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Grais : prieuré Saint-Jean-du-Grais

Dossier IA37005305 réalisé en 2011

Fiche

  • Vue générale.
    Vue générale.
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  • Parties constituantes

    • bâtiment conventuel
    • logis prieural
    • puits
Vocables Saint-Jean-du-Grais
Parties constituantes non étudiées bâtiment conventuel, logis prieural, puits
Dénominations prieuré
Aire d'étude et canton Canton de Bléré
Adresse Commune : Azay-sur-Cher
Lieu-dit : Le Grais

La présence de deux ermites en forêt de Bréchenay, vers 1120, est à l’origine de l’installation d’une communauté monastique au Grais. Dans une charte de 1123 Foulque V, comte d’Anjou, autorise la présence des deux hommes aux lieux-dits la Chapelle Paissonnel, le Petit Grais et le marché Saint-Jean ; en 1127 il leur en cède les terres. Vers 1146, Joscelin, ermite du Petit-Grais, rejoint l’abbaye de Cormery toute proche, suivi par un groupe de disciples et demande la reconnaissance de l’ermitage, qui entre ainsi dans la mouvance de l’abbaye Saint-Paul de Cormery.

En 1163, l’abbé Barthélemy, doyen du chapitre de Saint-Martin de Tours, donne aux ermites la terre du Grais jouxtant celle du Petit-Grais : il semble que ce soit à partir de cette date que commence la construction du prieuré tel que nous le connaissons. Les moines reconnaissent la tutelle de Saint-Martin et observent la règle bénédictine. L’abbaye de Cormery conteste le rattachement du prieuré à la collégiale Saint-Martin, mais doit finalement renoncer à ses droits en 1182. En février 1184, le pape Lucius III place le monastère directement sous l’autorité du Saint-Siège et la vingtaine de religieux qui y résident suivent désormais la règle de Saint-Augustin. Enrichi par les donations, le prieuré devient un fief possédant les droits de haute, moyenne et basse justice. En 1701, il est rattaché au Collège royal des Jésuites de Tours pour financer l’entretien d’une chaire de théologie, puis passe sous l’autorité des Oratoriens de Tours en 1779.

Saisi comme bien national et vendu en 1791, le prieuré devient une exploitation agricole. L’église, à l’exception du clocher, est déjà en ruine en 1826, elle est démolie vers 1850. En 1901, Charlotte Darasse achète l'ensemble des bâtiments ; de 1927 à 1962 son fils, le céramiste Raymond Darasse en entreprend la restauration. Entre 1927 et 1955, il construit plusieurs maisons à proximité des bâtiments d’origine et relève le portail. Les bâtiments anciens encore visibles sont : le clocher de l'église, la salle capitulaire avec le dortoir au-dessus, le réfectoire, orné d'une peinture monumentale du 14e siècle (lacunaire). Du réfectoire subsistent, d'origine, un mur gouttereau et la chaire du lecteur avec son escalier.

Période(s) Principale : 2e moitié 12e siècle
Secondaire : 14e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle

Le plan cadastral de 1826 permet de visualiser l'assiette du prieuré et l’emplacement de l’église disparue (en pointillés), qui fermait la cour du cloître au nord. De l'église priorale seul subsiste le clocher, surmonté d’une flèche en pierre de taille, à huit pans brisés soigneusement appareillés. C’est une tour de plan carré raidie sur chaque face par deux contreforts, sur toute la hauteur. La chambre des cloches, dépourvue d’ornement, est percée d’une seule baie en plein cintre à l’est et à l’ouest, et de deux baies au nord et au sud. A l’exception du clocher, tous les bâtiments sont construits en moellon calcaire. Les encadrements de presque toutes les baies sont en pierre de taille, mais quelques unes ont gardé leurs piédroits et arcs en moellons, comme celle du pignon sud du dortoir. L'aile est abrite l'escalier droit en pierre conduisant au dortoir et jouxtant la salle capitulaire. Le dortoir, à l'étage, est éclairé par de très étroites baies rectangulaires à l'est et à l'ouest ; il est couvert d'une charpente à pannes. L'aile sud abrite le réfectoire où la chaire du lecteur forme une saillie à trois pans au sud. L'ancien logis du prieur occupe une partie de l'aile ouest qui abrite une vaste cave voûtée en berceau brisé.

Murs calcaire moellon
tufeau pierre de taille
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables clocher, salle capitulaire, réfectoire
Protections classé MH, 1928/03/24

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, H656. Plan du fief de Saint-Jean-du-Grais en la fresche du Coteau-Perdu, paroisse d'Azay-sur-Cher, vers 1750.

  • Archives départementales d'Indre-et-Loire, H 659. Inventaire, copies et extraits des titres du prieuré du Grais, vers 1780.

Bibliographie
  • DEVAILLY, Guy. Expansion et diversité du monachisme du Xe au XIIe siècle. In : Histoire religieuse de la Touraine, C.L.D. 1975.

    p. 53-72
  • EYDOUX, Paul-Henri. Le prieuré Saint-Jean-du-Grais. In : Monuments méconnus, Pays de la Loire. Paris : Librairie académique Perrin, 1983. p. 143-151.

    p. 143-151
  • MENARD, Odile. Prieuré de Saint-Jean-du-Grais. Chronique d'un secret bien gardé. Association des Amis de Saint-Jean-du-Grais, 2002. 48 p.

  • OURY, Dom Guy-Marie. Le prieuré de Saint-Jean du Grais. 10 p. sl, sd.

Périodiques
  • LALOUX, Micheline. L'histoire d'un prieuré tourangeau du XIIe siècle : Saint-Jean-du-Grais. Bulletin de la société des amis du pays lochois, n°16, 2000, p. 29-33.

  • RANJARD, Robert. Saint-Jean-du-Grais. Congrès archéologique de France, 106e session ; Tours. Paris : Société française d'archéologie, 1948, p. 206-212.

    p. 206-212
  • SOURDEVAL, Charles de. Promenade archéologique. Le Castellum de Larçay, l'acqueduc d'Athée, la tour des Brandons, Courçay et Cormery. Mémoires de la Société archéologique de Touraine, XI, 1859. p. 221-231.

(c) Région Centre-Val de Loire, Inventaire général - Lainé Martine
Martine Lainé

Chercheur Inventaire général du patrimoine culturel.


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