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Gâtines : abbaye de Gâtines

Dossier IA37004849 réalisé en 2013

Fiche

Vocables Notre-Dame
Dénominations abbaye
Aire d'étude et canton Vallée de la Brenne - Château-Renault
Adresse Commune : Villedômer
Lieu-dit : Gâtines
Cadastre : 1835 A1 82 ; 1835 A1 85 ; 1835 A1 97 ; 1835 A1 100 ; 1835 A1 101 ; 2013 A 127 ; 2013 A 136 ; 2013 A 137

Dès le 11e siècle, le lieu de Gâtines est habité par des moines qui demandent en 1137 à Hugues d’Étampes, archevêque de Tours, l'autorisation d'y établir un monastère. Le monastère est fondé l'année suivante, sous le vocable de Notre-Dame et adopte la règle de saint Augustin.

A la fin du 12e siècle, l'église et les bâtiments autour du cloître sont détruits par un incendie. L'abbaye est reconstruite par Thibault de Champagne, comte de Blois, et l'église est consacrée en 1207.

Dans le premier quart du 15e siècle, l'abbaye a perdu une grande partie de ses ressources en raison de la guerre et les moines sont obligés de mendier.

Jean de Troyes, abbé de Gâtines, est pendu à Orléans par les protestants en 1562. L'abbaye aurait été pillée la même année et restaurée en 1564.

Elle adopte la réforme augustinienne (génovéfains) en 1668.

D'importants travaux sont entrepris dans la première moitié du 18e siècle, sous l'abbatiat de Bertrand-César Taschereau de Linières : restauration de l'église en 1727, reconstruction du logis des moines, du logis abbatial et de bâtiments d'exploitation achevés en 1738, reconstruction de la grange en 1751.

En 1769, le chapitre général de l'ordre réuni à l'abbaye de Sainte-Geneviève prévoit de supprimer l'abbaye et de la réunir à un autre ordre.

Le 11 juillet 1791, l'abbaye est vendue comme bien national pour 32 000 livres.

Un projet d'installer une école de hameau est évoqué par la municipalité en 1882 mais abandonné en raison de son coût.

Après la Première Guerre mondiale, le propriétaire veut rénover le logis des moines du 18e siècle afin de le transformer en château. Il fait restaurer la toiture du corps de bâtiment et abattre la façade contigüe de l'église, mais ne peut achever les travaux en raison d'une faillite.

En 1922, des chapiteaux sculptés de style roman, détachés depuis longtemps et conservés par le propriétaire, sont vendus à un antiquaire de Paris.

De l'ancienne abbaye subsiste aujourd'hui : les ruines de l'église (mur sud de la nef et une partie du choeur) du 12e siècle ; un bâtiment au nord de l'église semblant remonter au 12e siècle et remanié à plusieurs reprises, mentionné comme étant un logis transformé en grange en 1860 ; un bâtiment de servitudes des 13e et 15e siècles ; le bâtiment monastique de 1738 et le logis abbatial de 1738, partiellement converti en pressoir en 1881.

Période(s) Principale : 12e siècle
Principale : 13e siècle
Principale : 15e siècle
Principale : 18e siècle
Dates 1207, daté par travaux historiques
1738, daté par source
1751, daté par source

L'église aujourd'hui en ruine, n'a conservé qu'une partie du mur sud de la nef et du choeur. Le mur sud de la nef est ouvert de trois baies en plein cintre et abrite un enfeu qui devait accueillir à l'origine un gisant. Le choeur conserve lui aussi une baie en plein cintre.

Le bâtiment, en ruine, placé au nord de l'église est construit en moellon enduit et pierre de taille (chaînes d'angles, encadrements des baies). Il conserve une ancienne baie en plein cintre murée, plusieurs baies chanfreinées (dont certaines murées), une archère et les traces d'une cheminée détruite.

Le bâtiment à l'ouest, en rez-de-chaussée et étage de comble à surcroît, est construit en moellon enduit et pierre de taille (chaînes d'angles, encadrements des baies) et couvert d'un toit à longs pans en tuile plate. Le pignon ouest découvert est à rondelis en pierre. Le pignon Est semble avoir été remanié et remplacé par un pignon essenté en ardoise. L'édifice conserve de nombreuses baies et archères chanfreinées dont plusieurs sont murées. Une porte en arc brisé et une porte à linteau sur coussinets sont visibles sur sa façade sud.

L'ancien logis abbatial, très remanié, en rez-de-chaussée, est construit en moellon enduit et pierre de taille (encadrements des baies, chaînes d'angles) et couvert d'un toit à longs pans et à croupes en ardoise. Un fronton triangulaire en pierre de taille surmonte l'ancienne porte en anse de panier placée au centre de la façade.

Le bâtiment monastique, composé d'un corps de logis rectangulaire à étage carré et étage de comble, est construit en moellon enduit et pierre de taille (chaînes d'angles, encadrements des baies, cordons, corniches). L'étage de comble est éclairé par six lucarnes arrondies en pierre de taille (quatre côté est et deux côté ouest). Deux ailes légèrement en saillie sont placées de part et d'autre de l'édifice. La partie centrale des façades ouest et est, également en avancée, accueillent les portes d'entrée et sont surmontées de frontons triangulaires. Le fronton triangulaire de la façade orientale est en pierre de taille, et celui de la façade occidentale, effondré, a été remplacé par des planches de bois. La façade est est précédée par trois terrasses reliées par des escaliers.

Murs enduit
moellon
pierre de taille
Toit tuile plate, ardoise
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble, comble à surcroît
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
croupe
pignon découvert
Techniques peinture
sculpture
Représentations ornement végétal, ornement figuré
Précision représentations

Traces de peintures murales (rouge, noir, ocre, têtes à chevelures bouclées blondes) dans le choeur de l'église. Chapiteaux sculptés à décor feuillagé ou historié dans le choeur et sur le mur sud de la nef de l'église.

Site inscrit par arrêté du 15 février 1977.

Statut de la propriété propriété privée
Sites de protection site inscrit
Protections inscrit MH, 1948/06/01

Annexes

  • Procès-verbal d'estimation des biens de l'abbaye de Gâtines non affermés (1790)

    Procès-verbal d'estimation des biens de l'abbaye de Gâtines non affermés

    District de Château-Renault

    Aujourd'hui vingt-six novembre mil sept cent quatre vingt dix, huit heures du matin

    Nous Étienne Belle Bourdaisière, notaire royal, expert nommé d'office par messieurs les administrateurs de Châteauregnault en conseil général, demeurant ville et paroisse de Neuvy-Roi

    Et François Menard, demeurant ville de Châteauregnault, expert nommé par le sieur Jean Barillault, huissier royal demeurant ville de Châteauregnault

    En exécution de l'arrêté de messieurs les administrateurs composant le directoire du district en date du

    Et à la requête de monsieur le procureur général et sindic du département d'Indre-et-Loire, poursuite et diligence de monsieur le procureur sindic du district dudit Châteauregnault

    Sommes transportés en la paroisse de Villedômer pour vacquer à la reconnaissance, visite et estimation des biens dépendants de l'abbaye de Gastines non affermés et compris dans la soumission faite par ledit sieur Barillault le neuf de ce mois, pour parvenir à l'acquisition qu'il entend faire desdits biens et héritages, expédition de laquelle soumission nous auroit été remise certifiée du secrétaire de la dite administration pour nous valoir commission.

    Étant arrivés sur les lieux avons vacqués à nos dites opérations ainsi qu'il suit ;

    Premièrement nous avons vus et visités l'église dudit couvent de Gastines tenante à la maison abbatiale des religieux de la dite abbaye, ayant son entrée vers le couchant, son autel en bois, le choeur garni de huit stales hautes, quatre bancs au bas, un bas-côté, sacristie au nord dudit choeur y tenante, voûtée en pierre de taille et moëlon, éclairée par des vitraux en plomb, couverte d'ardoises, estimée la somme de quinze mille livres. 15 000

    De laquelle estimation ne font pas partie les cloches.

    Ensuite sommes allés dans la maison des religieux de la dite abbaye composée d'un corridor au rez-de-chaussée, éclairée par sept croisées de faces à petit bois, ayant deux entrées à chaque extrémité ; vestibule au milieu dudit corridor, éclairé par une porte vitrée donnant sur le jardin ; à gauche en entrant une salle boisée éclairée par deux croisées donnant au levant, ayant son entrée par ledit vestibule ; une chambre à cheminée, ayant son entrée par la salle ci-dessus, éclairée par une croisée à petit bois donnant au levant ; un salon aussi boisé à droite dudit vestibule et ayant son entrée par icelui vers le nord, éclairé par deux croisées à petit bois ; cuisine, une porte de communication dudit salon à ladite cuisine entre deux, éclairées par une croisée à petit bois, un potager à quatre fourneaux dedans ; aux deux extrémités dudit corridor se trouve deux escaliers en bois qui communique à celui ci-après ; un autre corridor au premier étage au-dessus de celui ci-dessus, éclairé par neuf croisée à petit bois ; lieu d'aisance au bout dudit corridor vers le midi ; dans toute la longueur du bâtiment se trouve huit chambres dont six sans cheminées et deux à cheminées, éclairées chacune d'une croisée à petit bois et ayant leur entrée par ledit dernier corridor ; pavillon tenant aux dites chambres vers le nord, dans lequel se trouvent une chambre à cheminée éclairée par deux croisées à petit bois et un cabinet servant de chartrier, éclairé vers le nord par une croisée à petit bois ; au bout dudit corridor vers le midi est un escalier pour monter dans le grenier ci-après ; un grenier au-dessus des dites dernières chambres et corridor ci-dessus de la longueur et la largeur dudit corps de bâtiments, pavé avec des carreaux de quatre et six pouces, éclairé par seize petites croisées à oeil de boeuf, dont dix en plomb usés de vétusté et les autres sans vitrages ; cave voûtée sous ladite cuisine ayant deux entrées, une par le premier corridor ci-dessus et l'autre par la cour ci-après, les dits bâtiments couverts d'ardoise.

    Une cour au couchant dudit corps de bâtiments, close de murs ayant son entrée par un portail et deux vantaux au couchant d'icelle cour.

    Terrasse dans toute la longueur dudit bâtiment au levant et y tenante, jardin au levant de ladite terrasse y tenant, contenant un demi arpent ou en viron distribué en quatre carré par des allées.

    Une pièce d'eau vive au levant dudit jardin y tenante.

    Une autre petite cour vers le midi du corps de bâtiments ci-dessus entourés de deux parts levant et couchant de murs, d'une part les bâtiments ci-dessus et d'autre part les bâtiments ci-après.

    Un autre corps de bâtiments au midi de ladite dernière cour et y tenante composés d'une boulangerie ; trois remises ensuite et une écurie aussi tenante aux dites remises ; toits à porcs à trois chambrées ; un puits dans ladite cour, ladite cour ayant son entrée par une porte cochère et une petite à côté.

    Lesquels bâtiments et dépendances ci-dessus nous estimons ayant égard qu'ils sont dans un endroit isolé et éloignés de voisins, par conséquent ne peuvent avoir autant de valeur, que s'ils étoient auprès d'un endroit conséquent et ayant égard qu'il ne peuvent servir de manoir d'une terre conséquente, puisqu'il n'en dépend aucuns héritages à moins qu'on y joigne toutes les fermes et dépendances de laditte abbaye, mais cette réunion ne nous étant pas connue nous ne devons point y avoir égard, la somme de cinq mille livres. 5 000

    Ensuite nous avons vus et examinés quatre étangs dont deux prés les bâtiments ci-dessus, une autre appelée la Poterie, et l'autre appelée l'étang neuf enclavés dans les dépendances de la dite abbaye, contenant ensemble quatre arpents ou environ, et en mauvais état de réparations et estimés la somme de six cents livres. 600

    Plus un morceau de vigne ruiné enclos de hayes vives aussi ruinée, contenant deux arpents ou environ enclavés dans les bois dépendants de la dite abbaye estimé la somme de cent livres. 100

    Ensuite avons vus et visités un autre corps de bâtiments appelé abbatial servant à loger le ci-devant abbé de ladite abbaye, près la maison des religieux de ladite abbaye ci-dessus, constaté composé d'un vestibule servant d'entrée éclairé par une double porte, une en bois plein et l'autre à petit bois, sur cette dernière un imposte à petit bois, ledit vestibule boisé, un buffet tenant à ladite boiserie ; une chambre à cheminée à gauche en entrant éclairé par une croisée donnant sur la cour ci-après, à droite aussi en entrant une autre chambre pareille à celle ci-dessus ; deux autres chambres aussi au rez-de-chaussée, une au nord de la première ci-dessus et l'autre aussi au nord de la seconde ; au nord dudit vestibule et entre les deux dernières chambres un escalier pour monter au grenier ci-après ; un grenier au-dessus desdites chambres de la longueur et la largeur dudit bâtiment éclairé par six lucarnes fermant avec chacun un contrevent, pavé avec carreaux de six pouces ; comble sur lesdits bâtiments couverts en ardoise.

    Cour au midi dudit bâtiment y tenant enclose de mur ayant son entrée au midi d'icelle par une porte en grille de fer.

    Jardin en friche au couchant de la cour entouré de hayes vives, une cave voûtée sous lesdits bâtiments, estimés le tout ensemble la somme de douze cents livres. 12 000

    Un autre corps de bâtiments occupé par le garde de la dite abbaye, composé d'une chambre à feu au rez-de-chaussée ayant son entrée sur la cour, éclairé par une demie croisée à petit bois ; une boulangerie ensuite vers le couchant ; grenier sur ladite chambre et écurie, comble dessus couvert de tuiles, estimés la somme de trois cents livres. 300

    Ensuite avons aussi vus et examinés les bâtiments et dépendances de la basse cour de ladite abbaye composé d'un vestibule au rez-de-chaussée ayant deux entrées, l'une au levant et l'autre au couchant ; un petit cabinet à gauche dudit vestibule en entrant par la cour, dans lequel est l'escalier pour monter dans les chambres ci-après ; deux chambres à cheminées au-dessus dudit vestibule et écurie ci-après, éclairées l'une par une croisée à petit bois et l'autre par une autre en plomb ; au nord de la seconde chambre, un petit cabinet ; grenier au-dessus de ladite chambre à terre ; à droite en entrant par la cour audit vestibule, deux écuries, comble dessus lesdits bâtiments couvert de tuiles ; une bergerie, une écurie y tenante ; une chambre à cheminée aussi tenante à ladite écurie ; cour devant lesdits bâtiments ; au couchant de ladite cour une boulangerie ; une chambre froide y tenant ; emplacement d'une grange nouvellement incendiée n'y restant que le carré des murs ; une autre cour devant d'icelle ; un puits dans la dernière cour ; quatre vingt arpents de terre labourable de mauvaise qualité, joignant les autres domaines de Gastines, fors du midi le domaine de la Beausserie, deux arpents de prés appelés la Poterie joignant de toutes parts les bois dudit Gastines et trois arpents de prés joignant d'un bout le sieur Poter, d'un long la Blancherie, d'autre long ledit vallée et d'autre bout à

    Estimés les bâtiments et dépendances de ladite basse cour ci-dessus désignés à la somme de huit mille livres. 8 000

    (...)

    Fait et arrêté ville de Châteauregnault après avoir vacqué sur les lieux et à la rédaction des présentes trois jours, le vingt neuf décembre mil sept cent quatre vingt dix. Signé Menard et Belle Bourdaisière

    Archives départementales d'Indre-et-Loire. 1 Q 35.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. H 143. Réparations bâtiments conventuels. 1551-1790.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. H 144. Baux.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. H 147. Divers. 1736-1790.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. 2 O 276. Écoles. 1858-1900.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. 3 P2 276. Extrait du plan cadastral napoléonien, section A1. 1835.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. 3 P3 2938. Registre présentant les augmentations et diminutions survenues dans les contenances et revenus portés sur les matrices cadastrales. 1838-1914.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire. 1 Q 35. Biens Nationaux.

Documents figurés
  • Carte postale. (Collection privée).

  • Villedômer. Extrait du plan cadastral dit cadastre napoléonien, section A1. 1835. (Archives départementales d'Indre-et-Loire, 3 P2 276).

Bibliographie
  • CARRE de BUSSEROLLE, J-X. Dictionnaire géographique historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine. Mayenne : J. Floch, 1966.

  • MOUSSE (chanoine). Le culte de Notre Dame en Touraine. Tours : Alfred Mame et fils, 1915.

  • SEMUR, François-Christian, SIGRIST, Michel. Abbayes de Touraine. La Crèche : Geste éditions, 2011.

  • TERRIER-FOURMY, Bérénice. Voir et croire, Peintures murales médiévales en Touraine. Chambray-lès-Tours : Éditions C.L.D., 2002.

    p. 118
Périodiques
  • LEVEEL, Pierre. Chronologie de l'abbaye Sainte-Marie de Gastines à Villedômer près de Château-Renault. Bulletin de la Société Archéologique de Touraine, tome XLIII, 1993, p. 913-915.

  • OURY, Guy-Marie (Dom). L'abbaye Notre-Dame de Gâtines (Villedômer) durant son premier siècle. Bulletin de la Société Archéologique de Touraine, tome XLIX, 2003, p. 107-117.

  • TROUPEAU, Gérard. Une description de l'abbaye de Gastines en 1790. Bulletin de la Société Archéologique de Touraine, tome LVI, 2010, p. 133-140.

Liens web

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