travées d'ouvertures avec les baies du rez-de-chaussée surélevé. La lucarne centrale demeure un exemple (voire l'exemple) le plus abouti de "l'exubérance" du style Renaissance.

Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Eure-et-Loir ; 3 P 5637-5645. Plans cadastraux des communes de Trizay, Coutretôt et de Saint-Serge. 1811-1812.

Bibliographie
  • SIGURET, Philippe. Les manoirs du Perche. Fédération des amis du Perche, Meaucé : Arts Graphique du Perche, 1991. 150 p.

    p. 161-162
  • YVARD, Éric. La Gadelière à Trizay-Coutretôt-Saint-Serge (Eure-et-Loir). Étude historique, 2003, 57 p.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général ; (c) Parc naturel régional du Perche - Maillard Florent